‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 567 sur 589 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Apparition des peuple* du Nord. Légende de Sigfricd. Wolfdicctrich

et Charlomngne.

Les cabalistes juifs, de meme que tous les peuples de l’Orient , pour qui le grand jour du christianisme ne s’était

AMVVKITION DÉS DKDPI.ES DU NOliD. 3ti3

point encore levé, restèrent attachés aux symboles et aux ligures que Dieu avait donnés aux temps primitifs, et qui devaient cesser avec Celui qu’ils représentaient. Rien plus, le monde entier était si persuadé que les temps étaient accomplis, que tous les peuples s’ébranlèrent, comme poussés par un instinct mystérieux et divin. Vers l’an 508 avant Jésus-Christ , pendant que les Indiens anticipant les temps saluaient leur sauveur dans la personne de Buddha , et célébraient la tin de la sainte période de 4 180 années solaires, ou 4320 années lunaires, les Celtes du Nord se mirent aussi en mouvement, et, semblables à des abeilles, partirent des Gaules sous la conduite de Bellovèse et de Sigovèse, ou de ce Sigurd célèbre dans les mythes celtiques ; et ils arrivèrent , les uns à la ville sainte du sud, c’est-à-dire à Dôme, les autres à la ville de Delphes, non moins sacrée dans l'antiquité. Déjà depuis longtemps, comme nous l’apprend Diodore, les Celtes hyperboréens avaient envoyé par des vierges consacrées aux dieux des présents à l'Apollon de Delphes, qui devait, disait-on, paraître tous les dix-neuf ans. Et l’on voit encore aujourd’hui dans le pays de Wales, celte vieille patrie des Bretons, sur le sommet des montagnes, dans le district de üwy - Dywyfchi , les pierres appelées Meini Kyvrivol, c’est-à-dire pierres du calcul compensé. C’est un temple soutenu par dix-neuf piliers, et qui prouve que les druides gaéliques connaissaient, avant les Créés peutêtre, celte chronologie sacrée. Mais cette fois les Celtes accouraient par essaims pour trouver le Dieu. Repoussés de son sanctuaire , ils se dirigèrent du coté de l’antique Byzance , et pénétrèrent jusque dans l’Asie Mineure; car ils savaient que le Dieu devait naître en Orient dans celte

antique contrée du paradis , d’où leurs ancêtres étaient partis près de 2000 ans auparavant. Ils arrivèrent ainsi dans la Gulatie, poussés par un instinct semblable à celui qui entraîna plus tard les croisés vers la terre sainte. Mais ici ils rencontrèrent bientôt le christianisme . et nous avons encore répitre que leur écrivit F Apôtre des

L'ébranlement qui avait commencé dans le pays de Laites, longtemps avant l’époque où devaient s’accomplir tes promesses, recommença bien plus puissant encore vers Fan 00 avant Jésus -Christ, lorsque l’époque sacrée de H 82 ans Finissait avec le troisième cvcle caniculaire des Égyptiens, au temps même où une nouvelle ère commençait dans les Indes avec F apparition de Vicramaditya. Une grande réforme partagea le druidisme, et divisa l’ancienne noblesse, ou les clans, et les prêtres druidiques. Les premiers avaient a leur tête le peuple desEduens: les autres étaient soutenus par les Séquaniens cl les Avernes. Les Gaules formèrent deux partis, dont le premier fut protégé par les Romains, tandis que le second fut secouru par les peuples germaniques. L’épée de César termina enfin la lutte, Fan 50 avant Jésus -Christ. Plus d’un million de Gaulois périrent sur les champs de bataille, à peu près comme les Juifs périrent plus tard pour avoir mal compris leurs prophéties. Le druidisme penchait aussi vers sa ruine à l’époque de Jésus- Christ dans les îles sacrées des Bretons. Tout le monde reconnaissait que le cycle des temps, avec lequel la mythologie de ces peuples était intimement liée, avait atteint son dernier terme, et que l’époque ou, selon les prophéties, les dieux devaient paraître sur la terre était entîn arrivée. La reii-

APPARITION DUS PKI PI.ES Dt’ NORU.

gicu dut doue subir encore une nouvelle réforme. Les anciens dieux pâlirent et s'effacèrent peu à peu ; et le ciel, devenu vide , fut peuplé de héros ou de demi-dieux , comme Fingal et Treunmor*

Des révolutions semblables s’accomplirent dans le nord germanique au temps de Marius , pendant que l’assemblée des prêtres étrusques annonçait la fin du huitième jour du monde composé de 540 ans : période fameuse et sacrée dans l’antiquité païenne, pour qui elle tenait lieu en quelque sorte du cycle jubilaire donné par Dieu au peuple juif. Les Cimbres germaniques et les Teutons, les Nibelungen du Nord, se précipitèrent vers la glorieuse capitale du monde. Ce n’était pas seulement la soif du butin qui les emportait : un instinct supérieur les poussait, quoique les écrivains de l’époque ne nous parlent point des motifs spirituels qui les guidaient. D’anciennes légendes des peuples du Nord nous racontent que des récits merveilleux leur étaient arrivés du fond de l’Orient sur la nais-

sunee d’un Asir ou dieu des A ses, et que Gylfe , le Guelle de la mythologie, fut envoyé pour s'assurer de la vérité de ces bruits : et l’Ldda s’étend longuement sur cette ambassade. Mais après que les peuples du Nord eurent attendu patiemment pendant quelque temps l’accomplissement de l’ancienne parole qui , selon les prophéties de leurs vola ou \o\ants et de leurs sibvlles, touchait à son terme, les nouveaux ases prirent les noms des anciens , c’est-à-dire ils réformèrent l’ancienne religion, et fondèrent un nouveau culte.

Ces nouveaux ases qui prirent la place de l’ancien Odin ou Wodan, et exercèrent avec l’épée, à la manière des héros, les fonctions de sauveur et de libérateur, sont

principalement Sigfrid et W olfdiectrich , célèbres, le premier dans la basse, et le second dans la haute Allemagne. Aussi les poèmes héroïques parlent d’eux de la même manière que les anciennes mythologies parlent de leurs dieux , et comme les mythologies plus modernes parlent de Féridun et de Cyrus, de Romulus et de Rémus, et des autres héros qui ont élé dans l’antiquité comme les symboles mythologiques du Sauveur promis. La mère de Si- %

gurl , ayant éveillé les soupçons de son mari à cause de sou infidélité, fut exposée dans une forêt, et condamnée à y mourir. Là elle mit au monde un fils, et, après l’avoir confié aux vagues enfermé dans une boite de verre, elle mourut au milieu des douleurs de l’en* lanternent. Le précieux dépôt est jeté sur le rivage de la mer, où les cris de l’enfant attirent une biche, qui l’élève et le nourrit de son lait; si bien qu’au bout de douze mois il était déjà plus fort qu’un enfant de quatre ans. Un forgeron le trouve dans la forêt, l'adopte pour son fils, et lui donne le nom de Sigurt ou Sigfrid. Là il apprend le métier de forgeron ; mais déjà à l’âge de neuf ans il laisse bien loin derrière lui tous ses camarades, l a jour enfin il lève un énorme marteau, et brise l'enclume.

Sorti de l’école du forgeron , il se prépare à des actions plus nobles, et commence sa carrière ou ses douze travaux, aidé de douze compagnons, selon le poème du grand et du petit Jardin des roses. 11 combat contre les serpents cl les monstres, contre les géants et les nains perfides, et partout il est victorieux. Enfin il entreprend la lutte suprême contre le dragon; il s’empare du trésor que gardent les douze géants, et après avoir tué ceux-ci il fem-

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porte chargé sur cent-vingt chariots. Il délivre Chrieœhiit, la femme du soleil, que le dragon maudit tenait captive depuis six mois, et l’épouse, à peu près comme Chrishna , qui sous lo nom de Jagannathas, ou maître du monde, tue le monstre au solstice d’été. Mais il est arrivé maintenant à son apogée : son étoile commence à pâlir, et sa vie touche à son terme. Il tombe dans les pièges de ses ennemis; son corps, il est vrai, a reçu du sang du dragon une dureté qui le rend invulnérable ; mais pendant qu’il boit de l’eau de la source , à rendrait ou est tombée une feuille de tilleul, il est atteint par la lance meurtrière. Sur son cadavre s’allume la grande guerre qui doit venger sa mort, et dans laquelle périt la race des héros tout entière.

Sigurt, c’est le soleil personnifié dans un héros; c’est le soleil, qui avec ses rayons, comme avec une épée, délivre les filles de la terre, c’est-à-dire les plantes ou les fruits, de l’obscure prison où elles étaient enfermées. C’est lui qui, au commencement du printemps, épouse la Terre, délie la ceinture magique de sa fiancée et lui met au doigt l’anneau enchanté. Le héros est blessé mortellement au solstice d’été, où les jours commencent à décroître. Chaque année aussi, à cette époque, les anciens célébraient avec reconnaissance la mémoire de sa mort et de son sacrifice, en buvant un breuvage appelé Wodans-Minnc, et qui dans les temps chrétiens s’est conservé sous le nom de Bénédiction de saint Jean. Mais pendant que le père meurt et disparaît, le fils de la nouvelle époque prend naissance et s’élève au firmament. Ce poème, et le symbole qu’il renferme , est resté si profondément empreint dans l’imagination du peuple qu’on en retrouve encore, après sa conversion au christianisme.

:)fi8 LA VIE JjE N. -S. JÉSUS-CHRIST.

les principaux traits dans la légende de Geneviève de Brabant et dans celle de Charlemagne.

C’est ainsi que l'attente prophétique du Messie préparait les voies au christianisme parmi les races diverses qui peuplaient la terre. Saisis d’une sorte de commotion électrique , tous les peuples se sentaient emportés vers les lieux où devaient s'accomplir les mystères du salut, comme pour entrer plus facilement dans l’Église de la nouvelle alliance. Ce mouvement ne s'arrêta point après l’accomplissement des promesses; mais il sembla prendre, au contraire, une nouvelle énergie; et vers la fin du premier millénaire de l’ère chrétienne , lorsque les Indiens célébraient l’année 1320 du Cali-Yug, ou du quatrième âge, lorsque l’ère du grand empereur seldjoucide Malec Schali commeuyait, l’on vit les peuples de l’Occident courir en foule vers la ville de Sion pendant plusieurs siècles, afin de conquérir la crèche et le tombeau du Sauveur. 0ue sont les nations, sinon des enfants que le Tout-Puissant prend par la main , et conduit d'après le plan de son éternelle providence, sans qu’elles sachent même souvent le but où il les mène? L’histoire n’a un sens véritable ei profond que lorsqu'on saisit les liens mystérieux qui rattachent la liberté de l’homme à la providence de Dieu.

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