LA VIE DE N. S. JÉSUS-GHRIST
18. Et ceux qui étaient avec lui à garder Jésus, voyant le tremblement de terre, et tout ce qui arrivait, furent saisis d'une grande crainte, et dirent aussi : Cet homme était vraiment le Fils de Dieu ^
1 9. Et toute la foule présente à ce spectacle, voyant ce qui se passait, se retournait en se frappant la poitrine.
20. Or, tous ceux qui étaient de la connaissance de Jésus étaient debout à l'écart, regardant de loin toutes ces choses.
21 . De loin aussi regardaient les femmes qui l'avaient suivi de Galilée , et parmi lesquelles étaient Marie-Madeleine, et Marie mère de Jacques et de Joseph , et Salômé la mère des fils de Zébédée;
22. Lesquelles, lorsqu'il était en Galilée, le suivaient et le servaient; et plusieurs autres encore , qui étaient venues à Jérusalem avec lui*.
< j 18. On lai avait reproché de s'être dit faussement le Fils de Dieu, parce qu'il 6*était laissé attacher à la croix, et qu'il n'en pouvait pas descendre. H est encore attaché à la croix, et il y est mort ; et voici qu'on publie hautement qu'il est vérifablement Fils de Dieu. Déjà les blasphèmes de ses ennemis se tournent en confession de sa divinité.
* f 2i. A son dernier voyage.
1. Près de la croix de Jésus était debout sa mère. — Les Scribes et les Pharisiens, les magistrats et le peuple, les bourreaux et les soldais, les Juifs et les Romains se plaisent, avec une joie féroce, à cette scèue de douleur, et dans les emportements de leur infernale brutalité, font retentir fout le Calvaire d'horribles blasphèmes, dMnsoIents défis, de plaisanteries amères, d'atroces insultes contre le Sauveur du monde.
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Marie entend cet affreux concert d'outrages sanglants que Ton vomit contre la majesté, Tinnocence d'un Dieu qui est son fils, d^un fils qui est son Dieu, et après avoir déchiré ses oreilles maternelles, tout cela va retentir douloureusement dans sou cœur. A travers la faible lumière que les astres à demi éteints répandent sur ce drame déicide, elle contemple ce corps sacré couronné d'épines , couvert , de la tête aux pieds, de plaies, transpercé par les clous, épuisé de forces, dégouttant de sang. Elle voit son front pâle, ses lèvres livides, ses yeux pleins de larmes, ses joues enfoncées , sa respiration haletante. Elle entend ies derniers gémissements de cette auguste humanité prête à exhaler une fiiiie noyée dans la douleur et enflammée d'amour pour ceux même qui veulent la lui arracher. Cependant, en présence de cette horrible scène, toute affection humaine se tait en Marie vis-à-vis des dispositions ^divines. Son amour pour Dieu le Père, dont elle est la fille; son amour pour Dieu le Saint-Esprit , dont elle est réponse , l'emportent en elle sur Pamour du Dieu-Fils, dont elle est la mère. Ainsi, tandis que la terre tremble, que le soleil s'éclipse, que le Calvaire s^écroule; au milidu du bouleversement, du deuil de la nature pleurant son auteur, Marie seule, à Timitation de Dieu le Père, demeure spectatrice silencieuse et comme impassible des souffrances de son divin Fils.
(Le R. p. Ventura.) 2. Jésus, ayant vu sa mère, et debout près d'elle le disciple qu'ail aifnaitj dit à sa mère : Femme , voilà voire Fils.— Ce fut comme si JwSus-Christ lui eût dit : « Femme, — car dans ce moment j'oublie que vous êtes ma tendre mère, pour ne voir en vous que la femme par excellence, la femme forte, la femme sublime, la femme héroïque, la femme parfaile que j'ai fait annoncer et exalter dans mes Écritures, Mulier, — Femme, voyez- vous là , Jean? Il est pur, il est saint, il est courageux, il est fidèle, il ne rougit pas de mes ignominies et de mes peines; il est, par conséquent , tout vivant de la vie de ma grâce. Or c'est le type des enfants dont vous, dans ce moment, devenez la mère: enfants vivant de la vie de la grâce , eux aussi, parce qu'eux aussi seront purs, saints , fidèles, et ne rougiront pas de mon nom, de mon Évangile, de ma religion. Votre cœur est transpercé par les clous qui déchirent mes membres; votre âme partage, et l'amour de mon Père, elles peines de mon corps , et les opprobres de ma personne. Entrez en société d'amour avec mon Père par votre généreuse charité, et en société de supplice avec nioi par votre profonde désolation; enlrez encore avec moi et avec mon Père en sociélo de mystère, de grîjadeur et de prodiges. Aimant le monde avec mon Père; souflVanl