‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 577 sur 589 · PARABOLE DU BON PASTEUR · texte numérisé non relu

PARABOLE DU BON PASTEUR

tête du serpent. L’ histoire universelle de l'humanité ressemble à un dôme magnifique ; les temps qui ont précédé 'le déluge en sont la net* souterraine; l’Église de F Ancien Testament est la nef supérieure, tandis que celle de la nouvelle alliance en est comme le chœur elle sanctuaire, vers lequel sont tournés tous les regards. Ainsi , dans un autre ordre,, l’univers est comme un temple immense dont les profondeurs incommensurables des cieux forment les portiques et la nef. Noire ciel avec ses étoiles fixes en représente le sanctuaire, et la terre est comme le tabernacle de la création lout entière, l’autel ou l’Éternel descend tous les jours, et dont il fait en quelque sorte Fempirée de l’univers entier. C’est sur la terre encore qu’est Jérusalem, cet autel sacré d’où le sang de la divine victime a coulé sur toute la création ; et notre planète est à F égard de la terre sainte ce que l’univers entier est à notre système planétaire.

L’Infini s’est renfermé dans les limites du temps. A l’heure marquée dans les décrets éternels, lorsque les signes qui devaient annoncer sa venue eurent paru dans les cieux , au moment où le système entier des planètes fêtait sa grande année jubilaire , il descendit sous la forme d’un esclave; et laissant de côté toutes ces sphères radieuses qui peuplent les espaces, il choisit de préférence la terre, pauvre petite planète perdue dans l’immensilé. (Test là qu’il vint pour délivrer ses frères captifs, et qu’il accomplit ce que le Père céleste avait déterminé à son egard. Un signe céleste avait annoncé son arrivée aux habitants de la terre : ce signe, c’était la grande conjonction des planètes . ou l’étoile du Messie qui conduisit Jos trois rois à son berceau. Mais ce n’était pas assez

encore : toutes les sphères s'unirent en choeur, et chantèrent dans un accord merveilleux ce cantique dont les bergers de Bethléem entendirent un faible écho au milieu du silence de la nuit. C'est que notre système solaire fêtait son année jubilaire; l'univers entier célébrait 1ère nouvelle qui commençait pour lui, pendant que la réconciliation du genre humain avec Dieu s'opérait sur la terre. Notre planète, considérée sous le rapport spirituel, a donc bien plus d’importance qu’elle ne parait en avoir d'aprè* la position qu'elle occupe dans l'espace; et depuis qmi Dieu l'a honorée de sa présence elle est devenue comme le centre de la grande Église de l'univers. Mais quand ou se rappelle combien souvent Dieu s’est plu à choisir parmi les mortels ce qu'il y a de plus bas et de plus méprisable pour l’élever par sa grâce jusqu'aux degrés les plus sublimes, on ne s'étonne plus que, parmi toutes les sphère* de l'univers, il ait choisi de préférence notre planète pour y opérer ses merveilles.

L'antiquité considérait le soleil tjui nous éclaire comme un berger, et les étoiles mobiles comme les brebis qui paissent dans l'immensité de l'espace. Ce mythe, pour te dire en passant, nous indique que les anciens connais saient déjà d'une manière au moins confuse la position centrale du soleil à l'égard des planètes. Or Jésus -Christ apparut sur la terre comme le soleil qui devait éclairer te genre humain : il est né avec la nouvelle année; aussi est-il représenté couvert d'un vêtement rouge, et reposant sur les bras de sa mère, enveloppé dans un manteau bleu semé d’étoiles. Quelques artistes , même des premiers siècles du christianisme, l'ont représenté sous la forme et avec les attributs d’Apollon , ce dieu du ciel qui cb&ee

KUtAttül.K DU BON CASTUUK.

le lûup Fends, que les mythes des peuples anciens nous montrent rodant la nuit et cherchant à dévorer les satellites du soleil et l’astre du jour lui-même. Le bon pasteur déclare dans la parabole qu’il abandonne ses quatre-vingtdix-neuf brebis pour aller en chercher une seule qui était égarée. La terre est cette brebis perdue que le Christ est venu chercher. Et de même qu’au ciel il y a plus de joie sur la conversion d’un pécheur que sur la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes, ainsi le genre humain qui peuple celte planète a donné par son retour plus de

* joie à Dieu et aux anges que les habitants de tous les autres corps célestes.

Mais pour pousser plus loin cette merveilleuse analogie,

nous ajouterons qu’il en fut encore ainsi du peuple d’Israël

comparé au reste de l’univers. Moïse, en effet, dans ce beau cantique qu’il composa sur son lit de mort, compare ce peuple à des aiglons égarés que l’aigle rapporte au nid sous ses ailes, ou à une brebis perdue dans le désert que le berger prend sur ses épaules et ramène au bercail , jusqu'à ce que , confiant à un autre sa houlette, et s’immolant lui-même comme l'Agneau de la nouvelle alliance, il monte à la droite du Père céleste. Or il est remarquable que les anciens se servaient de ces mêmes expressions en parlant d’Apollon , comme nous le voyons dans l’hymne adressé a ce dieu par Callimaque de Cyrène, qui vivait à la cour de Ptolémée , et par un hymne de Pindare adressé à Minerve. Ainsi, nous voyons sous cette allégorie tou-

chante l’Ame humaine retirée du monde de la matière et des sens par le Sauveur, qui, la prenant sur ses épaules, l'élève jusqu’aux demeures célestes, après que son étoile, surpassant l’éclat de toutes les autres, a dissipé la magic

«le l’enfer, et après qu’il a lui-même brisé les liens de la mort. Saint Ignace , dans sa troisième lettre aux Éphésiens, nous donne un commentaire intéressant sur cette exposition symbolique. Notre terre encore, comme foyer moral de l’univers entier, réfléchit l’histoire de toutes les planètes qui l’environnent. Et déjà l'on est parveuu à apercevoir dans Vénus les indices d’une catastrophe analogue au déluge qui inonda notre terre , et à découvrir que l’hiver dans la planète de Mars suit en quelque sorte les phases de nos hivers, et qu’il est plus ou moins doux, plus ou moins rude, selon que le nôtre l’est plus ou moins lui-même.

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