‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 154 sur 179 · LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHBIST · texte numérisé non relu

LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHBIST

U. Jésus lui dit ; Marie. Et Marie, se retournant, lui dit : Rabboni, ce qui signifie Matlre.

15. Jésus lui dit : Ne me touchez point ; je ne suis pas encore monté vers mon père*.

Mais allez à mes frères, et dites-leur : Je monte vers mon Père et votre Père , mon Dieu et votre Dieu.

i 6, Or, les autres femmes s'étaient éloignées du tombeau pleines de crainte.

17. Et voilà que Jésus se présente à elles, en leur disant ; La paix soit avec vous^. Et elles s'approchèrent, embrassèrent ses pieds, et l'adorèrent.

18. Et Jésus leur dit; Ne craignez point; allez dire à mes frères qu'ils aillent en Galilée : là ils me verront*.

1 9. Alors elles s'en allèrent en hâte , et avec une grande joie , Tannoncer à ses disciples.

20. Et pendant qu'elles y allaient, quelques-uns des gardes vinrent à la ville et annoncèrent aux Princes des prêtres tout ce qui s'était passé.

* f 15. C'esl-h-dire, vous aurez le temps de me voir et de vous assurer que c'est bien moi.

■ f 17. Gr. y^ApiTt, gaudete, réjouissez-vous. C'était la salutation d'usage chez les Grec»; les Lntins y ont suijstituô la leur, Avete , désirez (sous-entendu, et je suis à vos ordres p3ur vous servir). A notre tour, pour ne point déroger à la dignité du langage évangélique, nous avons remplacé l'une et l'autre par la formule usitée che les Juifs et dont Jésus-Christ s'est servi plusieurs fois en abordant ses apôtres.

* f 18. C*est-à-dire, annoncez à ceun qui croient en moi la nouvelle de ma résurrection, et dites que Ton se rende dans la Galilée. Cet ordre de partir immédiatement pour la Galilée ne concernait point les apôtres, mais les soixante-douze disciples et

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21. Et ceux-ci s*élant assemblés avec les anciens du peuple , et ayant délibéré en conseil , donnèrent aux soldats une grande somme d'argent ,

22. En leur disant : Dites que ses disciples sont venus durant la nuit et Font enlevé, pendant que vous étiez endormis*;

23. Et si cela vient à la connaissance du gouverneur , nous le gagnerons et nous vous mettrons à Tabri de tout danger.

24. Les soldats ayant reçu l'argent, firent comme on leur avait dit; et cette fable fut répandue juqu'aujourd'hui parmi les Juifs ^.

« f 2*. Hais si les gardes dormaient, qu'onl-ils pu voir? El s'ils n'ont rien va, de quoi pouvaient-ils rendre témoignage? {Saint Augosiiîi.)

« f 24. Noos savons par le dialogue de saint Justin avec Tryphon que le grand conseil, pour empêcher la propagation du christianisme, envoya aussitôt des hommes considérables dans toutes les communes juives, soit en Palestine, soit dans les pays voisins , aOn de répandre partent cette calomnie. Ces envoyés disaient donc qu'il s'était élevé une secte illégale et athée, qui avait pour fondateur un imposteur de Galilée nommé Jésus; qu'après qu'on l'avait crucifié, ses disciples étaient venus la Duit, et ravalent enlevé de son tombeau; et que maintenant Us cherchaient à faire croire qu'il était ressuscité.

El congregali cnm senioribus , consilio ao cepto |:ccaniâic copio« MiB dedcrani militihat»

Dicente» : Diclte qaia discipuli cJQs nocle Tcne* rnnt, el furali »nnt nxm,.

TobU (lormientibiu.

Et ai hoc aaditam foêrll k pracside , nos saodcbimas ei, et secaros ▼os fademua.

Alillî» accepta pecQnîA, fcccroiUsicut eraut edocli. Et diTttîgdtumest Tcibtim »(»(] apud Jadacofl, u5qno in hodicrnnm diem.

9. Or, Marie-Madeleine^ étant revenue^ se tenait dehors près du sépulcrey et elle pleurait. — Madeleine reyient, ramenée par la douleur; et debout près de l'endroit où Ton avait déposé le corps de Jésus, elle pleure ; et en pleurant^ elle plonge ses regards dans le sépulcre. Elle y Toit assis deux anges aux vêtements blancs. Dans ce moment elle ne craint rien ; elle est trop engourdie pour craindre, comme aussi pour espérer. Que lui font les anges dans le sépulcre? Qu'est pour elle ce sépulcre vide du corps de Jésus? Les anges demandent: a Femme, que pleurez-TOUS? p Elle leur répond : a C'est quUls ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils Tont mis. i^ Comme cela est caractérislique : Ils ontl Celte certitude est celle d'une douleur qui n'a qu'une seule sensation, qui ne voit clairement qu'un seul objet devant elle^

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tout le reste est entouré de nuages! Tout ce qui n'était pas /ut, n'était rien pour elle à ce moment-là; et voilà pourquoi Tapparition des anges mêmes ne Ta point étonnée, point effrayée, ni réjouie. (Stolderg.)

13. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleurez-vous ? Pensant que c'était le jardinier, elle lui dit: Seigneur, si c'est vous qui V avez enlevé, ditesmoi oô vous l'avez mis et je remporterai. — L'évangélisle ne dit point si notre Sauveur, qui se tenaitderrière Marie-Madeleine, avait pris une autre forme ; ou bien si, quand elle s'est retournée, il a empêché ses yeux de lui présenter son image, comme il fit plus tard envers deux disciples qui marchaientaveclui, afin qu'en le voyant, elle ne le reconnût point. Elle s'est retournée, ellel'a pris pour le jardinier, parce qu'elle a pensé aussitôt que celui-là pouvait le mieux savoir ce qui se passait dans le jardin, et que parce motif elle désirait que ce fût le jardinier, el qu'elle s'imagina ensuite qu'il pouvait avoir enlevé le corps. Jésus a dû s'empresser beaucoup à lui adresser la parole, puisqu'il Ta prévenue, en lui disant : Femme que pleurez-vous? qui cherchez-vous? Tout anéantie par la douleur, elle s'adresse par une dénomination honorifique à celui dont elle veut toucher le cœur : Seigneur, si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis. A ces mots, comme cela est si naturel quand on éprouve un ardent désir, ses yeux se détournent de lui et elle les porte de côté et d'autre en attendant sa réponse. Jésus lui dit : Marie ! Aussitôt elle se retourne et lui dit : a Rabboni. d Les délices du ciel avaient rempli son être ; en une seule parole elle épanche son cœur tout entier devant lui. Elle voulait, à ce qu'il paraît, se précipiter vers lui, embrasser ses genoux, baiser ses pieds. Alors il lui dit: Ne me touchez pas; je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais allez trouver mes frères et leur dites de ma part : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. (Stolberg.)

18. Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : là ils me verront. — On demande pourquoi Jésus-Christ ne s'est pas fait voir aux Juifs après sa résurrection. S'il avait dû les convertir, il ne s'y serait |)as refusé; mais ce qui avait suivi la résurrection de Lazare prouvait bien le contraire. Un événement aussi surnaturel que celui d'arracher au tombeau un corps enseveli depuis quatre jours, avec toutes les marques de la corruption; de le faire paraître vivant aux yeux de tout le peuple, avec les liens dont il était encore garrotté, n'avait fait que les rendre plus furieux, au lieu de les convertir, puisque ce fut pour cela mêine qu'ils voulurent faire mourir Jésus-Christ. Ils ne lui avaient point parut. 23

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donné la résurrection d'un autre : lui aurait-il pardonné la sienne? Je sais bien qu'ils ne pouvaient plus rien sur sa personne; mais leur implacable incrédulité n'eût pas manqué de tenter un nouveau déicide. A quoi bon les y exposer? Les châtiments qu'ils avaient mérités étaient déjà assez graves. Jcsus-Cbrist les épargne en fie dérobant à leui^ regards^ mais il ne s'en fait pas moins connaître par les miracles qui accompagnent et qui suivent sa résurrection. Ce n'était pas une moins grande merveille de voir Pierre guérir un perclus en lui disant. Au nom de Jésus-Christ^ lève- toi et marche^ que de voir Jésus-Christ luimême ressuscité. Je dirai plus : un tel miracle devenait une preuve plus sensible encore et plus couTaincanle de la résurrection de Jésus- Christ que de son apparition. En voir! la preuve. Jésus-Christ ressuscité se fait voir à ses disciples; Thomas, qui ne s'était point trouvé au milieu d'eux, refuse de le croire, et ne se rendra, dit-il, que quand il aura porté la main dans ses plaies. Jugeons par analogie : voilà un apôtre initié dans tous tous les secrets de la doctrine et de la toutepuissance de Jésus, et qui ne consent à croire que quand il aura yu de ses yeux l'empreinte des clous et de la lance qui l'ont percé. De même, le monde entier l'aurait vu ressuscité sans y croire. Mais en entendant Pierre dire efficacement. Au nom de Jésus-Christ^ léve-toi et marche^ les peuples se convertissent. Quelle autre démonstration aurait mieux établi une telle vérité? est-ce un mort qui aurait pu opérer une telle révolution? (Saint Jean-Chrysostôhb.)

22. Dites que ses disciples sont venus durant la nuit y et Pont enlevé pendant que vous étiez endormis. — Quand donc les disciples auraientils enlevé furtivement le corps de Jésus? Serait-ce le jour du sabbatt Mais comment la chose eûl-cUe été possible dans un jour où la loi même ne permettait pas d'approcher du sépulcre? Et eu supposant qu'ils n'en tinssent pas compte, commeut des hommes jusque-là si pusillanimes auraient-ils pu exécuter leur dessein? Commeut venir à bout de le persuader à tout le peuple? Qu'auraient-ils dit? qu'auraient-ils fait? Dans quelles intentions pouvaient-ils se constituer les défenseurs de ce mort? Quelle récompense avaient-ils à en attendre? Quel dédommagement à tant de dangers et de sacrifices ? Durant qu'il vivait encore, ils l'ont abandonné lâchement; et quand ils l'ont vu mourir, ils auraient eu le courage de parler si généreusement pour lui, si en effet il n'était pas ressuscité l De bonne foi, où est ici la vraisemblance? Non certes, ils n'y pensaient pas; et ils l'auraient voulu, qu'ils n'auraient pas eu le moyen d'inventer cette prétendue résurrection. Leur maiti^e

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