‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 464 sur 589 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Simon le Magicien dans la Samaric. Développement du gnosticisme.

Pendant ce temps-là, le diacre Philippe prêcha T Évangile dans une ville de Samarie, à Sichem, où Notre-Seigneur avait déjà commencé à annoncer le royaume de Oieu, et où vivait à cette époque Bacchius, père de Priscus, et grand-père de saint Justin le martyr. C'est évidemment le diacre Philippe, et non le disciple de Bethsaïda, dont il est ici question, puisque les Actes disent expressément que les apôtres restèrent à Jérusalem malgré la persécution. Plusieurs cependant parmi les anciens, et Eusèbe entre autres, ont confondu ces deux personnages. Les apôtres ayant appris à Jérusalem le progrès de l'Évangile dans la Samarie, Pierre et Jean y allèrent, imposèrent les mains aux premiers chrétiens, et leur donnèrent le Saint-Esprit. Mais voici qu’un Antéchrist s’éleva contre eux. Les Samaritains, interprétant en leur faveur la prophétie de Jacob relativement au Messie, espéraient que celui-ci naîtrait parmi eux, et qu’il descendrait de Joseph, de la tribu d’Éphraïm. Le patriarche Jacob avait dit que le sceptre ne sortirait point de Juda jusqu'à ce que vienne le Schilo . Les Samaritains traduisaient : Jusqu'à ce qu'il vienne à Schilo, et prétendaient que cette ville était le centre primitif du culte, et le lieu où l'arche d’alliance se manifesta pour la première fois.

Or, parmi eux vivait un homme nommé Simon, du village de Gitta. Il avait été baptisé par Philippe; mais

lorsqu’il vit ensuite les effets merveilleux qui se produisaient en ceux qui avaient reçu le Saint -Esprit, il conçut le désir d’acquérir à prix d’argent des apôtres le moyen de produire ces merveilles. Trompé dans ses espérances, et rejeté avec indignation par saint Pierre, il conçut le projet de faire tourner à son profit l’attente de ses compatriotes, et de se donner à eux comme le Messie. Et en effet, le peuple de Sichem, ville fameuse par les tombeaux des douze patriarches et des prophètes, se laissant aller aux artifices de cet apostat, le regarda comme la grande vertu de Dieu. L’historien Josèphe raconte dans ses Antiquités judaïques, xvm, qu'un imposteur s’éleva parmi les Samaritains, et leur promit de retrouver les vases de Moïse sur la sainte montagne, dont le sommet, croyait-on , était le seul endroit de la terre qui n’eùt pas été couvert des eaux du déluge. Ces vases étaient peutêtre les idoles et les amulettes que le patriarche Jacob avait enlevés à ses femmes , et enfouis au pied du mont Garizim , sous le chêne des enchantements. Il parait que les Samaritains avaient transporté à leur montagne sainte l’histoire qui est racontée au second livre des Machabées , ou il est dit qu’à l’époque oh Jérémie fut emmené à Babylone on cacha les vases sacrés sur le mont Nébo. Mais Pilate , prenant la chose au sérieux, envoya scs Romains, qui massacrèrent aussitôt sans pitié les partisans du nouveau prophète à Tirathaba, où ils s’étaient réunis. Ceci arriva l’an 780 ou 36 après Jésus-Christ. Ce fut aussi le dernier acte du gouverneur de la Judée, et ce qui détermina enfin sa destitution, méritée depuis longtemps, et son exil à Vienne dans les Gaules.

Cet imposteur était Simon le Magicien ; il avait su

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