CHAPITRE XVIII
L’Étoile des rois mages.
Nous lisons dans les Puranas, livres sacrés des Indiens, que Vieramoditya , leur empereur, instruit par les pru-
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phéties qui annonçaient la naissance d'un enfant miraculeux , envoya vers l’ouest des députés à la recherche de ce (ils du ciel. Ceci arriva l’an 4481 après la création, précisément à l'époque oit les sages de la Perse regardaient comme accomplie la troisième année de Dieu, connue chez eux sous le nom de Salchodai, et par conséquent la grande période de la rédemption de 4320 années lunaires. C’est alors que, reconnaissant dans la nou\elle étoile qui venait de paraître à l’orient le signe de la venue du Sauveur, ils formèrent une caravane composée des chefs et des représentants de plusieurs tribus, et l'envoyèrent vers la ville des Sept collines, où devait naître, selon leurs anciennes prophéties , le Rédempteur du monde. Ce qui avait frappé leur attention , ce n’était pas seulement ce jubilé mystérieux que les astres célébraient au firmament; ce n’était pas seulement la réapparition de l’étoile mystérieuse après la troisième période de Sirius; ce n’était pas seulement la conjonction de presque toutes les planètes de notre système solaire dans le signe prophétique des Poissons; mais c’était surtout l’apparition d’un phénomène extraordinaire, d’un astre étranger au firmament, comme l’étoile de Tyeho-Brahé peut-être, qui parut tout à coup au ciel eu 4 572. La grandeur apparente de celleci surpassait au commencement toutes les étoiles fixes , même celles de première grandeur, Syrius lui-même, et la Lyre, et Jupiter, quoique celui-ci fût alors Irès-près de la terre; de sorte que sa lumière approchait beaucoup de celle de Vénus, lorsque celte dernière étoile est voisine de notre planète et lui présente son disque tout entier.
Cet astre fut visible dès le commencement avec cette, étendue et cet éclat, comme s’il eût atteint tout d’un
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coup ses dimensions. Il conserva cette splendeur pendait; tout le mois de novembre, de sorte que beaucoup d hommes doués d'une vue pénétrante purent le voir clairemeut en plein jour, même à midi, -ce qui n'a lieu pour aucune autre étoile, excepté pour Vénus. Bien plus, pendant la nuit , lorsque les nuages cachaient les autres étoiles , on pouvait encore l'apercevoir, pourvu cependant qu'ils ne lussent pas trop épais. Il ne conserva pas ses dimensions pendant toute sa durée , mais après avoir décru peu à peu il disparut entièrement. Pendant qu’il fut visible au firmament, sa lumière ne montra pas toujours la même couleur. Au commencement , lorsqu’il paraissait égal en grandeur à Vénus et à Jupiter, sa lumière était blanche, claire, douce et d’un aspect agréable comme celle de ces deux planètes. Elle prit plus tard comme une teinte jaunâtre, et vers le printemps de 1573 elle devint rouge à peu près comme celle de Mars. Vers la fin du printemps elle prit la teinte bleuâtre de Saturne et la conserva presque jusqu’à sa disparition, de telle sorte cependant que cette nuance devint plus trouble à mesure qu’elle approchait de sa fin. Sa lumière scintillait comme celle des étoile» fixes. (PlatT., l'Homme et les Étoiles.)
Telle était cette étoile de Tycho - Brahé qui , comme celle des sages de l’Orient, apparut tout à coup au milieu <le la voie lactée , et excita l’étonnement du monde entier. Trente -deux ans plus tard elle fut suivie par l’étoile de Kepler, qui parut près de l’écliptique, dans le point même de celte grande constellation que le monde avait admirée au temps même de la naissance de Jésus -Christ. Cette étoile resta plus longtemps au firmament que la première : elle fut découverte par Brunowsky, disciple de Kepler,