‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 119 sur 141 · Et il arriva qu'en allant à Jérusa · texte numérisé non relu

Et il arriva qu'en allant à Jérusa

* t 6. C'est-à-dire, la fol qui opère des inlrac1e8"n*a pas besoin d*ètre augmentée, comme vous le demandez; si elle était en vous, ne fût-ce que comme un grain de sdnevé, comme une étincelle, clc.

* ^ 6. Gr. iAiycTt &y np vx/xo^/ilv^ ravrv), dieeretit utiqtu tycamino huiCt vous diriez à ce sycomore, uu mûrier d'Egypte.

* f 10. Faire le bien, et se considérer comme un serviteur inutile, est une vertu qui se trouve dans peu de personnes. Appliquons-nous, après avoir accompli nos de* voii*s, k nous oublier et è nous faire oublier des hommes, de peur que la vanité ne DOJS enlève notre récompense.

en. LXXYI.

pr roediam Sunariam el Galilcam.

Et cftin ingredaretor qaoddam catlellum, oecarrerant ci decem viri Icprosi , qui ilelemnt k longé :

Et leTaveranl vocami dicenles : Jeso praeceptor, miserere noslri.

Qnos ut vidit, dixit i Ite t osleAdite vos «acerdollbm. Et raclam ett| dû m irent, mondati sont.

Vnut aalem ex illu, cl Tidit quia roondalos càt rcgresus est^ cam niapnâ voce magnificana Dcam,

£l cecidit in raciem ante pedcs ejua« gralias agens : el bic erat Samarltanns.

Respondcns aolem Jésus, dixit : Nonoè decem mandat! sont? et novem obi sant?

Non est invcwîos qoi rediret et darct gloriam Deo : nisl bic alienigeoa*

El ail illi : Snrge , vadc, quia fides laa te falfum fecit.

lem, Jésus traversait la Samarie et la Galilée*.

12. Et comme il entrait dans un bourg, dix lépreux vinrent au-devant de lui.

13. Et se tenant éloignés, ils s'écrièrent : Jésus, notre maître, ayez pitié de nousl

14. Les ayant vus, il leur dit; Allez et montrez-vous aux prélres. Et, comme ils y allaient, ils furent guéris.

15. Un d'entre eux, lorsqu'il se vit guéri, revint louant Dieu à haute voix;

16. Et, se prosternant à ses pieds, la face contre terre, il lui rendit grâces. Et c'était un Samaritain.

17. Et Jésus lui dit : Est-ce que tous les dix n'ont pas été guéris? Et les neuf autres, où sont-ils ^ ?

18. Il n'y en eut aucun qui revînt et rendît grâces à Dieu, sinon cet étranger.

19. Et Jésus lui dit: Levez-vous, allez, votre foi vous a sauvé.

* f 11. U parait que d'Éphretn Jésus-Christ retourna en Galilée, voyage dont l'Ëvangiie ne parle pas, mais qu'il donne suffisamment à entendre, en indiquant l'itinéraire que suivit Jésus pour son retour à Jérusalem, vers le milieu du mois de mars, pour la dernière pàque.

' f 17. I^ version syriaqae porte : Et les neuf autres, pourquoi ne sont-ils pas ici avec vous?

1. Il est impossible qu'il n^arrice des scandales; mais malhauv à celui par qui ils arrivent I — Quiconque est auteur du scandale, selon tous les principes de la religion, devient homicide des âmes qu'il scandalise. Péché monstrueux, péché diabolique : l^Péché monstrueux;

car quelle horreur de causer la mort à une âme, de lui ôfer une vio n. 2i

»7a LA VIE DE N. & JÉSUS-GHBIST. en. ixxTi.

«urnatarelle et dmoe» et de lai faire perdre son droit an royaume de Dieu I Or voilà le péché que vous commettez quand vous scandalisez votre prochain, en le détournant du bien, en le portant au mal» ou en lui communiquant vos sentiments dépravés, ou en rentralnant par vos exemples contagieux. !• Péché diabolique; un des caractères particuliers du démon est d'avoir été homicide dès Forigine du monde » parce que dès brs il a fait périr les âmes en les séduisant, en les attirant dans le piège et en mettant obstacle à leur conversion. Or, que fait autre chose un homme dominé par Fesprit impur, qui dans Temportement de ses débauches cherche partout, si j'ose m'exprimer ainsi, une proie à sa sensualité ; que feiit-il autre chose, et à quoi sa vie scandaleuse est-elle occupée? À tromper ks âmes et à les damner; je veux dire, à se prévaloir de leur faiblesse, à abuser de leur simplicité, à proflter de leur imprudence, à tirer avantage de leur vanité, à ébranler leur religion, à triompher de leur pudeur, et a les confirmer dans le péché. ITest-ce pas là exercer Tofllce du démon 7 N'est-ce pas lui servir de suppôt, lui prêter des armes, poursuivre son entreprise, devenir tentateur à sa place, en un mot se rendre homicide comme luimême? (BODBDALODE.)

2. Mieux vaudrait pour lui avoir suspendue à son cou une meule de tnouliny et être ainsi précipité dans la mer, que de scandaliser un de ces petits. ^ Une des menaces de Dieu les plus terribles que je trouve dans FÉcriture, c'est celle-ci : qu'il nous demandera compte non-seulement de nous-mêmes, mais de notre procbaiu. Je te redemanderai son âme, dit-il par son Prophète à celui qui aura causé la perte de son frère. Hais dois-je répondre d'un autre que moi? disait Caïn en parlant à Dieu, et voulant se justifier devant lui. Suis-je donc le gardien de mon frère? Langage que tiennent encore tous les jours tant de mondains. Suis-je chargé du salut d'autrui, disent-ils, en suis-je responsable? Oui» reprend le Seigneur par son Prophète, vous en répondrez; et quand je viendrai, comme juge souverain^ pour rendre à chacun ce qui lui sera dû, j'aurai droit de me venger sur TOUS de bien des crimes dont vous aurez été le principe. Car c'est par vos sollicitations que votre frère s'est perdu ; c'est par vos discours licencieux que la pureté de son fime a été souillée; c'est vous qui, par vos erreurs et par les détestables maximes de votre libertinage raffiné, lui avez gâté Fesprit; c'est vous qui, par Fattrait et le charme de votre vie dissolue, lui avez empoisonné le cœur; c'est vous qui Favez dégoûté de ses devoirs; c'est vous qui, par vos railleries pleines d'irré^

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ligion, lui avez fait secouer le joug et abandonner toutes les pratiques au christianisme. S'il s^est engagé dans yos voies corrompues ^ c'est par la liaison qu'il a eue avec vous; s'il s'est livré à toutes ses passions^ c'est par la fausse gloire qu'il s'est faite de tous imiter; s'il a contracté tous vos vices, c'est par le désir de vous plaire. Voilà , dit Dieu dans son courroux, ce qui vous sera imputé, et ce que je punirai par les plus sévères châtiments. Vous avez fart de cet homme un impie; entraîné par votre exemple, il a vécu et il est mort dans son iniquité; mais son sang criera à mon tribunal bien plus haut que te sang d'Abel; il me demandera justice contre vous; et quelle sera votre défense? (BOCRDALOUB.)

2. Mieux vaudrait pour bti attair âuspendue à son eou une meule de moulin, et être ctinâi précipité dans la mer, que de scandaliser un de ces petits. — Quet est le crime d'un père qui, déshonorant sa qualité de chrétiea^ et Bon moins indigne du nom de père qa'il porte, scandalise lui-même ses enfants et les corrompt par ses exemples? C'était à lui, comme père, à les former aux exercices de la religion ; et e'esl lui, au contraire, qui, par ses discours impies^ par ses railleries au moins imprudentes sur nos mystères, par son éloignement des eboses saintes, par son éloignement affecté de tout ce qu'il appelle œuvres de piété, en un mot, par sa vie toute païenne, leur communique son libertinage et son irréligion. Tel est, par la même raison^ le désordre d'une mère qui, chargée de l'obligation d'élever, dans la personne de ses filles, des servantes de Dieu , est assez aveugle pour en faire des esclaves de la vanité du monde; qui, sous ombre de leur apprendre la science du monde, les engage dans cette voie si falale pour la piélé^ et où les naufrages dans la vertu sont aussi fréquents que difficiles à éviter. Quel est le crime d'un maître, d'un chef de famille, qui, sans se souvenir de ce qu'il est et s'oubliant lui-même, ou qui, abusant de son pouvoir et renversant l'ordre de la Providence, devient une pierre de scandale pour ceux dont il devait être le guide et le sauveur l Quel est te crime de ceux qui, dans le dessein de Jésus- Christ, devaient être le sel de la terre, la lumière du monde, et qui, par leur orgueil ou leurs dérèglements , ont entraîné après eux tant d'âmes séduites dans l'abîme de l'opprobre ou de L'hérésiel Scandales abominables et pour lesquels il est cent fois juste de dire avec Jésus- Christ : Malheur à celui par qui ces scandales arrivent! Mieux vaudrait pour lui avoir suspendue au cou une meule de moulin, et être ainsi précipité dans la mer I (Qoujid^ode.)

37i LA VIE DE N. S. JÊSUS-CHRÎST. en. lxxti.

3. Si votre frère pèche contre VOUS g reprenez-le ; et s'il se repenti pardonneZ'lm. ^ Mais, comment pourrais-je pardonner à mon ennemi? Quoi ! à la vue d^un Dieu qui 6'e?t fait bomme pour vous, qui s^est abaissé pour vous à tant dHiumiliations, et dévoué à de si cruelles souffrances y demander encore comment il est possible de pardonner! Ne Tenlendez-vous pas crier du haut de sa croix : « Mon Père, pardonnez*lcur, parce quMls ne savent pas ce quUls font? » N^entendezvous pas son Apôtre qui fait retentir ces paroles : « Jésus-Christ qui est mort, qui est ressuscité, qui est assis à la droite de Dieu où il ne cesse dMntercéder pour nous? » Oubliez- vous qu'après sa mort et sa résurrection, il a envoyé, vers les luifs qui l'avaient mis à mort, ses apôtres les combler de biens, en échange des maux que ces mêmes Juifs venaient de lui faire souffrir? On vous a insulté? On vous a traité d^me manière cruelle? L'avez-vous été autant que votre Maitre, que te souverain Dominateur de toutes choses? Avez-vous été comme lui chargé de chaînes, frappé de verges, couvert de soufflets et de crachats infâmes? Avez-vous été comme lui condamné à la mort la plus déshonorante comme la plus cruelle, et cela en récompense de vos bienfaits? Plus votre ennemi s^est montré injuste à votre égard, plus vous devez le regarder comme un malade digne de votre pitié : la colère est un démon qui l'obsède; travaillez par vos bienfaits à l'en guérir.

(Saint Jean-Chrysostômb.)

3. Si votre frère pèche contre vous^ reprenez-le; et s'il se repent, pardonnez-lui. — La philosophie avait bien tâché de jeter quelques fondementsde cette doctrine; elle avait bien montré qu'il était quelquefois honorable de pardonner à ses ennemis. Elle avait mis la clémence parmi les vertus; mais ce nY'tait pas une vertu populaire : elle n'apportenait qu'aux vertueux. On leur avait bien persuadé qu'ils devraient faire gloire d'oublier les injures de leurs ennemis désarmés; mais ie monde ne savait pas encore qu'il était beau de leur pardonner avant même de les avoir abattus. Notre Maitre miséricordieux s'était réservé de nous enseigner une doctrine si humaine et si salutaire : c'était à lui de nous faire paraître ce grand triomphe de la charité et de faire que ni les injures, ni les injustices, ne pussent jamais altérer la candeur ni la cordialité de la société fraternelle. C'est ce <iu'il nous fait remarquer dans notre Évangile, avec des paroles si douces qu'elles peuvent charmer les âmes les plus féroces : « Quitte l'autel, dit-il, pour te réconcilier à ton frère. » (Bossuet.)

li. Allez, et montrez-vous auv prêtres, — C'est l'ordre que donne

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le Sauveur du monde aux lépreux qui viennent implorer son secours pour être délivrés de cette honteuse e( mortelle contagion qui les infectait; et c^est le puissant remède que TÉglise, au nom de Jésus- Christ^ nous présente pour être purifiés d'une lèpre mille fois encore plus dangereuse, qui est le péché ; elle nous envoie aux prêtres comme aux médecins de nos âmes^ et elle nous ordonne de leur faire connaître notre état et nos maladies spirituelles. Dans l'ancienne loi, les prêtres n'avaient pas le pouvoir de guérir de la lèpre, mais ils Texamînaient seulement, et jugeaient si elle était en effet guérie. Il n'y a que la loi nouvelle et que le sacrement de pénitence, où les ministres du Seigneur, successeurs des apôtres, soient revêtus de l'autorité de Dieu même pour délier le pécheur, pour le réconcilier, pour l'absoudre et lui romeitre par une parole tous ses péchés. Cependant, que de pécheurs refusent de se rendre à Tordre de TÉglise et aux invitations de Jésus-Christ, qui dans leur malheur leur a préparé cette ressource ! Ah! s'ils pouvaient comprendre combien il leur serait utile d'aller, eux aussi, se montrer aux prêtres, et combien salutaires seraient pour eux les fruits de cette démarche ! (Bourdaloue.)

17. Et Jésus lui dit: Est-ce que tous les dix n^ont pas été guéris? Et les neuf autres^ oi sont-ils? — Un seul sur dix se souvient de rendre grâces au Fils de Dieu d'un si grand bienfait ! Ne faut-il pas que sa bonté soit infinie comme lui-même, pour n'être pas à jamais tarie par tant d'ingratitude? Pour nous, chrétiens, n'oublions pas que la reconnaissance envers notre Sauveur est non-seulement un devoir, mais encore un avantage. Que ce soit un devoir, votre cœur ne vous le dit-il pas? Faut-il vous rappeler quel sacrifice il a dû faire pour vous arracher à la mort; et que c'est en vous baignant dans son sang qu'il vous a guéris de la lèpre du péché? Soyez donc reconnaissants, vous dit saint Paul. De plus, en se souvenant des bienfaits de Dieu, on se les assure; et la persévérance dans l'action de grâces est la gardienne fidèle de toutes les vertus. Cet hommage d'un cœur reconnaissant est quelque chose de si grand aux yeux de la foi, que l'Église n'a point voulu d'autre nom pour désigner le plus auguste et le plus adorable de nos sacrements» Lorsque les fidèles, étonnés d'un prodige si nouveau, lui demandèrent pour la première fois comment il convenait de nommer ce banquet ineffable où un Dieu se donne lui-même tout entier à sa créature : Mes enfants, leur répondit-elle, il faut au plus touchant de tous les mystères le plus doux et le plus aimable de tous les noms : vous l'appellerez Eucharistie, c'esl-à-dirCj action de

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grâces. En un mot, la reconnaissance, tfes» la yie; tandis que llngra- Htnde, c'est la mort. La première élève Thomme jusqu'à la hauteur des anges ; Pautre le rend semblable aux démons. (B...)

ÉLÉVATION

Je tremble, Seigneur, quand je vois dans les livres sainte les anathèmes pronoacés par vous sur ceux qui deviennent pour leurs frères un sujet de scandale. Il est ai facile de se faire iUusion à cet égard; car il ne suffit pas de ne point entraîner les autres au mal par DOS discours ou par nos actions» il faut encore les édifier : plus nous avons reçu de grâces, plus cette obligation est impérieuse et demande de nous la plus grande vigilance. C'est à ceux que vous avez appelés de bonne heure à la connaissance de vos divins préceptes, à fortifier par l'exemple d'une vie sainte ceux qui font les premiers pas dans la sainte carrière de la foi : il faut qu'en nous voyant meilleurs que les infortunés qui marclient loin de vous, en nous trouvant plus doux^ plus patients^ plus charitables, plus zélés pour le bien, ils s^encouragent à avancer, et rendent hommage au pouvoir et au charme de la vertu. Et quand nous aurons fait celai Seigneur, loin de nous enorgueillir du peu que nous aurons fait^ nous vous dirons avec une sincère humilité : Nous sommes des serviteurs inutiles^ les hommes ne voient que Textérieur, mais nos plaies vous sont connues : Jésus, notre Maître, ayez pitié de nous, guérissez^ous; notre amour et notre reconnaissance n'auront d'autre terme que réternité.

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