‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 13 sur 179 · Celui-ci répondit: Je ne veux pas · texte numérisé non relu

Celui-ci répondit: Je ne veux pas

Puis, touché de repentir, il y alla.

19. S'adressant ensuite à l'autre , il lui fit le même commandement. Celui-ci répondit: J'y vais, seigneur. Et il n'y alla point.

20. Lequel des deux a fait la volonté du père? Us lui dirent: Le premier*. Jésus ajouta : Je vous le dis en vérité , les Publicains et les femmes de mauvaise vie vous précéderont dans le royaume de Dieu.

» f 40. 11 ne faut donc ni trop compter gur les paroles de ceux qui prometteiit tout, ni trop désespérer de ceux qui semblent tout refuser. Us grands crimes soni souvent moins éloignés do la pénitence, que la fade et inefOcace politesse qui promel tout sans an yéritabie désir d'accomplir ce qu'elle promet. (Boasuir.)

38 LA YIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. ' es. lzxxti.

^e«i »■» ma f M 3H .. €ar Jean est ven» à vous dans la voie

Jôtnnes in via ja&titis,

v^^T^ri^^Vi: ^e 'a iusUce, et vous ne l'avez pas cm; ^'"^l^t^ tÀ mais les Publicains et les «emmes de maupotteà, otcrid«reibei. TBisc Vie. 1 ont ciu ; ct VOUS, voyBut cela ,

vous ne voi» êtes point repeniis, et n'avez^

point fini p» le croire.

2. Maître y voilà que U figuier quê vous avez maudit., est mort —Jésus- Christ ne voulait pas sortir de ce monde sans faire voir des effets sensibles de sa malédiction et sans faire comprendre combien elle est puissante; mais^ par un effet admirable de sa bonté, il frappe l'arbre et épargne Fhofvmie. Ainsi, quand il voulut faire senUr combien les démons étarent malfaisants, et jusqu'où aUait leur puissance, il le fit paraiU*e sur un troupeau de pourceaux, que les. démons précipitèrent dans la mer. Qu'il est bon, et qu^il a de peine à frapper rhommef Ne contraignons pas le Sauveur contre son inclinatron à étaler sur nousmêmes Teffet de sa celfere vengeresse» (Bosstvr.)^

4. Vous diriez à cettemontagne: Enlève- toi, et vate jeter danslamer, quHl en serait ainsi. — Le grand miracle de Jésus-Christ n'est donc pas de nous foire des hommes' touf-puissants, c'est de nous foire de couFagenx et fidèles creyaDlB, qui osent tout espérer de Dieu quand il s'agît de sa gloire. U fauidonc entendre que cette foi qui peut tout nous est inspirée. Pour oser faire cet acte de foi q^ui peut tout, il faut que Dieu nous en donne le mouvement. Et le fruit de ces préceptes de rËvangile, que nous lisons aujourd^ni, &esî de nous abandbnner à. ce mouvement diviii , qui roob foit sestor que Dieu vent db nous, q^vlque choGâ. Quelque grand fiBa.'iLsoil, il faut oser et n'hésiter pars un seul, momfint. Lorsqu'il s'agit de demander à Dieu les chose» nécessaires pour notre salut, nous n'avons pas besoin de ce mouvement particulier de Dieu, qui nous apprend cequllveuf que nous obtenions de sa puissance. Nous savons très-clairement par TÉvangile que Dieu veut que nous lui demandions notre salut, e* notre conversion. Demandes-la dona sans hésiter; assurés, si nous le faisons avec la persévérance qu'il faut, que tout nous seeai possible. Quand nos mauvaises

€V. UXXYI. LA TIB BE N« 8. i£W»^Bft16T. >St

babîttiâes aoraiest jeté dan» ms Ame» de plus profondes racines, qua les arbres ne font sur la lerre . noua leur Doutons dire : Déracine-toL Quand nous serions plus mobiks et plus ineonstants que des flots^ uoQS dirons i un arbre: Va te planter li^ et ànotre esprit: Fixe toi-là, ot il y trouTera du fond. Qoand notre orgueil s'élèverail à l'égal des pins hamtes montagnes, noua lenr pourrioiis ordonner de se )eter dans la mer et de s^ abîmer tellement qu'on ne vit plus aucune marque de lenr première hauteur. Osons donc tout pour de tels miracles, puisque ce sont cem que nous savons très-certainement que Dieu yeut que nous entreprenkmsw Osons tout, et pour petite que soit noire foi, ne craignons rien; car il n'en faut qu'un petit grain, gros eomnie du se* nevé, pour tout entreprendre. La grandeur n'y fait rien, dit le Saiiveur, je ne demande que la vérité et la sincérité , car il faut que ce petit grain croisse ; Dieu qui Ta donné le fera croître. Agissez donc avec peu, et il vous sera donné beaucoup; et ce grain de sénevé, cette foi naissante, deviendra une grande plante, et les oiseaux du ciel se reposeront dessus. Les plus sublimes vertus ne viendront pas seulement^ mais y feront leur demeure. (Bossuet.)

6. Quelque chose que vous demandiez par la prièrej croyez que vous r obtiendrez, et la chose vous arrivera. — La prière doit donc être faife sans bésiter, pour peu que ce soit, et avec une grande persuasion f c^est ce que saint Paul appelle plénitude de persuasion ; que la Vnlgate a traduit simplement in plenitudine multày avec une grande plénitude ; ce que le même saint Paul appelle ailleurs plénitude d'intelligence, et ailleurs, en fermes formels, plénitude dé Fcspérance el plénitude de la foi. (Test donc à dire qu'il faut avoir une foi si pleine qu'elle ne se démente par aucun endroit et qu'on n'ait nulle défiance du côté de Dieu ; comme le même saint Pau! le dH d'Abrabam, qu'il n'hésita poviif par défiance, mats se fortifia dans la foi, donnant gloire à Dieu; pleinement persuadé [et convaincu qu'il est puissant pour accomplir tout ce qu'il promet. Yoili donc la foi qui obtient tout, et la foi qui nous Justifie*, selon le même saint PanI, dans le même endroit. Telle est donc la première condition de la prière marquée dans notre Évangile^ qu'ellese fasse avec une pleine foi. La seconde y est encore marquée - ^'on pardonne sinoèrsmentà son père, si on a quelque chose contre hii. On obtient donc tovf ce qu'on demande si on le demande avec un cœur plein de M en Dieu, et en paix avec tous les hommes* Voilà ce que Dieu demande , un cœur sans aigreur et sans défiance : en a tout de lui à ce prix. Maïs peut^m ne pas se défier^ et ne doit*

^ LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. luxti.

on pas le faire? Oui, de soi, puisqu'on est si faible, et qu'on ne sait même si on a une foi vive, encore moins sî on y persévérera; mais avec toute celte incertitude, j'ose dire qu'il ne faut pas s^en in* quiéter ; et sans tant de retour sur soi-même, il faut dans le temps que la prière s'allume , oser tout attendre et tout demander, et être si plein de Dieu, qu'on ne songe plus à soi-même. Est-ce là celte téméraire confiance que les hérétiques prêchent? Point du tout. Hais sans éteindre les réflexions qu'on peut faire sur sa faiblesse, et c'est dans la ferveur de la prière s'oublier tellement soi-même, qu'on ne demeure occupé que de ce que Dieu peut , et de l'immense bonté avec laquelle il a tant promis à la prière persévérante. (Bossuet.)

10. Par quelle puissance faites-vous ces choses ? — Jésus avait clairement établi le pouvoir qu'il avait de remettre les péchés, qui était le plus grand qui pût être donné à un homme; il n'y avait plus à Tinterroger sur le reste; il n'y avait autre chose à faire qu'à se soumettre. Comme ils ne pouvaient s'y résoudre, ils viennent encore lui demander : De quelle puissance faites-vous ces choses? comme s'ils eussent dit; De quelle puissance guérissez -vous tous les malades? De quelle puissance rendez-vous la vue aux aveugles ? De quelle puissance ressuscitez-vous les morts? Il était trop clair que c'était par la puissance divine, et ils ne l'interrogeaient sur une chose si claire que par un mauvais esprit. Ailleurs on lui demande dans le même esprit: Jusqu'à quand nous tiendrez-vous en suspens; et nous arracherez-vous l'âme? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous franchement. Aies entendre parler avec cette force, on dirait qu'ils veulent savoir de bonne foi la vérité; mais la réponse de Jésus fait voir le contraire. Vous demandez que je vous dise ouvertement qui je suis : je vous le dis et vous ne me croyez pas; cependant les œuvres que je fais au nom de mon Père parlent assez et me rendent témoignage. Ils avaient donc deux témoignages : celui de sa parole, et ce qui était encore plus fort» celui de ses miracles. S'ils consultaient après cela, au lieu de croire, mais un mauvais esprit les poussait. La vérité éternelle qu'ils consultent mal, n'a rien à leur répondre, et n'a plus qu'à les confondre devant tout le peuple. Ainsi nous arrivera-t-il , quand nous la consulterons contre notre propre conscience sur des choses déjà résolues. Nous ne cherchons qu'à tromper le monde ou à nous tromper nous-mêmes. Cessons de nous flatter, cessons de chercher des expédients pour nous perdre. Rompons ce commerce dangereux et scandaleux, rendons ce bien mal

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acqais, soyons fidèles aux devoirs de notre profession , ne reculons point en arrière contre le précepte de TÉvangile', ne cherchons point à nous relâcher et à tout nous perdre. (Bossubt.)

10. Par quelle puissance faites-vous ces choses j et qui vous en a donné le pouvoir? — Co n'est pas à Jésus-Christ, c^est aux choses elles-mêmes à répondre. Qu'ils descendent dans le fond de leur conscience^ ces Juifs aveugles ; qu'ils interrogent les forces de la nature: elles leur diront si les œuvres du Sauveur sont au pouvoir de l'humanité; si plutôt elles ne sont pas exclusivement l'œuvre du Dieu tout-|)uissant. Qu'ils aillent jusqu'aux bornes du possible, qu'ils épuisent et les expériences et les raisonnements. Qui a le pouvoir de ressusciter les morts, l'homme ou Dieu seul? Qui est capable de guérir les lépreux, de commander d'une simple parole aux maladies de s'éloigner, de repousser par le seul acte de sa volonté toutes les infirmités de l'âme et du corps? Est-il Dieu, n'est-il qu'un homme , celui qui, avec un peu de boue, rend la vue à un aveugle- né? Les faits parlent; pourquoi ne pas s'en tenir à leur pure déposition? Pourquoi aller audacieusement interroger l'auteur du miracle, pour savoir de lui de quel droit il Topère? Jésus-Christ ne répond que par le silence : les Juifs ne méritaient pas d'autre explication. (Saint Jean-Chrysostôme.)

12. Le baptême de Jean, d'où itait-il? Du ciel ou des hommes^ — Est-il possible que le Sauveur doive tirer son témoignage de saint Jean-Baptiste qui n'était que son précurseur; qui n'était pas l'époux, mais l'ami de l'époux, comme il l'avait dit; qui n'était pas le Christ, mais celui qui lui devait préparer la voie ; qui pour tout dire, en un mot, n'était pas digne de lui délier les cordons de ses souliers ? Voilà ce qu'était Jean-Baptiste, et néanmoins Jésus-Christ se sert de son témoignage pour convaincre ceux qui ne voulaient pas croire au Christ lui-même. Cependant Jean n'avait fait aucun miracle, et Jésus en avait rempli toute la Judée ; Jean parlait comme le serviteur, et Jésus-Christ comme le Fils, disait ce qu'il avait vu dans le sein du Père. Telle est la faiblesse de nos yeux, dit saint Augustin : un flambeau nous accommode mieux que le soleil. Nous cherchons le soleil avec un flambeau» Jésus l'entendait bien aussi , et il avait dit ; J'ai un témoignage plus grand que celui de Jean. Quand donc il se servait de ce témoignage; c'est qu'il approchait aux yeux malades une lumière plus proportionnée à leur faiblesse, et c'est ce qu'il fait encore en cette occasion. Profond aveuglement des hommes, plus disposés à croire saint Jean que

4t Là TIE DE N. S. IÉSU94nni6T. gv. uxxn.

Jésas-dhrist 'même! Dieu l qai ne frembleniitî liis qm ne vous demanàecail ea trcmbtant ^ d'où Tient dans le cœur des hàîs une si étrange èis|i06ition ? Ne se trouYenei41 pM^queique clK>se de semblable en nous? Nous le pourrons chercher une autre fois : nous frapperons à fai porte pour entendre ee seeret^ et peirtrdtrd not» sera-f-eUe ouverte. Goalmuei» cqieDdut nos réflexioM. (Bossivr.)

13. Mais ils pensèrent en eux-mêmes, si nous répondons qu'il était du ciel, il nous dira : Pourquoi donc n^y avez-vous pas cru? — S'ils avaient avoué la mission céleste de saint Jean-Baptiste, il leur aurait fermé la bouche par son témoignage. Que dire donc? Que le baptême de Jeaa ne venait pas de Dieu? Us n'osaient le dire devant le peuple qui le tenait pour un prophète. Nous n'en savons rien, disent-ils. Et moi, ditil^ je ne vous dis pas en quelle puissance j'agis. Gens de mauvaise foi, qui n'osez ni avouer ni nier la mission de saint Jean-Baptiste^ vous ne méritez pas que je vous réponde. Avouez , niez , pensez ce que vous voudrez, vous êtes confondus , et il n'y a de parti pour vous que de vous taire. Il y en aurait un autre. Ce serait de croire en Jésus : mais vous ne pouvez^ pour les raisons et à la manière que nous verrons en son lieu. Vous avez envoyé à Jean^ et il a rendu témoignage à la vérité. Pour moi je ne reçois pas mon témoignage de l'homme^ mais je parle ainsi (je vous allègue Jean à qui vous croyez) , afin que vous soyez sauvé. Jean était un flambeau ardent et luisant^ et vous avez voulu vmiB r^uir pour un peu de temps à sa lumière. Pour moi j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean : les eeuvres que mon Père mPa donné pouvoir de faire rendent assez témoignage qme c'est lui qui m'a envoyé. C'est aûtisi que Jésus-Christ se servait du témoignage de saiiivtJean-Baptiste, afin y dit-il, que vous soyez sauvés et pour vonf. eonvaincre par vous-niêmes. Toilà donerorgueil et Fbypocriski de cesr uBtcrrogatears de mauvaise foi confondus. Us ne méritaient pas i|ue le Sianiveur hmv dit davantage ce qu'il leur avait dit cent fois, et que cent. fkmils n'avaient pas voalu croire. Que sera-ce au denrier jour, lorsque ta vérité manifestée dans toute sa force nous confondra étemeUemest devant tout Funîvers? Où ironsnaous, hélas? où nouscacberons-nous?* Mais voyons comme Jésus confond les docteurs et les Pharisiens.

(BOSSVET.)

17. Un kmnme etv&it deur fih; s'adressant à Fatné, il tm dit .- M(m fils, allez aujourd'hui travailler à ma vigne. — Cette parabole vaoon-' vaincre les pontifes et les sénateurs d^ne hypocrisie manifeste. Le Fils de Dieu nous y marque deux caractères dans ces deux fis r l'un

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«st celui d'uoe désobéissance manifeste; Pautce est celui d'une obéi^ saace impaiiute^et plus api^aronte qjue solide^ et il se trouve qjae ce dernier est le plosi mauvais. R y a des gens qui promettent tout , ou |ar taiblesse^i parce qu'ils n'ont pas la hardiesse de résister en face, ou par lég^eté^ou par tromperie. Ils u^osent vous dire qu/ils ne veulent pas se condger;. et quoique peu résolus à vous obéir» ils vous- disent comme dana la parabole : Seigneur j[e m'en vais. Us vous appellent Seigneur; ils oni ua certain respect ; ils sont en apparence prorapts à obéir; ils ne disent pas« j^irai^ mai& je vais ; vous diriez q;a'il va marcher^ et que tout est fait. Cependant il n'obéit pas ; il ne bouge pas de sa place; ou parce qu'il vous veut tromper; ou ce qui est pls^ parce qu'il se trompe lui-même : il se croit pliis de volonté et de courage qu'il n'en a. Il paraît que ce caractère est manifestement le plus mau* vaift; ces faibles résolutions, et cet extérieur de piété fait qu'on s'imagine avoir de la religion; et ou n'a point cette horreur de soi-mâma eide son état qui fait qu'on le change; mais pour celui qui tranche le. mot Lie ne veux pas;, comme il résiste, à Dieu par une manifeste désol^éissance^ et ne peut se flalter d'aucun bien ; à la fin il a bonté de. soi-nii£me^ et réiieillé par son propre excès^ il s'en relent.. Touché de repentir il s'en alla à sou devoir. U obéit. Notre-Seigneur fût. voir aux. pontifes que ce dernier caractère est le leur. Nourris dans la piété, ils ne parlent que de Dieu» que de religion» que de Tobéissance qu'on dûi& à la loi ^ et parce qu'ils en panlent souvent, ils se croient assez gens da bientôt ne se corrigent jeûnais. C'esl pourquoi Jésus-ChrisLleur parla de cette manière terrible : Les publicains et Les femmes de mauvaisa vie arriveront plutôt que vous dans le royaume de Dieu. Parce que. confus de leurs excès^ ils en ont fait pénitence à là voix de Jean; et vous qui» par vos lumières et la dignité de vos charges, deviez donner l'exemple aux autres» non-seulem^it vous u'êtes pas venus lesr premierSy comme on avait raison de l'attendre, mais vous n'avez pas même su profiter de l'exemple des autres^ PLus-endurcis dans le crime que les. publicains et les femmes de mauvaise vie, vous les avez vus le commettre sans en être touchés. Double enfoncement dans le crime : premier , ne faire pas mieux que de telles gens, et ne leur point donner l'exemple ; second, ne profiter pas même du leur. Jean est venu dans la voie de la justice, sans autre marque de sa mission que sa vie sainte et austère, et néanmoins les publicains et les femmes de mauvaise vie en ont été. touchés. Et vous qui avez vu Jésus-Christ, qui non-seulement marchait comme Jean dans la voie de justice, puisqu'il a dit, non dans le désert, mais dans le milieu du monde : Qui me reprendra de péché?

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Hais qui a fait de si grands miracles, qu'il y avait de quoi émoutoir les plus insensibles. Vous, dis-je, qui Tavez vu, et qui avez ouï sa voix, vous n'avez pas cru ; quelle sera votre honte, et quel sera voire supplice? Vous, ô prêtres, religieux et religieuses, dont la vie ne répond pas à voire état, et vous tous, 6 gens de bien en apparence, dévots de profession, appliquez-vous cette parabole. Ne vous lasserez-vous jamais de n'avoir qu'un vain titre de piété, à l'exemple des Pharisiens, des pontifes, et des sénateurs des Juifs? Rougissez, rougissez une bonne fois, humiliez-vous, confessez vos faiblesses, et les corrigez. C'est à vous que Jésus parle dans ce discours. (Bossukt.)

ÉLÉVATION

Rien n'ennoblit plus l'homme que la foi : vous le savez bien , Seigneur, et c'est pour cela que vous reprochez si souvent à vos disciples leur hésitation et leur étonnementà la vue de vos prodiges. Est-il donc si difficile à la créature qui vit au milieu des merveilles de l'univers , merveille elle-même plus incompréhensible que tout ce qui l'entoure, de courber sa raison bornée devant la parole de celui qui est toute raison, tout intelligence et toute sagesse? Si rien n'est impossible à Thomme qui croit, rien non plus ne saurait l'élever davantage : cette adhésion ferme et entière de son esprit aux enseignements de la vérité elle-même, n'admet plus la variabilité ni l'incertitude, et lui donne quelque res* semblance avec la divinité, puisqu'il fait de la pensée de Dieu sa propre pensée, et que la foi lui communique des lumières qui le font pénétrer jusque dans les profondeurs des cieux. flambeau mystérieux de la foi, sois mon appui, comme tu fais le charme de ma vie ! Avec toi, mon ftme s'agrandit, elle s'élève et se rapproche de Dieu qu'elle aime d'autant plus qu'elle le connaît mieux. Mon Sauveur, conservez-nous la foi, augmentez-la en nous, et faites que nous n'oubliions jamais que pour être méritoire à vos yeux, elle doit être accompagnée des œuvres sans lesquelles ce n'est qu'une foi morte, inutile à notre salut.

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