L\ VIE DE N. S. JÉSUS^HRIST
VOUS récarlez mioutieuscmcnt ; et un chameau, vous ravalez *•
14. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocriles I qui nettoyez les dehors de la coupe et du plat, et au-dedans vous êtes pleins de rapines et de souillures.
15. Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe et du plat, puis tu auras soin que le dehors soit pur également.
16. Malheur à vous, Scribes et Pharirisiens hypocrites I parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis , dont le dehors frappe agréablement les yeux des hommes, m^is qui, au-dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture.
M. Ainsi en est-il de vous; au-dehors, vous paraissez justes aux yeux des hommes ; mais au-dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.
18. Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites ! qui bâtissez des tombeaux aux Prophètes et ornez les monuments des justes * ,
19. Et qui dites: Si nous eussions été aux jours de nos pères , nous ne nous fussions pas joints à eux pour répandre le sang des Prophètes.
* f 13. Vous évitez scrupaleasemcnt les fautes légères, qaand elles peuvent être remarquées, et vous laissez entrer dans votre cœur des iniquités énorniCS.
* t 18. C'est-à-dire : Vous témoignez de la vénération pour les prophètes quand ils sont morts et qu'ils ne viennent plus vous reprendre da vos iniquités; mai»
Itaqne iMlimOBioMtit Tobismelipsis , quia filii estb eoruœ qui prophetasocciderunt.
Et TOs Impiété f rampatram ▼oirornm.
Serpentes» genîmin»
▼iperarom, qaomodbfulieliaà jadieio gtbennc ?
Ide6 eecè ego milto ad TOS prophetas, et sapientes, et scribas, et Ck illis occidelis, et crucifigelis, et ex eia flagellabitia in ajnagogis ve»l> i9| et perseqaemini de civitaie in cj?ilatem :
Vi Ttniat fnper toi omnis sangois ju»lns qoi effusus e&l soper terrain, à aanguine Abri ju»ti, Qsqne ad sanguine m Zacbariœ, filii Darachie, qucin occidislis inter templom al allare.
Amen^ico vobis :
Venient haec omnia super generationem i»tam.
JerosaleiD, Jérusalem, qQB» occidis prophetaa, •t lapidas aos qoi ad ta miiai sont, qnoliès volai congregaro filioe taosi
Là vie de n. s. Jésus-christ. ca. xc«
20. Ainsi vous rendez vous-mêmes témoignage que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les Prophètes.
21 . Remplissez donc la mesure de ceux qui vous ont engendrés.
22. Serpents, race de vipères, comment éviterez-vous la condamnation à la Géhenne ?
23. C'est pourquoi voilà que je vous envoie des prophètes , des sages et des docteurs, et vous en massacrerez , et vous en crucifierez, et vous en flagellerez dans vos synagogues, et vous les poursuivrez de ville en ville;
24. Afin que sur vous retombe tout le sang innocent qui a été répandu sur la terre^ depuis le sang du juste Abel, jusqu'au sang de Zacharie, fils deBarachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel ^•
25. Je vous le déclare en vérité, tout cela retombera sur celte génération.
26. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme la poule rassemble
qtiand ils sont vivants, et qaUls vous reprennent de votre hypocrisie, vous conspires leur mort. (Bossuet.)
' f 24. Après avoir lu attentivement un grand nombre de dissertations sur ce passage de I*Évangile, nous croyons devoir nous en tenir, avec saint Grégoire de Kysse et Euthymius, au sentiment d'Origène, et dire avec lui qu'il est ici question de Zacharie, père de Jean-Baptiste, et dont le meurtre ne remontait guère & plus de trente ans. — Filium Barachiœ peut signifier, le filt d'un homme béni de Dieu. Du temps d'Origèno, on croyait, d'après la tradition, que Zacharie, père de Jean- Baptiste, avait été mis à mort dans Tespace qui existait entre le lien saint et l'autel des holocaustes.
f— Budmodim ftUina coogregat pallMrad) aks»
•iBolintlit
Eccè relinqnclnr Tobb
Oieo cnim vd»is : Mon me ridebitis amodb, do* née dic«tn :Benediclni qnt venit in nomine Do-
Et Md«nf JasQs contra mophylaciam, aspicie- Bat quomodb lurba jao taret as in gasophylacinm, et molli diviica jactabant mnlta.
Cèm Teniaiet antem vidna nna panper, mbît dao minoUy ^lod ait qnadranab
Et eonTOcana dikcipnlos tDOB, ait flik t Anoen dico vobii, qnoniam TÎdoa b4Bc paoper plàf omniboa miailt oui miseront in gaaophjla-
Omnea «nlm ai eo qobd abnndabat illis miseront; haec verb de penoriâ soâ, oœnî» qom babuit miait lotum vietom Hiom*
UL TIE BE N. & JÉSUft43mST. %%
ses petits sous ses ailes? et ta ne Tas point Toulal
27. Le temps approche, où voire demeure, abandonnée *, restera déserte.
28. Car je vous le déclare, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous disiez:
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ^ I
^9. Et Jésus s'étant assis près du trésor^ regardait le peuple y jeter chacun son offrande ; et les riches, en grand nombre , y mettaient beaucoup.
30. Et une pauvre veuve étant venue, Jésus la vit mettre deux petites pièces de monnaie, de la valeur d'un denier.
31 . Et appelant à lui ses disciples, il leur dit : En vérité , je vous le déclare , cette pauvre veuve a donné plus que tous ceux qui ont mis dans le trésor de Dieu :
32. Car tous ont donné de leur abondance, tandis qu'elle a donné de son indigence même , elle a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.
* f 91, AbandoDDée de Diea, abandonnée aussi par ses habitants, c'est oe qni s'accomplit depuis près de deux mille ans avec une effrayante vérité.
* f 28. C'esl-à-dire : Jusqu'à ce que vous me reconnaissiez pour le Messie envoyé de Dieu. Les Juifs le recounaltront à rapproche du dernier jugement.
1. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites! qui fermez aux hommes le royaume des deux: car vous n'entrez point, et ceux qui se présentent pour entrer, vous les en empêchez* — ^Ecoutons bien ces Vœ, « Malheur à vous. » Dès qu'on se fait maître pour soi-même et pour.-
ti LA VIE DE N. S. JÉSCS-GHRIST. eu. xg.
être hoDoré : malheur à vous. Cest une malédictioa sortie de la bouche de Jésus-Christ. Cesl une sentence prononcée qui sera suivie d'une autre : « Allez^ maudits. x> Comment est-ce que les Docteurs ferment le ciel? En débitant de fausses maximes et mettant Terreur en dogme. Ils ne voulaient point croire en Jésus-Christ et empêchaient le peuple d'y croire. C*était véritablement fermer la porte du ciel^ puisque Jésus- Christ est cette porte. Un autre moyen de la fermer^ c'est de la faire trop large pendant que Jésus-Christ la fait étroite. Car dès là ce n'est plus la porte que Jésus-Christ a ouverte^ c'en est une autre que vous ouvrez de vous-même. Parce qu'elle est plus aisée, vous faites abandonner l'autre qui est la véritable. Hais ce ne sont pas seulement les docteurs trop relâchés qui ferment la porte, Jésus-Christ attaque encore plus dans tout ce sermon ceux qui augmentent les difficultés et les fardeaux. Leur dureté rend la piété sèche et odieuse, et parla elle ferme le ciel. Ces faux docteurs gâtent tout. Il n'y a rien de meilleur que Foraison : ils la gâtent, parce que , pour dévorer la substance des veuves, ils font semblant de prier Dieu longtemps pour elles, ou de leur vouloir apprendre à prier longtemps. Hais leur jugement sera d'autant plus grand que la chose dont ils abusent est plus excellente. Les maisons des veuves, faibles par leur sexe, maîtresses de leur conduite, et n'ayant plus de mari qui saurait bien écarter le directeur intéressé : voilà un vrai butin pour Thypocrisie. La plus parfaite action d'un docteur, c'est de faire un prosélyte , de convertir les infidèles. Plus ils étaient éloignés, plus il y a de mérite à les ramener; ils gâtent cela : ils le font doublement damner ; car ils Tattirent et puis ils Tabandonuent; ils le gagnent et puis ils le scandalisent, et ne lui font que trop sentir qu'ils n'ont travaillé aie convertir que pour s'en faire une matière de triomphe. Ces malheureux prosélytes se rebutent de la piété et peut-être de la foi ; et ils se damnent doublement, parce qu'ils deviennent déserteurs de la religion; et que, sachant la volonté du maître, ils sont beaucoup plus punis. Il valait mieux les laisser dans leur ignorance que de manquer à ce qu'il leur faut pour profiter de la doctrine de la foi. Ne croyez donc pas avoir tout fait quand vous les avez convertis : c'est ici le commencement de vos soins. Autrement vous ne serez, comme vous appellent les hérétiques par mépris , qu'un malheureux convertisseur. Ne dites pas d'un pécheur : Il a commencé; il a fait sa confession générale : qu'il aille maintenant tout seul. Vous ne songez pas que le grand coup est de persévérer. Prenez garde que vous ne vouliez que la gloire de convertir et non pas le soin de con-
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server. Le (aux zèle est biea marqué dans ces paroles : Vous courez la mer et la terre pour faire un seul prosélyte. Qu'il est zélé! Tant de peine pour un seul homme I Faux zèle , puisqu'il ne sert qu'à la vanité; il se repait de la gloire d'avoir fsdt un prosélyte. Plus la chose est sainte^ plus il est détestable de la gâter. J'ai fait cette religieuse^ j'ai attiré cet homme à l'ordre : achevez donc; cultivez cette jeune plante^ ne la déracinez pas par les scandales que vous donnez; qu'elle ne trouve pas la mort où elle a cherché la vie. En un mot ne la damnez pas davantage par le mauvais exemple. Le mauvais exemple du monde lui aurait été moins nuisible : le mauvais exemple des serviteurs et des servantes de Dieu la perd sans ressources. Dieu dissipe les os de ceux qui plaisent aux hommes ; ils sont remplis de confusion^ parce que le Seigneur les méprise, comme des hommes vains qui préfèrent l'apparence au solide et, au vrai. (Bossust.)
1. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermes aux hommes le royaume des deux/ car vous n'entrez point, et ceux qui se présentent pour entrer, vous les en empêchez. — A quoi se termine le prétendu zèle dont les impies du siècle se prévalent, et par lequelils troublent les âmes justes et innocentes ? A quoi se réduit ce zèle hypocrite ? A faire dans l'Église de Dieu ce que faisaient autrefois les enfants du grand prêtre Héli^qui détournaient les hommes du sacriflce, crime que détestait le Seigneur, et pour lequel il les réprouva; ou bien, si vous voulez, à renouveler ce que firent dans la suite les Pharisiens, à qui pour cela le Sauveur du monde disait avec indignation : Malheur à vous qui fermez aux autres le royaume de Dieu; car vous n'y entrez pas vous-même, et vous arrêtez encore ceux qui voudraient y entrer. Figure sensible de ce qui s'accomplit tous les jours dans la personne de ces mondains qui, par un endurcissement de cœur, s'étant eux-mêmes séparés du divin mystère où, selon la pensée de saint Cyrille, le royaume de Dieu nous est ouvert, voudraient, s'il leur était possible, en exclure tous les autres. Voilà à quoi ils travaillent, et même à quoi ils parviennent, en contrôlant les gensde bien sur leurs communions, en censurant leur vie, en critiquant leur conduite, en relevant leurs moindres défauts, en ne leur pardonnant rien, et en leur faisant un crime de tout. Saint Augustin , avec toutes ses lumières , n'osait pas désapprouver l'usage de communier tous les jours; un mondain, téméraire et aveugle dans les choses de Dieu, le condamne hardiment et sans hésiter. Le dernier concile souhaitait de voir la fréquente commu-
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nion rétablie dans TÉglise, et le mondaia voudrait au contraire Texterminer et Panéantir. (Bocedaloub.)
i. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites I qui courez les fnersetla terre pour faire un prosélyte. —Cette malédiction atteignait principalement les disciples de Hillel. Car Schammée maudissait tous les prosélytes; et les anciens Juifs les appelaient la lèpre et la gale dlsraël, les accusant de ne se faire prosélytes que pour épouser des Juives dont ils étaient épris. Au reste, nous pouvons comprendre par ce que nous dit Tbistorien Josèphe, jusqu'à quel point le prosélytisme des docteurs de la loi méritait les reproches sévères que leur adressait Noire-Seigneur. Précisément vers cette époque, un Juif de Rome, aidé de trois compères, avait converti au judaïsme une dame de la noblesse nommée Fulvia, et lui avait persuadé de léguer au temple de Jérusalem l'or et la pourpre qu'elle possédait. Puis il s'en était emparé luimême, et avait partagé son larcin avec ceux qui l'avaient aidé à le commettre. La découverte de cette friponnerie avait eu pour effet l'expulsion des Juifs de Rome sous Tempereur Tibère. C'est à ce fait et à d'autres de ce genre que le Christ fait allusion ici. (Le D' Sepp.)
4. Et quand vous avez fait ce prosélyte, vous le rendez, deux fois autant que vous, digne de la Géhenne. — La plus profonde iniquité est celle qui se couvre du voile de la piété et de la religion. C'est où en étaient venus les Pharisiens et les Docteurs de la loi. L'avarice, l'esprit de domination, le faux zèle de la religion les transportaient et les aveuglaient, de sorte qu'ils voulaient, avec cela, se croire saints et les plus purs de tous les hommes. Sous couleur de faire pour les veuves et pour tous les faibles esprits de longues oraisons , ils se rendaient nécessaires auprès d'elles et dévoraient leurs richesses; ils parcouraient la terre et la mer pour faire un seul prosélyte, qu'ils damnaient plus qu'auparavant, sous prétexte de les convertir : parce que , sans se soucier de les instruire du fond de la religion, ils ne voulaient que se faire renommer parmi les hommes comme des gens qui gagnaient des âmes à Dieu ; el, en se les attachant, ils les faisaient servir à leur domination et à l'établissement de leurs mauvaises maximes. Ils se donnaient en public comme les seuls défenseurs de la religion. Esprits inquiets et turbulents, qui retiraient les peuples de l'obéissance aux puissances, se portant en apparence pour gens libres qui n'avaient en recommandation que les intérêts de leurs citoyens, et en effet pour régner seuls sur les consciences. (Bossuet).
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5. Malheur à vous , guides aveugles! qui dites : Lorsque Von jure par le temple, ce n'est rien; mais quiconque jure par For du temple doit ce qu'il a juré. — Jusqu'ici Jésus-Christ ne les a appelés qu'hypocrites, parce qu'ils mettaient la piété dans l'extérieur seulement. Voici une autre.qualité qu'il leur donne : conducteurs aveugles. Et encore : insensés et aveugles. Marquez la liaison de ces deux paroles : conducteurs et aveugles, guides aveugles et insensés. Hélas! en quel abîme tomberez-vous, et ferez-vous tomber les autres? Car tous deux tombent dans rabîme , et Taveugle qui mène et celui qui suit. L'aveuglement quMl reprend ici est lorsque l'intérêt fait oubliier les maximes les plus claires et les plus certaines. Il est bien manifeste que le temple et l'autel , qui sanctifient les présents , sont de plus grande dignité que les dons qu'on met dessus pour les sanctifier. Et cependant ces guides aveugles étaient assez insensés pour dire que le serment qu'on faisait par le don et par l'or qu'on avait consacré dans le temple et sur l'autel était plus inviolable que celui qu'on faisait par le temple, et par l'autel même. Pourquoi? Parce qu'ils voulaient qu'on multipliât les dons et l'or dont ils profitaient, et c'est pourquoi ils en relevaient le prix, et ils poussaient leur aveuglement jusqu'à préférer le présent au temple et à l'autel , où on le consacrait. Lorsque Jésus-Christ dit que le temple et l'autel sanctifient le don , il parle pour l'ancienne loi , où en effet tous les dons et toutes les victimes , qui n'étaient que choses terrestres, étaient bien au-dessous du temple et de l'autel , qui étaient le manifeste symbole de la présence de Dieu. Mais , dans la nouvelle alliance, il y a un don qui sanctifie le temple et l'autel. Ce don, c'est l'Eucharistie, qui n'est rien de moins que Jésus-Christ et le Saint des saints. Et ce don est en même temps un temple. Détruisez ce temple , dit-il , et il parlait du temple de son corps , où la divinité habitait cor porellement II est donc le temple et plus que le temple , comme il est écrit: Celui-ci est plus grand que le temple même. Il est l'autel, en qui et par qui nous offrons des victimes spirituelles, agréables par Jésus-Christ, comme dit saint Pierre. Ceux qui estiment le don plus que le temple et plus que l'autel sont encore ceux qui, donnant quelque chose à Dieu, le font valoir en eux-mêmes, au lieu de songer qu'on ne peut rien donner à Dieu , qui ne soit beaucoup au-dessous de la majesté de son temple, et de la sainteté de son autel. Voyez comme il élève l'esprit; du don à l'autel et au temple, du temple au ciel dont il est l'image, du ciel à Dieu qui y est assis, qui y règne, qui y tient l'empire de tout l'univers. Apportez votre don. Apportez-
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VOUS YODS-même, et ne faites cas de vous-même qu'à cause que vous êles consacré à Dieu. Tirez de là tout votre prix, attendez de là tout ce que vous espérez de sainteté. le grand don! que vous avez à offrir à Dieu : le corps et le sang de Jésus Christ, que tous les jours vous pouvez offrir à Dieu en sacrifice. C'est ce don qui sanctifie l'autel et le temple, et ceux qui s'offrent dans le temple. (Bossuet.)
12. Malheur à vous , Scribes et Pharisiens hypocrites/ qui payez la dîme de la menthe , après avoir abandonné les points les plus importants de la loiy tajustice^ la miséricorde et la foi. — Par quelle erreur de l'esprit humain arrive-t-il qu'on observe la loi en partie , et qu'on ne l'observe pas tout entière^ qu'on en observe les petites choses, comme de payer la dime des plus vils herbages , et qu'on omet les plus grandes : la justice, la miséricorde, la bonne foi. Dans cet air d'exactitude qu^on se donne, en étendant ses soins jusqu'aux moindres observances i il y a une ostentation insupportable. Hais il faut encore remarquer ici quelque chose de plus intime. On observe volontiers dans la loi ce qui ne coûte rien à la nature , où les passions ne souffrent point de violence, on le sacrifie aisément à Dieu. On ne veut pas avoir à se reprocher à soi-même qu'on est un impie ; on s'acquitte envers Dieu par de petites choses, et on se flatte d'avoir satisfait. Mais la lumière éternelle vous foudroie : il fallait s'attacher à ces grandes choses , mais sans omettre les moindres. 11 ne faut pas s'y attacher comme aux principales, ni les mépriser non plus à cause qu'elles sont petites. Voyez ce que Jésus estime : la justice, la miséricorde, la bonne foi. (Bossuet.)
12. Ces choses, il fallait les accomplir^ et ne pas omettre les autres. — Ce n'est pas Thérésie seule qui a prétendu borner tout culte à l'intérieur, et regarder toutes les pratiques sensibles comme des superstitions populaires ou des dévotions inutiles. On peut dire que cette orgueilleuse erreur a régné de tous temps dans le monde. Nous entendons dire tous les jours que la véritable piété est dans le cœur; qu'on peut être juste, sincère, humain, généreux, sans lever l'étendard, sans courir à toutes les dévotions ; et que les devoirs du christianisme sont plus spirituels, plus sublimes, plus dignes de la raison, que tout ce détail de pratiques religieuses auxquelles on assujettit les simples. Vous dites , homme du monde, que l'essentiel de la dévotion est dans le cœur, ce que je vous accorde volontiers; et vous igoutez que tous
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ces dehors sont inutiles; mais répondez-moi : en bannissant cet extérieur que vous croyez si inutile, ètes-vous du moins fldèles à cet essentiel dans lequel vous vous retranchez? En méprisant tout ce que vous croyez de surcroît dans la religion, accomplissez-vous du moins tout ce dont la loi de Dieu vous fait un devoir indispensable? En croyant qu'il sufflt de donner le cœur à Dieu , le lui donnez-vous du moins , tandis que les dehors sont encore au monde? J'en appelle ici à votre conscience. Glorifiez- vous Dieu dans votre corps, et ne le faites-vous pas servir à des passions injustes? Remplissez-vous vos devoirs de père, d'époux y de maître, d'homme public, de chrétien? N'avez-vous rien à vous reprocher sur Tusage de vos biens, sur les fonctions de vos charges, sur la nature de vos affaires, sur le bon ordre de vos familles? Porlez-vous un cœur libre de toute haine, de toute jalousie, de toute animosité envers vos frères? leur innocence, leur réputation , leur fortune ne perd-elle jamais rien par vos intrigues ou par vos discours? Préférez-vous Dieu à tout, a vos intérêts, à votre fortune, à vos plaisirs, à vos penchants? Vous renoncez-vous sans cesse vous-mêmes? Vivez'vous de la foi? Comptez-vous pour rien tout ce qui passe? Regardez-vous le monde comme Tennemi de Dieu ? Gémissez-vous sur l'égarement de vos mœurs passées? Portez-vous un cœur pénitent, humilié^ brisé, sous un extérieur encore mondain? Avez-vous horreur de la seule apparence du mal? en fuyez-vous les occasions? en cherchezvous les remèdes ? Voilà cet essentiel que vous nous vantez tant; y ctes-vous fldèles? Non : il n'est que les âmes livrées au monde et à ses amusements qui nous redisent sans cesse qu'il suffit de donner le cœur à Dieu, et que c'est là l'essentiel. (Massillon.)
13. Guides aveugles I un moucheron^ vous r écartez minutieusement: et un chameaUj vous Vavalez. — Que le monde est plein de ces fausses piétés! Ils ne voudraient pas qu'il manquât un Ave Maria à leur chapelet. Mais les rapines, mais les médisances, mais les jalousies, ils les avalent comme de l'eau; scrupuleux dans les petites obligations, larges sans mesure dans les autres. C'est encore la même chose que ce qui est dit plus haut: Ils étendent des parchemins où ils écrivaient des sentences de la loi de Dieu conformément au précepte du Deutéro- Dome. Soit que ce fût une espèce d'allégorie, ou une obligation effective , ils voulaient bien avoir ces sentences roulantes et mouvantes devant les yeux, mais ils ne se souciaient pas d'en avoir l'amour daus le cœur. 11 était commandé aux Israélites, pour se distinguer des autres
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peuples, d'avoir des franges au bord de leurs robes quMls nouaient avec des rubans violets. Ce qui leur était un signal, qu'ils devaient être attentifs à la loi de Dieu, et ne laisser pas errer leurs yeux et leurs pensées dans les choses qu'elle défendait. Les Pharisiens se faisaient de grandes franges^ où ils dilataient ces bords de leurs robes, comme gens bien attentifs à la loi de Dieu, qui attendaient ce qui était destiné à en rappeler la mémoire. C'est tout ce que Dieu en aura : une vaine parade, une ostentation, une exactitude apparente aux petits préceptes aisés, d'ailleurs un mépris manifeste des grands et un cœur Hvré aux rapines et à Tavarice. Prenez garde dans les religions. Un voile, l'habit de Tordre, les jeûnes de règle. Mais que veut dire ce voile? Pourquoi est-il mis sur la tête? comme l'enseigne de la pudeur et de la retraite. C'est à quoi il fallait penser et ne mépriser pas les petites choses qui sont en efiTet la couverture et la défense des grandes; mais aussi ne pas s'imaginer que Dieu se paie de cette écorce et de ces grimaces. (Bossurr.)
15-16. Pharisien aveugle, nettoie le dedans de ta coupe. — Malheur à vouSf parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis. -* Car la pureté vient du dedans et se doit répandre de là sur le dehors. Autrement, malgré ton hypocrisie, l'infectioa du dedans se produira par quelque endroit. Ta vie se démentira, ton ambition cachée sera découverte, et avec l'infamie de ton ambition, celle de ton hypocrisie attirera la haine du genre humain. Quelle affreuse idée d'un hypocrite! C'est un vieux sépulcre, tout s'y démentait; on Ta reblanchi et il paraît beau au-dehors; il peut même paraître magnifique. Mais qu'y a-t-il au-dedansî Infection, pourriture, des ossements de morts dont l'attouchement était une impureté selon la loi. Tel est un hypocrite, il a la mort dans le sein; que sera-ce , et où se cachera-t-il lorsque Dieu révélera le secret des cœurs ; et qu'on verra ces choses honteuses qui se passaient dans le secret et qu'on a honte de prononcer? (Bossuet.)
18-19-20. Malheur à vous qui bâtissez des tombeaux aux prophètes et qui dites: Si nous eussions été aux jours de nos pères.... Ainsi vous rendez vous-mêmes témoignage. —Voici le comble de l'hypocrisie, Des actions de piété pour donner couleur au crime : Vous bâtissez les sépulcres des prophètes et ornez les monuments des justes. Qu'il est aisé de les honorer après leur mort, pour acquérir la liberté de les persécuter vivant?! Ils ne vous disent plus mot et vous pouvez les honorer
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sans qu'il en coûte à vos passions. On fait aisément les actes de piété qui ne donnent point de peine. On parera un autel, on y placera les reliques, tout y sera propre et orné ; on bâtira des églises et des monastères; les actions de piété éclatantes^ loin de rebuter, on s'en fait honneur. Venons à la pratique de la piété et à la mortification des sens, on n'y veut pas entendre. Les Juifs étaient prêts à faire mourir le prophète par excellence et ses apôtres, et ils disaient : Si nons eussions été du temps de nos pères^ nous n'eussions pas persécuté les pro* phètes. Vous êtes leurs vrais enfants, puisque vous voulez faire comme eux et vous voulez avoir tout ensemble, et la gloire de détester le crime, et le plaisir de vous satisfaire en le commettant. Mais vous ne trompez pas Dieu. Au lieu de recevoir les vaines excuses que vous semblez vouloir faire aux prophètes, il vous punira de tous lescrimes que vous avez imités; à commencer par celui de Gain, dont vous avez imité la jalon-* sie sanguinaire. Le moyen de désavouer vos pères, est de cesser de les imiter. Que si vous les imitez, les tombeaux que vous érigez aux prophètes, serviront plutôt de monument pour conserver la mémoire des crimes de vos ancêtres, que de moyen de les éviter. C'est pourquoi il y a dans saint Luc: Vous témoignez assez que vous consentez à ce qu'ont fait vos pères, puisque vous bâtissez des tombeaux aux prophètes qu'ils ont tués. Car en bâtissant lenrs sépulcres pendant que dans votre cœur vous désirez d'en faire autant aux prophètes que vous avez parmi vous^ vous montrez bien que cet extérieur de piété ne tend qu'à couvrir vos noirs desseins, et à les exécuter plus sûrement en les cacbanL (Bossuet*)
21. Remplissez la mesure de vos pires. — On mérite le supplice de ceux qu'on imite; Dieu n'impute pas seulement le péché des pères aux enfants, mais encore celui de Cain quand on en suit la trace. Et il y aura parmi les méchants qui se seront imites les uns les autres une société de supplices; comme parmi les bons qui auront vécu en unité d'esprit, une société de récompenses. Jésus-Christ a prédit un supplice alfreux aux Juifs, et en effet le monde n'en avait jamais vu de semblable. Tout viendra fondre, ajoute Noire-Seigneur, sur cette génération. Le temps approchait et ceux qui étaient vivants le pourraient voir. Appliquons-nous à nous-mêmes ce que nous venons de voir. Chacun persécute le juste lorsqu'on le traverse , lorsqu'on en médit, lorsqu'on le tourmente en cent façons. Et on dit en lisant la vie des saints, où Ton voit la persécution des justes : Je ne ferais pas comme cela, et on le fait, et on ne s'en aperçoit pas , et on attire sur soi la
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peine de ceux qui ont persécuté les gens de bien. Tout est écril devant moi, dit le Seigneur dans Isaîe, je ne m'en tairai pas^ je vous rendrai la juste punition de vos péchés. Je mettrai dans votre sein vos péchés et ensemble les péchés de vos pères^ et je meltrai dans leur sein à pleine mesure leur ancien ouvrage. (Bossuet.)
26. Jérusalem^ Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qut te sont envoyés f combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants j comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes ? et tu ne ras point voulut — Comme il a pleuré Jérusalem! Avec quelle tendresse il a présenté ses ailes maternelles à ses enfants qui voulaient périr! Une poule, c'est la plus tendre de toutes les mères. Elle voudrait rer prendre ses petits, non pas sous ses ailes, mais dans son sein^ s'il se pouvait. Digne d'être le symbole de la miséricorde divine! Je trouve trois lamentations de notre Sauveur sur Jérusalem, dont celles de Jérémie n'égaleront jamais la tendresse. A son entrée: Ha! si tu savais au moins en ce jour qui t'est encore donné, ce qui peut l'apporter la paix! Ici: Jérusalem, Jérusalem! Allant au calvaire: Filles de Jérusalem^ pleurez sur vous-mêmes. Heureuses les stériles^ heureuses les entrailles qui n'ont point porté d'enfant! elles mamelles qui n'en ont point allaité! malheureuse Jérusalem! ô âmes appelées et rebelles! que vous avez été amèrement pleurées! Revenez donc aux cris empressés de cette mère charitable^ ses ailes vous sont encore ouvertes. Ha 1 pourquoi voulez-vous périr^ maison d'Israël? Vous ne me verrez point, jusqu'à ce que vous disiez : Bienheureux celui qui vient au nom du Seigneur. Ces dernières paroles depuis ces mots : Jérusalem , Jérusalem, ont déjà été dites avant l'entrée du Sauveur. Et alors il voulait dire qu'on ne le reverrait plus jusqu'au jour de cette entrée. Ici l'entrée était faite, et il veut dire qu'il s'en allait jusqu'au dernier jugement^ qui n'arriverait pas que les Juifs ne fussent retournés à lui et ne le reconnussent pour le Christ. Le Sauveur a achevé ce qu'il voulait. Il a établi l'autorité de la chaire de Hoïse^ il a fait voir les abus^ il a expliqué le châtiment, il n'a pas tenu à sa bonté qu'ils ne l'aient écouté^ et ils ont voulu périr. quel regret pour ces malheureux! quelle augmentation de leur supplice ! Apprenons à louer la miséricorde divine dans les jugements les plus rigoureux, car ils ont toujours été précédés par les plus grandes miséricordes. Combien de fois ai-je voulu ! Ce n'est pas une fois que vous m'avez appelé, 6 la plus tendre de toutes les mères, et je n'ai pas écouté votre voix. (Bossuet.)
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26. Jérusalem^ Jérusalem^ qui tues les prophitet.... combien défais ai'je eoulu rassembler tes enfants^ comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes f et tu ne Vas point voulu I Dieu nous déclare en mille endroits de rÉcriture et dans les termes les plus exprès, qu'il nous veut sauyer; et^ en mille endroits de l'Écriture^ il nous reproche dans les mêmes termes que nous ne le youlons pas. Mais nous , par une obstination bizarre^ nous tâchons de nous persuader que nous le voulons, et nous prétendons que c'est Dieu qui ne le veut pas. Au lieu de douter de nous-mêmes et de nous tenir sûrs de lui, nous nous défions de lui et nous répondons de nous; nous cherchons des subtilités pour nous prouver qu'il ne le veut pas, lorsqu'il le veut; et nous sommes ingénieux à nous faire accroire que nous le voulons, lorsqu'il est constant que nous ne le voulons pas* Mais à quoi se termine Tun et l'autre? A une négligence totale et absolue de tout ce qui regarde le salut. Cependant il sera toujours vrai , quoi que nous fassions , que notre perte vient de nous, de nous, dis-je, librement et volontairement; que c'est nous qui avons péché, nous qui nous sommes égarés, nous qui nous sommes précipités dans l'abîme. (Bourdaloub.)
27. Votre demeure vous restera déserte et abandonnée.^ Les harpes des filles de Sion sont suspendues aux saules pleureurs. Les toits des maisons de la Judée sont renversés , ses vignobles sont devenus des forêts sauvages où le sanglier trouve une retraite assurée. Le puits de Jacob est tari, le Rison et le lit du Cédron sont desséchés. Une seule barque de pêcheur vogue aujourd'hui sur cette mer de Galilée où se sont données autrefois des batailles sanglantes. Le voyageur trouve à peine dans toute la contrée une dizaine de sources dont le cours s'étende au-delà de cent pas; et Ton n'aperçoit pas un seul village dans la grande plaine de Samarie, depuis Scytopolis jusqu'à Ginée. Jéricho, cette ancienne place de guerre , n'est plus qu'un petit village nommé Richa, composé de quelques huttes et entouré d'une plaine immense et inculte, large de quatre lieues. Voilà tout ce qui reste de cette riche cité, célèbre par ses palmiers et par ses jardins embaumés. Là où plusieurs millions d'hommes vivaient en paix, végètent tristement aujourd'hui quelques centaines de milliers d'habitants. Le chacal erre au milieu de ces landes désertes et les loups pénètrent jusque dans la demeure des hommes. Le berger a peine à se défendre sur le Carmel , pendant la nuit, contre la panthère et le léopard. On ne voit plus sur le mont Liban que quelques cèdres épars çà et là. Le tigre a
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choisi sa tanière sur le mont Tabor^ et, caché dans Pherbe ayec le serpent, il épie les pas da Toyageur. Les hommes eax-mêmes qui ont eonquis ce pays sont comme des bêles sauvages ; et c^est ainsi que s'accomplît encore aujourd'hui, sous nos yeux, la malédiction annoncée autrefois à la terre promise, par Moïse au nom du Seigneur. « Les peuples de la terre regarderont et diront : Pourquoi le Seigneur en a-t-il agi ainsi avec ce pays? Quelle est donc la cause de cette colère et de cette fureur î » (D* Sepp.)
ÉLÉVATION
Que Thomme est insensé. Seigneur, quand son cœur plein de souillures est Fasile de tous les vices, et qu'il croit devoir^ dans Tintérêt de ses passions, emprunter le masque de la vertu l Quelle contrainte l et que les efiforts qu'il fait pour paraître meilleur que les autres hommes deviendraient bien plus faciles s'il voulait franchement être vertueux. Quand il parviendrait à force d'hypocrisie, ce vice des lâches, à tromper tous ceux qui l'entourent, peut-il croire qu'il échappera à votre œil scrutateur, vous pour qui rien de ce qui a été, de ce qui est, et de ce qui doit suivre , ne peut être caché ? Mon Dieu ! faites que nous ne ressemblions point à ces sépulcres blanchis sur lesquels vous appelez si souvent la malédiction ; que nos œuvres, quand elles nous obtiennent l'estime des hommes de bien , soient surtout agréables à vos yeux , parce qu'elles sont l'expression des convictions de notre esprit; que la demeure de notre cœur ne soit point abandonnée et déserte; que les grâces que vpus y avez rassemblées si abondamment n'y restent pas stériles et sant elTet. Faites, Seigneur, que nous soyons constamment occupés à pratiquer les vertus modestes de la position où vous nous avez placés; vous ne demandez pas de nous des actions d'éclat; les plus humbles et les plus simples trouvent plus sûrement le chemin de votre cœur, et nous mériterons la participation à votre bouheur éterneL