CB- CT. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST
bîf^n, il vous échappera quand il voudra. Non, ce n'était point là la cause ; le vrai motif est qu'il fallait que les Écritures s'accomplissent, et ({ne les incrédules dévoilassent leur méchanceté par des manifestations extérieures. (Origène.)
1. Jésus parlait encore^ lorsque Judas Iscariote, l'un des douze, arriva conduisant une cohorte et des satelliteSy etc. — Qui l'eût cru qu'un disciple élevé par le choix même de Jésus-Christ à la sublime dignité de Tapostolat, le compagnon de ses courses, le confldent de ses secrets, le témoin de son innocence, de sa sainteté et de ses prodiges; jusque-là honoré de sa familiarité, depuis peu nourri de sa chair et de son sang, parût à la tête de ses bourreaux, et conduisît lui-même tout le projet de sa mort? Quelle tristesse pour le cœur de Jésus-Christ de voir un ami, iin apôtre destiné à le faire connaître et adorer de tous les hommes, et à mourir |>our lui et pour sa doctrine, devenir le principal aulcur de sa perle! Ah ! quand une fois on s'est attaché à Jésus- Christ, comme ce disciple, et qu'on redevient comme lui înfldèle, i'inOdclité n'a plus de bornes : on est capable de tout, et le degré de vertu où Ton était élevé devient la mesure de l'abîme que l'on se creuse en retombant ; et il n'est point d'excès qu'on ne doive attendre de ceux qui, après avoir marché quelque temps dans la voie de Dieu retournent au siècle et se déclarent encore contre Jésus-Christ. (Hassillon.)
1 . Jésus parlait encore y lorsque Judas Tscariote, Pun des douze, arriva {conduisant une cohorte et des satellites envoyés par les pontifes, les Scribes y les Pharisiens et les anciens du peuple, avec des lanternes^ des torches, des armes et des bâtons. — Venez connaître le monde en la Passion de Jésus-Chriet, venez voir ce qu'il faut attendre de l'amitié, de la haine, de l'indifférence des hommes, de leur prudence, de leur imprudence, de leurs vertus, de leurs vices, de leur appui, de leur abandon, de leur justice, de leur injustice : tout est changeant, tout €st infidèle, tout se tourne en affliclion et en croix, et Jésus est un exemple. Oui, tout se tourne en croix; et premièrement les amis : ou ils se détachent par intérêt, ou ils nous perdent par leurs tromperies, ou ils nous quittent par faiblesse, ou ils nous secourent à contre-temps, selon leur humeur, et non pas selon nos besoins, et toujours ils nous accablent. Le perfide Judas nous fait voir la malignité de Tintérét, qui rompt les amitiés les plus saintes. Jésus l'avait honoré de sa confiance particulière, et l'avait établi le dispensateur de toute son économie;