Pierre donc, Tayant vu, dit à Jésus
Seigneur, pour ce qui concerne celui-ci*?
25. Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure ainsi jusqu'à ce que je vienne*, que vous importe?
26. Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait point dit, II ne mourra point *; mais. Si je veux qu'il demeure ainsi jusqu'à ce que je vienne, que vous importe ?
27. C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites; et nous savons que son témoignage est vrai.
* f^. De même que Moïse au mont Horeb, lorsqu'il Tut choisi de Dieu comme conducteur de son peuple, se mita trembler, parce que sa langue élait pesante et embarrassée , ainsi Pierre , en ce moment où Dieu le choisit comme un nouveau Moïse pour conduire le nouveau peuple qu'il s'était acquis par son sang, s'elTraio de la mission qui lui est confiée, et cherche un compagnon qui puisse l'aider. Mais ce n'était point Jean qui devait être le nouvel Aaron do ce nouveau Moïse : c'é* tait saint Paul que la Providence destinait pour colle auguste Tonclion (D' Sepp.)
* f 25. Des interprètes modernes traduisent ici : Jusqu'à ce que je vienne pour le jugement et la ruine de Jérusalem, figure do la fin du monde et du jugement dernier. En effet l'apôtre saint Jean vécut longtemps encore après la désolation des Juifs.
' f %6. Plusieurs ont cru et soutenu pendant plusieurs siècles que saint Jean Vêtait pas mort, lisent élé jusqu'à le dire endormi dans son tombeau en corps et en âme. Mais cette opinion est tombée dans le discrédit le plus complet. Cet apôtre est mort soixante-huit ans après la Passion de Jésus-Christ, dit saint Jean-Chrysostôme. Eosèbe ajoute qu'il mourut à Éphèse.
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41S LÀ TIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. cxtou
2. Jésus apparut de nouveau à ses disciples près de la mer de Tibé^ riade. — Jésus-Christ s'était fait voir à ses apôtres depuis sa Passion et les avait convaincus par beaucoup de preuves qu'il était vivant^ leur apparaissant depuis quarante Jours. Il ne leur apparaissait point chaque jour^ ménageant ses apparitions à dessein^ les rendant assez fréquentes pour les bien convaincre de la vérité de sa résurrection^ assez rares pour leur en laisser une impression vive^ par la diversité des formes sous lesquelles il se présentait à leurs regards. Tantôt il venait les trouver quand ils s'exerçaient à la pèche^ et^ sans se faire connaître d'abord, il leur disait : Enfants^ avez-vous quelque chose à manger? C'était par une nouvelle pêche miraculeuse qu'il allait se révéler à eux. Si nous comptons bien le nombre de ses apparitions , nous en trouverons onze faites aux seuls apôtres, en différentes circonstances. D'abord il s'était fait voir à Marie et aux saintes femmes, près de son sépulcre; puis à Céphas et aux deux pèlerins d'Emmaûs^ à qui il se fit reconnaître à la fraction du pain. Ceux-ci^ de retour à la ville, s'empressèrent d'annoncer aux disciples qu'ils avaient vu le Seigneur véritablement ressuscité, et que déjà auparavant il s'était fait voir à Pierre. (Saint Jean-Chrysostôme.)
2. Jésus apparut de nouveau à ses disciples près de la mer de Tibériade. — La grande et mystérieuse scène de l'Évangile se passe presque tout entière sur ce lac et au bord de ce lac et sur les montagnes qui entourent et qui voient ce lac. Voilà Emmaûs où il choisit au hasard ses disciples parmi les derniers des hommes, pour témoigner que la force de sa doctrine est dans la doctrine même, et non dans ses impuissants organes. Voilà Tibériade où il apparaît à saint Pierre, et fonde en trois paroles l'éternelle hiérarchie de son Église. Voilà Capharnaûm. voilà la montagne où il prononce les nouvelles béatitudes de son Dieu; voilà celle où il s'écrie : J'ai compassion de ce peuple! et multiplie les pains et les poissons, comme sa parole enfante et muUiplie la vie de l'âme ; voilà le golfe de la pêche miraculeuse; voilà tout l'Évangile enfin, avec ses paraboles touchantes et ses imap^es tendres et délicieuses qui nous apparaissent telles qu'elles apparaissent aux auditeurs du divin Maître^ quand il leur montrait du doigt l'agneau, le bercail, le bon pisteur, le lis de la vallée; voilà enfin le pays que le Christ a préféré sur cette terre, celui qu'il a choisi pour en faire l'avant-scène de son drame mystérieux; celui où, pendant sa vie obscure de trente ans, il avait ses parents et ses amis selon la chair; celui où cette nature dont il avait la clef lui apparaissait avec le plus de charmes. Voilà les mon-
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tagnes où il regardait comme nous se lever et se coucher le soleil, qui mesurait si rapidement ses jours mortels : c'était là qu'il Tenait se reposer^ méditer, prier, et aimer les hommes et Dieu ! (De Lamartine.)
6. Jésus leur dit : Mes enfants, aves-vous quelque chose à manger ? Ils répondirent : Non* Il leur dit : Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez. — Ici Jésus-Christ se sert encore du langage des hommes; il leur demande s'ils n'ont rien à manger, comme pour leur acheter quelqne chose. Ils ne le reconnurent que lorsqu'ils virentleur filet retenu par une grande quantité de poissons. Jean le reconnut le premier, car il était profond et perspicace, et il dit à Pierre : C'est le Seigneur. Pierre aussitôt revêtit sa tunique, et plus fervent, plus véhément que Jean, il se lança à la nage pour êlre plus toi auprès du Seigneur. Or, quand ils furent descendus à terre, Jésus leur dit: Venez et mangez; et aucun d'eux n'osait Tinterroger ; ils avaient perdu leur confiance habituelle, et, pris de crainte et de respect, ils s'assirent en silence à côlé de lui. Us savaient que c'éL'\it le Seigneur, et ils n'osaient lui demander qui il était. Ils étaient surpris, [)resque effrayés de la forme sous laquelle il se présentait à eux; mais ils n'osaient lui en demander la raison : la crainte les retenait; aussi, persuadés qu'il était bien leur Maître, ils se partagèrent le repas qu'ils devaient à sa toute- puissance. Il n'était plus sans cesse avec eux, il leur apparaissait pour la troisième fois depuis sa résurrection, et il leur fit prendre une grande quantité de poissons pour les convaincre qu'ils n'étaient pas dupes d'une hallucination, d'une vision chimérique, et pour leur faire comprendre la vérité delà résurrection. (Saint Jean-Chrysostôm b.)
16. Simony fils de Jean, m' aimez-vous plus que ceux-ci? — Non pets, dit saint-Chrysostôme, que cet Homme-Dieu eût besoin d'interroger de la sorte saint Pierre, pour être instruit de ses sentiments, puisqu'il n'ignorait rien de tout ce qui se passait dans son cœur; mais il l'interroge pour donner lieu à saint Pierre d'effacer, par une protestation d'amour jusqu'à trois fois réitérée, le crime qu'il avait commis en renonçant trois fois ce divin Maître. 11 l'interroge pour faire voir quel doit êti'e celui à qui cet adorable Pasteur veut confier ses ouailles , puisque ce n'est qu'à celui qui aime Jésus-Christ , et qu'on ne mérite de conduire ce troupeau fidèle qu'auUint qu'on aime Jésu:?-Christ. Il l'interroge pour montrer par là combien Jésus* Christ aime lui-même son troupeau, puisqu'il n'eu veut donner le soia
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qu'à celui qui lui témoigne le plus d'amour. Mais que répond saint Pierre? Vous savez, Seigneur, que je vous aime. Eh bien, répond le Fils de Dieu, paissez donc mes agneaux, c'est-à-dire mes fidèles : car ce sont les miens et non pas les vôtres, et je veux que vons les gouverniez comme étant à moi et non point à vous; et qu'en les conduisant, vous n'y cherchiez point votre intérêt, mais leur utilité et ma gloire. Ce n'est pas assez: le Fils de Dieu lui demande une seconde fois. M'aimez- vous 7 Pourquoi? Afin qu'il paraisse davantage que Tamour de saint Pierre est un amour éprouvé et solide. Et une troisième fois, il lui demande, M'aimez- vous plus que tous les autres? afin de tirer de lui cette parole si vive et si animée : Vous savez toutes choses. Seigneur, et par là même vous savez que je vous aime, et que je suis prêt à donner ma vie pour la vôtre. Snr quoi Jésus-Christ ne lui dit plus seulement. Paissez mes agneaux ; mais, Paissez mes brebis : voulant ainsi lui faire entendre qu'il ne lui donnait pas seulement le soin de son troupeau, mais des pasteurs de son troupeau, marques sous la figure des brebis qui nourrissent les agneaux. (Bolrdaloue.)
16. Seigneur^ vous savez que je vous aime. — Si Jésus-Christ nous faisait aujourd'hui la même demande qu'il fit à saint Pierre, M'aimezvousî pourrions-nous lui répondre: Oui, Seigneur, je vous aime, et vous le savez? Si nous osions le dire, nos œuvres ne nous démentiraientelles pas? Cependant, sans Tamour de Dieu et de Jésus-Christ Homme- Dieu et noire espérance, que pouvons-nous être autre chose devant Dieu que des anathèmes et des sujets de malédiction? Ah I chrétiens, ranimons dans nos cœurs ce saint amour ; et si nous ne Tavons pas, ne cessons point de le demander à Dieu. Servons-nous de notre foi pour Texciter davantage, et pour le rendre plus ardent; et, par un heureux retour, cette charité divine servira à vérifier notre foi et la rendre plus agissante, (Bourdaloue.)
16. Seigneur, vous savez que je vous aime. — Saint Pierre le disait à Notre-Seigneur; mais oserions-nous le dire? Aimons-nous Dieu pendant que nous ne pensons point à lui? Quel est Tami à qui nous n'aimons pas mieux parler qu'à lui? Où nous ennuyons-nous davantage qu'au pied des autels? Que faisons-nous pour plaire à noire Maître, et pour nous rendre tels qu'il veut ? Que faisons-nous pour sa gloire ? Que lui avons-nous sacrifié pour accomplir sa volonté? La préférons-nous à nos moindres intérêts, auxamusementslesplusindignes?Où est donc cet amour que nous pensons avoir? Malheur pourtant à celui qui n'aime
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pas le Seigneur Jésus^ qui nous a iantaimés ! Donnera4-il son royaume éternel à ceux qui ne l'aiment pas? Si nous l'aimions, pourrions-nous être insensibles à ses bienfaits, à ses inspirations, à ses grâces? Celuilà seul aime yéritablemeni Jésus-Gbi ist^ qui peut dire avec saint Paul : Ni la vie^ ni la mort, ni le présent, ni l'avenir, ni la puissance, ne pourront désormais me séparer de la charité de Jésus-Christ.
(Fénelon.) 16-17-19. Puissez mes agneaux; conduisez mes brebis dans les pâturages; paissez mes brebis. — 11 y a dans tout ce passage de l'Évangile une grande révélation, un enseignement du plus haut intérêt, que beaucoup n'ont jamais aperçu, pour s'être attachés trop exclusivement au sens mystique, tandis que le sens littéral les eût fait entrer bien plus profondément dans la pensée du divin Maître. Le lecteur se rappelle que Jésus-Christ, après avoir éprouvé la foi du chef des apôtres, près de Césarée, lui dit : Et moi, je vous déclare que vous êtes Pierre ; et sur cette pierre j'élèverai Tédlûce de mon Église... Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux... Cette parole , de la part de celui qui avait dit, Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point, ne pouvait manquer d'être accomplie. Mais avant de la réaliser, Jésus-Christ veut éprouver en outre la charité de cet apôtre privilégié ; car c'est de l'amour divin, et seulement de cet amour qu'il s'agit dans les différentes iuterrogations du Sauveur. Simon fils de Jean, semblet-il lui dire, un jour près de Césaree, j'ai trouvé votre foi supérieure à celle de vos frères dans l'apostolat; aujourd'hui je vais vous faire une autre question : En est-il de même de votre amour pour moi?" m'aimez-vous aussi plus qu'eux? Le chef des apôtres , dans une réponse qui témoigne en même temps de sa foi et de son humilité , dit au Sauveur: Oui, Seigneur, et j'en prends votre divine sagesse à témoin, je vous aime tendrement, etiam^ Domine y tu sgis quia diligo te. Paissez mes agneaux, reprend le Sauveur : c'est-a-dire, je vous charge de pourvoir à la nourriture spirituelle de tous ceux qui croiront en moi, comme je me chargeais moi-même de nourrir le petit troupeau de la maison d'Israël. Vous ne pourrez point tout faire par vous-même, sans doute; vos frères, et après eux, des évoques que vous établirez dans les différentes contrées, puis des prêtres qui obéiront aux évoques, vous aideront puissamment. Hais qu'il n'y ait aucun endroit sur la terre où l'on puisse dire : Les petits ont demandé du pain, el personne n'était là pour le leur rompre. Les évêques, soit par euxmêmes, soit par les prêtres, seront comme les brebis de mon troupeau; c'est par leur fécondité qu'il se multipliera; ce sont eux qui
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donneront à mes agneaux le lait de la doctrine. Mais eux-mêmes auront besoin d'être soutenus, dirigés, et confirmés dans la foi; et ayant de vous rien dire à ce sujet, je veux savoir encore une fois si vous m'aimez. Oui, Seigneur, dit saint Pierre, vous savez que je vous aime tendrement. no</A«(v( rà npôèoita. ftoit : conduisez mes brebis dans les pâturages, continue le Sauveur, c'est-à-dire occupez-vous aussi des chefs de mon troupeau, soyez à leur tête; marchez devant eux ; tracez-leur la voie qu'ils auront à suivre, donnez-leur vos ordres; ils scrortt des princes; mais vous, soyez leur prince à eux-mêmes. Quand il s'agit des simples fidèles, Jésus-Christ dit au chef des apôtres, fid<rx(, pourvoyez à leur nourriture; mais, en ce qui concerne les apôtres et les évêques, le divin Sauveur veut qu'à leur égard, son vicaire soit not/i^v àv^/^ûv, le roi de tous ces grands hommes, celui à qui les princes, à leur tour, doivent obéir comme au Fils de Dieu lui-même : parce que c'est le Fils de Dieu qui commande dans sa personne. Voilà donc pour le chef de l'Église, Tautorité absolue sur les simples fidèles, et sur les pasteurs la suprématie d'honneur et de juridiction; ce n'est pas tout: le Fils de Dieu va lui conférer encore, sur ces mêmes pasteurs, avec la suprématie doctrinale, la plus grande autorité. Mais auparavant il interroge une troisième fois saint Pierre, comme pour s'assurer si sa charité pourra s'élever jusqu'à la hauteur d'un ministère si sublime, si extraordinaire; et cette fois il se sert, pour interroger son apôtre , de la réponse même que ce dernier vient de lui faire : *iXaifik, m'aimez-vous tendrement, lui dit-il, comme vous venez de me l'assurer à diverses reprises 7 Affligé de ce que le divin Maître l'interroge ainsi jusqu'à trois fois, et de ce qu'il Semble mettre en doute la sincérité de ses réponses, Pierre ouvre, en quelque sorte, le fond de son âme, pour montrer au Sauveur que sou amour ne le cède point à sa foi. Alors Jésus-Christ prononce ces paroles : B<J(r« t» ir/>o6àT« /wc», je vous donne sur mes brebis ellesmêmes le même pouvoir que je viens de vous donner sur mes agneaux : pourvoyez aussi à leur nourriture; soyez le pasteur des pasteurs, le pasteur écuménique, le pasteur universel; accomplissez cette parole que j'ai dite : Il n'y aura qu'uo troupeau et qu'un pasteur. De même qu'il n'y a qu'un seul pontife, qui est Jésus-Christ, quoique ce titre soit légitimement donné à beaucoup d'hommes sur la terre: ainsi, dans l'économie toute divine de la religion catholique, il n'y a véritablement qu'un seul pasteur visible, bien que le titre de pasteur soit légitimement donné à tous ceux qui, sous les ordres de Pierre, conduisent une partie du troupeau de Jésus-Christ. Aussi les Pères de l'Église^ comme ceux des différents conciles, oat-ils
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toujours appelé Pierre le prince des apôtres; et chacun de ses succès* seurs sur le Siège de Rome , le Père des Pères, le saint Père des Pères, le Pontife souverain , TÉvêque des évêques, le Pontife élevé au plus haut degré de Tapostolat : parce que Jésus-Christ agit par lui y et instruit par lui toute son Église. Sachez donc, nous dirait ici le prophète Malachie^ parlant au nom du Seigneur des armées, sachez que j'ai fait un pacte ^ un pacte de vie et de paix^ avec ce pontife que je me suis attaché ^ et dont j'ai fait un autre moi-même ! La loi de la vérité sera toujours dans sa bouche ; et la doctrine du mensonge ne se trouvera jamais sur ses lèvres; il marchera dans le sentier de la paix et de l'équité, et beaucoup seront tirés par lui des voies de l'erreur. Les lèvres de ce pontife suprême seront les dépositaires de la science divine; c'est de sa bouche que tous iront apprendre la loi , parce qu'il est TÂnge du Signeur des armées. (B.)
18. // lui dit une troisième fois: SimoUy fils de Jean^ m'aimez-vous ? Voyez, dit saint Augustin, comment s'y prend Jésus-Christ pour établir Pierre chef de son Église : il lui demande plusieurs fois s'il l'aime : Pierre, m'ai me;5- vous? Et lorsque l'apôtre lui a répondu de son cœur et de son amour, il remet dans ses mains le gouvernail de son Église : Allez, lui dit-il, paissez mes brebis; comme s'il avait voulu lui dire: Oui, l'emploi que je vous confie est un fardeau redoutable; ces clefs qui ouvrent et ferment le ciel, vont vous susciter des ennemis et des combats. Élevé sur la chaire de vérité, vous verrez les orages et les tempêtes se former autour de vous, le glaive des persécutions étinccler sur votre tête, la mort et les tourments fondre sur vous de toutes parts; mais vous m'aimez, c'est assez; allez vous asseoir au trône des Césars. Qui sait aimer son Dieu, sera toujours au-dessus de la crainte des hommes ; qui sait aimer Dieu, est digne de commander au monde» Voilà, reprend le saint docteur, l'image de notre vocation à la foi. En nous appelante lui et aux devoirs que nous avons à remplir, chacun dans notre état, Jésus-Christ nous a demandé, et il nous le demande encore aujourd'hui, comme à son apôtre: M'aimez-vous? m'aimezvous, par-dessus tout? De la réponse à cette question dépend notre fidélité durant la vie présente, comme notre bonheur dans la vie à venir.
(Db Cambacérès.)
19. Paissez mes ftreftff. —Voyons encore avec plus de soin qui vous êtes, disait saint Bernard au pape Eugène, et quel rôle vous remplis-
^ C'est la signification da mot LévL