‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 118 sur 179 · LA VIE DE N. S. JKSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA VIE DE N. S. JKSUS-CHRIST

24. Et dès qu'il sut qu'il était de la juridiction d'Hérode •, il le renvoya à Hérode, qui était aussi à Jérusalem en ces jours-là^ .

25. Hérode , voyant Jésus , en eut une grande joie : depuis longtemps il désirait le voir, parce qu'il avait entendu dire beaucoup de choses de lui, et qu'il espérait le voir opérer quelque miracle.

26. Et il se mil à lui faire un grand nombre de questions; mais Jésus ne lui repondait rien.

27. Or, les Princes des prêtres et les Scribes étaient là , debout , ne cessant de Taccnser.

28. El Hérode avec sa garde* méprisa Jésus, se joua de lui en le revêtant d'une robe blanche ^, et le renvova à Pilale.

29. Et de ce jour-Ia, Hérode et Pilate devinrent amis; car auparavant ils étaient ennemis l'un de l'autre *.

rass^r irnnc afTaii^e où il ne se mêlait qu'à regret et dans laquelle il craignait de conr'ainncr un innocent. V trouvait d'ailleurs une occasion de se rendre agréable à Hérode.

* f 2i. Hérode le létrnnjuc, le meurtrier de Jean Baptiste.

' y :2t. Pour célébrer la fêle de la PAquc, bien qu'il ne fût pas Juif.

3 f 28. Depuis longl'mps, Hérode ne pouvait plus sortir de sa forteresse de Macheronte sans être environné d'une gatde formidable que l'Évangile appelle une aniiéc, tant celle garde est nombreuse, et lant elle traîne avec elle des moyens do défense.

* f 28. G:'. TT'otSailwv aOràv S70f,rv. Xy./xTzpvrj, circumamiciens eum vestem splendidam, jAnui autour de lui un vêtement biilhint. — L'ensemble de la phrase grecque ir.c!ii|ue évidemment que celte robe ou ce manteau brillant a été jeté par-dessus tous les autres vô.emenls du Sauveur.

^ f 29. lis devinrent amis, mais aux dépens de Jésus-Christ. Hélas! combien de grands se sont liés de môme et accordés ensemble aux dépens du pauvre et de l'innocent 1 (Bourdaloue.)

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1. Les Princes des prêtres, ayant pris les pièces d'argent, dirent: Il n^est pas permis de les mettre dans le trésor, parce que c'est le prix du sang. — Par ces paroles les Juifs aTouent leur crime , et prophétisent à leur insu leur réprobatiou. Ils avouent qu'ils ont souJoyé un traître pour qu'il livrât à leur haine et à leur fureur le juste par excellence, le Messie promis à la terre, le Fils de Dieu fait homme. Pharisiens hypocrites, vos paroles, en ce moment, sont plus vraies que vous ne pensez : non, il ne vous est pas permis de garder pour vous ni pour votre nation, le prix du sang divin que vos miiins vont répandre : Dii u loi-méme vous le défend. Ce sont les étrangers attirés à la vision de la paix, ^ui reposeront dans le champ du sang rédempteur, Tespérauce pleine d'immor (alité; tandis que vous, repousses de Dieu et des hoiiimes, vous irez présenter au monde eolierle trisle spectacle d'un peuple sans pays, sans gouvernement propre, sans lois par liculières, sans autre religion que des figures désormais accomplies, et, par corisé* quent, sans espoir au-delà du tombeau. (B.)

7. Quelle accusation portez-tms eontre cet homme? — Qnoique Pilato vit le Christ entre les mains d'une grande cohorte , qui le conduisait avec précaution comme un malfaiteur que Ton redoute , il ne conclut pourtant pas de toutes ces manifestations qu'il y eût sujet d'accusation contre celui qu'on lui amenait, et il comprit qu'il serait in- }B8te de porter un jugement sans avoir examiné d'abord les motil's et les fondements de l'acaisation. Il demande donc quelle accusation ils portent contre cet homme. Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne toeus l'aurions pas amené, di&enl les Princes des prêlres. Esprits mé- «hairtset -pervers I vous craignez l'examen de votre conduite , et vous enveloppez vos réponses dans des détours vagues et obscurs ! Que nV Tez-vous en main ce que vous lui reprochez? Que ne produisez-vous donc vos actes d'accusation? Vons évitée déjà les questions du gouverneur ; vous ne pouvez rien produire contre celui que vous traitez si Iftchementet avec tant d'ignominie. Que ne dites-vous, pour le faire condamner , que celui qui l'a trahi n*a pu survivre à son remords; qu'il a traduit son désespoir par cette parole déchirante, au milieu du temple. J'ai péché, parce que f ai livré le sang innocent; qu'après avoir cherché partout des témoins contre lui , vous n'en avez pas trouvé ; que Caïphe, |)Our arriver à une condamnation qu'il préméditait, a été obligé de se faire tout à la fois j uge, accusateur et témoin ; que ce matin ^ encore vous l'avez fait paraître devant votre Conseil, bien que la seu*

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tencc eût été prononcée dans une audience précédente? La question du gouverneur est précise, répondez-y donc avec quelque précision.

(BOSSUET

7-8. Quelle accusation portez-vous contre cethommet Ils répondirent: Si ce n'était pas un malfaiteur, nousne vous l'aurions pas amené. — vous qui voyezleSeigneurlié,enchaîné,pourriez-vousdemeurer insensibles en facede tant de souffrances , de tant de patience et de lant de bonté ? Il a tout souffert pour nous, il a tout supporté avec résignation, la bienveillance et le pardon sur les lèvres; et vous, le plus souvent, vous ne pouvez supporter une parole un peu dure ! On Ta conspué, on lui a craché au visage, et vous employez votre temps, votre esprit, vos moyens à vou* parer de riches vêlements, de chaînes d'or et de pierreries. Vous vous croiriez malheureux si les hommes ne vous donnaient tous les jours des louanges et des applaudissements. Votre Dieu est accablé dMnjures et d'opprobre « et pour comble de dérision , il reçoit un soufflet; et vous, pour tout opprobre, vous recevez de l'encens. Écoutez saint Paul qui vous dit : Imitez-moi comme f imite mon Sauveur, Si vous recevez im outrage, rappelez-vous la patience du Seigneur; il ne se vengeait pas, il répondait par des bienfaits à ceux qui lui faisaient du mal. Imitons-le, et les invectives nous paraîtront douces; Tinjure n'est rien si nous la prenons avec indifférence; elle n'est grave que par l'importance que nous lui donnons; si nous la méritons, elle ne doit pas nous irriter, nous devons, au contraire , en concevoir un certain plaisir. Si quelqu'un, par exemple, trouve à dire à voire pauvreté , quel mal cela TOUS fuit-il? Et si l'on vous félicite sur vos richesses, vous en revient-il quelque chose î les louanges augmentent-elles votre fortune? Vous devez ainsi mépriser la calomnie, elle ne saurait vous atleindre. Si votre conscience vous reproche un travers, les louanges des hommes, ne vous rendront pas votre tranquiUité , c'est à vous de vous corriger. Ainsi, que l'on vous reproche votre condition ou votre pauvreté, au lieu de vous en émouvoir, riez en vous-mémede la vanité d'autrui, etl'injure tombera sur celui qui l'a faite. Les sages n'admirent pas celui qui se venge , mais celui qui ne répond rien. Refusez les louanges de ce monde pour mieux recevoir les louanges du ciel. Là vous aurez pour vous louer non-seulement les anges et les saints , vous aurez Dieu luimême. (Saint Jean-Chrisostômb.)

15. 3Ia royauté ne me vient pas de ce monde, mes serviteurs combat^ traient pour que je ne fusse point livré aux Juifs; mais elle ne me vient pas d'ici. -— Parlant par la bouche du psalmiste , le Fils de Dieu dit a

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ce sujet : a Pour moi , j'ar été établi Roi par le Seigneur dans les hauteurs du ciel> son tabernacle saint, afin de publier sa loi. Le Seineur m'a dit : Vous êtes mon Fils , je vous ai engendré aujourd'hui. Demandez-moi ^ je tous donnerai les nations pour héritage y et pour royaume toutes les contrées du monde. Vous les gouvernerez avec un sceptre de fer, et vous les briserez comme un vase d'argile. Et maintenant, ô rois, comprenez; instruisez-vous, vous qui jugez la terre. Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous devant lui avec tremblement. Embrassez sa loi, de peur que le Seigneur ne s'irrite, et que vous ne périssiez hors de la voie du salut; car bientôt sa colère s'allumera ; bienheureux alors ceux qui se confient en lui! )i

(Psaume II.)

16. Jésus répondit : Vous le dites, je suis roi. — Que je me plais à le voir devant le tribunal de Pilate, bravant, pour ainsi dire , la majesté des faisceaux romains par la générosité de son silence t Que Pilate rentre tant qu'il lui plaira au prétoire pour l'interroger, le Sauveur ne satisfera qu'à une seule de ses questions. Et quelle est cette question! Admirez les secrets de Dieu, chrétiens. Le président romain lui demande s'il est véritable qu'il soit roi; et le Fils de Dieu aussilôf, ayant ouï parler de sa royauté, lui qui n'avait pas encore daigné satisfaire à aucune des questions qui lui étaient fuites par ce juge trop complaisant, ni même l'honorer d'un seul mot : Oui, certes, je suis roi, lui dit-il : parole qui jusqu'alors ne lui était pas encore sortie de la bouche. Considérez, s'il vous plaît, son dessein. Ce qu'il n'a jamais avoué parmi les applaudissements des peuples qui élaient étonnés et du grand nombre de ses miracles, et de la sainteté de sa vie, et de sa doctrine céleste, il commence à le publier hautement, lorsque le peuple demande s^ mort par des acclamations furieuses. Il ne s'en est jamais découvert que par figures et paraboles aux apôtres, qui recevaient ses discours comme paroles de la vie éternelle : il le confesse ouvertement au juge corrompu qui , par une injuste sentence, va l'attacher à la croix. Il n'a jamais dit qu'il fût roi quand il faisait des actions d'une puissance divine ; et il lui plaît de le déclarer, quand il est près de succomber volontairement à la dernière des infirmités humaines. N'est-ce pas là faire les choses à contre-temps. Et néanmoins c'est la Sagesse éternelle qui a disposé tous les temps? Mais, ô merveilleux contre-temps! ô secret admirable de la Providence! Je vous entends, ô mon Sauveur ! C'est que vous mettez votre gloire à soulTrir pour l'amour de vos peuples, et vous ne voulez que l'on vous parle de royauté que dans le moment

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OÙ, par une mort glorieuse, vous allez les délivrer d'une servitude éternelle. (Bossuet.)

16. Ce pourquoi je suis né, et pourquoi je suis venu dans le mondes c'est que je rende témoignage à la vérité; quiconque a la vérité pour principe écoute ma voix. — Ces paroles de .aient sonner d'une minière bien singulière aux oreilles de ce Romain, qui, élevé dès sa jeunesse dans les écoles des sophistes, avait appris de ses maîtres que la vérité n'existe pas, mais que chaque opinion a pour elle et contre elle des raisons qui se balancent. Aussi répondit-il à Jésus en levant les épaules : Qu'est-ce que la vérité? On a remarqué que les paroles latines Quid est Veritas? renfermejit l'anagramme suivant : Est virqui adest. Qu'estce que la vérité? Cette question nous révèle l'état du rationalisme tbéologique de celte époque aussi bien que de celle où nous vivons. Le protestantisme en est encore aujourd'hui à cette question; et dans l'extrême division des sectes qu'il a produites^ il ne sait plus comment y répondre. Celle question, nous l'enlendons faire encore tous les jours par ceux qui ne veulent pas reconnaître qu'il n'y a qu'une seule Église, hors de laquelle il n'y a point de salut. Car ils confessent par là qu'il n'y a point de vérité universelle ou catholique, par conséquent point de cerlitude; mais que les diverses confessions se partagent en quelque sorte les fragments de la révélation, et doivent, à cause de cela, être également tolérées. Or, qui ne voit que celte opinoin renverse par la base l'idée même de religion, comme rapport nécessaire avec Dieu ?

(D' Sepp.)

17. Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérilél — Jésus-Christ alflrme la gloire de sa royauté, et ce n'est pas seulement parce que Pilate l'a dit, c'est aussi pour notre instruction. Oui, il est Roi, comme Dieu, y auraitil sur la terre quelqu'un qui ne le voudrait pas. Il nous fait voir doublement la force de la vérité : Pilate, malgré lui, est obligé d'avouer sa gloire. Vous Favez dit, je suis Roi. 11 est né Roi dans les deux, et il est venu sur la terre, il s'est fait homme pour rendre hommage à la vérité, pour effacer jusqu'aux derniers vestiges du mensonge, pour renverser l'empire tyrannique du démon, pour rétablir la vérité sur son trône. 11 est venu pour réhabiliter la nature reine, cette nature qui doit présider à tous les actes, commander et imposer sa lumière à toutes les inlelligences. Le cœur de Pilate ne lui est pas inconnu ; son obstination et ses desseins préconçus ne lui échappent pas. Quiconque a la vérité pour principe écoule ma voix, lui dit-il. Le nom de la vérité est agréable à tous ceux qui la connaissent et qui l'aiment, mais non à

MO LA VIE DE N. S- JÉSUS-CHRIST. ce. cviii.

ceux qui ne la connaissent pas. Cest pourquoi il est dit dans le prophète Isaïe : Si vous n'avez la foi, vous ne comprendrez pas. Qu'est-ce donc que la vérité? lui dit Pilate. Un aveugle peut-il distinguer la couleur de Tor ou la beauté d'une pierre précieuse? L'éclat do soleil ne faî aucune impression sur lui. Ainsi la vérité n'est qn\in nom pour les esprits aveugles^ quoiqu'elle inonde d'une lumière divine les âmes qui la comprennent. (Saimt Gtriixb d'Alexakdrie.)

17. Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité? Et ayant dit cela, il sortit de nouveau vers les Juifs... — Qu'il me serait aisé, chrétiens, de vous faire voir en ce lieu que la plupart des vertus du monde sont des vertus de Pilate, c'est-à-dire un amour imparfait de la vérité et de la justice l On l'estime, on en parle, on en veut savoir les devoirs, mais faiblement et nonchalamment. On demande à la façon de Pilate : a Qu'est-ce que la vérilé î » Et aussitôt on se lève sans avoir reçu la réponse. C'est assez qu'on s'en soit enquis en passant, et seulement pour la forme ; mais on ne veut pas pénétrer le fond. Ainsi l'on ignore la vérité, ou l'on ne la sait qu'à demi ; et la savoir à demi, c'est pis que de Fignorer tout entière, parce que cette connaissance imparfaite fait qu'on pense avoir accompli ce qui souvent n'est pas commencé. C'est ainsi qu'on vit dans le monde; et manque de s'être affermi dans un amour constant de la vérilé, on étale magnifiquement une vertu de parade dans de faibles occasions, qu'on laisse tout à coup tomber dans les occasions impor* tantes. (Bosslet.)

23. Et dès qu'il sut qu'il était de la juridiction d^IIérodey il le renvoya à Ilérode, qui était aussi à Jérusalem en ces jours-là. — Suivant l'esprit delà loi romaine qui ordonnait que tout criminel fût jugé par le gouverneur de sa province, Pilate envoya Jésus à Hérode, gouverneur de Gahlée. Celui-ci en conçut une grande joie, non qu'il eût quelque intérêt à voir Jésus-Christ, mais il était poussé par un instinct de curiosité à voir un homme qui s'était acquis une grande renommée par sa sagesse et par ses miracles. Il voulait lui aussi voir quelque miracle de Jésus, non qu'il eût confiance en lui, mais seulement pour le plaisir de ses yeux ; son désir n'avait d'autres motifs que ceux qui vous conduisent aux théâtres des prestidigitateurs , où nous sommes heureux de voir un homme avaler des serpents, des glaives ou toute autre chose. Or, poussé par ce désir insensé, il interrogea beaucoup jésus-Christ, et il lui demandait des réponses par des louanges ironiques et exagérées. Mais le Sauveur ne lui répondit rien. Car, que répondre à un homme qui n'interroge pas pour apprendre? 11 vaut mieux se

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taire, sans doute. Nous \oyons par là quelésus-Cbrist avait jugé Pilale plus sage qu'Hérode ; car il avait répondu à ses questions^ Hérode ne voulait le voir que pour satisfaire sa curiosité ; il désirait beaucoup voir un miracle. C'est dans de telles dispositions qu'il le reçut et qu'il le questionna; il le prit et le fit prendre en dérision par toute sa suite, et, après lui avoir donné un vêlement blanc, il le renvoya à Pilate.

(Théophilagte.)

24. fférode, voyant Jésus, eneul une grande joie : depuis longtempsil désirait le voir, parce qu'il avait entendu dire beaucoup de choses de luiy et qu'il espérait le voir opérer quelque miracle. — Que dirons-aous de cet Hérode, qui, se jouant de tout ce qu'il y a de plus auguste sur la terre, l'innocence persécutée^ ne veut plus faire de Jésus que le spectacle vain d'une cour désœuvrée, comme il a f.iit de la tête de Jeao- Baptiste l'horrible amusement d'une cour dissolue? Que penser de Pilate, courtisan corrompu, qui, au seul nom de la faveur, fait taire la justice; qui, mêlant lâchement sa politique avec son devoir, met des négociations à la place des règles, et des expédients où il ne faut que la vérité; juge infâme, qui lave ses mains, et souille son ministère; qof en appelle à la loi, et la profane ; et qui, barbare pour être indulgent, perdant tout pour concilier tout, marche de faiblesse en faiblesse an crime même qui luifail horreur? Mais laissons ces lâches déserteurs de la justice s'agiter sans frein dans les actes de leur violence, et sans pudeur dans les détours de leurs iniquités: et admirons Jésus, qui. Juge et roi de ses propres Juges, les force de se condamner avant de ïe condamner lui-même, et qui, se jouant de leurs vains complots» les défie hautement de jamais déshonorer ni la sainteté de sa vie, ni l'innocence de sa mort. Cependant les clameurs vont saus cesse croissant ; le parti de l'injustice domine ; je ne sais quel démon s'est emparé de tous les cœurs... Ils ont juré la mort du juste; Us ne s'arrêteront point que leur crime ne soit consommé } (Bb Boitlogmb.))

25. El Ilérode se mit à faire à Jésus un grand nombre de questions; mais Jésus ne lui répondit n'en. — Quelle grandeur Jésus-Christ fait paraître devant ses juges I Qu'il est auguste devant Hérode, dont il trompe le désir curieux et l'attente orgueilleuse, auquel il fait sentir qu'il n'attend rien de la faveur des rois ni de la protection des hommes ; qu'il est venu sauver les simples et les petits, et non les téméraires et les superbes; qu'il a opéré des miracles pour les malheureux, mais qu'il n'en fera point pour contenter le libertin et l'incrédule; et que s'il

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a des grâces à accorder^ c'est à la foi crainiiTe, à la prière humble^ et non au caprice des princes, à la fierté des grands, ni à la vaine pré* somption des faux sages du siècle qui ne chercbeniqu'à tenter Dieu I Qu'il est magnanime devant Pilate, quand il brave, par sa contenance assurée et sa sécurité paisible, la majesté des faisceaux romains; quand il lui annonce hautement que son royaume n'est pas de ce monde; et que son juge n'a sur sa vie d'autre pouvoir que celui qu'il tient d'en haut ; quand il refuse ensuite de se justifier, et d'échapper par un seul mot au supplice dont il est menacé; et que, disant tout à son juge par son silence même, il le force de reconnaître, dans un excès d'admiration et de surprise, que quelque chose de divin est ici, qu'un tel empire sur lui-même est vraiment au-dessus de l'homme : ila utmira-^ relur prœses vehemen ter I (De Boulogne.)

ÉLÉVATION

Jésus! lorsque, descendant au milieu de nous, vous vous êtes annoncé en disant : a Je suis la vérité, et je suis venu pour lui rendre témoignage, » vous avez prononcé votre sentence; vous fûtes un scandale et une folie, et vos disciples seront traités comme l'a été le Maître. Les peuples vous attendaient , ils soupiraient après vous; mais ils voulaient voir avec vous leurs passions satisfaites, leurs vices autorisés. Ils étaient comme nous, ils ne voulaient pas que la vérité descendit du ciel, ou ils auraient voulu qu'elle fût semblable à l'homme, laible et imparfaite comme lui. Bon Jésus ! nous ne nous étonnerons plus de lui voir tant d'ennemis ; comme votre royaume, elle n'est point de ce monde; son sort ici-bas est d'être jpersécutée. Nous nous appliquerons à écouter les leçons de cette vérité divine, en fuyant le bruit, et en nous mettant, autant que nous le pourrons, hors de ce monde qui n'a rien de commun avec la vérité : il change, il passe; la vérité reste toujours la même, et elle demeure. En formant notre cœur et notre esprit sur ses leçons, nous ne périrons pas lorsque vous viendrez détruire tout ce qui n'est pas la vérité. Nous ne craindrons que ce jour, bon Sauveur, et nous l'aurons sans cesse présent à notre pensée pour nous retenir, nous encourager ou nous consoler.

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