Alors ils diront aux montagne
Tombez sur nous ; et aux collines. Couvreznous * :
25. Car si Ton traite ainsi la branche vive, que sera-ce du rameau desséché?
* f 'ié. JésosoChrlrt indique encore ici la raine de Jérasalem
2. Jésus sortit donc , portant la couronne d'épines et le mantean de pourpre. — La marque effroyable de royauté dont on Ta couronné déchire son chef auguste ; le sang de toutes parts ruisselle sur sa face céleste; ses traits divins sont effacés; ces regards puissants et terribles, qui pouvaient la veille encore renveiser des sacrilèges au jardin des Oliviers, sont éleints ; et voilà le spectacle qu'un Juge barbare produit devant les prêtres et le peuple assemblés autour de son palais. Voilà riiomme, leur dit-il... Hais laissons ces furieux demander encore comme une grâce que son sang soit sur eux et sur leurs enfants; laissons-les accomplir, en rejetant le libérateur, tout ce qui a été prédit... Contemplons cet homme de douleur, afln d'apprendre par son exemple à souffrir sans murmurer les afflictions dont Dieu peut nous frapper. Si l'injustice vous a dépouillé de vos biens et de vos titres, voyez le successeur de tant de rois dépouillé de toutes les marques de sa grandeur, €t réduit à un tel état d'humiliation ; si la calomnie vous noircit, écoutez les impostures dont on le charge ; si les devoirs de la vie chrétienne lassent quelquefois votre faiblesse, voyez si vous avez comme lui résisté jusqu'au sang ; étudiez dans cette image la mesure de vos devoirs :
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c'est un hommo comme vous qu'on tous propose, et qui n'est homme que pour vous. (Massillon.)
2. Voilà l'homme. — Contemplons en ce moment le Sauveur dans rélat déplorable où Pilate le montre aux Juifs devant le prétoire. Dieu! quel spectacle pour notre foi ! Est-ce donc là celui qui guérissait les malades, qui ressuscitait les morts, qui éclairait les aveugles, et commandait en maître aux flots irrités? Silence , esprits superbes , et gardez-vous de rougir pour votre Sauveur. Vous voudriez ici des miracles de puissance, et il ne s'agit que de miracles d^instruction ; vous Voudriez un spectacle de force et d'autorité, et il ne faut qu'un speC tacledesaintetéet de perfection. N'est-il pas plus grand et mille fois plus glorieux de guérir nos vices , que nos maladies ; et nos désirs injustes, que nosinflrmilésî n'est-il pas plus grand de nous rappeler victorieusement à nos devoirs , que de nous rappeler à la vie ; de calmer les orages des passions humaines, que les tempêtes d'une mer en courroux ? Or, quoi de plus propre à opérer ces prodiges nouveaux que rétat où il est réduit? Quelle chaire plus éloquente que cette funeste colonne où il est attaché? Quelles bouches plus persuasives que ces blessures ouvertes? Quelle instruction plus pénétrante que ces épines douloureuses? Quel glaive plus propre que ce roseau, dit saint Léon, à retrancher nos folles convoitises? Quel remède plus souverain pour amortir le feu des passions , que le torrent de sang dont le prétoire est inondé? Qu'il est fort maintenant pour réprimer ces désordres honteux qui faisaient à la fois nos malheurs et notre crime! Les cœurs ont résisté au Dieu de gloire et de puissance, il faut qu'ils cèdent au Dieu d'opprobres et de douleurs. Tristes esclaves des passions, ouvrez donc les yeux. (De Boulogne.)
i. Nous avons une loi : et y d'après notre toi, il doit mourir, parce qu'il s'est donné pour le Fils de Dieu. -^li doit mourir, répliquent insolemment les Juifs, car il s'est dit le Fils de Dieu, et, selon notre loi, un lel crime mérite la mort. Ouï, hommes aveugles autant qu'injustes et cruels, vous dites la vérité : d'après votre loi, Jésus doit mourir. Votre loi , c'est la loi mosaïque , ce sont les prophètes et les psaumes , où la mort du Messie par la croix se trouve clairement prédite. Cette loi , Jésus-Christ lui-même l'a faite de concert avec son Père tout-puissant et éternel. Il mourra donc ; il y a plus, il doit absolument mourir : parce qu'il est impossible que ce que lui-même a fait inscrire dans la
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loi, qaece qu'il a fait annoncer par les prophètes ne s'accomplisse pas. Il mourra, il doit mourir, mais en vertu de ses décrets librement émanés de sa Yolonté , et non en conséquence de votre haine. Il mourra, il doit mourir, non parce qu'il s'est dit le Fils de Dieu , mais parce qu'étant véritablement Fils de Dieu , il s'est fait aussi fils de Thomme pour sauver les hommes. Ainsi donc , pendant que vous blasphémez , hommes impies , vous [)arlez en prophètes : vous annoncez ce grand mystère, que Jésus-Christ, parce qu'il est Dieu el Sauveur des hommes, doit mourir sur la croix, ainsi qu'il a été prédit, pour donner la vie à ceux qui préparent sa mort. (Le R. P. Ventura.)
12. Nous n'avons pas d'autre roi que César. — Ah I peuple indocile el rebelle, c'était bien votre roi , et c'était en même temps le Roi de gloire ; mais vous n'en avez point voulu. Pourquoi? parce qu'il vous apportait la lumière, et que vous aimiez les ténèbres ; parce qu'il vous annonçait des vérités auxquelles vous refusiez de vous soumettre, et que, par sa parole divine et ses œuvres merveilleuses , il confondait votre incrédulité ; parce qu'il vous prêchait une loi dont vous aviez peine à vous accommoder, et dont vous vous faisiez un scandale ; parce qu'il rabattait l'orgueil de vos Pharisiens, et qu'il démasquait leur hypocrisie; parce qu'ils vous aigrissaient, qu'ils vous envenimaient, qu'ils vous soulevaient contre lui , et vous inspiraient toutes leurs passions. Voilà pourquoi vous l'avez rejeté, et lui avez fait le plus sanglant outrage qu'il ait reçu dans tout le cours de ses soutTrances. Car, jamais fut-il plus humilié que dans ce jugement où vous l'avez couvert d'opprobre et d'ignominie ? D'être comparé avec Barabbas« c'était déjà une des plus grandes humiliations ; mais le dernier degré et le comble de l'humiliation, ne fut-ce pas de voir encore Barabbas obtenir sur lui l'avantage ? et le Fils unique de Dieu pouvait-il être traité avec plus d'indignité et plus de mépris? (Bourdaloue.)
12. Nous n'avons pas d autre roi que César. — D'où viennent ces contradictions éternelles où se jettent les ennemis du Sauveur? Qui nous expliquera ou ces aveux qui les trahissent, ou ces infidélités qui les déshonorent? Quoi donc ! ils osent tout contre Jésus , excepté lui reprocher aucun crime! Infatigables calomniateurs, ils ont inventé mille fables absurdes , jamais aucune action qui puisse flétrir sa mé« moire : ils lui préfèrent le plus vil scélérat, et, de leur propre aveu, il sent coupable de rien que de s'être dit le Christ, Fils de Dieu ; ils le