CHAPITRE XL VI
Épitrc de saint Jacques.
Saint Jacques écrivit son épître l’an 39 aux douze tribus d’Israël répandues parmi les Gentils. Car, comme évêque de Jérusalem, il était regardé par les Hébreux comme le
chef de tous les chrétiens convertis du judaïsme. Il se propose dans celte épitre de réfuter ceux qui , comprenant mal les lettres de saint Paul, et particulièrement celles
aux Hébreux et aux Romains, où P Apôtre enseigne que
les œuvres de la loi mosaïque ne suffisent pas pour la justification, concluaient, comme l'ont fait plus tard les protestants, que les bonnes œuvres en général sont iuutiles.
Il est probable que saint Jacques , avant d’envoyer cette lettre, avait eu une conférence à ce sujet avec Paul, qui était venu à Jérusalem pour la dernière fois. Hégésippe, cité par Eusèbe, rapporte que Jacques garda toute sa vie le vœu des Nazaréens ; que jamais il ne mangea de chair ni ne but aucune boisson fermentée ; que jamais le rasoir ne toucha sa tête. Jamais non plus il ne se baigna ni ne s’oignit d’huile; car l’huile était le symbole d'une sainte vie, et lui voulait passer pour un pécheur. Saint Épiphane, dans son livre des Hérésies (xm) rapporte aussi qu’il ne portait qu’un simple vêlement de lin, et qu’il garda la virginité toute sa vie. Dans sa lettre il reproche aux Juifs leur disposition à se révolter; car les temps devenaient toujours plus critiques pour eux, 11 cherche aussi à les prémunir contre leur manie d’émigration, qu'avait éveillée en eux l’oppression des Romains. Un grand nombre de Juifs, en effet, émigrèrent sous le gouverneur Albinos, et plus encore sous Florus.