‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 105 sur 179 · CH. CT. LA YTE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. S · texte numérisé non relu

CH. CT. LA YTE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. S

suit pas longtemps Jésiis-Ctirist, quand on ne le suit plus que de loin et comme en se traînant : rien n^est plus dangereux que de mettre rhumeur à la place du zèle : on croit défendre Jésus-Christ ^ et Ton cherche à se satisfaire soi-même; et les vengeurs indiscrets de la vérité lui font quelquefois plus de tort, par leurs scandales et par leurs chutes , que ses. ennemis mêmes par leur révolte. (Massillon.)

18-19. Pour me prendre^ vous êtes venu à moi comme à un malfaiteur, avec des glaives et des bâtons; quand fêtais tous les Jours avec vous dans le temple y assis et enseignant , vous n^avez pas mis la main sur moi. — Vous venez à moi y armés de glaives et de bfttons I Quand on veut prendre un voleur^ il n'est pas mauvais qu'on aille à lui des armes à la main ; car , comme voleur^ il est arme lui aussi^ et il osera tout pour ne souffrir aucun outrage; il usera, s'il le peut^ de son glaive ou de son bâlon contre ceux qui veulent le saisir, plutôt que de se livrer de plein gré; il ne cédera qu'à la force. Mais, moi , suis-je nn malfaiteur? Toute la Judée sait le contraire. Plusieurs ont ouï parler de moi; d'autres m'ont vu, ils ont vu mes œuvres et entendu ma doctrine. Car j'étais tous les jours dans le lieu saint, prêchant la parole divine, rappelant à la piété et invitant le monde à suivre la loi de Dieu. Et en cela ai'je fait le moindre mal? ai-je causé du trouble? et la paix ne m'a-t-elle pas toujours suivi? Pourquoi donc cette cohorte? pourquoi cette milice, armée de glaives et de bâtons? 11 est manifeste à tous ceux qui connaissent mes actes, qu'elle est là sans motifs, et qu'elle ne saurait s'expliquer sa présence. Comment! vous venez à moi dans un appareil lerrible, tandis que tous les jours au temple de Dieu vous avez pu vous convaincre de ma douceur! moi, qui me montrais à ceux qui voulaient m'entendre, pour les ramener à la vertu et les réconcilier avec le ciel. Or, vous ne m'avez pas pris quand j'étais là, instruisant et enseignant le peuple; c'est sans doute parce que je ne faisais rien de mal? Croyez-voiis que j'aie changé depuis? pensez-vous que je soisdevcnuun voleur? Non, je n'ai point changé, et vous n'avez aucune raison pour expliquer cet appareil terrible. (Origène.)

22. En ce moment, ses disciples, tous à la fois , P abandonnèrent et s'enfuirent, — Un Dieu trahi et abandonné par de lâches disciples : telle a été, ô divin Sauveur, votre destinée. Ce n'était pas assez que les apôtres, ces premiers hommes que vous aviez choisis pour être à vous au préjudice du plus saint engagement, vous eussent délaissé dans la dernière scène de votre vie , que l'un d'eux vous eût vendu ; l'autre^

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renoncé; tous généralement, déshonorés par une fuite qui fut peutêtre la plus sensible de toutes les plaies que vous ressentiles eu mourant; il a fallu que cette plaie se rouvrit par un million d'infidélités plus scandaleuses; il a fallu que dans tous les siècles du cbristianisme on vît des hommes portant le caractère de vos disciples et n'ayant pas la résolution de le soutenir; des chrétiens prévaricateurs et déserteurs de leur foi; des chrétiens honteux de se déclarer pour vous^ n'osant paraître ce qu'ils sont^ renonçant du moins extérieurement à ce quMls ont professé, fuyant lorsqu'il faudrait combattre; en un mot, des chrétiens de cérémonie, prêts à vous suivre jusqu'à la cène et dans la prospérité, tandis qu'il ne leur en coûte rien, mais déterminés à vous quitter au moment de la tentation. C'est pour vous et pour moi, chrétiens , que je dis ceci, et voilà ce qui doit être le sujet de notre douleur, comme de notre honte. (Bourdaloue.)

ÉLÉVATlOiN.

Admirable effet delà prière et belle leçon pour nous! 11 n'y aqu'uu instant, bon Sauveur, vous paraissiez accablé sous le poids de la douleur, et maintenant vous vous avancez au-devant de ceux qui viennent se saisir de vous. Vous ne semblez être touché que du malheur du disciple qui vous trahit : «Mon ami, quel dessein vous amène?» Et qu.ind vous avez reçu de ces hommes aveuglés la réponse qu'ils cherchaient Jésus de Nazareth, vous leur dites avec tranquillité: «C'est moi ! » Ne nous est-il jamais arrivé au milieu de notre vie coupable, d'être arrêtés par des revers, des maladies, des remords, par de sages réflexions que vous nous inspiriez? Ne nous difes-vous pas souvent au fond du cœur : a C'est moi ! » Si, dans l'état d'humiliation où vous étiez au jardin des Oliviers, cette parole renversa vos ennemis, quel sera le terrible effet de cette même parole au jour du jugement, alors que vous paraîtrez dans toute votre grandeur! Mais combien il sera consolant aux justes de l'entendre! C'est moi pour qui vous avez souffert, et c'est moi qui viens essuyer vos larmes. C'est moi pour qui vous avez méprisé le monde , et c'est moi qui viens vous ouvrir mon royaume. Seigneur, nous ne rendrons pas inutile ce que vous avez fait pour nous sauver; nous ouvrirons notre cœur à celte touchante parole: « C'est moi ! » Qu'elle soit pour nous la fin de nos hésitations et le commencement d'une vie nouvelle.

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