‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 116 sur 141 · Les Juifs dirent ; Voyez comme il l'aimait · texte numérisé non relu

Les Juifs dirent ; Voyez comme il l'aimait

^ ^ 3. Sur le point de faire éclater la puissance divine qui est en lui, Jésus nous rappelle qu'il est homme : de même que dans ses humiliations et dans ses souffrances, il laisse toujours échapper quelques rayons de sa divinité.

* f 4* Le Sauveur n'ignore pas où est le cadavre de Lazare; il veut seulement s'y faire précéder et accompagner par la foule. Cette manière d'interroger sur une chose connue se trouve plusieurs fois dans l'Ancien Testament. Ainsi Dieu dit à notre premier père, Adam, Où e&-tu? à Gaïn, Qu'as-tu fait de ton frère? à Moïse, Que tiens-tu dans la main? etc.» etc.

QaîdâiB antem es ip»b tliienint ; ^Son potciat hic, qni apcrnit oculo»

csd nati, faccre nt bic non morcretw?

Jcsm «rgb nirs&m fremcDS in senaelip>o, fenit ad monamentom. Erat auleœ spelunca, et lapis cuperpcaitai erat eL

ÂitJenistTolHlelapi- <!em. Dictt ei Hartha, aoror ejiu qni mortnus fuerat : Domine, jam fœlet, qualridnanua est

enim*

Dicit «i Jeaoa : Nonnè diii tibi, qooniam si cre- (li<leris TÎdebia gloriam Dei?

Tulenint crg6 lapi* dem. Jésus anlem, ele- V2(issurs6m ocnlia, dixil :

Paler, gralias ago tibi quoniam aoiliati me.

Ego antem ariebam qnia lemper me andis, 8C(l propif r popnlnm qni ciiTumtlat, di\i,alcredunt quia In me misisti.

IliPC chm dixisset, Toce mupnflcIamaTÎl '.Luxare, vciii lorSis.

F.1 slallm prodiit , qni fui-rot morluns, ligalna ]iedes et manos in»tilis, et fades iliins sudario erat

LA TIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. ch. lxxt.

7. Et quelques-uns d'entre eux dirent ; Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire que Lazare ne mourût point * ?

8. Jésus, frémissant de nouveau en luimême, alla jusqu'au sépulcre : c'était une grotte , et une pierre posée dessus en fermait l'entrée.

9. Jésus dit ; Otez la pierre. Marthe, sœur de celui qui était mort, lui dit : Seigneur, maintenant il sentira mauvais, car il y a quatre jours qu'il est là.

10. Jésus répondit : Ne vous ai-je pas dit que, si vous croyiez, vous verriez la gloire de Dieu * ?.

i 1 . Et ils ôtèrent la pierre. Alors Jésus, levant les yeux au ciel , dit : Mon Père, je vous rends grâce de ce que vous m'avez exaucé.

i 2. Pour moi, je savais que vous m'exaucez toujours ; mais j'ai dit ceci à cause de ce peuple qui m'entoure, afin qu'ils croient que vous m'avez envoyé.

13. Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : Lazare, venez dehors ' !

14. Et aussitôt cet homme qui était mort sortit, les pieds et les mains liés de bande- IcUcs, et le visage enveloppé d'un suaire.

* f 6. Ils avouent la guérison miraculeuse de l'aveugle-né, et ils n'en tirent aucune conséquence. Ils voient et ils ne voient pas : un prophète leur avait prédit cet aveuglement moral dont ils devaient être Trappes.

* t 9, C'est-à-dire, un trait manifeste de sa puissance infinie.

* f i^. Les prophètes avaient ressuscité quelques morts; maison n*aYait point encore traité la mort d'une manière si impérieuse. (BossuR.}

en. Lxxy.

ligtlt. Diiii eii Jeim :

SoÎTÏta eom, «t tinile alire.

Malti erg6 exJudaeis, qni vénérant ad Mariam et Martbam, al fiderant que fecil Jeaos, cradiderant io eanL

Qaidam aotamai ip»b abierunt ad Pharisiros, et dîxeront eîs que fecii Ja»o«.

Gollegenint ergô Pon- Ufices el rhari.««i conciliniD, et dicebant :

Qnid fariiuDs, qnia bic bomo muJta aigna facil?

Si dimiltiir.ns enm sic, omncs crcdent io eum; et Tenienl Romani , et tollent no&tnim locvm et gentem.

Unm antein ex ipsis Cai|ibits Domine I cfim easrt Ponlirei an ni Hlins, dîxil eis t Voa nescilia qnidqnam ;

Kcc cof^llatis qnia expedît Tobis nt onm morialor hnmo pro popo]o« et non tota gêna pereat.

Hor antemlMmetlpao non (lidi : sed cùm e^aet Ponlîfex anni iilias, pro-

Et Jésus leur dit : Déliez-le et le laissez aller *.

i 5. Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus près de Marie et de Marthe, et qui avaient vu le miracle que fit Jésus, crurent en lui.

16. Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les Pharisiens, et leur dirent ce qu'avait fait Jésus.

17. Et les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent le Conseil, et ils se disaient : Qu'allons-nous faire? car cet homme opère beaucoup de miracles *.

18. Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui ; et les Romains viendront, et ruineront noire ville et notre nation.

1 9. Et l'un d'entre eux nommé Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit ; Vous n'y entendez rien ;

20. Et il ne vous vient point en pensée qu*il faut qu'un homme meure pour le peuple, afin que toute la nation soit sauvée.

21. II ne dit pas cela de lui-même; mais, étant le grand prêtre cette année-là,

^ y- 13. On n'a point dit, ni où il alla, ni ce qu'il fit, ni ce qu'il dit, ni ce qu'on lui dit, ni où il avait été, ni comment il se truavait : toutes questions superflues. Dieu, qui dès le moment de sa mort savait ce qu'il en vouhiit faire, avait tout régl6 1 il savait par où nous devaient venir les vérités de l'autre vie. Jésus notre docteur savait tout, et avait tout vu dans la source. La simplicité du récit vous apprend ce qu'on doit considérer dans les grandes choses, et oomment.il y faut mépriser les minuties. vBossdet.)

* ^ 16. La réponse toute naturelle était : Il y faut croire; mais si noas y croyons, nous ne serons plus rien ; et ils aiment mieui résister à Dico que de renoncer à leur

empire*

(BOflSUBT.)

i»iietiivitqu6<ije«»mo. i\ Drophétlsa ouG Jésus devait mourir pour

riturm eral pro gente. .

la nation.

Et noB tantàm pro ^% Et nooDas seulemont pouF Id natiou,

gf'ntc, sed ni filios Dei, ^ ^ »

qui enot dûpersi, con- maîs aussî DouF Fassembler en un seul

grsfaretia nnarn. ^

peuple les enfants de Dieu, qui étaient dispersés.

Ajbiuoer^dieeogu». 23. Et de cc jouF, îls uc peusaieut plus

vemnl at inlerficerent \ i p • •

«>". qu'a le faire mourir.

jeimergbi.mnonm 24. Et depuîs co momont Jésus n'allait

palhm ambulabat apud •iT*i*j '^

jadaeoa,5ed.biîtinregio. plus ouvertemeut parmi les Juiis*, mais

nem juita des(>rluiii , in ^ ^

Eph^r. eVTbi mtà- s'en alla dans une contrée près du désert, baturcumdi»cipuii.«i* eu uue vîllo uommée Ephrem, où il demeura quelque temps avec ses disciples.

' V 23. Ne parcourait plus U J ud^e^ comme il avait coutume de le faire.

5. El Jésus pleura lui-même. — Comment donc Jésus-Christ, an moment de faire éclater sa toute-puîssance^ donne-t-il des larmes à un mort qu'il va ressusciter? C'est qu'il voulait à la fois compatir à notre faiblesse et la fortifier : il pleure sur la tombe de Lazare, pour nous montrer qu'il ne nous défend point d'accorder à ceux qui nous étaient cbers un tribut de douleurs et de regrets; mais bientôt il cesse de pleurer, pour assigner à une douleur légitime les bornes où elle doit être renfermée. Il témoigne sa sensibilité, parce qu'il est homme, et retranche Pexcès pour nous apprendre à le retrancher à son exemple. Il a pleuré, mais il ne s'est pas laissé vaincre par la douleur... C'est lâcheté de cœur, c'est absence de courage, et manque de confiance en Dieu, que de se. laisser abattre par le chagrin, et de succomber à Fadversîté. La tristesse n'agit avec tant de force qne sur les âmes faibles et sans vertu, comme il n'y a guère que les bois tendres qui se laisseut ronger par les insectes^ (Saint BASiui-u-GftAi«D.)

S. Et Jésus pleura M-méme. — Dans la mort de Lazare son ami, il déplore le commun supplice de tous les hommes; il regarde la nature

bumaioe comme créée dans rimmortaliié^ et comme condamnée à mort pour son péché; il est Pami de tout le genre humain; il irient le rétablir; il commence par pleurer le désastre^ par en frémir, par se troubler lui-même à la vue de son supplice. Ce qui lui paraît si horrible dans la mort^ c^est princi paiement qu^elle est causée par le péché ; et c'est le péché, plutôt que la mort, qui cause ce frémissement^ ce trouble, ces pleurs. Il est saisi d'un nouveau frémissement à mesure qu'il approche du tombeau. En voyant cette affreuse caverne où le mort était gisant, on dirait qu'il n'y a point de remède à un si grand mal. Aussi, que murmure-t-on dans la foule rassemblée autour de Jésus? On se dit à demi voix : Cet hommes qui a ouvert les yeux de Paveuglô^é, ne pouvait-il pas empêcher que son ami mourût ? On ne dit point : Ne pourrait-il pas le ressusciter? C'est à quoi on ne songeait seulement pas. On croit que son pouvoir n^allait pas plus loin que de Peropécher de mourir; mais le tirer de la mort, quoique Jésus en eût déjà donné des exemples, on ne voulait ni s'en souvenir, ni le croire. On croit, au contraire, qu'il n'a que des larmes et cette frémissante horreur à donner à un tel maL Voilà donc tout le genre humain dans la mort; il n^y a désormais qu'à pleurer son malheur, car on n'y voit aucune ressource. Rassurons-nous, chrétiens; les larmes mêmes de Jésus nous remplissent d'espérance : si le médecin toul-*puissant est touché de nos maux, s'il les pleure, s'il en frémit, il les guérira,

(BOSSUET

8, Jésus, frémissant de nouveau en lui-^me, alla jusque au sépulcre, -^ Dans la personne de Lazare mort depuis quatre jours et enfermé dans Tobscurité du tombeau, le Fils de Dieu voit la triste figure, Tbis* ioire déchirante de l'humanité, depuis quatre mille ans morte à la grâce et plongée dans les ténèbres funestes de tontes les erreurs, en proie à la corruption de tous les vices« D voit Phomme, son image, son portrait, en qui il avait, en le créant, mis toutes ses complaisances, qu'il avait enrichi de tous ses dons, qu'il avait destiné à une double immortalité et par rapport à l'esprit et par rapport au corps, et que Satan avait rendu captif, dégradé, dépouillé de tout et fait devenir la victime d'une double mort, spirituelle et corporelle, temporelle et étemelle. En présence de cet emblème, de cette esquisse d'une si grande catastrophe arrivée à l'homme, le cœur du fils de Dieu, Auteur et Sauveur de l'homme, ne peut rester indifférent. On dirait qu'il en a été désolé autant que touché. Il frémit d'horreur, se trouble par compassion, et s'attriste par charité. C'est un Dieu dans une nature

SCO LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. ch. lxxt.

souffrante, sans être lui-même dans la douleur; et en donnant une libre issue à la commotion intérieure dont il sent son âme boule* versée, ses entrailles déchirées^ il nleure^ il répand des larmes abondantes. (Le R. p. Ventura.)

9. Seigneur, il sentira mauvais, car il y a quatre fours qu'il est là. •—La corruption dans un mort de quatre jours fait yoir un homme qui croupit et se dissout, pour ainsi dire^ dans son péché. La mauyaise odeur^ c'est le scandale^ et la diffamation qui suit cet état. La cayerne où le mort est enterré fait voir Tabîme où le pécheur s'est englouti. La pierre sur le tombeau, c'est la dureté de son cœur; les bandes dont le mort est lié sont les liens du péché, qu'il ne peut rompre. Il ne parait plus de ressource; les gens de bien même n'espèrent plus rien. C'est ce qui cause dans Jésus ce frémissement réitéré par deux fois^ ayec ces larmes amëres; ce qui signifie Teffort et comme le travail de l'Église pour donner une nouvelle naissance et une nouvelle vie à ce mort qui déjà retourne en terre. Le grand cri de Jésus montre encore la même chose. Ressusciter un tel mort, c'est quelque chose de plus miraculeux que la résurrection de Lazare. Ame malheureuse, ne fais point pleurer Jésus; épargne-lui ce grand cri et ce double frémissement; à tout prix, évite de tomber dans ce péché d'habitude. Hais si déjà tu Tes précipitée, ne perds pas toute espérance; il te reste une ressource infaillible dans les cris et les larmes de Jésus. (Bossdet.)

9. Marthe dit à Jésus : Seigneur, maintenant il sentira mauvais, car il y a quatre jours qu'il est là. — Lazare est dans le tombeau depuis quatre jours; son visage est enveloppé d'un suaire ; ses mains et ses pieds sont liés; celte corruption profonde, ce funeste aveuglement, cette triste servitude, voilà précisément ce qui forme toute l'horreur et toute la misère d'une âme morte depuis longtemps aux yeux de Dieu. Car, pour une âme^ tomber dans le péché, c'est tomber dans la mort; et si elle persévère dans son crime, tout s'éteint en elle, tout s'altère, tout se corrompt, et sa corruption devient universelle, et tôt ou tard elle finit par répandre au loin l'infection et une odeur de mort. Dans cet état, d'épaisses ténèbres l'environnent : tout devient une occasion d'erreur à l'âme criminelle; tout change de face à ses yeux; les passions les plus honteuses ne sont plus que des faiblesses; toute la vie du pécheur n'est plus qu'un prestige et une méprise continuelle. En outre, le pécheur, qui paraît vivre sans joug et sans règle, est pourtant un vil esclave : il dépend de tout, de son corps, de ses

CH. LXXT. LÀ YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST, S6t

penchants, de ses caprices, de ses passions, de ses idoies... Ses mains et ses pieds sont liés... Vous yous plaignez quelquefois des rigueurs de la vertu... Ahl si vous étiez de bonne foi sur ce qui se passe de triste dans votre cœur, il n'est point de destinée qui ne vous parût préférable à la vôtre. (Massillon.)

13. Ayant dit ces paroles, Jésus cria (Tune voix for le : Lazare^ venez dehors. -— Et Lazare sortit à Tinstant, quoique lié de bandelettes, à peu près comme un enfant dans le berceau, et le visage enveloppé d'un linge. Un homme vivant ne pourrait remuer en cet état; cependant un mort se lève, et parait : tant il y a d^efficace dans la parole du Sauveur. Il importe de bien méditer toutes ces choses, afin de nous affermir contre la crainte de la mort, crainte souvent si extrême dans les liomiges, qu^elIe est capable de leur faire perdre Tesprit quand on leur annonce quMls vont mourir, comme l'expérience le fait voir. On a grand besoin de se prémunir contre un effroi si violent; et Ton y parvientprincipalementen méditant les promesses de TÉvangile contre la mort, et en s'attachant par une foi vive à ce que nous attendons. On a besoin d'uue grande grâce contre une si vive terreur. On ne la sent pas, tant que Ton a de la sanlé et de Tespérance; mais quand il n^y en a plus, le coup est terrible. Il est faible pourtant, si nous croyons bien que Jésus a vaincu la mort. 11 Ta vaincue dans une jeune fille de douze ans, qui ne faisait que d'expirer, et qui était encore dans son lit. Il Ta vaincue dans un jeune hommç qu'on portait en terre. Enfin il Ta vaincue dans le tombeau, au milieu de la pourriture, en la personne de Lazare. 11 restait qu'il empêchât même la corruption. 11 avait vaincu la mort en des personnes mortes naturellement, il fallait encore la vaincre lorsqu'elle serait venue par la violence. Ceux à qui il rendait la vie demeuraient mortels; il restait qu'avec la mort il vainquit même la mortalité. C'était en sa personne, qu'il devait fiûre voir une victoire si complète. Après qu'on l'eut fait mourir, il ressuscite pour ne pins mourir, sans nfiême avoir jamais vu la corruption, comme l'avait chanté le Psalmiste. Ce qui s'est fait dans le chef s^accomplira dans les membres. L'immortalité nous est assurée en Jésus-Christ à meilleur titre qu'elle ne nous avait d'abord été donnée en Adam. Notre premicre immortalité était de pouvoir ne mourir pas; notre dernière sera de ne pouvoir plus mourir. (Bossuet.)

13-14. Ayant dit cela, Jésus cria d'une votx forte : Lazare, venez dehors. Et aussitôt cet homme qui était mort sortit, les pieds et les

S6t LA VIK DE N. S. JKSUS-CHRIST. en. lxxt.

mains liés de bandelettes. — La force de la vertu de Dieu^ dit TApôtre, ne parait pa& moios dans la conversion des pécheurs que dans la résurrection des morts, et la même vertu suréminente qui opéra sur La* zare pour le délivrer du tombeau doit opérer sur Pâme depuis longtemps morte dans le pécbé, pour la rappeler à la vie de la grâce. Py trouve seulement cette différence, que la voix toute-puissante de Dieu n'éprouve aucune résistance dans le cadavre qu'il ranime et qu'il rappelle à la vie, au lieu que Tâme, morte et corrompue, pour ainsi dire, par la vieillesse du crime, ne semble conserver encore un reste de force et de mouvement que pour s'opposer à cette voix de vertu qui se fait entendre dans Tabime où elle est ensevelie, et qui veut lui rendre la vie et la lumière. Cependant, quelque difficile que soit la conversion d'une fime de ce caractère, et quelque rares qu'en soient les exemples, l'Esprit de Dieu, pour nous apprendre à ne jamais désespérer de la miséricorde divine, lorsque nous voulons sincèi#ment sortir du crime, nous en propose aujourd'hui les moyens dans la ré* surrection de Lazare. (Massillon.)

14. DélieX'le et le laissez aller. — - Lazare enseveli dans le tombeaa est l'image du pécheur enlacé dans Tabîme de l'iniquité. Déliez-le^ dit le Sauveur; ôtez-lui ces bandelettes dont il est serré. C'est le ministère des apôtres. Mais il faut auparavant que Jésus ait parlé; que la mort ait entendu sa voix; qu'il se soit déjà réveillé de son profond assoupissement, et qu'il commence à vivre en recevant l'inspiration qui rappelle à la pénitence. Les apôtres peuvent alors user du pouvoir qui leur est donné de délier; mais si le pécheur n'a déjà reçu aucun principe de vie, en un mot, s'il n'est déjà converti, c'est en vain qu'on le délierait; il est tout mort au dedans, et les sacrements ne peuvent rien pour lui. Convertissez-vous donc, ô pécheurs, afin que les ministres de Jésus-Christ puissent vous délier d'une manière utile pour

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