PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS
lurent divulgués, et nous les connaissons maintenant par le témoignage de Lydus. Le plus mystérieux des trois était r anagramme de Rome, c’est-à-dire Amor, qui indiquait que tous les Romains étaient lies par l’amour divin. Le nom sacerdotal était Flora ou Anthusa, la florissante : il présageait son immortalité. Mais, comme elle devait être à jamais invincible, le peuple l’appelait Yalmtia ou Borna, c’est-à-dire la forte. L’antique Borna quadrata s’appelait aussi à l’origine, même avant Roinulus, Saturnin, ou la >iile de Saturne ; et ce nom semblait indiquer son éternité.
Mais les Juifs voyaient dans la ville de Rome, depuis qu’elle était devenue la ville du paganisme, une continuation de cette autre ville aux sept collines où avait eu lieu la séparation des peuples et le commencement de l’idolâtrie. Il leur importait peu que les gentils changeassent le siège de leur puissance, et que le paganisme passât avec eux d’une capitale à l’autre. C’était toujours le meme esprit et les mêmes erreurs, la même haine du peuple de Dieu; c’était toujours, en un mot, Babylone. Il n’est donc pas étonnant que les rabbins aient comparé Rome à Édom et à Babylone. Nous en trouvons un exemple dans le So/ar, ni , f. 412, où on lit : « Babylone et Rome sont les « deux nuages qui ont voilé les deux prunelles; le pre- « mier le temple de Salomon , et le second le temple « de Zorobabel. » Bien plus, le R. Lévi, dans son commentaire sur le cantique de Salomon, dit que Rome était appelée emphatiquement par les Juifs du nom de Babylone, parce que, dit- il, « lorsqu’on commença à bâtir « la ville, les murs tombaient à mesure qu’on les élevait ; « et ses fondements ne devinrent solides que lorsqu’on
LA Vit DE N. -S. JÉSlJS'ClltUSr.
« eut apporte de l’Euphrate de la terre glaise. « C est pour cela aussi que saint Jean, dans l'Apocalypse, xvm, prend Babylone comme hiéroglyphe de Rome, et la représente sous la ligure d’une courtisane assise sur sept collines. Cette métonymie, surtout dans les temps de persécution , devait être facile à saisir pour les Églises, même les plus éloignées, et particulièrement pour celles qui étaient composées de Juifs convertis.
Ce fut donc l’année 64 que Pierre écrivit sa première Épitre aux Asiatiques. H avait présentes à l’esprit, en l'écrivant, les Épitrcs de saint Paul aux Églises voisiner, et surtout celles à Timothée, aux Éphésiens et aux Colossiens. Son but était de les expliquer; car il avoue lui— même qu’elles renferment plusieurs passages difficiles à comprendre , et que les hommes peu instruits et légers
peinent interpréter pour leur propre ruine. Déjà, cinq ans auparavant , saint Jacques avait voulu dans son épitre prévenir ces fausses interprétations. C’est pour cela que saint Pierre dans la sienne semble suivre celle de cet apôtre, dont il cite presque mot à mot plusieurs passages : et c’est là une preuve éclatante de la canonicité de cette dernière. On voit par là ce qu’il faut penser de la science critique de Luther, qui appelle celte Épitre de saint Jacques une lettre de paille. Dans sa première épitre, saint Pierre avertit les fidèles de se préparer aux dures épreuves qui les attendent ; car la persécution qui avait éclaté à Rome devait bientôt s’étendre à toutes les provinces de l'empire. 11 les fortifie en sa qualité de témoin des souffrances de Jésus -Christ, et les conjure de souffrir avec patience et d’obéir aux puissances temporelles. Sa vigilance et ses prescriptions s’étendent jusqu’aux esclaves, qui, en c es