S0 LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CB. CZ
dénoncent comme un rebelle^ et jamais comme un imposteur; ils reconnaissent qu'ils ne peuvent rien opposer à révidence de ses miracles^ et c'est pour révidence de ses miracles mêmes, quUls forment le complot de lui ôter la vie; ils s'arment maintenant pour s'emparer de lui , et ils n'ont jamais osé le prendre dans le temple , où il enseignait chaque jour; ils sont déterminés à le sacrifier à quelque prix que ce soit , et ils n^osent pas se servir de la liberté que leur donne Pilate de le juger selon leur loi ; ils se vantaient auparavant de n'atoir jamais été esclaves de personne, et quand Pilate le leur présente comme leur roi, ils disent qu'ils n'ont point d'autre roi que César ; ils ont récompensé le crime de Judas , et ils rougissent de reprendre le prix infâme que restitue le pcrûde; ils ont intérêt de cacher cet argent sacrilège et souillé , et ils en achètent un champ , qui , par son nom, doit éterniser leur opprobre. Quelle force inconnue, quel transport invincible les pousse ? Reconnaissons ici l'empire de Jésus qui déconcerte leurs mesures, perd leur fausse prudence, se sert de toutes leurs passions pour les tromper les unes par les autres, et ne préside à leurs conseils que pour les convertir en égarements et en pièges.
(Db Boulogne.)
12, Otez, 6U%; crucifiez-le. — Tel a été dans tous les temps le cri des passions humaines au sujet de Jésus de Nazareth, et tel est encore aujourd'hui le vœu, le rêve et souvent le cri de nos prétendus sages. Les insensés 1 ils ne voient pas que le christianisme est la religion des pauvres, la loi des malheureux, le culte des âmes tendres et sensibles, et la consolation de ceux qui souffrent Philosophes aveugles, que m'importe tout ce verbiage pompeux dont vous fatiguez ma raison? Il me faut des secours qui soulagent mon cœur : c'est lui qui souffre, c'est lui surtout qui est malade ; et vous le laissez en proie à son aridité, et vous lui arrachez sa plus douce espérance 1 Pour soulager ma misère, vous ne songez qu'à nourrir mon orgueil ! Ah ! si vous pouviez compter tous les malheureux que vous faites ! Vous avez séduit les riches, les grands du monde; je n'ensuis pas surpris: l'abondance corrompt, et les grandeurs aveuglent. Mais votre triomphe est encore imparfait : portez maintenant votre aride morale dans les chaumières et dans les réduits des classes souffrantes; allez endoctriner ce pauvre que la faim dévore, cette mère désolée qui ne peut présenter à son enfant cbélif que des mamelles taries par les chagrins et les privations ; ou bien encore ce malade étendu sur une paille humide, allez lui dire qu'il est victime de sa crédulité; qu'en serrant dans ses bras l'effigie