CB. XLIV
blUdiz«Tantei:«Ni«î forl« nos eamas et emamiu in omnem banc tnrbam etcas, ^ dncenlis denariis panei, «t d«biniu iUis mandoeare.
Et dkit e» : Qaot panes babetjs? Itc, 0t
videle*
Et cAm ccgnorissent»
* dicit ei unos ex discipolis ejoa, Andréas » frit«r Simonîs Pétri : E»t puer anus hict qui babet qoinqne panes bordea* ceos, et dnos pîsees : ted h«c qnid snnt inter lanlos?
■ Qai ait en : AITerte mlhi Ulos bàc; («<] * facile bomines diacnmbere * pcr conriTia ^ soper ▼iridefœniim :*CTataatem foniini mnltnin in loco.
< El discwnbere fec«runt omnes ^ in partes pcr cenlenosel qainqnagenos.
* Acccplis antem qntnque panibos, et doobns piscinos, * Jc«n * res* peiil in codwn, * et cùm gralias egissel, • benediiit , et fregit panes, et dislribnit discipulis soii, Ht ponereni ante torban
* Similiter ^ et dnos pi&ces divÎMl omnibus, ' quantàm Tolebant.
* Et mandncaTerunt omnes ; * ut autem impleli sunt, diiit discipnJie sois : Colligiteqne superaverunl fragmenta, ne pereant.
13. Ils dirent : Irons-nous acheter de quoi manger pour toute cette multitude?
pour deux cents deniers de pains, et le leur distribuer ?
1 4. Jésus leur dit : Combien avez-vous de pains? Allez et voyez.
1 5. Et lorsqu'ils s'en furent assurés, l'un d'eux, André, frère de Simon-Pierre, dit à Jésus : Il y a ici un jeune homme qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?
16. Jésus leur dit : Apportez-les-moi ici, et faites asseoir le peuple en différentes compagnies , sur l'herbe verte* : car il y avait en ce lieu beaucoup d'herbe.
1 7. Et les disciples les firent asseoir tous par troupes de cent et de cinquante.
18. Jésus, ayant pris les pains et les deux poissons , leva les yeux au ciel , et , ayant rendu grâces, il les bénit, rompit les pains, et les donna à ses disciples pour les servir à la foule.
1 9. Il partagea aussi les poissons, et en fit donner à tous autant qu'ils en voulurent.
20. Et tous mangèrent; et lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui sont restés, pour qu'ils ne se perdent pas.
*f n, Gr. xod liciraÇsy olvtoXç ocvoudTyae nutncLÇ WfivévM cvfinévtK inl r& X^^fi"^ X^P'^V* Et adordinavit eis recutnbere omnei convivia canvivia super viridi fœno. Et il leur donna ordre de se coucher tous (accoudés sur le côté gauche) par compagnie et par
so
Collegeranl ergo , M impleTerunl duodccim cophinos fragmmloniia ei qninqne panflms bordeaceis , qus supei fuoniDl his qui maadacavcrant, k et de pUcibus.
MandacADliam aatem fait nnmeras qainqae uiflia virorum, cxerptk matieribiu et paimlia.
* lili ergo liomines»
c&m vidissent qiiod Jesoa fecerat aigmiai , diœ* bant : Quia hic est Terè propheU, qtii fentonu efrt m mondum.
Jestia ergo , ciim cognoTiaael qai venlori es- «ent ut râpèrent «■m»
et facerent enm regem, ^ slalim coegit discipuloa saos a^cendere navim, at précédèrent enm trans frelum ad Betbuîdam, dùm dimilieret tarbas.
£l dimiasà torbâ, aacendit in monlem 5olus orare.
LA VIE DE N. S. JESUS CHRIST. gh. xliv.
21 . Et ils les ramassèrent ; et ils emplirent douze corbeilles ^ de ce qui était resté des cinq pains d'orge et des deux poissons *•
22. Or, ceux qui avaient mangé étaient au nombre d'environ cinq mille, sans compter les femmes ni les enfants.
23. Et ces hommes, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : Cet homme est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.
24. Jésus, ayant su qu'ils devaient venir-pour l'enlever et le proclamer roi, fit aussitôt monter ses disciples dans la barque pour qu'ils le précédassent sur l'autre bord à Bethsaïde, tandis qu'il renverrait le peuple.
25. Et l'ayant renvoyé, il alla de nouveau, seul, sur la montagne pour prier.
compagnies (en carré comme s'ils élaientà table) sur Therbe verle. Entrant dans ces carrés, les apôtres pouvaient facilement déposer le pain et le poisson à la portée des convives.
' f âl. Une chaqae apôtre. Si Ton demandait, avec je ne sais quel prétendu philosophe, où l'on a pu trouver ces douze corbeilles dans le désert, on pourrait répondre que les (Juifs étaient tournés en ridicule par Juvénal (troisième Satire), à cause de leur coutume de porter avec eux dans leurs pèlerinages une grande corbeille pleine de foin pour leur servir de lit, lorsqu'ils craignaient d'être surpris par la nuit loin des habitations. Cest ainsi, dit le satirique, qu'ils allaient de Borne à la forêt Aricie exercer leur religion.
* f 21. Ainsi il restait après le repas plus de pain qu'il n'y en avait avant de le commencer* Le miracle était donc évident.
9. Et Jésus accueillit cette multitude et en eut compassion , parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur. — Nous a\ons vu, par ce qui s'est passé aufeslind'Hérode, ce qu'étaient les chefs de la Galilée. De leur côté, les Scribes et les Pharisiens, qui parcouraient les terres et les mers pour attirer à la religion juive un païen favorisé par la
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foilane , abandonnaient avec mépris la foule des enfants d^Israël : «t Cette populace qui ne connaît point la loi, d disaient-ils dans leor orgueil^ a ce sont des maudits, » A la vue de cette multitude ainsi abandonnée sans instruction, sans conseils, sans encouragements, sans secours, sans consolation, le Fils de Dieu, touché de compassion, descend de la montagne, accueille avec bonté tous ceux qui se présentent^ guérit leurs maladies et leurs plaies, leur parle longuement de son Eglise dont il vient leur ouvrir rentrée, et où des pasteurs remplis de son esprit et de sa charité, s'intéresseront à eux comme à leurs propres enfants. Et c'est sans doute pour les confirmer dans cette espérance qu'un instant après il les fait servir tons par ses apôtres, ministère de charité dont ils se feront un bonheur, et qu'ils auront soin de transmettre à ceux qui viendront après eux jusqu'à la fin des temps. (B.)
15. Andréy frère de Simon-Pierre, dit à Jésus: Il y a ici nn jeune homme qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que celapour tant de monde ^—l^ous lisons aux livres des Rois, qu'un jour «c on homme vint de Baalsalisa apportant au prophète Elisée, comme offrande des prémices, vingt pains d'orge...; et Thomme de Dieu dit à son serviteur : Donne-les au peuple, afin qu'il mange. Et son serviteur lui répondit : Qu'est-ce que cela pour cent personnes? Le prophète lui dit de nouveau : Donne-les au peuple, afin qu'il mange, car voici ce que dit le Seigneur : Ils mangeront à discrétion, et il en restera. Le serviteur plaça donc les pains devant eux; tous s'en rassasièrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur. i> Je suis persuadé qu^André avait en vue ce mirade d'Elisée, lorsqu'il dit à Jésus, Qu'est-ce que cela pour tant de monde? Etonné déjà de ce qu'avait fait le prophète avec vingt pains, il ne pouvait pas croire que Jésus-Christ, avec cinq seulement pût rassasier une multitude infiniment plus grande.il se figurait que, pour un miracle plus grand, il lui fallait une matière plus considérable. Hais quand les disciples entendent le Fils de Dieu commander qu'on lui apporte ces cinq pains, et que l'on fasse asseoir toute la foule, ils cessent de douter; ils ne disent point à leur maître : A quoi bon les faire asseoir? rien n'est prêt. Ils croient avant de voir le miracle. Et ces mêmes hommes, qui, tout à l'heure, ne savaient pas comment se procurer, même à prix d'argent, le pain nécessaire, font maintenant asseoir la foule avec confiance : la parole de Jésus-Christ avait triomphé de leur incrédulité. (Saint Jian Ghrtsostôvb.)
Si LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. xLir.
18. Jésus ayant pris les pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel; et ayant rendu grâces^ il les bénit ^ rompit les painSy etc. — Les miracles que fait Jésus-Christ sont des œuvres divines, destinées à réveiller rame humaine et à l'avertir de s'élever par les faits visibles i la connaissance de Celui qui les accomplit et qu'elle ne saurait apercevoir lui-même. Dieu étant invisible de sa nature^ ne peut être compris que par ses œuvres ; et comme ses œuvres principales, les grands miracles par lesquels il régit le monde et gouverne toute créature, ont cessé de nous frapper^ parce qu'ils sont continuels, la divine miséricorde s'est réservé d'en opérer quelques autres, à certains temps, contre le cours habituel de la nature: afin que les hommes, insensibles à ce qui arrive tous les jours, fussent frappés à différentes époques par des faits extraordinaires, quoique moins grands en euxmêmes. Car c'est un plus grand miracle de nourrir chaque jour tout ce qui vit sur la terre, que de rassasier une fois cinq mille hommes avec cinq pains d'orge ; cependant le premier passe inaperçu, parce qu'il est ordinaire ; et l'autre frappe, étonne, saisit d'admiration à cause de sa rareté. Quant à la multiplication des pains, la providence divine ne l'opère-t-elle pas tous les jours dans les riches moissons dont elle couvre la terre au moyen de quelques grains ? Le Fils de Dieu ne fait donc ici que ce qu'il fait continuellement dans le gouvernement du monde; seulement ce sont les pains eux-mêmes qu'il multiplie, et il les multiplie dans ses mains divines sans les faire passer par la terre. Comme ce fait est contraire au cours ordinaire de la nature, il fixe notre attention, élève notre âme, fournit à notre intelligence le moyen d'admirer l'Être invisible qui agit d'une manière si surprenante; enfin, nous porte à Taimer et à désirer de le voir un jour dans sa puissance et dans sa gloire. (Saint-âugustin.)
18. Et Jésus ayant pris les pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel^ ayant rendu grâces, il les bénitj rompit les pains, et les donna à ses disciples pour les servir à la foule. — Ce n'est pas sans mystère que Jésus-Christ associe les disciples au prodige de la multiplication des pains, et qu'il se sert de leur ministère pour distribuer la nourrilare miraculeuse à un peuple pressé de faim et de misère. Il pouvait encore sans doute faire pleuvoir la manne dans le désert, et épargner à ses disciples le soin d'une si pénible distribution; mais son dessein est de les accoutumer, et de nous accoutumer tous à la miséricorde et à la libéralité envers les malheureux; il vous établit, chrétiens, les minisires de sa providence, et ne multiplie les biens de la terre entre
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VOS mains qu'afin que delà, ils se répandent sur celte multitude d'infortunés qui vous environnent. Il pourrait sans doute les nourrir luiméme^ comme il nourrit autrefois les Paul et les Elle dans le désert; il pourrait, sans votre entremise, soulager des créatures qui portent son image, lui dont la main invisible prépare la nourriture aux petits corbeaux même, qui Tinvoquent dans leur délaissement; mais iHeut vous associer au mérite de sa libéralité; il veut que vous soyez placés entre lui et les pauvres, comme des nuées fécondes, toujours prêts à répandre sur eux les rosées bienfaisantes que vous n'avez reçues que pour eux. (Massillon.)
20. Ramassez les morceaux qui sont restés, pour quHls ne se perdent pas. — Pourquoi cet ordre que reçurent les apôtres de recueillir les restes et de ne les pas perdre? N'est-ce pas pour vous faire comprendre que les pauvres doivent être nourris et entretenus du superflu de vos tables, et que vous devez les compter parmi les personnes dont Dieu vous a chargés? Jamais cet Homme-Dieu ne flt rien d'inutile, ou qui fût absolument superflu. D'où vient donc qu'il multiplia tellement les pains, que de ce qui resta Ton put encore remplir jusqu'à douze paniers ? Ne suffisait-il pas qu'il y en eût assez pour rassasier le peuple? Non, mes frères, répond saint Chrysostôme; et voici justement le mystère de l'aumône : il fallait qu'il y eût des restes pour les pauvres qui pouvaient survenir, et ces restes alors n'étaient point superflus, puisqu'on les destinait à un si saint usage ; c'est pour cela que le Sauveur du monde prend soin de les faire ramasser; et c'est ainsi, riches du siècle, que vous devez pourvoir, selon l'étendue de vos facultés, à ce qu'il y ait dans vos maisons de ces restes rései*vés pour les besoins des malheureux. Je l'ai dit, et il est vrai : pour vous-mêmes vous pouvez et vous devez vous tenir au nécessaire; mais eu faveur de tant d'indigents qui ne l'ont pas, ce nécessaire, il faut aller au-delà pour être en état de suppléer à ce qui leur manque. (Bourdaloue.)
24-25. JésuSy ayant su qu'ils devaient venir pourVenlever et le proclamer roi,., se retira seul sur la montagne. —Qui eût été plus capable que lui de gouverner les hommes ? Mais il avait revêtu un corps semblable au nôtre, non-seulement pour nous racheter par sa Passion, mais encore pour nous instruire par sa conduite; aussi, pour laisser un grand exemple à l'univers, il refusa la royauté et marcha volontairement au supplice de la croix. Il refusa cette couronne qui lui était offerte, et lui préféra une mort ignominieuse, afin d'apprendre à ses
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serviteurs (pfUs doivent fuir les faveurs du monde, et rester calmes devant ses persécutions ; qu'^à son exemple, ils doivent aimer Finfortune et se dérober avec crainte à la prospérité : car Tnue souille notre cœur en le gonflant d'orgueîly tandis que Tautre le purifie par la souffrance. L^amertume de la douleur retrempe la vigueur de notre âme^ tandis que les jouissances d'ici-bas affaiblissent et finissent par briser «on énergie. Souvent Padversité, comme un maître sévère, maintient dans les fimites du devoir un cœur que les joies du triomphe et de la lovte-^tssance auraient précipité dans Vablme du pédié.
(Saint Grégoire, pape.)
ÉLÉVATION
Quels durent être, 6 mon Dieu, Tétonnement et la reconnaissance de <!e peuple {Kivilégié que tous avez nourri d^utie manière si miraculeuse ! Dans «on empressement à vous suivre et à écouter vos divines leçons, il oubliait les nécessités du corps, tout occupé du royaume de Dieu tiue vous lui annonciez; mais que vous savez bien récompenser ceux qui s^otAIient ainsi eux-mêmes, et quittent tout pour s^attacherà vos pas I Ce n^est pas, Seigneur, que vous condamniez le soin que nous prenons de conserver fexistence que nous tenons de vous ; c'est Tardenr et la sollicitude inquiète de ceux qui, se laissant absorber parles intérêts matériels, oublient Tunique cbose nécessaire, le soin de leur ime et de leur salut. Sommes-nous donc moins heureux, mon Dieu^ que<»tte foule dont vous vous occupiez avec tant de compassion et de boi^té^Ne sommes-iious pas les témoins habituels d'une multiplication plus miraculeuse qui s^opère chaque jour sous nos yeux et pour noas? Ah! l^abitude nous rendrait-elle indifférents à cet étonnant miracle d'amour que vous nous offrez dans la sainte Eucharistie? Ce n'est pas seuiemeni un certain nombre d'hommes que vous appelez à participer à ce banquet du ciel, ce n'est pas une fois que vous les invitez à s'asseoir et à se reposer; ce sont tous les hommes, et c'est tous les jours que vous leur dites : Venez à moi vous tous qui êtes fatigués du labeur de la souffrance et je vous soulagerai. Seigneur, nous répondrons à votro appel si touchant; et plus heureux que cette foule qui voulait vous proclamer comme son roi, si nous vous demandons de régner sur nos cœurs, loin de fuir, vous vous empressez d'y établir votre domination. Qu'il en soit ainsi, mon Dieu, et puissions-nous mériter de vous entendre dire im jour ces consolantes paroles : C'est ici le lieu de mon repos, je l'ai choisi, et j'en ferai ma demeure pendant Téternité.