‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 156 sur 179 · CH. CXT. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

CH. CXT. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST

malgré toutes leurs précautions et tous leurs soins, le corps du Sauveur, après trois jours de sépulture, ne s'étant plus trouvé dans le tombeau, que pouvaient dire les Pharisiens? que ses disciples Tavaient enlevé à la faveur de la nuit, et tandis que la garde était endormie? Mais, reprend saint Augustin, comment a-l-on pu approcher du cercueil, lever la pierre, emporter le corps, sans réveiller aucun des soldats? D^ailleurs, si la garde était endormie, d'où a-t-elle su qu'on l'avait enlevé, et qui Tavait enlevé? Et si elle n'était pas endormie, comment a-t-elle souffert qu'on Tcnlevât? Quelle apparence que ses disciples, qui étaient la faiblesse et la timidité même, soient devenus

tout à coup si hardis? De plus, quand ils l'auraient osé, à quel

dessein voudraient-ils faire croire aux autres une chose dont la fausseté leur était clairement connue? que pouvaient-ils espérer de là? car s'ils avaient enlevé le corps, il leur était évident que Jésus-Christ n'était pas ressuscité, et qu'il les avait trompés. Ils n'avaient donc, en publiant sa résurrection^ rien à attendre que les traitements les plus rigoureux, les persécutions, les prisons, les fouets, la mort même. (Bourdaloue.)

22-23. Dites que ses disciples sont venus durant la nuit, et l'ont enlevé pendant que vous étiez endormis. Et si cela vient à la connaissance du gouverneur y nous le gagnerons, et nous vous mettrons à Vabri de tout danger. — Cette fable juive est bien digne d'être répétée par des hommes qui croient tout, excepté ce qu'ils doivent croire. Pour l'admetti*e,il faut dire que tous les gardes dormaient à la fois; que pas un seul ne put être éveillé par le bruit de plusieurs personnes qui arrivent au sépulcre, roulent la pierre énorme qui en ferme l'entrée, y entrent, en retirent le corps et l'emportent. Voici encore une autre circonstance remarquable : au lieu d'emporter le corps tout enveloppé, ce qui était plus facile et plus court, ces étranges voleurs font tout le contraire ; ils détachent le linceul qui couvre le corps, et le laissent dans le sépulcre ; ils plient même et placent à part le suaire qui couvrait sa tête : car ces particularités sont expressément rapportées par les évangélistes. Que si l'on disait que les apôtres se sont avancés secrètement jusqu'au sépulcre par une voie souterraine, nous ferions à ce sujet une observation sans réplique : c'est qu'une telle fraude aurait laissé après elle des traces manifestes. Le sépulcre était taillé dans le roc; il aurait donc fallu y pratiquer une ouverture, et cette ouverture aurait trahi le complot et le vol sacrilège. Vous le voyez, cette supposition de l'enlèvement du corps, outre qu'elle est entièrement gratuite^

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qu'elle ne repose sur aucune preuve positive, n'a pas même le mérite d'une simple probabilité : ce n'est qu'un échafaudage de pièces mal assorties qui tombent de toutes parts. C'est le cas de dire avec le poète romain : « Qu'un Juif le croie; moi, je ne le croirai pas. »

(FlATBSIItOIIS.)

ÉLÉVATION

Que j'aime Tempressenient de ces deux disciples qui, tandis que les autres refusaient de croire ce que leur disaient les saintes femmes de la résurrection du Sauveur, sortent du lieu où ils étaient tous rassemblés et courent en toute hâte vers le sépulcre : c'est que leur amour pour vous, Seigneur, était bien plus ardent que celui de leurs frères. La tendresse de Pierre s'était fortifiée par le souvenir de la faute qu'il avait commise; Jean, le disciple que voussemblez avoir chéri plus particulièrement, n'ayant jamais aimé que vous, vous aimait mieux que tous, car rien ne s'opposait à la vivacité de sentiment avec lequel son âme se portait vers vous. Aussi arrive-t-il le premier au tombeau d'où vous veniez de sortir d'une manière si miraculeuse. Madeleine, cette illustre pénitente, qui vous aimait d'autant plus que vous lui aviez plus |)ardonné, ne peut se résoudre à quitter ce lieu où elle avait vu renfermer le corps de son Sauveur; ses larmes coulent, parce que ses recherclies sont infructueuses. Touché de cette douleur si vraie, vous lui apparaissez et vous lui parlez la première , comme quelques instants après vous récompenserez le zèle et l'amour des autres saintes femmes, en vous montrant à elles. Ah l bon Sauveur ! comme Madeleine, nous pleurerons nos fautes en pensant à votre mort, et notre âme trouvera de grandes lumières à repasser les cruelles souffraoces que vous avez endurées pour nous : ces larmes seront bien douces, faites qu'elles deviennent un jour notre gloire.

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