‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 534 sur 589 · MARTYRE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL · texte numérisé non relu

MARTYRE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL

tent un intervalle de deux ans, et saint Justin, ainsi que saint Irénée, une distance de cinq ans. S’il faut en croire Siméon Métaphraste, qui a recueilli les légendes des saints, il y avait autrefois, dans le portique de l’ancienne église du Vatican, des peintures, détruites aujourd’hui malheureusement , qui représentaient la déposition des deux apôtres dans les catacombes , et l’exaltation du corps de saint Pierre par le pape Silvestre, lorsqu'on le plaça dans la basilique Vaticane. L’autel où reposent les reliques du saint apôtre, et qui est connu sous le nom de Confession de saint Pierre, est dans la crypte du Vatican. Quant aux ossements, il y a longtemps qu’ils sont réduits en poussière. Mais au-dessus de cette confession, et sous la coupole de Saint-Pierre, s'élève l’autel majeur de l'Église catholique. Ainsi s’accomplit encore, sous ce rapport, la parole du Seigneur, que sur ce rocher il bâtirait son Église. Borgia, dans sa Confessio Yatïcana S. Pétri, a recueilli les témoignages de la tradition qui prouvent que saint Pierre a été à Rome. Ceux que nous avons cités suffisent pour montrer à tout esprit impartial ce qu'il faut penser de la science ou de la bonne foi des théologiens protestants, qui ont prétendu que saint Pierre n’a jamais été dans cette ville, et que, par conséquent, il n'a pu y établir le saint-siège. Si lo martyre de Pierre et de Paul à Rome est un mythe, qu’on nous dise donc où ils ont été martyrisés. Dira-t-on que la prophétie dans laquelle Notre-Seigneur avait annoncé à Pierre qu'il mourrait de la même mort que lui n’a point reçu son accomplissement? Comment expliquer alors ce qu’ajoute l’évangéliste saint Jean (xxi, 1 9) : « Jésus « dit ceci afin de montrer de quel genre de mort ilmour- « rait ? » Le mythe s’attache seulement aux généralités, et

ne va point dans le détail des choses. Le mythe se serait contenté de représenter Pierre comme victime de la persécution de Néron, mais il n’aurait point ajouté qu’il fut mis à mort, pendant l’absence de cet empereur, par les deux officiers du prétoire chargés de le remplacer. I<e mythe aurait fait mourir Pierre par le glaive, et non par le supplice de la croix; car il se serait naturellement appuyé sur ces paroles de Notre-Seigneur à saint Pierre : « Mets « ton épée dans le fourreau : celui qui tire l'épée périra u par l’épée. » Il n’est aucun fait dans toute l'antiquité chrétienne qui soit appuyé, dès l’origine, sur des documents plus incontestables que le martyre des deux apôtres à Rome; et si l’on voulait révoquer en doute ce fait, et contester la valeur des témoignages qui le démontrent, il n’y aurait plus rien de certain dans l'histoire. Celui qui le premier a regardé comme un mythe la présence de saint Pierre à Rome a par la même, et sans le savoir, posé h base du système des savants de nos jours, qui prétendent que l’histoire de Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est qu’un mythe. Celui qui admet la première hypothèse doit, s’il est conséquent, accepter la seconde.

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