‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 81 sur 589 · LES ENVOYÉS DO GRAND CONSEIL · texte numérisé non relu

LES ENVOYÉS DO GRAND CONSEIL

questions, demandent à Jean pourquoi, c’est-à-dire par quelle autorité, il baptise, s’il n’est ni le Christ, ni Élie, ni le prophète. Jean leur répond qu’il baptise seulement avec l'eau; mais qu’au milieu d’eux il y a quelqu’un, qu’il ne connaît point, qui viendra après lui, quoiqu'il ait été avant lui, qui est plus puissant que lui. Puis il ajoute :

« Je ne suis pas digne de me prosterner devant lui pour ■ lui dénouer les cordons de ses souliers. C’est lui qui « vous baptisera avec le feu et le Saint-Esprit. » Ces paroles avaient rapport à l'apparition merveilleuse dont Jean avait été témoin au baptême de Jésus. Et de même qu’il s’était alors humilié devant le Messie en se prosternant «levant lui la face contre terre, comme le raconte l'Évangile des Hébreux, ainsi il se reconnaît en ce moment, devantla multitude, indigne d’être son serviteur. Chez les Juifs, lorsqu'on vendait un esclave, il déliait, puis attachait la chaussure de son nouv eau maître : c’était le symbole de » servitude et de sa soumission. Il était encore obligé de lui ôter, et de lui mettre ensuite ses souliers avant chaque repas, au moment où son maître allait se mettre à table. Jean faisait donc allusion au festin céleste que les Juifs croyaient célébrer bientôt avec le Messie dans le royaume de Dieu, et Jésus lui-même s'est servi souvent de cette ■mage. Ainsi s’humilia le plus grand de tous les hommes. Jean continue et dit en parlant de Jésus : « 11 tient déjà

• dans sa main la pelle à vanner, pour puriûer son aire , « et recueillir le blé dans son grenier, mais aussi pour

• brûler la paille dans un feu qui ne doit jamais s’é-

• teindre. 11 dit encore beaucoup d’autres choses au « peuple, qui était dans une vive attente ; car tous soup-

• sonnaient qu’il était peut-être le Messie. » 11 employait

dans son langage les figures qui leur étaient les plus familières. Les Juifs faisaient avec la moisson à peu près ce que font encore aujourd’hui les populations slaves. Ils plaçaient les gerbes en cercle dans l’aire, et les faisaient piler sous les pieds des bœufs. Et la loi défendait aux Israélites de lier la bouche du bœuf qui foulait le grain, pour l’empêcher de manger la paille. Or comme les anciens n’avaient point encore de moulin à vanner, ils se servaient d’une pelle, qu’ils tenaient à la main, et jetaient le blé au vent. Le meilleur grain, comme le plus pesant, tombait plus loin; le grain léger tombait moins loin : quant à la balle formant le déchet, elle était emportée par le vent derrière le vanneur. Jean exprimait donc dans cette image les trois états de l’àmc dans le royaume de Dieu , ici-bas et après la mort. Les envoyés appartenaient à la secte des pharisiens. Ceci arriva 40 jours environ après le baptême de Jésus. Et si nous plaçons celui - ci au 14 octohre 778, qui était un dimanche, trois ans et demi ou 1277 jours avant sa Passion, cette députation aurait eu lieu le 22 novembre de la même année. Ce jour était alors un jeudi : et c’est d'ailleurs au cinquième jour de la semaine que le sanhédrin tenait régulièrement ses séances. 11 se sera donc réuni ce jour-là pour régler la députation des pharisiens vers Jean. Nous pouvons aussi conclure de ce fait que le Précurseur ne faisait que commencer sa carrière, et que Jésus fut un des premiers qu’il baptisa; car autrement le sanhédrin lui aurait ordonné plus tôt de s’expliquer sur sa mission.

VOCATIOJS DES APÔTRES.

Page 1