H. CXI. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST
les plus piquantes raltaquenl dans sa puissance, dans sa saînlelé, dans sa royauté, dans sa divinité. C'est au milieu de ce bruit confus et de cette multitude acharnéeque tout à coup il romptle silence qu'il avaitjusquclà gardé, et q u'il élève la voix. Il porte les yeux au ciel ; et que va-t-il lui demander? N'est-ce point pour en faire descendre la foudre? ce serait la j uste vengeance de tant d'inhumanité et d'atlentits ; mais ne craignez point, Juifs sacrilèges et parricides, c'est la miséricorde qui le fait parler ; il ne prononcera pas une parole que ne lui ait dictée l'amour le plus généreux et le plus désintéressé. Mon Père, s'écrie-t-il, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Il ne dit pas, mon Dieu; mais mon Père, parce que ce nom de Père est plus favorable pour se faire écouter et pour fléchir la colère divine : Pater. Il ne dit pas en détail, pardonnez à celui-ci et à celui-là moins coupables que les autres, et qui ont eu moins de part à cette conjuration formée contre moi; mais en général et sans distinction, il dit. Pardonnez-leur; ne voulant exclure personne de son pardon, les y comprenant tous, même ceux qui Tout frappé, meurtri, traité le plus violemment; même cenx qui lui ont enfoncé les épines dans la tête, les clous dans les pieds et dans les mains. Sa miséricorde est universelle; pas un seul pour qui ses bras et son sein ne soient ouverts ; pas un dont il ne soit Favocat, et dont il ne se déclare Pintercesseur et le Sauveur: Dimilte illis. Il ne s'en tient pas à une simple prière ; mais il tâche, autant qu'il lui est |)ossible, de les justifier; et tout criminels qu'ils sont , sa charité lui fait trouver pour leur défense et en leur faveur une raison et un sujet d'excuse. — Pardonnez-leur, parce qu'ils sont aveuglés, et qu'ils ne connaissent pas toute l'énormité de l'offense qu'ils commettent, (Bourdaloce.)
4. El Jésus disait : mon Père , pardonnez-leur. — Plût à Dieu , chrétiens, que, pour achever de vous faire voir la gloire de cette mort, il me restât assez de .loisir pour vous entretenir quelque temps de la qualité de Pontife que Noire-Seigneur a si bien méritée ! C'est là que, suivant la doctrine toute céleste de l'incomparable Épitre aux Hébreux, par la comparaison du sacerdoce de la loi mosaïque , je tâcherais de vous faire connaître la dignité infinie de la prêtrise de Jésus-Christ, Tous verriez Aaron portant à un autel corruptible des génisses et des taureaux y et Jésus, pontife et victime, présentant devant le trône de Dieu sa chair formée par le Saint-Esprit, oblation sainte et vivante pour l'expiation de nos crimes. Vous verriez Âaron dans un tabernacle mortel, eQàçant quelque souillure légale, et certaines irrégularités de la loi par le sang des animaux égorgés; et Jésus , à la droite de la ma*
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jesté divine^ faisant par la vcrlu de son sang la vraie puriâcation de nos âmes. Vous verriez, ô l'admirable spectacle pour des âmes vraiment chrétiennes ! vous verriez d'une part tous les hommes révoltés ouvertement contre Dieu; et d'autre part la justice divine prête à les précipiter dans Tabîme en la compagnie des démons , desquels ils avaient suivi les conseils et imité la présomption , lorsque tout à coup ce saint, ce charitable pontife, ce pontife fidèle et compatissant à nos maux, parait entre Dieu et les hommes. Il se présente pour recevoir les coups qui allaient tomber sur nos têtes ; il répand son sang pour \es hommes; il lève vers Dieu ses mains innocentes; et pacifiant ainsi le ciel et la terre, il arrête le cours de la vengeance divine, et change une fureur implacable en une éternelle miséricorde.
(BOSSUET
4. Car ils ne satoti ce qu'ils font. — Comment a-t-il pu dire que les Juifs ne savaient ce qu'ils faisaient, quand l'injustice et la perfidie de leur haine et de leur envie, la mauvaise foi de leurs accusations et leur obstination cruelle à soUiciter sa mort avaient été si visibles et si évidentes que Pilate lui-même s'en était aperçu? Y eut-il jamais malice plus volontaire , plus consommée, et par là même , plus inexcusable? Tout cela est d'une entière vérité. Hais il n'en est pas moins vrai que les Juifs, comme le leur dit ensuite l'apôtre saint Pierre, ne préférèrent Barabbas à Jésus-Christ, et ne voulurent la mort de l'auteur de la vie que parce qu'ils ne le connurent point. 11 est vrai aussi, remarque caint Thomas, que celte ignorance fut affectée et qu'elle n'excusait pas leur crime. Il est encore vrai, ainsi que l'avait prévu le prophète, que cette ignorance fut le résultat de leur propre malice, puisqu'ils avaient tout fait pour s'aveugler relativement à la connaissance de l'auguste sacrement du Fils de Dieu fait homme. Il est également certain que les Juifsnecomprirent pas l'énormité de l'attentat qu'ils commirent, et par conséquent que leur Ignorance, quoique coupable et digne de châtiment, n'en fut pas moins une ignorance réelle. C'est pourquoi le Sauveur a pu dire en toute vérité : « Us ue savent ce qu'ils font. »
(Lb R. p. Vbntura.)
5. Off les soldats y après l'avoir crucifié, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun d^ eux; ils prirent aussi la tunique. •— Les vêtements sacrés de Jésus étaient la figure de son Église; les soldats qui se les partagent sont des Romains, c'est-à-dire des Gentils; les Juifs n'entrent point en partage avec eux. Ne connaissant pas le prix de ces habits ni de celui qui les portait, ils les ont abandonnés