‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 563 sur 589 · SIGNIFICATION DE LA PÉRIODE JUBILAIRE DE MOÏSE · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION DE LA PÉRIODE JUBILAIRE DE MOÏSE

périodes, chacune de sept jours, représentait encore d’une manière symbolique et prophétique à la fois aux peuples de l’antiquité le grand cycle de la rédemption. Kn Chine, par exemple, dès les temps les plus reculés, l’empereur, au commencement de chaque nouvelle lune , montait dans son observatoire, et, au milieu de cérémo- ■ nies saintes consacrées par l’usage, célébrait la fin de la période mensuelle qui venait de s’accomplir, et où se rellétait la grande année de Dieu, ou la sainte période dont tous les peuples attendaient le ternie avec tant d’impatience. Puis venait l’année, qui rappelait encore les mêmes souvenirs et les mêmes espérances, quoique sous

dos formes et des symboles différents, selon la diversité

des peuples. Chez les anciens Scandinaves, par exemple, et encore aujourd’hui chez les Kamtschadaîes et d’autres peuples de l’Asie, l’année était divisée en sept mois, dont chacun était composé de do jours c’était le nombre îles années lunaires dont se composait le jubilé mosaïque. Chez les Juifs, le septième mois rappelait chaque année, avec la fête des Expiations, le souvenir d’une faute passée et l’espérance d*un rédempteur qui devait venir. Puis la fête de Pâques représentait la même idée par un symbole bien plus frappant encore.

Chez les Égyptiens, et en générai chez tous les peuples païens, l’année était marquée par des fêtes où ils célébraient un dieu devenu chair et mourant; de sorte que tout rappelait à l’esprit le sacrifice expiatoire que 1* Homme- Dieu promis au genre humain devait accomplir par sa mort dans les temps fixés par les décroîs divins. C’est pour cela que les prêtres égyptiens célébraient par des cérémonies symboliques le commencement et la tin de chaque

année, comme le faisaient les Etrusques pour le cû&t

mencement et la fin de chaque siècle. De même qw fe

grand jour des rétributions doit être annoncé à bi

des temps par la voix des trompettes, ainsi la nourri*

lune du mois de thisri, qui était chez les Juifs cornue *

sabbat de l’année et le commencement des jubilés, «te

annoncée au son des memes instruments. Ainsi la fetedaf

Trompettes, au commencement du septième mois eco*

siasliquc, ou de la nouvelle année civile, et la voix & ces instruments symboliques, au îîO° jour après la Pàç*, c'est-à-dire à la Pentecôte, devait rappeler à l'esprit 1* jour du jugement dernier, ce jour qui doit terminer U?* les jubilés et que les anges doivent annoncer au soo èb trompettes.

Mais la semaine d’années composée de sept ans était m symbole bien plus frappant encore, non-seulement cb« les Juifs, mais encore chez les Égyptiens , les Étrusqo* et les Romains. La période de sept ans est pour bout corps une époque critique; et, d’après Moïse, notre v* se compose à peu près de dix de ces périodes , après lesquelles l’homme, arrivé à l’extrême limite de la vie terrestre, célèbre le sabbat de la mort, qui doit le mettre en possession du repos éternel. La période de sept at& nous est encore indiquée par la nature elle-même cornu* époque critique dans les variations de l'atmosphère. Ceü en effet au bout de cette période que la neige fond ordinairement sur les montagnes d’une hauteur moyenne, que le tulipier porte ses fruits, que certains oiseaux de passage et certains insectes reparaissent. Aussi cette période de retour et de renouvellement pour les rapport* climatériques sert à calculer d’avance l'état et les varb-

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tiens de l'atmosphère. Or le monde physique et le monde moral se tiennent pur des liens très-intimes, et se reflètent mutuellement en diverses manières. 11 n’est donc pas étonnant que la période septénaire ait, dans l’ordre moral, Timportance que nous lui voyons dans le monde materiel. IV après l'ordre de Dieu lui - meme, l’année septénaire était chez les Juifs une année de sabbat et de repos pour la terre, une année de miséricorde, d’indulgence et d’affranchissement pour les hommes. Pendant cette année le sol , sans culture , 11e recevait que la rosée et les influences du ciel ; pendant cette année aussi les créanciers devaient remettre à leurs débiteurs ce qu’ils leur avaient prêté. La septième génération avait aussi une importance spéciale dans la généalogie des Juifs. Ainsi Hénocb était le septième patriarche depuis Adam, Moïse le septième depuis Abraham , Phinéas le septième depuis Jacob , comme le remarquent les rabbins; et dans la vie de l’homme le septième âge jouissait auprès d’eux d’une considération toute spéciale.

Mais un jubilé plus important encore et pur ses résultats, et par le sens qu’il contenait, revenait chez tes Juifs après 49 ans.

Après dix lustres, en effet, ou 7 fois 7 ans, les Juifs célébraient un jubilé et un sabbat plus solennel encore que tous les autres. Tous les esclaves obtenaient en cette année leur liberté, sans égard au temps pendant lequel ils avaient servi , et toutes les propriétés devaient retourner à leurs anciens maîtres. C’était l’image du grand jubilé de la rédemption , où le genre humain tout entier devait être délivré de la servitude du péché , et se réconcilier avec Dieu. Le cycle jubilaire, donné par Dieu lui-

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même à Moïse, renferme donc, avec le mystère ée.* venue du Messie, la racine de tous les systèmes chrocckgiques de l’antiquité. Mais ce que Dieu avait déjà ris& de ce mystère aux anciens patriarches avait été consul plus ou moins fidèlement par les peuples des tempjjsmilifs ; et c’est ainsi que nous pouvons , à l'aide de kc* traditions et de leurs calculs, connaître d’une manier? plus ou moins exacte l’Âge du monde et la période de * rédemption.

600 révolutions synodiques lunaires composaient ce 1 jubilé, et le commencement de la 700® tombait précisé ment au milieu de l’année sainte ou jubilaire dans le 7 mois, au jour de la fête des Expiations.

C’était aussi après 7 fois 700 ans que devait parafe: l’oint du Seigneur. Si nous en croyons l’historien Josephs les patriarches qui ont vécu avant le déluge connaissiez déjà la période de 600 ans, ou, en d'autres termes, h période intercalaire de 1 20 ans , qui est contenue cm fois dans la première. 1200 ans comprennent deuifci; 81 périodes égyptiennes connues sous le nom d’Apis. h septième partie de cette période, c’est-à-dire 600 ans. prise pour une semaine, comprend 7 fois environ $ ans l; et c’est là précisément la somme des jubilés qui de vaient s’écouler jusqu’à l’accomplissement de la périodeà Messie. Or 70 semaines de 85 ans f formaient la sainte période de 6000 ans, sacrée pour toute l’antiquité.

Schubert a fait remarquer l’importance de la période de 600 ans dans l’histoire universelle des peuples, comme époque de crise, de justice et de rétribution. La captivité en Égypte commence 3 fois 600 ans avant Jésus- Christ. La fleur de la nation égyptienne et phénicienne tombî

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