‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 104 sur 179 · H. CT. LA VIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

H. CT. LA VIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST

el la pénitence : Mon ami, lui diWil, pourquoi vous ici? Mais comment toucher celui qui est tombé après avoir joui de rintimité de Dieu, et qui a scellé^ en quelque sorte^ parle sacrilège, son impénitence finale? Cela est impossible, nousdit saint Paul ; et en etTet le Fils de Dieu^ avec sa toute-puissance et son infinie bontés n'a point réussi au sujet du traître Judas. Quand nous voyons ensuite Jésus-Christ renverser d'une seule parole les soldats envoyés pour le prendre, leur commander luimême avec une puissance à laquelle il leur est impossible de résister, pouvons-nous ne pas reconnaître avec Tapôtre que le Christ est la vertu de Dieu , Christum Dei virtutem ? (B.)

3. Et aussitôt, s'approchant de Jésus, il dit : Salut^ Mattre. Et il lui donna un baiser. — Remarquez jusqu'où cet inQdèle disciple pousse la perfidie : il ne vient pas tète levée se saisir de la personne de son Maître ; il cache la noirceur de son dessein sous les plus tendres témoignages de l'amitié; il donne un baiser sacrilège à Jésus- Christ, un baiser qui perce le cœur de son divin Maître d'une manière mille fois plus douloureuse que ne l'eût fait le fer d'un meurtrier : il fait du plus doux signe de la paix le signal du plus infâme de tous les attentats : il ose approcher ses lèvres impies des lèvres sacrées de celui qui peut foudroyer le pécheur du seul souffle de sa bouche ; et, malgré sa perfidie, il n'entend sortir que des paroles de paix et de clémence : on le traite encore d'ami : on veut ignorer son dessein : comme pour Jiui faire entendre qu'il est encore temps de s'en repentir, et que tout n'est pas encore désespéré pour lui. Disciple infidèle, ne sentez-vous pas ici votre cœur se fendre, et se réveiller toute votre tendresse pour un si bon Maître? Pouvez-vous soutenir la douceur de ses regards, la majesté de sa personne, l'éclat divin de son visage, raiTabilité de ses paroles, sans tomber de douleur à ses pieds, et sans lui demander avec un torrent de larmes qu'il oublie votre perfidie?

(Massillon.)

5-6. Qui cherchez-vous ? Ils répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit: C'est moi. — Jusque dans les ignominies de la passion, vous voyez éclater la gloire du Sauveur, et se manifester sa toute-puissance. Lorsque Judas, exécutant son infâme trahison , eut amené les soldats féroces qui avaient ordre de le saisir , leurs yeux couverts de ténèbres ne purent apercevoir celui qui est la vraie lumière. 11 faut que Jésus- Christ qui, selon la remarque des évangélistes, aurait pu se soustraire à leurs mains plutôt que de les attendre , s'avance au-devant d'eux, et

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qu'il s'en fasse reconnaître : Que cherchez-vous? leur demande-t-il. Je suis celui que vous cherchez. Et les voilà par celte simple parole ren* versés comme par la foudre. Y avait-il conspiration ourdie contre leurs personnes? Où sont les armes et les moyens de résistance? quelles paroles menaçantes a-t-on fait entendre? Rien de tout cela : Cest mot' que vous cherchez , a dit Jésus-Christ. Cen est assez; ce seul mot a précipité par terre toute cette troupe furieuse. Que sera-ce de sa ma* jesté au jour de son dernier jugement^ puisque telle est son autorité dans un moment oix lui-même se met à la merci de ses ennemis! Il permet à ses persécuteurs de consommer leur crime. Certes^ s'il ne Feût pas permis y nulle puissance humaine n'aurait eu d'action contre lui. Mais s'il n'avait consenti à se livrer à leurs fureurs , comment les hommes auraient-ils pu être sauvés? Que son apôtre , dans un moment de zèle impétueux^ réprime par le glaive Tinsulte faite à son maître , s'opposant ainsi à Taccomplissemenl du mystère de la rédemption, Jésus-Christ condamne à son tour Tindiscrète ardeur de Tapôtre. Il donne un libre cours à la fureur de ses ennemis, et témoigne sa puissance en guérissant la blessure qui a été faite , en faisant voir qu'il est vraiment Tauteur de la nature. (Saint Léon.)

11. Ceux qui étaient autour de JésuSy voyant ce qui allait arriver, lui dirent : Seigneur , si nous nous servions du glaive ? — Voici donc le Sauveur du monde entre les mains d'un traître et d'une troupe de furieux : ici commence Fhistoire publique de ses ignominies. On le saisit; on le garrotte; on le traîne comme un malfaiteur. Pierre d'abord se met en étal de le défendre ; et le Sauveur , en lui ordonnant de remettre le glaive, nous apprend que les armes qu'il doit laisser à son Église sont des armes spirituelles; que la patience, la prière, la sainteté sont les plus sûres défenses de ses ministres; que, pouvant employer lui-même des légions d'anges pour combalfre ses ennemis, il s'était contenté de prier pour eux; que sa doctrine ne devait s'étendre et se soutenir que par les maximes de charité, de douceur et l'humilité qu'elle enseigne; et qu'enfin le glaive qu'il nous mettait à la maia n'était destiné qu'à détruire les passions et non pas les pécUsurs. Aussi Pierre se dément bientôt : un zèle indiscret, et où l'humeur domine, ne se soutient pas; le premier péril en découvre toujours l'illusion et la faiblesse : déjà il ne suit plus que de loin son divin Maître, que cette troupe insolente traîne devant le pontife; et voilà l'ostentation du zèle et du courage qui va bientôt finir par une criminelle timidité. On ne

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