CB. «T. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 38T
leur avait vingt fois proilit qii^il sortirait vainqueur du tombeau^ il ne cessait de l'annoncer dans ses discours. Si donc la prophétie n'avait pas élé accomplie, il est évident qu'ils n'auraient tu en lui qu'un faux prophète^ qu'un imposteur^ dont ils se seraient bien gardés de défendre la mémoire dans une nation entière, qui ne croyait pas à sa résurrection ; il est éyident qu'ils ne se seraient point laissé chasser de leurs maisons, expatrier, pour un homme qui les aurait trompés, et que, bien loin de lui faire honneur d'un semblable prodige, ils n'anraient eu que de Fhorreur pour un maître qui se serait joué de leur bonne foi, et les auraitaussiétrangementcompromis. Eussent-ils même voulu accréditer un tel mensonge, sur quoi pouvaient-ils l'appuyer? De quelle considération jouissaient-ils dans le monde ? Où sont leurs titres? L'éloquence et le charme de la parole? c'étaient les plus ignorants des hommes. Les ressources de l'opulence? ils sont si pauvres, qu'à peine ils ont en leur possession un bâton et une chaussure. L'éclat delà naissance? tous sont nés dans la lie du peuple. L'illustration de la patrie ? leur terre natale est à peine connue. Le nombre? ils ne sont pas plus de onze, et encore dispersés. Des espérances fondées sur les promesses de leur maître ? s'il n'est pas ressuscité, ils ne peuvent pas compter sur ces promesses. Cîomment donc résister à toutes les fureurs du peuple?Le premier d'entre eux, celui qu'ils regardent comme leur chef, n'a pu soutenir la voix d'une servante, tous les autres ont fui : ils se sont dispersés du moment où ils l'ont vu dans les mains de ses ennemis. Comment auraient- ils donc pu se persuader ensuite qu'il pouvait aller à pas de géant, jusqu'aux extrémités de la terre, et profondément enraciner dans la croyance des peuples la fable de sa résurrection? Pierre pâlit à la voix d'une femme, tous les autres tremblent au seul aspect d'une assemblée tumultueuse. Auraient-ils pu, je le demande, montrer, comme ils l'ont fait après cela, une aussi intrépide assurance, en présence des rois et des magistrats, devant des peuples innombrables, à la vue des tourments, des bûchers, deséchafauds, des plus affreuses tortures, non pas une fois, mais tous les jours, et jusqu'à leurs derniers soupirs; Tauraient-ils pu à moins d'être soutenus par la force dp celui dont ils annonçaient la résurrection ? Les Juifs, témoins si longtemps des miracles en foule qu'opérait Jésus-Christ, avaient refusé de croire à sa divinité, ils avaient trempé leurs mains dans son sang, et ils auraient pu consentir à croire à ce miracle de la résurrection sur la simple parole de ses apôtres? Non, encore une fols non, rien de tout cela n'est dans la nature. (Saint jEAN-CHRYaoSTÔME.)
3SS LA yi£ DE N. S. JESUS-CHRIST. co. cxr.
22. Dites que ses disciples sont venus durant la nuit, et l'ont enlevé pendant que vous étiez endonnis.^Les apôtres coupables d'imposUirc ! Mais comment auraient-ils espéré raccréditcr? Les souffrances . l les ignominies de leur maître n'étaient un secret jiour personne. Son supplice avait été public; il était mort en plein jour, dans la capitale du royaume, la veille de la première solennité de la nation, sous les yeux d'un peuple entier rassemblé à Jérusalem. Quels témoins du miracle avaient-ils à produire? personne qu'eux ne Tavait vu: comment le persuader à d'autres? Mais ce sur quoi il n'y avait pas le plus léger doute, c^est qu'il avait été mis dans le sépulcre ; c'est que l'opinion la plus généralement accréditée par les gardes et par les Juifs accusait ses disciples d'avoir enlevé son corps; c'est qu'ils n'avaient, |JOur repousser cette accusation, que leur seul témoignage. Comment supposer donc qu'ils eussent pu concevoir l'espérance de triompher de tous ces préjugés, en établissant par toute la terre la croyance de sa résurrection? Si les gardes, qui avaient vu les prodiges dont la résurrection fut accompagnée, s'étaient laissé gagner par argent, pour répandre la fable de sou enlèvement, les apôtres pouvaient-ils, sans argent et sans miracles, espérer que le monde tout entier croirait à la fable de sa résurrection?
(Saint Jean-Chrtsostôme.)
22. Sites que ses disciples sont venus durant la nuit, et Vont enlevé pendant que vous étiez endormis. — Les ennemis de Jésus-Christ les plus passionnés ont, malgré eux, contribué par leur haine même à vérifier le miracle de la résurrection, et par conséquent à établir notre foi. A peine Jésus-Christ a-t-il expiré, qu'ils s'adressent à Pilate; et que lui représentent-ils? Nous nous souvenons que ce séducteur a dit, lorsqu'il était encore vivant : Je ressusciterai trois jours après ma mort; il s'y est publiquement engagé, et il a voulu qu'on éprouvât par là s'il était fidèle et véritable dans ses paroles. Tout le peuple est dans l'attente du succès de cette prédiction ; et si son corps venait maintenant à disparaître, il n'en faudrait pas davantage pour confirmer une erreur aussi pernicieuse que celle-là. Il est doue important d'y pourvoir, et nous venons à vous pour le faire avec plus d'autorité. Allez, leur répond Pilate, vous avez des gardes, usez-en comme il vous semblera bon; je vous donne tout pouvoir; et aussitôt le sépulcre est investi de soldats, la pierre qui en ferine l'ouverture est scellée, on n'omet rien pour une entière sûreté. Quel sera l'efTet de cette prévoyance? point d'autre que d'écaricr jusqu'aux moindres doutes, et jusqu'aux plus légers soupçons sur la résurrection de Jésus-Christ. Car^