‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 531 sur 589 · PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS

jours de calamité , dénonçaient souvent leurs maîtres. U j exhorte tous les chrétiens à mener une sainte vie, pour I éviter les calomnies des païens, qui déjà leur faisaient un crime du nom de chrétiens, et les considéraient comme , des malfaiteurs. Le nom de chrétien n’avait commencé à être décrié que sous Néron , après qu’il leur eut imputé , l’incendie de Rome, comme nous l’apprend Tacite, qui les déclare toutefois innocents de ce crime.

11 est remarquable que l’image de la pierre angulaire dont Notre -Seigneur s’était servi d’abord n’a été employée , après lui que par saint Pierre; la première fois aux Actes des apôtres , rv , 1 1 , et la seconde fois dans cette épitre , h , 4. C’est qu’il avait sans doute profondément empreinte dans l’esprit cette pensée, que le Seigneur l’avait choisi comme le rocher ou la pierre qui devait servir de fondement à son Église, mais en même temps comme une pierre d’achoppement et de scandale; objet de contradiction pour un grand nombre, appui solide aussi pour ceux qui bâtissent sur elle. H y a, au reste , une correspondance frappante et pour le style, et pour la marche des idées, entre les Épîtres des apôtres Pierre et Paul et leurs discours, tels qu’ils sont rapportés dans les Actes des apôtres. Cette première lettre de saint Pierre fut écrite sous sa dictée par Sylvain, qui en fut aussi probablement le porteur. On y reconnaît l’œil parternel et vigilant du chef de la chrétienté tout entière.

Sa seconde épitre aux mêmes Églises a beaucoup de rapport pour le cours des idées avec PÉpitre de saint Jude. Elle est dirigée comme celle-ci, mais avec plus de déve-

loppement, contre les erreurs des gnostiques. J1 suit de là non-seulement que la lettre de saint Jude est authentique

LA VIE DK S.-S. JKSUS-CIIKIST.

et plus ancienne, mais encore qu’elle citait adressée aux memes Églises que les deux épitres de saint Pierre. Autrement, les allusions évidentes que cet apôtre fait dans sa seconde épître à celle de saint Jude n’auraient pas été comprises des fidèles. Il s’élève contre ceux qui se livraient aux actions les plus honteuses, et qui, comprenant mal la liberté chrétienne, refusaient d’obéir aux puissances, et blasphémaient la majesté. Il menace les apostats des vengeances du Seigneur. Puis, prévoyant d’un regard prophétique sa mort prochaine , il prend de nouveau Dieu à témoin que lui et les autres apôtres n’ont point sui\i des fables ou des mythes fabriqués avec habileté, mais qu'ils ont été témoins de la gloire du Sauveur Jésus, lorsqu’ils sont montés avec lui sur la sainte montagne. Le grand apôtre semblait prévoir ici l’abus que devaient faire de nos jours de la sainte Écriture les ennemis du christianisme. Cette seconde lettre démontre qu’à cette époque beaucoup de païens initiés aux mystères avaient embrassé la foi; c'est pour cela que Pierre se nomme lui -même un épopte ou initié , vis-à-vis de ceux qui n'ont eu ju«qu’ici que des ligures des choses futures, et qui, ignorant le mystère de la foi, suivent toujours les mythes païens. Ainsi les mystères, respectables à leur origine, qui pendant dix -huit ans avaient attiré ce qu'il y avait de mieux dans le inonde païen, n’avaient pu échapper à la décadence à laquelle sont soumises toutes les choses terrestres. Ils opposaient à celte époque l’obstacle le plus puissant à ia propagation du christianisme. Et cependant ils avaient été destinés au fond à montrer du doigt, pour ainsi dire. Celui . qui devait venir, et à lui préparer les cœurs.

MARTYRE de saint pierre et de saint paui.. 279

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