MISSION DF. PAUL F.T DE BARNABE
i et ne pouvait par conséquent être administrée par un pro- \ consul. Mais la numismatique a vengé glorieusement saint i Luc du reproche d’erreur que les savants s’étaient trop hâtés de lui infliger. Nous trouvons en effet dans Morelli quelques monnaies de file de Chypre portant l’image et l’inscription de l’empereur Claude, et qui au revers portent le nom de Cominius Proclus, prédécesseur ou successeur immédiat de Sergius Paulus, qu’elles désignent également comme proconsul de Chypre. Une autre inscription, citée par Gruter, désigne aussi P. Àquius Scaura comme prot consul de Chvprc sous Caligula. Au reste, la question est , tranchée par Pion Cassius, qui rapporte dans la vie d’Auguste que cet empereur rendit au peuple romain, en retour f de la Dalmatic, file de Chypre et la Gaule narbonnaise.
et qu’a partir de cette époque il donna à ces parties de l’empire des gouverneurs sous le nom de proconsuls, que ceux-ci eussent été auparavant consuls ou simplement préteurs, comme l’a très-bien démontré le cardinal Noris.
Ils rencontrèrent là, dans celle île consacrée à Vénus, un de ces faux prophètes que le Seigneur avait prédits avant son ascension. Il s’appelait fils de Jésus, mais le peuple le connaissait sous le nom d’Ëlymas ou le Magicien : ce nom semble indiquer qu’il était Arabe. 11 est remarquable que, sans l’apparition du christianisme, le judaïsme et le sabéisme étaient près de soumettre le monde entier, et de substituer le rigorisme des pharisiens et les pratiques de la magie au culte du paganisme, qui partout tombait en dissolution. Les mages de Perse avaient même dans les Esséniens leurs représentants au milieu du peuple juif. Le gouverneur sc fit amener les deux apôtres afin de les entendre. Mais Élymas les contredit en sa présence jusqu’à
l‘>8 LA YIK L'F, N. -S. JKSL'S* CHIU.ST.
co que Paul, rempli du Saint- Esprit, appelât sur lui la main du Seigneur el le frappât de cécité; après quoi $ergiua Paulus se convertit au christianisme. C’est ici que les Actes donnent pour la première fois au grand apôtre le nom de Paul, d’où Origène et saint Jérôme concluent quil prit ce nom dans la joie où il était d’avoir acquis à l'Évangile un adepte si puissant, et pour faire plaisir au proconsul, à peu près comme Josèphe prit de Vespasien le noua de Flavius.
Paul partit de Paphos avec ses compagnons pour aller à Perge en Pamphylie. Cette ville avait un ancien temple très- renommé, consacré à Artémis, avec droit d’asile, des fêtes religieuses qui se célébraient chaque année, et des piiviléges semblables à ceux que possédait le temple d’Êphèse. L’Artémis de Perge avait, comme la Diane d’Ephèse, le sphynx pour attribut; et les Pergéens, tiers de la protection de leur divinité, se faisaient un honneur de servir dans sou temple. En un mot, cette ville était une des capitales du paganisme. C’est de là que Marc, découragé, partit pour Jérusalem; mais Paul, étant inviolable en sa qualité de citoyen romain, ce qui favorisait singulièrement son zèle pour la foi , continua sa route pour aller à Antioche en Pisidie, oii il prêcha dans la synagogue le jour du sabbat. On y lisait ce jour- là le chapitre premier du Deutéronome, v. , di, et le chapitre premier d’Isaïe, v., 2 — 20, comme nous le voyons par l’exhortation de l’apôtre, el ces deux morceaux se lisent encore aujourd’hui dans le même jour. C’était alors la coutume qu'on envoyât chaque année de Jérusalem, dans les diverses contrées habitées par les Gentils, des rabbins chargés de visiter les synagogues, de leur enseigner les usages et les pratiques
MISSION DK PAIT ET DF. IURNARK,
ie la loi, et do veiller sur la pureté de la doctrine. Cos ospecteurs étaient reçus partout avec respect , et on éeou- .a.it avec avidité leur parole. On accueillit donc avec le même empressement les deux apôtres dès qu’on sut qu’ils venaient de la ville sainte, Paul parla à l’assemblée avec
line telle force et de tels applaudissements qu’on les pria rie revenir le lundi et le jeudi suivants.
A peine huit jouis s’étaient-ils écoulés que presque toute la ville était réunie autour d’eux pour les entendre. Les païens surtout étaient joyeux d'apprendre que le salut leur était aussi préparé, et la parole du Seigneur se répandit rapidement dans le pays. Mais les Juifs, inquiets des progrès que faisait la nouvelle doctrine, mirent en avant quelques dames considérables qui étaient pharisiennes, et obtinrent, par leur influence, des chefs de la ville le renvoi des deux apôtres. Ceux-ci traversèrent donc la Lycaonie et vinrent à Icône, qui en était la capitale. Cette ville devait son nom h une pierie tombée du ciel, comme celle de Diane à Éphèse, qu’on honorait comme une divinité. Ils y demeurèrent quelque temps, et c’est là que, d’après la tradition, Paul convertit entre autres Thècle, qui , à en juger par son nom, devait être née dans le judaïsme. Mais une émeute que les Juifs suscitèrent parmi les païens les contraignit à partir. Ils allèrent à Lystia. Paul y ayant guéri un boiteux, le peuple les crut des dieux descendus du ciel; et prenant Barnabé pour Jupiter, et Paul pour Mercure, parce qu’il était petit de taille et d’un extérieur moins imposant, ils voulurent immoler en leur honneur des taureaux ornés de couronnes.
Jupiter était pour les païens la puissance divine personnifiée, tandis qu’ Hermès, Mercure, avec le caducée, repré-
l.\ VIF. i>F N. -S. 4 KSCS -CHRIST.
sentail l’intelligence divine et la sagesse incarnée. Paul portait la parole; aussi le prenaient-ils pour le héraut du père des dieux. La tradition nous parle aussi de sa mince apparence. Malalas et Eusèbc sont d’accord sur ce point. Lucien le satirique le désigne dans sa Philopdtre , ch. xn, comme un Galiléen ayant la tête chauve, quoique cependant à cette époque il n’eut pas plus de quarante ans. Nicéphore, u, 37, prétend meme qu’il était estropie. Mais ce n’est probablement qu’une conjecture qui lui aura été suggérée par ce que saint Paul dit de lui -même dans sa seconde Épître aux Corinlhiens, x, 10. Mais ce qui nous touche de plus près ici, c’est la question soulevée par Alting ou Wetstein, à savoir : Si Paul n’est pas ce Samuel Caton ou le Petit, célèbre disciple de Gamaliel, qui, d’après le Talmud, se distingua par son zèle contre les chrétiens; si ce nom de Paul, pauhis ou paulutus contracté de parvulus ou pauctilus, n’est pas précisément la traduction latine du mot hébreu Caton . Ces deux savants décident affirmativement cette question. Pour nous , nous ne nous croyons point en mesure de la résoudre.
Malgré cet accueil si flatteur des deux messagers de la foi, la populace, qui passe toujours si facilement d’un extrême à l’autre, soulevée par les Juifs, demanda leur mort ; et Paul fut emmené hors de la ville pour être lapidé. Mais le Seigneur veillait sur son apôtre. Laissé pour mort devant la porte, il se releva, revint dans la ville, partit le lendemain pour Derbes, et alla de là affermir dans la foi les nouvelles communautés chrétiennes dans les villes qu’il avait déjà parcourues jusqu'à Perge, d’où il s’embarqua pour Antioche. Telle fut la première mission que Paul et Barnabe entreprirent chez les païens, de l’an 44
Ntfc.MlLIt CU.NCILK UE .ItiUSALtM.
il l’an 48, et qui produisit les plus heureux fruits. Pendant eu temps-là était tombée, l’un 47, la huitième fête séculaire de la fondation de Home, que l'empereur Claude tit célébrer avec une grande magniticencc.