SIMON LE MAGICIEN DANS LA SAMARIE
échapper au massacre de ses partisans, et nous le voyons reparaître plus lard sur la scène, lorsque l’empereur Claude envoya Félix comme gouverneur de la Samarie. C’est lui en ellet qui procura à celui-ci Drusille, sœur du feu roi Hérode Agrippa et femme d’Azizus, dynaste d’Énièse, et l’encouragea dans son adultère. Josèphe doune Simon le Magicien comme étant de sa tribu et de Cypre. 11 parait en effet qu’il appartenait à la même secte de magiciens que Bar Jésus Ëlymas, qui de son côté résista h saint Paul. Quelque pure que fut au commencement la doctrine des mages de Perse, quoique, sous le rapport spirituel, physique et moral, elle établit une opposition profonde entre la lumière et les ténèbres, la vertu et le vice, et qu’elle présentât comme idéal de la moralité la pureté dans les pensées, les paroles et les actes, elle n’échappa point cependant à la corruption générale de cette malheureuse époque. Le culte des mages se partagea aussi en deux directions contraires, l’une pure et bonne, l’autre mauvaise et ténébreuse. La première est représentée par les mages de l’Orient qui vinrent honorer le berceau du Sauveur, et l’autre par cette école de magiciens et de faux prophètes à la tête desquels était Simon.
Il menait avec lui une clairvoyante qu’il appelait Hélène , Selène ou Diane, déesse de la lune, et la première divinité féminine dans la mythologie de tous les peuples, il prétendait qu’elle était l’âme du monde, qu’elle était tombée de la divinité dans la matière, et qu’il était venu au monde pour la racheter et la délivrer. Elle était, disait-il, la brebis perdue de l’Évangile, ou bien encore cette Hélène qui avait été cause de la guerre de Troie. Saint Jean, le prophète de l’Apocalypse, retrouve celte
Hélène à Thyatire, et la nomme Jézabel, parce que, comme ancienne reine de Samarie , elle était de Tyrf et que, comme elle, elle entraînait le peuple dans une fausse religion. La tradition rapporte qu’à Rome Simon, voulant donner un déû au Christ, essaya de voler en l’air en présence des deux apôtres Pierre et Paul; mais que, ceuxci s’étant mis en prière, il tomba à terre, et que Satan lui rompit le cou. Saint Justin raconte dans son Apologie (c. xxvi) que les Romains lui avaient érigé une colonne comme à un dieu. Suétone raconte dans sa Vie de Néron , qu’un homme s’étant enlevé en l'air, en présence de cet empereur, tomba par terre et arrosa le sol de son sang. Un autre auteur païen du meme temps, Dion Chrysostome, qui était en grande considération à la cour de Trajan, écrit aussi que Néron entretint longtemps un homme qui prétendait pouvoir, à l aide d un art mystérieux, voler en l’air. Or on trouva à Rome une colonne avec cette inscription : Semoni Saneo Deo Fidio. Cette colonne était consacrée à l’Hercule samnite ou au dieu des traités, auquel les Étrusques attribuaient la douzième région du ciel* En 1574 on déterra une autre statue semblable. La légende, s’emparant de ces deux faits, crut qu’il fallait lire : Simon i Saneto Dei Filio. Et c’est ainsi que s’est établie la croyance que Simon le Magicien avait volé en l’air à Rome, quoique probablement il ne soit jamais venu dans cette ville. Mais sa secte, la plus ancienne des hérésies depuis le christianisme, se maintint sous ce nom quelque temps encore. Nous trouvons dans les livres des rabbins que ces hérétiques vinrent trouver un rabbin en le priant de leur donner un chef. C’est que leur doctrine, en effet, avait au fond beaucoup de rap-