CHAPITRE XL V
Épitre aux Hébreux.
Paul, une fois certain d'être absous, écrivit sa lettre aux Hébreux, qu'il adressa aux chrétiens juifs de la Palestine, oii il voulait venir encore une fois, en passant par Philippe de Macédoine et l'Asie Mineure , par la Phrygie , oii était Colosse, sans toucher Éphèse ni Milet. Dans cette épitre, il parcourt l’ histoire du peuple de Dieu, et explique aux Hébreux ce que signifiait le grand prêtre, afin de les amener k croire en Jésus-Christ. Il cherche à les prémunir contre l’apostasie, contre le crime de ceux qui passaient du christianisme au judaïsme, comme les Ébionites et les Nazaréens. 11 parle aussi de la création des Eons par le Verbe (i, 2; — xi, 3). Cette épitre est pour les Juifs ce qu’était pour les païens Y Épitre aux Romains. Toutes les deux forment la partie proprement dogmatique, et par conséquent la partie la plus importante des épitres des apôtres, parce qu’elles embrassent tout un ensemble de doctrines, sans toucher presque aux points accessoires. De même que dans Y Épitre aux Romains saint Paul cherche k élever les païens par la foi jusqu'au royaume de Dieu, ainsi dans celle aux Hébreux il explique aux Juifs le rapport de l'ancienne alliance et de ses ligures au Christ, grand prêtre céleste, et à son Testament. Il s'étend sur le
ÉPÎTRE DE SAINT JACQUES. 2 fi 3
i sens du christianisme, sur la vocation sublime de son fonj dateur, objet de la foi et des espérances de tous les paj triar clies et des prophètes, qui sont morts en contemplant
, sa venue future. Il explique comment F accomplissement de ces espérances donne aux disciples du Christ une position bien plus élevée que n’avait fait jusqu’ici la profession du mosaïsme, et comment le sang du Christ, Fils unique du Père, est bien au-dessus du sang des victimes. Celte Épître aux Hébreux, écrite au commencement de l’an 38, est le dernier document biblique que nous possédions relativement à saint Paul. Avec sa délivrance, après deux ans de captivité à Rome, finit le récit des Actes des apôtres. Le but final, en elïèt, des missions entreprises parles deux princes des apôtres était la conversion de celte capitale du monde. Il fallait que le centre de l’Église et de toute l’histoire fut transporté dans la métropole de l’Occident, et que Pierre pût de là gouverner toute l’Église comme primat, et adresser au monde ses deux brefs apostoliques. Ce résultat une fois obtenu, le christianisme avait trouvé le centre d’oii il pouvait se répandre et s’affermir au loin. Aussi saint Luc termine les Actes des apôtres avec la première arrivée de son maître à Rome.