CHAPITRE LXXÏ
J Ç. /n-ivé k BëtbalNira, lésas fait entendre m Pharifîem qnll Tien t chercher ce ^i éurit pem s panltoks de le Irebb %er4e et de la drach me perdue. — 10-S2. Parabole da fils prodigae (rwele 20 décembre, troisième aanéeide liTJrjrnhlîyodn Semaai^
Luc, XV, 1-32.
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pinqnantes ei pnblicani, et peccatores, ntaocBrea* iHam,
Et monnarabaot Pharisari et Scrib», dicentes:
Qnia hic pfK:catorcs re- Tipit, et mandocat cnm illis.
Et ait ad Oh» pan»bolam istam, dicens :
Qoîs ex vobis homot qui habet cenlam oves ; •t «i perdiderit nnem es illis, nonnè dimittit nonaginta norem in déserte , et radit ad illam quae perierat , donec invenial eam?
1 . Il y a<^ait aossi des pubUcaïas ei des pécheurs* qui s'approchaient pour l'écouter.
2- Et les Pharisiens et les Scribes murmuraient, disant : Cet bomme accueille les pécbeare* et mange^^i^ec eux*-
3, Et i! leur dit cette parabole :
4. Si l'un de vous a cent brebis, et qu'il en perde une, ne laisse-t-îl pas les quatrevingt-dix-neuf antres -dans le désert^ «t ne va-t-il pas après celle qu'il a perdue, jusqu'à ce qu'il la trouve?
* f i* 6r. ifffay ik tffiÇomtç a^fi nàmç olrêXtiito^, mal oLfuipToXol, $rant auiem apj^a^nçuantêi ei omne$ j^lieani, $t peccatorêi, et étaient approchant db Ud totts les puUâcainSy et des péchears. Tous les pabMcaiss etcertaiss péobears, venant entendre Jésus, s'approchaient toat près de lui pour ne perdre ancune de ses paroles, tandis que les Pharisiens se tenaient à distance, tant par mépris pour les paroles et pour la personne du Sauveur^ que pour ne point se souiller par le contact des gens du peuple, et de ceux qui levaient les impôts.
* y S. La vraie Justice, ou l'homme vraiment juste, a compassion des pécliears et les accueille avec douceur quand ils viennent réclamer ses instructions ou ses conseils*
* ^ 2. Cette imputation, ainsi généralisée, est une des mille oalomnies que las Pharisiens vomissaient contre le Sauveur : prendre quelquefois son repas avec des pécheurs en voie de conversion, n'est pas vivre habituellement avec les pécheurs, ni surtout avec les pécheurs scandaleux et persévérant dans leurs scandales. Quant ft ces derniers, saint Paul défendait aux Galatas de preadre avec eax aucan repas; et saint Basile donne aux prêtres ceita règle de condaile : Que les médeeliis spirituels, les prêtres évitent, dans l'accueil qu'Us font aux pécheurs et dans lear manière d'être avec eux, tout ce qui pourrait diminuer lear considération aux yeux de la foule et devenir un st^et de scandale.
Et rèm ÎBV«Bcril eam , Smponii in bomeroftao»
gaàdeiM :
Et Tenicas domaœ, coDTOCat unicof et vici« nos, dicen» il1« : Con* gratolamini mihi , quia inveni orem meam qnm peri«rat«
Dico Tobb , qabâ iti ^«QdiDm erit in cœlo m* per ono peccalorc pœnitenlîam agente, <|aàm •oper nonaginla novem joalia , qai noa indigent poenilentiâ.
CB. LXXI
Ant qac mnlier ha- Bcns drachmu decenit •i perdideri l drachmam nnain , non né aceendit lacernam, el evertit domnm, el qaaerit dili* genter, donec invenial 7
Et cèm invenerit, con»
tocat amica« it vidnas, diccDs : Congratnlamini mihi, quia inveni drachmam qnam perdideram.
Ilkjdico Tobia, gaadiom erit coram Angvlis Dei saper ono peccatore pœoilenUam agente.
Ail aotem : Homo qoidam habuit dnoa filios )
Et diiit adolewentior ei iliis ptitri : Paler, da mihi portionem sob»-
5. Et lorsqu'il l'a trouvée , il la met sur ses épaules, plein de joie ;
6. Et, revenant à la maison, il appelle ses amis et ses voisins , leur disant : Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue.
7. Je vous le dis , il y aura autant de joie * dans le ciel pour un pécheur faisant pénitence, que pour quatre-vingt-dixneuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence *.
8. Ou bien encore, si une femme a dix drachmes*, et qu'elle en perde une, ne s'empresse-t-elle pas d'allumer une lampe, de balayer la maison , et de chercher partout, jusqu'à ce qu'elle la trouve?
9. Et lorsqu'elle Ta trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue.
<0. Ainsi, je vous le déclare, se réjouiront les anges de Dieu pour un pécheur faisant pénitence.
4 1 . Jésus dit encore : Un homme avait deux fils*;
1 2. Et le plus jeune dit à son père : Mon père , donnez-moi la portion de bien qui
^ f T. Actuelle, extérieure, expansive.
* fT. Que pour quatre-viDgt*dix-neuf Pharisiens qui croient n*aYoir pas besoin de pénitence. C'est toujours ainsi qu'il faut comprendre cette sentence de l'Evangile.
* t 8. La drachme était une pièce de monnaie de sept à huit sous.
* f i\. Ces deux fils représentent, l'un les jusics qui demeurent soumis à Dieu, l'autre le pécheur qui secoue le joug de l'obéissance à la loi divine.
CB. LXXI
tanlic qom mê oonlia* git. Et dïTiail illMsabs* Untiam.
Et noo po»t nraltot die», rongr«ga(is omni* bas, adolcscentior filios peregrè proreclu» eti in regioorm longinanain , •t ibi dÎMipavU suMtan* ti«m sium Tivendo loiaftoii.
Et postqn&m onanla conaammAsiet, facta est famés valida in r^ione illA, et ipse oœpH ager*.
Et abiit, et adbaesît anî cÎTiam région isillia*. Et miait illum in ▼illam Mam,at paicerel porcos.
fit enpifbat Implere ventrem suum de ailiqois quas porri mandacaban l i et ncmo Uli d«* bat.
la te antein rerênn», dixil : Qnanlimercenarii in domo p«tria mei abonda nt paniboal rgo antem liic famé pereo»
Sargaro , et ibô ad palrem roenm, et dicam ei : Patrr, pecc«Yi in coalam, et coram te«
doit me revenir. Et le père fit la part de chacun d'eux ^
13. Et peu de jours après, ce fils plus jeune, ayant réuni tout ce qu'il avait^, s'en alla voyager dans un pays lointain *; et là il dissipa tout son bien en excès et en débauches.
14. Après qu'il eut tout consumé, il y eut une grande famine dans ce paj^s-là, et lui-même commença à manquer.
15. Et il alla se mettre au service d'un habitant de ce pays ; et celui-ci l'envoya à sa métairie* pour garder les pourceaux.
16. Et il convoitait, pour assouvir sa faim, les rebuts que mangeaient les pourceaux ; et personne ne lui en donnait.
17. Rentrant alors en lui-même, il dit : Combien de mercenaires, dans la maison de mon père, ont du pain en abondance I et moi, ici, je meurs de faim.
18. Je me lèverai, etj'irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et devant vous ^ ;
^ 1 19. A la moindre volonté de Thomme , Dieu lui remet tout son avenir entre fcs mains, de sorte que nous pouvons toujours en disposer.
* f 13. En l'échangeant contre de Tangent, par une vente.
* f 13. C*est>à*dire oCiil n'était pas connu — Co pays éloigné, c'est l'oubli de nos devoirs; le pécheur, en cet état, dissipe les dons de Dieu, et tombe dans une alTreuse pauvreté; il devient Tesciave du démon , qui le livre aux vicies et aux passions les plus honteuses, où il cherche vainement à assouvir la faim qui le dévore.
* f 15. 6r. cy rolç «yfiùti àvriv, t'naj^rof «ttOf, dans ses champs, à l'injure de l'air*
' ^ 18. Divers degrés dans la conversion du |>écheur : 1* il faut qu'il rent>*e en lui-même, et qu'il compare la misère de sa position au bonheur de servir Dieu; ^^ qu'il Fe lève avec courage, et qu'il retourne sans délai vers ce Père, qu'il n'aurait jamaU dû ak>andonner; 3<* qu'il confesse humblement sa faute, et mène une vie nouvelle.
Sf4
7èm 9am »i» digtim ▼ocari filiiu tna»; Tac nie fticnt Dnmn de merccnariia tuMi
ca. Lxxi.
Et jDrgem venlt ntl patrrin suiua. Cùm «alen «dhoc lengè «wèl, TÎJil iliom paler ipMOS, «t miMncoMM motu»
Ckt , et acciirrens cecidit super collnm ejos, et okbUUi» Ml eu m.
Diiitqoe ei filios :
Peler, percPTi in •cœlam, elcorlMDte, jkm non fttim dignus voceri
filiut IDOI.
J)uit enlem peter ed ■errosscioft : Cil 6 proferle •tolam primsiD , et in* dnile illoiB,-ct dete«Biiap lam ia manuin ejut, «tcaloeaiMBleia jptdee éjui.
Et eddocite Tilnhioi MginetoD, et ocridKe, et mandacemiu, et epaleamr :
Qnrm bîc fil ras mem nortnus erat, et reyixit; perierat, et ioTentiia eiU Et cœperont epolari.
Eret antem filîm ejaa ior in agro ; at eùa veniret et appropinqna* rei doinai, aLdivit cjiii« phoniam et choram :
LA TIE DE N. S. IESUS4:fl1lIST.
19. Je ne sois plus digne d'être appelé votre fils ; traitez-moi comme un des serviteurs àtos gages.
20. El, se levant, il revint vers son père. Cx)mme il était encore loin, son père l'aperçut; et, toucbé de compassion, il accourut, se jeta à son cou et l'embrassa*.
21 . Alors le fils lui dit : Mon père, j'ai péclié contrôle ciel et contre vous; je ne suis plus digne d'être appelé votre fils.
22. Et le père dit à ses serviteurs ; Apportez vite la robe la plus riche et l'en revêtez; mellcz-lui aussi un anneau au doigt, et des souliers aux pieds '.
23. Amenez le veau gras, tuez-le; et mangeons, et réjouissons-nous .
24. Car mon fils que voilà était mort^ et il revit; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils se mirent à manger et à se réjouir.
25. Or, le fils atné était dans les champs; et, comme il revenait et approchait de la maison, il entendit Fharmonie des instruments et le bruit de la danse.
^ f 90. Ce père, c'est notre Père i foTis, c'est Dieu. Voyez comme H reçoit cet en« fant coupable, que la nécessité, bien plus que le remords, traîne vers la maison paternelle! L'attendre, ahl c'est trop peu pour le cœur de Diem: il Caui volera sa rencontre, il faut lui épargner la honte du retour. Loin de ce teadre père ces calculs d'une dignité qui craindrait de se compromeltre. Ce fils ingrat n'a pas encore oweri ia booche, ei son père l'a entendu ; il n'a pas encore maiùresté son nepenlir, •et il est absous; il devrait être aux pieds de l'auteor de sts jours , et il est déjà dans flss bras. (Db Bodlocnb.}
* f 2t. Ainsi Dieu reçoit en sa grAee le pécheur converti, le rétablit dans rinuo» 46noe, rome des dons les plus précieux, et le fait asseoir à oe <festin atTSlérieux où il trouve comme un avant-goùt des délices du ciel.
CB. LXXI
wrris » et ioterrogavit
laque âîxît illî : Fréter Urne venit, et ocddil pster tttus TÎliilnin »agi- Batom, quia aalnimUliun reccpit.
Indignaloa est antensi et noiebat introire. Paler ergb iliios, egreams, ccopit rogare illum.
At nie req>ondens , diiil patri tno : Ecce tut annissertio tibi, et nunqniao mandalmn ivDm practerivi, et nnnquhm dedisti mihi badam al com amicia meia epalarer;
Sed postqiikm filîiia tutu bic, qni deyorarit aabslvntiain suam cnm meretricibos venit, ooci* disti flii Titulum Mgioatam.
Al ipae disit iSi : Flli.
In aemppT mecom es, et omnia mea tua sanL
Epulari aulem et paadere oporifbat, quia fréter I DUS hic uiorluuserat, et revixil; perierat, et larentQk est.
LÀ VIE DE N. S. JKSUS^HRIST. ftlS
26. Et appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c'était.
27. Le serviteur lui dit : Votre frère est revenu; et votre père a fait tuer le veau gras, parce qu'il a retrouvé son fils sain t;l sauf.
28. Et le fils atné s'irrita et ne voulait point entrera Alors son père sortit, et se mit à le prier.
29. Mais il répondit à son père, disant : Voilà tant d'années que je vous sers , et je n'ai jamais manqué à aucun de vos commandements , et jamais vous ne m'avez donné un chevreau pour le manger joyeusement avec mes amis.
30. Mais lorsque votre autre fils, après avoir dévoré son bien^ avec des courtisanes, est revenu, vous tuez pour lui le veau gras.
31. Le père lui dit ; Vous, mon fils, vous êtes toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à vous.
32. Mais je devais donner une fête et me livrer à la joie, parce que votre frère était mort, et il revit; il était perdu, et il est retrouvé.
* t 28. La miséricorde de Dieu est si grande, qu'elle pourrait donner de la jalou- 8ie aux justes, s'ils étaient capables d*en avoir.
* 1 30. Gr. b xarocfayc&v aovrbv fiiov, ille devorani tuam vitam, celui-ci qui dévore voire vie, c'esl-à-dire qui mange vos biens et abrège votre vie. Comme il ne sait encore rien de la conversion de son frère, il le traite avec mépris, injustice fort commune parmi les bommet, et contre laquelle le vrai chrétien ne saurait trop se tenir en garde»
8l6 LÀ YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. lxxi.
8. Si une femme a dix drachmes, et qu*elle en perde une, n'allume* t-elle pas une lampe, ne balaie-l-elle pas la maison, et ne cherche-t-elle pas avec soin jusqu'à ce qu^elle Voit trouvée? — Cette femme, c'est la Sagesse divine; la maison, c'est la terre; les dix drachmes, sont les anges, les archanges, les principautés, les puissances, les vertus, les ti'ônes^ les dominations, les chérubins, les séraphins, et Adam avec sa postérité. Cette dernière drachme, celle d'Adam, le démon Tavait méchamment détournée, l'avait jetée dans un abtme ténébreux et l'avait couverte des ruines du péché. Enfants malheureux d'un père sans prudence, nous étions devenus avec lui comme la propriété de notre ennemi^ ses prisonniers, ses victimes, les jouets de sa fureur et de sa rage; sa jalousie furieuse nous punissait, avec toute la cruauté dont elle est capable, d'avoir été destinés, par la bonté suprême, à occuper une place dans le ciel, la place des anges déchus. Nous étions donc perdus dans les ténèbres, précipités au fond dUme prison fangeuse, où notre ennemi, à force de nous avilir et de nous torturer, prétendait effacer l'image auguste que Dieu avait imprimée sur nous en nous créant. Mais, me dites-vous, comment la divine sagesse nous a-t-elle retrouvés? Après avoir fait briller dans un corps semblable au nôtre sa lumière éternelle, elle a placé le tout sur le chandelier de la croix ; puis elle a balayé de la terre les immondices que le démon y avait amoncelées. Alors nous avons paru à ses yeux; et elle nous a pris malgré nos souillures, nous a purifiés, a reparé en nous l'image de notre Créateur et nous a rendu, avec notre dignité première, nos espérances à l'immortalité bienheureuse. (Saint Jean-Chrvsostôhe.)
11. Un homme avait deux fils. — Ces trois paraboles rapportées ici par saint Luc figurent notre rédemption et notre réconciliation avec Dieu^ chacune à un point de vue différent. Quels sont ce père, ce pasteur, cette femme? Ne devinez-vous pas vous-même que le père, c'est Dieu; le pasteur, Jésus-Christ; et la femme, l'Église? Jésus-Christ ne vous a-t-il point porté quand il a pris sur lui vos péchés? L'Église ne vous a-t-elle point cherclié pnr ses prédications, par ses prièreS| par sa sollicitude maternelle? Dieu, à votre retour de vos longs éga« rements, ne vous a-t-il pas reçu avec la bonté d'un père plein de miséricorde? Pouvez-vous voir sans attendrissement tous les soins dont vous êtes l'objet? Une mère vous cherche, un pasteur vous rapporte, et un père vous reçoit dans TeiTusion de sa charité. Réjouissons-nous donc de ce que celte brebis qui , par la faute d'Adam, s'était égarée et lancée dans les voies de la perdition, a été retrouvée par Jésus-Christ
CH.LXxi. LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 817
qui^ rayant élevée , Ta mise sur ses épaules, c'est-à-dire sur les bras de la croix. Là nous avons pu déposer le fardeau de nos iniquités; là il nous a été donné de respirer enfin et de nous remettre de nos longues fatigues. Nous n'étions et nous ne formions que la centième partie des richesses de ce bon pasteur; il avait, en outre, les anges, les archangeS; les dominations, les puissances, les trônes, et bien d*autres troupeaux également dignes de lui, qu'il a laissés sur les hauteurs du ciel, pour venir à notre recherche dans cette vallée de larmes. Quand ensuite il fut retourné vers eux, et qu'il leur eut annoncé la rédemption et la conversion du genre humain, il y eut sur ces saintes montagnes une grande joie , uue fête qui dure encore et qui durera toujours. Comme brebis rapportée au bercail , attachons-nous inviolablement et pour jamais à notre divin Pasleur; comme drachme retrouvée, restons en la possession de notre souverain Maître; ne nous changeons point en un métal sans valeur, et gardons soigneusement l'image di« vine que Dieu a imprimée sur nous. (Saint Ambroisb.)
H. Un homme avait deux fils, etc. — Quel est cet homme, sinon le Père des miséricordes et le Dieu de- toute consolation? Quels sont ces fils, sinon les justes et les pécheurs? Les justes, qui observèrent ses commandements, et les pécheurs, qui les enfreignirent. Les justes existèrent d'abord : car nos premiers parents étaient justes avant de tomber dans la désobéissance. Le plus jeune représente donc ici les pécheurs. Or, ce fils plus jeune, moins instruit par l'expérience, entraîné par la légèreté de son âge et par la violence des passions, obtint de son père la part de biens qui devaient lui revenir : car Dieu, après avoir donné aux hommes Tètreet la vie, l'intelligence et la raison pour les conduire comme par la main, avec sa loi pour éclairer la raison et l'intelligence, leur donna encore pour domaine la terre tout entière avec les plantes qu'elle fait croître et les animaux qu'elle nourrit. Peu de temps après avoir été ainsi enrichi par son père, le fils plus jeune partit pour un pays lointain. Le pécheur aussi s'éloigne de Dieu son Père pour s'adonner plus librement à ses passions, et Dieu s'éloigne de lui et le laisse partir : car il ne fait point violence à celuiqui refuse de vivre sous ses lois : la vertu doit venir de la libre volonté et non point de la contrainte. Dans cette région funeste, ce malheureux jeune homme, au lieu delà sécurité qu'il cherchait, trouva le naufrage; les idoles devant lesquelles il s'était honteusement prosterné ne lui rendirent, en échange de tous ses biens, que des jouissances dégradantes et le rire d'une dissipation insensée, c'est-à-dire deux sources intarissables de larmes amères. (Saint Jban-Chrysostôue*
Si 8 LA TIE DE N. S. JÉSUS GHBIST. CH. iXXf .
12. le pins jeune dit à son père y etc. — G*était le plus jeune. Hélas! la jeunesse raisonne- t-elle? Irréfléchie , elle tente tout au hasard; aveugle^ ses désirs yont toujours plus loin que ses forces; impatiente^ elle ne prend conseil que delà passion; ardepte» elle se précipite vers Tobjet qui la flatte; sans prévoyance, elle est toute dans le présent, et Tavenir n'est rien pour elle. 0 jeunesse 1 s'écrie saint Augustin, on vous appelle la fleur de la vie^ et vous n'en êtes que Tenchantement et rivressel De combien d'illusions vous êtes le jouet! Pourquoi fautil que votre présomption égale votre ignorance, et qu'insensible ara exemples comme aux leçons , vous n'appreniez pas plus à douter qu'à obéir? Quelle est surtout cette funeste erreur qui, chaque jour, nous persuade que c'est folie d'attrister par de sérieuses réflexions ces brillantes années, et d'avancer ainsi les inévitables chagrins du triste soir de notre vie? Quel est ce mot fatal, si commun de nos jours et si répété parmi nous, que les plaisirs doivent avoir leur temps , et qu'il faut que la jeunesse se passe? Belles et aimables années, prémices si précieuses et si intéressantes de la vie, c'est ainsi qu'on vous outrage ! Quoi! cette force, ce feu, cette surabondance de sensibilité, ne nous auraient été donnés que pour les plus vils excès de la débauche et les langueurs d'un fol amour! 11 faut que la jeunesse se passe; ah! sans doute, et bien plus vite encore que vous ne pensez. Fleur passagère qui brille le matin, elle ne verra pas le soir; frivolesagrémentset fragile beauté dont vous êtes si fiers, grâces trompeuses , un vain souffle va vous flétrir. Trop rapide jeunesse , vous passez donc; mais les vices restent, mais les impressions subsistent, mais les coupables habitudes ne se déracinent plus, mais le temps d'amasser et de s'enrichir pour le ciel disparait et s'envole. Jeunes infortunés, que vous aimez à vous tromper! aurez-vous jamais assez de larmes pour déplorer les illusions sans fln qui vous égarent et vous perdent? (Db Boulogne.)
13. Et il s'en alla voyager dans un pays lointain. — Voyez ce jeune homme, qu'une éducation sage avait formé à la vertu et à la piété chrétienne : il fréquentait assidûment la maison de la prière; il était heureux de pouvoir épancher ses bienfaits dans le sein du pauvre; la pensée du dernier jugement, toujours présente à sa mémoire, l'amenait sans effort au pied de la chaire de vérité, pour y recueillir les instructions du salut. Tout à coup, une rencontre funeste l'a précipité dans le crime. Depuis que sa vertu s'est flétrie , et que le péché a porté le ravage dans son âme, voyez quelle nouvelle, quelle profonde ruine le menace encore : ses secrets remords le repoussent de la mai-
cv.Lxxi. LA TIE DE If. S. JESUS-CHRIST. 319
son de Dieu ; il redoute la présence des fidèles ^ parce qo^il a cessé de rétre; la coofosîoii dont il est péoékré oe va pas jusqu'à» repentir qui l'amèBeraît demander pénilence. Qu^on loi fasse des reproches sur son iaéiiéf ence, il ebercbe à y échapper par des excuses mensongères;, H s'emporte jusqu'à insulter ceux qui le repreouent Bientôt il ne parait plus^ il fuit, rassemblée de&cbréiieua; VlMibitude YÎeot forUfier ces funestes impressions, et le voilà tombé au fond de VablmeL
(Saint Basile-le-GrasbO
18. h me lèverai ^ et j'irai à mon père. — Ces paroles que vous prononcez^ T0U9 aussi, dans votre cœur, sont bonnes, excellentes même, si vous le voulez; mais elles ne sufflsent pas: il tant en outre vous lever et vous mettre en chemin. Ne vous arrêtez pas à vous demander à vous-même où vous chercherez votre Père céleste, où vous le trouverez : commencez par vous lever, et immédiatement courez à FÉglise : là est le Père, là est le Fils, là est le Sainf-Esprit. Dieu, qui entend ce ({ue vous dites dans le secret de votre &me est déjà sur la voie à vous attendre; voyant les dispositions de votre cœur, il est accouru prêt à vous embrasser. A peine aura-l-il aperçu votre nudité et votre misère, qu'il demandera à ses ministres d'apporter vite la robe qui vous couvrait dans les heureux jours de votre innocence et de votre union avee lui ; il vous fera mettre au doigt le signe d\ine alliance nouveRe entre vous et lui, et qui, en vous rappelant vos devoirs, en vous avertissant que toutes vos actions doivent être empreintes du sceau de la sagesse, vous rappellera aussi votre bonheur; ses ministres vous mettront aux pieds une chaussure afin que désormais la poussière du monde ne vous souille plus et que la fange &\x vice ne s'attache plus à vous. Ainsi vous marcherez, non plus selon la chair, mais selon Tesprit; et votre conduite nouvelle deviendra une prédication salutaire pour ceux qui vouff ont imité dans vos égarements. Enfin une victime auguste sera immolée en votre faveur; une chair sacrée, une chair adorable, la propre substance du Fils de Dieu fait homme, vous sera présentée pour vous rendre, avec les forces dont vous avez besoin , la joie et les consolations des enfants de Dieu. Levez-vous donc, et allez à votre Père.
(Saint Ambroisb.)
18-1*. Et je lui dirai : Men père, j'ai péehi contre le ciel et devant vous;' je ne suis plus digne fêtre appelé votre fils; trottez-moi comme nn des sereileurs qui sont à vos gages. — Ces simples parties suffisent pour ma sauver. Je n'ai besoin, pour obtenir grâce auprès de mon Père, que de lui en rappeler te nom. Il est impossible qu'à ce nom de Père se9 entrailles ne soient pas émues* Je lui dirai : fa» péché» Sa nnsérkorde
^SU LA VIE DE N. S. JÉSUS-CBRIST. en. Lxxi.
De me manquera pas. L'aveu de mes fautes, la voix d'uD fils parlera à son cœur, et fera taire son juste ressentiment. Je sais combien le repentir a de droits sur lui, combien les larmes de la pénitence ont d'accès auprès de lui. Oui Je connais toute retendue de sa compassion : il est mon Dieu, il est mon Père. S'il ne m'a point puni dans mes égarements, il ne me dédaignera point dans mon retour... il se leva donc, et vint vers son père; sa généreuse résolution est aussitôt mise en pratique (SAiinr Jea5-Chrtsostôme.)
21. Mon Pèrûf fat péché contre le ciel et contre tjous. — Quel empressement de la part de ce miséricordieux père à lui ouvrir sa maison ! Avec quelle bonté il Faccueillel il tue le veau gras, et fait préparer un festin de réjouissance! Eh! pourquoi non? il a recouvré le fils qu'il avait perdu, et ce fils qu'il a gagné de la sorte lui est devenu plus cher encore. Quel est le père dont il s'agit ici? Eh ! , quel père sait l'être comme Dieu? Vous êtes son fils, tout prodigue que vous êtes; votre nudité n'empêche pas qu'il vous reçoive. 11 lui sufûra que vous soyez revenu à lui; et votre retour lui donnera plus de joie que toute la fidélité des autres; pourvu toutefois que votre repentir soit sincère, que la comparaison du dénûment où vous êtes plongé, avec l'abondance des biens de sa maison, vous fasse goûter vivement le bonheur d'y être rentré; que vous tassiez un éternel divorce avec les impures jouissances qui vous entraînèrent loin de lui; qu'en allant vous jeter aux pieds de ce Père si justement courroucé, vous lui disiez : J'ai péché, mon Père, et je ne mérite plus d'être appelé votre fils. On se soulage du poids de ses péchés en les confessant, autant qu'on l'aggrave en refusant de les reconnaître. On temoigne, en les reconnaissant, que l'on veut satisfaire à Dieu; comme, en les dissimulant, on prouve que l'on y persévère. (Tbrtullun.)
21. Alors le fils lui dit : Mon pire^ fai péché contre le ciel et contre vous; je ne suis plus digne d'être appelé votre fils... — Après avoir imité le malheureux prodigue dans ses égarements , imitons-le aussi dans son repentir; revenons à notre Père céleste, et disons-lui dans l'amer* tume de notre cœur : J'ai péché contre vous, Seigneur Dieu tout-puissant, et je ne suis plus digne d'être appelé votre fils, ni de lever les yeux vers le ciel, à cause de la multitude de mes iniquités, ni d'invoquer votre saint nom tant de fois profané par mes impiétés. Je me suis rendu indigne de votre bonté, et j'ai provoqué vos vengeances, 6 Dieu des miséricordes! Toutefois daignez, Seigneur, je vous en conjure, ne
en. Lxxi. LA VIE DE N. S. JÉSCS-CORIST. Sîl
pas me rejeter de devant votre face. Que deviendrai-je, si vous vous relirez de moi? Si votre grâce ne m'eût secouru, j'aurais déjà péri ; et, tel qu'une vaine cendre que le vent disperse, j'aurais été réduit au néant. Hélas I depuis que je me suis écarté de vos commandements, pas un jour de bonheur n'a lui pour moi, et les joies que je goOftais dans le crime se sont bientôt changées en douleurs amères. Vous me voyez suppliant, prosterné à vos pieds, vous conjurant d'avoir pitié d'un pécheur égaré , et de me ramener dans le sentier de la justice. Gomme Fenfant prodigue J'ai dissipé les richesses de votre amour; relevez-moi comme lui; que votre charité compatissante se répande encore sur moi; etPacez de votre mémoire les iniquités qui ont souillé ma vie, et l'ont rendue méprisable à vosyeux. Ayez pitié de moi. Nedédaignez pas mon repentir, vous qui êtes venu sur la terre, non pour les justes, mais pour appeler les pécheurs à la pénitence. A vous soit la gloire dans les siècles des siècles. (Saint Ephrev.)
31. Le père lui dit : VouSy mon fils, vous ites toujours avec moi, et tout ce que f ai est à vous. — Ecoutez cette parole, et livrez-vous à une sainte allégresse, âme prudente et fidèle qui restez dans la maison et au service de votre Pèrecéleste, malgré les attraits et les séductions du monde. Tout ce que j'ai, dit-il, est à vous. A vous donc ce ciel si beau, si pur, si migestueux, qui s'étend sur vos têtes comme un immense pavillon; à vous ce soleil radieux, la plus belle image visible du divin Créateur; à vous cette lune paisible et douce, qui, sans vous éblouir, touche votre cœur, exalte vos pensées, en même temps qu'elle éclaire vos pas au milieu des ombres de la nuit; à vous la foule innombrable des étoiles, ces diamants si riches et si bien semés sur l'azur du firmament; à vous le vaste empire de l'air, avec la viequ'il communique, les parfums qu'il élève vers le ciel, les concerts de ses joyeux habitants» et la voix bruyante de son tonnerre ; à vous la terre, avec ses montagnes, ses abîmes, ses forêts, ses troupeaux, ses fleurs, ses fruits et toutes ses autres richesses ; à vous cet océan sans bornes, avec son aspect saisissant elles merveilles indicibles qu'il renferme dans son sein; à vous, en un mot, toute la création visible, puisque votre Père céleste vous Ta donnée en partage. Mais ce n'est encore là qu'une faible partie de vos richesses. A vous rÉgiise, ce chef-d'œuvre de la puissance et de la s;igesse infinie ; à vous le saint autel, par où l'homme monte jusqu'à Dieu, et par où Dieu descend jusqu'à l'homme; à vous le sacrifice adorable, qui établit un commerce d'amour et de bénédictions entre nous et notre Père, en attendant qu'il nous soit donné de le voir face à face dans l'assemblée