CONSTITUTION ET ORDRE DE LA SYNAGOGUE
qu'au temps des apôtres. C’est ainsi, par exemple, qu’au chapitre xm des Actes, les habitants d’Antioche de Pisidie prirent Paul et Barnabe de se faire entendre dans les jours intermédiaires qui devaient s’écouler jusqu’au prochain sabbat. Ces jours étaient anciennement pour les Juifs des jours de jeûne, parce qu’au cinquième jour Moïse était monté sur le Sinaï pour recevoir des mains de Dieu les nouvelles tables de la loi, et qu’il en était descendu, disait-on, le second jour, après avoir apaisé la colère divine. Lors donc que le pharisien dit dans la parabole de l'Evangile : « Je jeûne deux fois la semaine, » il veut parler de ces deux jours; car au jour du sabbat les juifs se faisaient un devoir et un mérite de manger copieusement. C’est peut-être de là qu’est venue la coutume des premiers fidèles de jeûner deux fois la semaine, le mercredi et le vendredi.
La synagogue se composait de dix anciens d’Israël et docteurs de la loi, nommés décemvirs. A leur tête étaient trois administrateurs civils, chargés de défendre les intérêts de la synagogue, et qui exerçaient en son nom la justice dans les affaires de l’ordre temporel. Ils administraient aussi ses biens, arrangeaient les difficultés qui s’élevaient entre les membres de la commune, décidaient les affaires matrimoniales , les cas de restitution , ceux où l’on devait punir du fouet les coupables, etc.; et, sous ce rapport, ils ressemblaient beaucoup aux avocats ou patrons des églises tels que nous les retrouvons au moyen âge dans la personne des seigneurs, pendant que l’empereur était comme le protecteur de l’Église universelle de la chrétienté tout entière. A côté de ce tribunal était le chazan, qui récitait les prières publiques, veillait* à ce qu’on
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LA VIE DE ÎS.-S. 4ÉSUS-CliniST.
lût exactement la loi , choisissait chaque jour de sabbat sept membres de la commune pour expliquer les livres saints, et entonnait le chant dans la synagogue. Il était assisté de trois diacres, parnasin ou pasteurs et aumôniers. Deux d'entre eux étaient chargés de recueillir les aumônes, et le troisième de les distribuer. Il y avait d'abord une distribution journalière et générale qui se faisait avec les aumônes qu'on avait recueillies; et il y en avait une autre qui se faisait aux pauvres de la ville, le soir du sabbat, avec les offrandes apportées au temple. Cette distribution était annoncée au son des trompettes, ce que Jésus blâme au chapitre VI de saint Matthieu. Cette institution deparnasin a pu contribuer plus tard à rétablissement des diacres dans l’Église chrétienne; car déjà, dès le temps des apôtres, nous voyons que ceux-ci choisirent sept diacres pour recueillir et distribuer les aumônes, et le grand apôtre saint Paul remplaça lui -meme saint Étienne dans celte fonction.
Ces sept chefs de la synagogue s’appelaient les sept pieux ou les sept hommes de bien de la ville : c’est le nom que leur donne souvent le Talmud. A côté d’eux il y avait encore en chaque ville un interprète qui expliquait les paroles de l’Écriture. Chaque membre honorable de la commune pouvait être invité à expliquer la Bible : cette fonction pouvait même être remplie par quiconque avait atteint sa treizième année, et était devenu par la confirmation fils du précepte. A bien plus forte raison encore les prêtres, comme il y en avait déjà alors en chaque lieu, pouvaient expliquer les livres saints: eux seuls, d’ailleurs, pouvaient prononcer les paroles de la bénédiction. Mais lorsqu’un rabbin ou un docteur étranger était présent.