CHAPITRE IV
Parabole du Fils du roi et dos dix livres.
« Le lendemain matin il sortit de Jéricho pour monter « il Jérusalem.» On découvre encore près de Jéricho les traces de l’ancienne voie romaine que parcourut en ce jour le Sauveur. Après avoir traversé un pays triste et désolé , il passa près de la ville d’Adommim, puis il trouva une hôtellerie dont il est parlé dans la parabole du Bon Samaritain. Elle s’appelait Bachurim. C'était là que David, fuyant devant Absalon , s’était reposé. C’était là que Semei lui avait jeté des pierres. C’était là encore qu’Achimas et Jonathas, ses fidèles serviteurs, s’étaient cachés dans un puits. 11 existe encore aujourd’hui un caravansérail qui s’appelle le Kan du Samaritain : il est à deux lieues environ de Jérusalem.
4( Comme ils approchaient de Jérusalem , et que plu- « sieurs s’imaginaient que le règne de Dieu devait pa- « raître bientôt, Jésus leur proposa cette parabole: Vn a homme de grande naissance , s’en allant dans un pays « fort éloigné pour y prendre possession d*un royaume, K et s’en revenir ensuite, appela dix de ses serviteurs, t( leur donna dix livres d’argent, et leur dit : Négociez U cet argent jusqu’à ce que je revienne. Mais comme
LA VIE DE N.- S. JÉSÜS-CIIRKT.
« ses sujets le haïs^ient, ils lui envoyèrent une ambas- « sade, et lui firent dire: Nous ne voulons point quô a celui-ci règne sur nous. Étant donc revenu, après avoir (( pris possession de son royaume , il fil appeler ses servi- (( leurs auxquels il avait donné son argent, pour savoir « combien chacun avait gagné en le négociant. Le pre- (( mier, étant venu , lui dit : Seigneur, votre livre en a « produit dix autres. Il lui dit C’est bien, bon seiTiteur ; « puisque tu as été fidèle en peu de choses, tu comman- « deras sur dix villes. Le second, étant venu, lui dit: (( Seigneur, votre livre en a rapporté cinq autres. Son maître « lui dit : Tu seras préposé sur cinq villes. 11 en vint un « troisième, qui lui dit : Seigneur, voici votre livre, que tt j’ai gardée dans mon mouchoir, car je vous craignais , K sachant que vous êtes un homme sévère, qui redeman- « dez ce que vous n’avez point donné , et voulez recueil^ n lir oîi vous n’avez point semé. Son maître lui répondit : U Méchant serviteur, je te condamne par ta propre bouche, a Puisque tu savais que je suis un homme dur, que je (( redemande ce que je n’ai point donné , et que je veux i( recueillir où je n’ai point semé, pourquoi n’as-lu donc « pas placé mon argent dans une banque , afin qu’à mon « retour je pusse le retirer avec les intérêts? Il dit alors « à ceux qui étaient présents : Otez -lui sa livre, et don- « nez-la à celui qui en a dix. Seigneur, lui dirent-ils, il U en a déjà dix. Il leur répondit : Je vous déclare qu’on (( donnera à celui qui a déjà, pour qu’il ait en abontt dance ; mais celui qui n’a rien , on lui ôtera encore ce c( qu’il a. Quant à mes ennemis, qui n’ont pas voulu ic m’avoir pour roi, qu’on me les amène ici, et qu’on « les tue en ma présence. »