SIGNIFICATION ETHNOGRAPHIQUE DES NOMBRES
Péloponnèse. La plus ancienne cité, celle qui a été le commencement et le berceau de tous les Étals, le royaume de Ncmrod, était, d’après le témoignage de la Genèse (x, 10), partagé en 4 principautés : et nous voyons, dansla succession des temps qui ont précédé la nouvelle alliance, surgir l'une après l’autre 4 grandes monarchies. Et cette division fut représentée d’une manière symbolique pour tous les siècles suivants à deux fois différentes : la première lorsque le manteau du prophète fut divisé en 12 morceaux (I Rois , c. xi, v. 30), et la seconde fois lorsque le manteau du Sauveur fut divisé en \ parties. En effet, la toge représentait le manteau royal , tandis que la robe sacerdotale, étant le symbole de l’Église , ne devait point être partagée.
D’après Hérodote , Thésée avait partagé le peuple attique en 4 phi les ou classes, à savoir : les bergers sur les montagnes, les cultivateurs dans la plaine, les guerriers dans l’Ionie, et les prêtres autour d’Éleusis. Chaque phite formait 3 dîmes qui faisaient ensemble 12 associations ou phratries . Chaque phratrie était composée de 30 familles, ce qui faisait en tout 300 familles, dont chacune de nouveau comptait 30 germetes ou membres , de sorte que l’État tout entier comptait 2 fois J- 4,320 citoyens capables de porter les armes. D’un autre côté, à Rome, chacune des trois tribus était partagées en 10 curies; chaque curie en 10 gentes, et le peuple entier, par conséquent, en 300 familles; de même que son année ne comptait non plus que 301 jours. Nous trouvons également à Sparte un conseil composé de 300 chevaliers, et à leur tète 28 gérontes avec 2 rois, ce qui suppose 30 curies. Le conseil des Carthaginois comptait 101 mem-
bres, d’après le nombre double des semaines de l'année. Les Ashantes, qui habitaient l'intérieur de l'Afrique, formaient, d’après une ancienne tradition , avec les nègres leurs voisins une confédération de 12 tribus. Celte division se reproduit dans la confédération des 12 \illcs étrusques dont Rome faisait originairement partie; et nous la retrouvons même dans chaque ville eu particulier. C'est ainsi que nous lisons dans Virgile x , 202), à pro-
pos de Manloue ; Gens illi triplwr, populi hUbycnU jmterui, et Servius dans sesScholies remarque à ce propos que Mantoue avait trois tribus, partagées en i curies. Conformément à ce même tvpc, les Tu scie ns fondèrent près du Pô, de meme que dans la Campanie, 12 villes ou associations, gouvernées par leurs htrwnüits. -Nous retrouvons encore le nombre 12 dans la constitution des Helvétiens. Au nord, chez les Germains, Sigurt, qui comme nouveau fondateur de son peuple prit le nom d’Odin lui -même, et donna à ses compagnons les noms des douze dieux Ases; Sigurt établit la tribu sacerdotale des 12 diav ou drottnar, et régla leurs fonctions. LesGolbs avaient aussi i 2 chefs associés à Odin comme piètres et juges; et l’ancienne législation des Allemands comptait 12 échevins. Les anciens Prussiens étaient partagés en 12 tribus issues des douze lils du roi Waidewut. Cette division en dodécarehies apparaît d’une manière frappante dans les 12 ou 6 fois 12 royaumes dont nous parlent les anciens poèmes héroïques allemands, et particulièrement ceux de Parcival, deGudrun et d’Orendei. Plus tard encore, nous trouvons chez les Ditmares 30 familles. Cologne avait 3 classes, dont chacune possédait 1 !> magistratures.
RAPPORTS UNIVERSELS
4 est le nombre physique de l'espace et de la nature ; 3 est le nombre ethnographique qui se rattache à la famille et au sang. C’est avec ces deux nombres que sont formés les nombres 7 et 12. L'antiquité reconnaissait dans la division des deux le symbole de l’ordre le plus parfait, et comme l’expression de l’idéal dans la réalité : aussi Platon divisait -il en 12 parties son État idéal et sa capitale. Ces mêmes nombres reparaissent dans la constitution des Étals les plus anciens aussi bien que dans le partage du temps. La grande synagogue sous Esdras comptait 1 20 membres. C’était le nombre de citoyens nécessaire pour constituer une ville. La première communauté chrétienne au jour de la Pentecôte comptait 120 frères, et 1500 ans après Jésus- Christ Colomb conduisait sur 3 vaisseaux 120 compagnons à la découverte du nouveau monde.