‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 167 sur 179 · LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CB. CXTIII · texte numérisé non relu

LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CB. CXTIII

sez aujourd'hui dans FÉglise. Qui Éles-vous? le grand-prélre et le souverain pontife. Vous êtes le prince des évêques^ Théritier des apôtres; \ous ayez la primauté d'Abel.. le gouvernement de Noé, le patriarchat d'Abraham, Tordre de Melchîsédech , la dignité d'Aaron, rautorilé de Moïse, le tribunal de Samuel, le pouvoir de Pierre, Toncliou du Christ. Vous êtes celui à qui les clefs du ciel ont été données, celui à qui la garde du troupeau a été confiée. A la vérité, vous n'êtes pas le seul à qui soient confiés la garde du ciel et le soin des troupeaux ; mais vous êtes d'autant plus au-dessus des autres, que vous avez mérité d'une manière bien différente. Chacun d'eux a son troupeau particulier; vous seul êtes le pasteur du troupeau universel; vous êtes le pasteur, nonseulement des brebis, mais encore de tous les pasteurs. Et si vous voulez savoir d'où je tire mes preuves, je vous dirai que c'est des paroles mêmes du Seigneur. Et, en effet, auquel, je ne dis pas des évéques, mais des apôtres, le soin du troupeau a-t-il été confié d'une manière aussi absolue? 5i vous m'aimez, dit-il à Pierre, faites pattre mes brebis. Mais lesquelles? Pensez-vous qu'il parle des habitants d'une ville, d'une contrée, d'un royaume? Mes brebis, dit-il; d'où il suit qu'il ne lui en a désigné aucune en particulier, et qu'il les lui a toutes confiées: il n'y a point d'exception là où il n'y a point de distinction. Peut-être les autres disciples étaient-ils présents, lorsque le Seigneur, confiant le troupeau à un seul, recommandait à tous l'unité en un seul troupeau et en un seul pasteur, selon cette parole : Ma colombe, ma belle, ma parfaite colombe est unique. Là où est l'unité, là est la perfection; les autres membres n'ont point la perfection, mais la division, en s'écartantde l'unité. C'est pourquoi les disciples, reconnaissant le mystère, prirent chacun la charge d'un peuple particulier. Enfin, Jacques, qui était regardé comme la colonne de l'Église, se contenta de Jérusalem, laissant Tunivers à Pierre. Et il était bien juste que Jacques fût établi à Jérusalem pour augmenter la famille de son frère qui venait d'expirer ; car il fut appelé le frère du Seigneur. Or, le frère du Seigneur, reconnaissant la prérogative de Pierre, qui aurait osé la lui contester? Ainsi, d'après les canons ecclésiastiques, les autres ont été appelés pour entrer en participation dans les soins que l'Église doit aux peuples; vous seul avez été établi dans la plénitude de la puissance. Leur pouvoir est restreint dans de certaines limites ; le vôtre s'étend sur ceux-là même qui ont reçu l'autorité sur les autres. Ne pouvez- vous pas, en effet, s'il le faut, fermer le ciel à un évoque, le déposer de son évêché et même le livrer à Satan ? Votre privilège est donc inébranlable et sans limites, tant dans la garde des clefs qui

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TOUS ont été confiées que dans le soin des ouailles qui vous ont été commises. Mais écoutez une autre circonstance qui confirme yotre prérogative. Les disciples étaient en mer : Jésus-Christ leur apparut sur le rivage, et ce fut pour eux un grand sujet de contentement que de le voir ressuscité. Pierre, aussitôt qu'il a reconnu le Seigneur, se jette à la mer et parvient jusqu'à lui, tandis que les autres y arrivent avec leurs barques. Qu'est-ce que cela» sinon le signe de l'insigne pontificat de saint Pierre, qui a reçu mission de gouverner, non pas une barque, mais le monde entier? Car la mer représente le monde, el les barques représentent les églises particulières. Ayant marché une autre fois sur les eaux, à l'exemple de son Maître, Pierre prouva par là quMI était le seul vicaire de Jésus-Christ, celui qui devait commander, non pas à un seul, mais à tous les peuples. De même que plusieurs eaux signifient plusieurs peuples ^ de même, tandis que chacun a sa barque particulière, il vous a été confié un immense vaisseau : c^est l'Église universelle répandue sur toute la terre et composée de toutes les églises particulières. (Saint Bernard.)

20-21. En vérité y en vérité je vous le dis: quand vous étiez jeune, vous vous ceigniez vous-mêmes , et vous alliez où vous vouliez; mais quand vous serez vieux, un autre vous ceindra et vous conduira où vous ne voulez pas aller. — On a vu plus d'une fois dans le cours de cet ouvrage, que saint Pierre redout ut la mort violente et qu'il n'était aucunement disposé au martyre. Pour le consokr de celte faiblesse de caractère qu'il ne pouvait guère se dissimuler, et qui devait lui paraître incompatible avec la dignité dont il venait d'être revêtu , Jésus-Christ lui annonce que ce qu'il ne pourrait pas faire actuellement, faute du courage nécessaire , il y sera un jour amené par les circonstances et que , malgré toutes les apparences contraires, sa mort sera digne de son apostolat. Avec quelle habileté, nous dirons presque, avec quel artifice tout divin le Fils de Dieu touche celte corde si délicate I La jeunesse et la vieillesse, semble-t-il dire à son apôtre, sont deux âges difl'érents; on se soumet dans l'un à ce que Ton n'aurait pas soufiert dans l'autre. Quand vous étiez jeune, vous vous ceigniez vous-même, et vous eussiez repoussé jusqu'à l'idée d'un secours étranger; mais quand vous serez vieux, ne pouvant plus faire autrement, vous étendrez les bras et un autre vous ceindra selon sa volonté, même avec des chaînes. Quand vous étiez jeune , vous alliez où vous vouliez ; mais quand vous serez vieux, on vous conduira où vous ne voulez pas aller, même à la mort violente. Quelle bonté de la part du Dieu sauveur! 11 touche la

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plaie; mais connue sa main est douce et comme elle s'arrête au moment où elle causerait de la douleur! Il fait un reproche, mais il 7 a dans ce reproche tant de ménagements et tant de charité, qu'il ne laisse après lui que la consolation et Tespérance. Quant à saint Pierre, non-seulemenl il Gnit par accepter le calice de la souffrance^ selon la parole de Jésus, mais il joignit à son acceptation une circonstance qui en fait un trait d^béroïsme à jamais admirable : il demanda et obtint d'être crucifié la tête en bas, parce quQ, dit-il alors, il n'était pas digne d^ètre traité comme son divin Maître. (B.)

ÉLÉVATION

Salut! 6 Église de Jésus-Christ! source de la vérité, demeure de la foi, temple de Dieu. Pierre, malgré sa faute, conserve les prérogatives qui lui avaient été données avant sa chute. Vos apôlres, Seigneur, reçoivent tous une puissance égale, ils sont tous associés à l'honneur des mêmes fonctions et du même ministère : mais lorsque vous confiez à Pierre le soin de paître vos brebis, la suprématie lui est donnée, afin qu'il n'y ait qu'une Église de Jésus-Christ, une seule chaire d'où la vérité se répande dans tout le monde. L'arbre planté par Pierre a porté SCS fruits : l'Église de Rome subsiste toujours la même, et malgré les fureurs des hérésies et des schismes , elle conserve et présentera constamment à l'univers l'enseignement qu'elle tient de vous. Seigneur. Aimons-la donc celte Église du Sauveur; attachons-nous à elle du fond de notre cœur; Dieu lui-même lui a promis la victoire sur ses ennemis; chacun de ses membres a reçu les mêmes promesses et a droit au même héritage. Hontrbns-nous ses enfants soumis et dévoués ; veillons désormais à l'observation de ses divins commandements, afin qu'après avoir été guidés par elle à travers la nuit qui nous environne ici-bas, elle nous conduise enfin jusqu'à la lumière éternelle qui éclaire le royaume des cieux.

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