‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 459 sur 589 · PREMIÈRE PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PERSÉCUTION

la chambre nommée canioth, qui était située au-dessus des boutiques du temple, et où se tinrent la plupart des séances contre les apôtres.

La place où on lapidait les criminels était à peu près à deux mille coudées du temple ; c’est là qu’ils le traînèrent. Le sanhédrin pouvait infliger quatre peines capitales : le glaive, le feu, la lapidation et la croix. On brûlait les pécheresses publiques et les femmes adultères. On lapidait les hommes adultères, les apostats, les idolâtres, les blasphémateurs, les magiciens et ceux qui essayaient d'entraîner les autres à l’apostasie. Celui qui avait été lapidé était encore pendu après sa mort; et il est probable qu’il en aura été ainsi pour saint Étienne, quoique les Actes ne nous en disent rien. Lorsque le jugement était régulier, et non, comme en celte circonstance, tumultueux et désordonné, les juges restaient assemblés dans le tribunal, pendant qu’on emmenait le condamné au lieu du supplice. Un homme se tenait au seuil de la salle, ayant à la main un mouchoir. Un cavalier se tenait à quelque distance de lui , de sorte néanmoins qu’il pût en être vu. S’il se présentait un homme qui eût quelque chose à dire encore pour la défense de l’accusé, celui qui était à la porte du tribunal donnait un signe au cavalier, et l’on ramenait le condamné devant les juges. Celui - ci pouvait également, meme pendant qu’on le conduisait au supplice, demander un nouvel interrogatoire, et arrêter ainsi les juges quatre ou cinq fois. Mais s’il ne se présentait plus de témoins en sa faveur, il s’en allait pour la dernière fois. Cependant, pour satisfaire jusqu’au bout au droit de la justice, un crieur public précédait la marche en criant : « Voici son nom et son crime ; que celui qui

veut le défendre se présente. » A dix pas du lieu de l’ exécution , on recevait la confession du pauvre pécheur, afin d’assurer le salut de son âme; car, d’après le Talmud , celui qui, avant de mourir, confesse ses péchés avec repentance participe à la vie éternelle.

Lorsqu’il était arrivé à quatre pas du lieu du supplice , on lui ôtait ses vêtements jusqu’à la ceinture, et on lui donnait à boire le breuvage des suppliciés. Puis, après lui avoir lié les mains et les pieds avec des cordes , on le portait sur un échafaud qui avait à peu près la hauteur de deux hommes, et l’un des témoins qui avaient déposé contre lui, lui donnant un coup, le précipitait en bas sur le pavé. S’il était mort, on s’arrêtait là ; sinon, l'autre témoin , ou deux témoins à la fois, étaient chargés de l'achever, en lui lançant contre la poitrine une grosse pierre. On ne pouvait cependant jamais lui blesser la tète. Les témoins étaient donc les exécuteurs. Peut-être la loi voulait- elle , en leur confiant cette fonction , leur ménager le plaisir de se venger eux-mêmes, ou, mieux encore, prévenir par là toute accusation légère et sans fondement. Si cette grosse pierre ne suffisait pas pour tuer le condamné, tous les Israélites présents pouvaient le lapider. C’est pour cela que nous lisons dans les Actes : « Les témoins déposèrent u leurs habits aux pieds d’un jeune homme qui s’appe- « lait Saul , et entreprirent de lapider Étienne. »

Page 1