CR. CXI. LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST
aux étrangers, qui en ont pris possession au nom de la gentilité. G^est pourquoi, dès cet instant^ TEglise de Jésus-Cbrist devient la riche dépouille y le patrimoine des Gentils^ des Romains. Les Juifs en sont exclus^ ils en demeurent privés^ parce qu'ayant renié le Père ^ ils ont perdu tout droit a son héritage. Les quatre soldats font des vêtements du Seigneur quatre parts ^ une pour chacun d'eux; et ce partage signifie que les Gentils des quatre points du monde doivent avoir part à l'Église. Cependant ils ne déchirent point sa tunique , mais laissent au sort à décider à qui elle doit appartenir. Cela indique, nous dit saint Augustin , que les nations n'appartiennent à l'Église que par une grâce qui, aux yeux des hommes, ressemble à un effet du sort, tandis qu'au fond c'est Dieu qui la prépare et la dispense dans la libre action de sa souveraineté. Car ce n'esi pas en vertu des qualités et des mérites ])ersonnels que l'on est appelé à la foi, mais bien par une économie secrète du jugement de Dieu. La tunique de Jésus-Christ est sans couture : image Qdèle et admirable de l'unité de TÉglisel Une seule main divine l'a formée sur un seul et même dessin, et d'un seul esprit. Depuis son origine jusqu'à la fin, on ne voit point en elle de division, mais une série successive et continue de pasteurs, laquelle remonte , comme un seul tissu, jusqu'à Jésus-Christ. (Le R. P. Yeutura.)
9. Jéius de Nazareth^ roi des Juifs.- Avez-vous jamais pris la peine de considérer ce beau titre que les ennemis de mon maître attachèrent au-dessus de sa croix , Jésls de Nazareth , roi des Juifs, écrit en gros caractères, et en trois sortes de langues, afin que la chose fût plus con* nue! Il est vrai que les Juifs s'y opposent ; mais Pilate l'écrit malgré eux. Qu'est-ce à dire ceci, chrétiens?. Ce juge corrompu avait envie de sauver mon Maître , et il ne l'a condamné que pour plaire aux Juifs; les mêmes Juifs le pressent de changer ce titre; il le refuse , il tient ferme, il n'a plus de complaisance pour eux. Quoil cet homme si complaisant, qui livre un innocent à la mort de crainte de choquer les Juifs , commence à devenir résolu pour soutenir trois ou quatre mots qu'il avait écrits sans dessein , et qui paraissaient de si peu d'importance ! Remarquez tout ceci , s'il vous plait : il est lâche et ferme , il est mou et résolu dans la même affaire, à l'égard des mêmes personnes. Grand Dieu, je reconnais vos secrets : il fallait que Jésus mou* rûl en croix ; il fallait que sa royauté fût écrite au haut de la croix. Pilate exécute le premier par sa complaisance, et l'autre par sa fermeté. vertu ineffitble de l'opération divine, même dans le cœur des ignorants 1 s'écrie en cet endroit l'admirable saint Augustin. Ils ne