Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris
^ f 1i. Littéralement, lorsqu'ils y furent montés.
"^ f 13. Littéralement, ils n'avaient pas compris par les pains, ou par ce qui s'é* 4ait \>assé au sujet des pains, que tout devait céder à la volonté de Jésu»-Christ.
^ ^ 17. Gr. ieipt9p€tfi6rrtç jAiqk t^v nt/>lx»j)ov Uiivn^, et cireumcurreniei omnem cif" jcumvieitUam illam, et courant aux alentours dans tous les hameaui environnants.
1. Or^ ce fut sur le soir que ses disciples descendirent à la mer y el que^ snontant dans une barque^ ils allaient à C autre côté du lac, vers Caphar- ^ottm, etc. — Ces douze hommes qui^ quand la nuit commence en
ZÈ hk VIB DE N. 6. JÉSUft-GHRIST. ch. xlt.
Jadée, s'enTOnt^ an cominaDâeineDt de Jésas-Ghrist^Ters Gapharnaûm, c^est-à-dire^ le champ de la pénitence; cette frêle barque au milieu d'une mer en furie; ces noires ténèbres qui couvrent la face de Tabime; ces Tents contraires qui augmentent à chaque instant au point de former une tempête; Pinditrérence apparente du Sauveur, jusqu'à la quatrième veille de lanuit, n*èst*ce pas» en quelques mols^ toute Thistoire des premiers siècles de l'Eglise ? Il commençait à faire nuit, la lumière de la vérité s'éteignait chez les enfants d'Israël, lorsque le Fils de Dieu dit à ses douze apôtres d'aller prêcher dans le monde entier, in mundum universum. Dociles à sa voix, les apôtres descendent sur cette mer redoutable, et s'enfoncent dans ses ténèbres. Mais bientôt les nations frémissent^ et les peuples méditent de vains projets; les rois de la terre se lèvent et les princes se liguent contre Dieu et contre son Christ. Ils ont dit : Brisons les chaînes qu'ils nous destinent^ et jetons au loin le joug qu'ils voudraient faire peser sur nous. Jésus- Christ, sans doute, veillait sur la barque mystérieuse, mais il la laissait néanmoins aux prises avec les flots soulevés par le souffle de toutes les passions déchaînées et frémissantes. Ce ne fut qu'à la quatrième veille de la nuit, au quatrième siècle de labeur et de souffrances, alors que ceux qui ramaient ou tenaient le gouvernail tombaient les uns après les autres, frappés mortellement par la persécution, que Jésus- Christ vint à eux, accomplissant cette parole prophétique : J'ai marché sur les flots de la mer comme dans un sentier préparé pour le voyageur. (B.)
1-2. Les ténèbres s'hélaient déjà répandues^ et Jésus n'était point venu à euxy mais était seul à terre. Et la fner, sous le souffle di'un vent violent j se soulevait. — Jésus-Christ fait passer ses disciples par des épreuves de plus en plus grandes et de plus en plus difficiles, afin qu'ils apprennent à tout supporter dans la suite avec un courage toujours supérieur. Dans le premier danger qu'ils coururent sur le lac, il était avec eux, mais il dormait, de sorte qu'ils pouvaient, tout à la fois, espérer du secours et craindre de n'en point obtenir. La seconde fois qu'il permet à la tempête de se déchaîner contre eux, il est absent; ils les laisse seuls aux prises avec une mer en furie, afin de les familiariser, pour ainsi dire, avec le danger. Ce n'est qu'à la quatrième veille de la nuit qu'il vient à eux, pour nous apprendre qu'il peut entrer dans les desseins de Dieu de ne point nous accorder immédiatement le secours dont nous avons si grand besoin. Il arrive quelquefois aussi que, plus notre délivrance approche, plus le péril semble augmenter^ C'est ce qui eut lieu pour les disciples : quand leurs forces les ont
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abandonnéSy et que les ondes se lèyeut pour les eogloutiir, il» ermeni apereeToirsHT la mer oa faatèi»^ (fiti peintre ^ieni leur présager une mort inévitable oif les préâpîter lui-même dans* Tablme. La Fite de Dieu agit ainsi eniwrs ses âSseiples peuff kar apptendre qua le moment du pk» grand péril peui être celui qne Dieu attendait peor faire éclater sa puissance et sa miséricorde. (S. JEjUt-CnnysosTÔnB.);
7. fiêrrv lui dU : Seignewr^ n (fist voWy orionmez-^oi éTaUer à mut sisrleê ectm. — - Telle est la demande du dief des apôtres, le pltiv. ferrent de tons, et qui les prévenait toujours par les élans de sa foi. Il ne dit pas , Seigneur, obtenez-moi da Dieu que je puisse aller à vous; mais, ordonnez-le. Voyez-vous comme il aimait ardemment son divin Maître ? comme sa foi était toujours grande ? Je conviens qu'il demande quelquefois des choses au-dessus de ses forces et qu'alors son ardeur le jette dans le danger; mais toujours est-il que c'est Famour, et non pas une vaine ostentation, qui le pousse à demander de grandes et d'immenses choses. Aucun des disciples n'aimait Jésus comme lui; et ce qu'il demande, ce n'est pas de marcher sur les eaux, mais d'aller à celui qu'il aime, d'y aller immédiatement sans s'inquiéter des autres ; de même qu'après la réssurrection, sa ferveur ne lui permet pas de les attendre, et le fait courir avant eux au sépulcre. Ici la foi de Pierre n'est point inférieure à son amour. Voyant Jésu8-€hrist marcher sur les eaux, il croit qu'il peut également accorder à d'autres cet étonnant privilège ; et c'est parce que sa foi lui montre ce miracle comme possible, que son amour ose le demander. (Saiht JcAN-CBBTSosTdwE.)
ft. Et Pierre^ étant descendu de la barque^ marchait sur les eausr pour aller à Jésus. — C'était de la part de Jésus un plus grand miracle de marcher sur les eaux et d'y faire marcher son apôtre, que d'apaiser d'un seul mottes vents et la tempête ; aussi fallut-il, avant de l'opérer^ que sa puissance sur la mer fût bien connue : autrement. Pierre n'eût certainement pas demandé à te suivre : sa foi n'étant point encore formée, il n'eût jamais osé se confier à l'abtme entr'ouvert pour l'en-* gteutir. Mais pourquoi Jésus-Christ lui dit-il de venir? Parce que, sll lui avait r^[)Oiidu, Pierre^ vous ne le pouvez pas, ce dernier, poussé par son amour, eût insièlé, eût réitéré sa demande avec une ardeur loiyours croissante. Le Fils de Dieu lui SK^corde ce privilège, afin de le rendre dans la suite plus réservé : car à' peine a-t-i) mis le pied sur les flots, que, vaincu par la crainte, il esl obligé d'implorer le secours du divin libérateurr Etrange contradiction de notre pauvre naturel
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Pierre avait fait sans hésiter le plus difficile, il était descendu de la barque, s'était affermi sur les vagues écumantes, et déjà il marchait vers JésuSy lorsque la violence du vent le trouble et remplit d'effroi* Ainsi arrive-t-il tous les jonrs^ qu'après avoir surmonté des tentations plus grandes et plus redoutables, on succombe dans des occasions bien moins périlleuses. (Saint Jean-Chhysostômb.)
8. Et Pierre, étant descendu de la barque, marchait sur les eaux pour aller à Jésus, — * Ce fut une foi pleine de confiance qui fit marcher saint Pierre sur les eaux sans craindre le péril où il s'exposait, ni la tempête dont la mer était agitée; et si notre foi est telle que Dieu la demande, il faut qu'elle se soutienne au milieu des dangers du monde» au milieu des persécutions et des disgrâces du monde, au milieu des cliangements et des révolutions inévitables dans le coura du monde : car une foi qui doute, une foi qui hésite, n'a plus ce caractère de fermeté qui est essentiel à la vraie foi. Mais dès que cet apôtre fut assailli l>ar l'orage, il trembla, malgré la confiance qu'il avait d'abord marquée. Et tandis que nous sommes dans la prospérité, que les choses du monde vont selon nos souhaits, et que rien ne nous trouble, nous nous confions en Dieu, nous nous soumettons à Dieu, nous bénissons Dieu; mais sommes-nous dans la peine et dans Taffiiction, une disgrâce imprévue nous arrive-t-elle, les affaires du siècle prennent-elles (tour nous un mauvais tour, c'est là que notre courage nous abandonne; nous commençons à douter de la providence du Seigneur, nous nous élevons contre elle, nous manquons de foi, ou nous n'avons qu'une foi timide et chancelante. En combien d'occasions n'avonsnous pas mérité que Jésus-Christ nous dit comme à son apôtre : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu doutée (Bourdaloue.)
8. Et Jésus lui dit : Venez. Et Pierre, étant descendu de la barque, marchait sur les eaux pour aller à Jésus, — Ce n'est pas seulement à saint Pierre, mais encore à tous ses successeurs sur le Siège de Rome, que Jésus-Christ s'adresse en ce moment; et la faveur qu'il accorde à son apôtre n'est que la figure d'un privilège tout divin, qui doit être l'apanage de cette longue suite de pontifes qui, tour à tour, prendront en main le gouvernail do l'Eglise. Il leur est donné de fouler sous leurs pieds toute insurrection contre la loi sainte, dont ils sont les dépositaires et les interprètes en dernier ressort ; de marcher d'un pas toujours sûr, alors même que tout s'agite au-dessous d'eux; et de définir, quelles que soient les clameurs des passions humaines, les véri-
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(és que TEglise propose à la foi de ses enfants : privilège que les clirétiens des différents âges ont toujours reconnu aux pontifes de Rome : € Rome a parlé, » disaient-ils, a la cause est jugée, b (B.)
14. Alors tous ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant tet, lui disant : Vous ites vraiment le Fils de Dieu. — Ce fut sans doute pour amener ses disciples à lui faire cette confession de foi, que Jésus-Christ les laissa si longtemps aux prises avec les flots soulevés contre eux. Il voulait leur faire bien sentir la puissance des éléments déchaînés^ afin que, d'eux-mêmes, ils comprissent que nul autre qu'un Dieu ne pouvait les fouler sous ses pieds et leur imposer silence. Ce fut encore pour la même raison qu'il permit aux passions humaines et à Tenfer tout entier de s\armer contre TEglise naissante et de la meurtrir au point que, durant quatre siècles^ on a pu la suivre à la trace de son sang. Si le christianisme était arrivé sans résistance à Tempire du monde, on eût pu croire qu'il était désiré sur la terre, et que son fondateur n^eut d'autre mérite que d'avoir su répondre, en philosophe habile, aux besoins des générations d^alors. Hais quand on voit onze millions de martyrs tomber sous les coups des persécutions, et Jésus-Christ arriver ensuite triomphant sur ces vagues écumanles, qu'il calme d'un seul de ses regards, l'erreur n'est plus possible ; il fiiut que tout genou flécliisse devant lui, et que toute langue confesse qu'il est vraiment le Fils de Dieu. (B.)
18. Et partout où il entrait ^ dans les hameaux y dans les villages ^ ou dans les villes y on mettait les malades sur les places publiques^ et on le priait de leur laisser seulement toucher la frange de son vêtement; et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. ^\\& ne cherchent plus maintenant à eutratner Jésus dans leurs maisons, comme le voulait faire l'officier du roi; ils ne lui demandent plus, comme Jaîre, d'imposer sa main; ni même, comme le centenier, de prononcer une parole; leur foi s'est accrue, et ils obtiennent par un moyen plus sage la guérison qu'ils désirent : l'exemple de la femme atteinte d'un flux de sang a été pour eux une leçon dont ils s'empressent de profiter. Touchons donc aussi nousmêmes la frange du vêtement de Jésus-Christ. Le vêtement du Fils de Dieu n'est pas seulement le manteau qui le couvre, mais aussi la nature humaine qu'il a prise, et surtout le corps dont il s'estcomme enveloppé pour paraître en ce monde et habiter parmi uous; ce corps adorable qui nous est offert,non-seulement pour que nous le touchions, mais pour que nous en fassions notre nourriture. Puisque nous sommes tous
4f LÀ TIE VE N. S* JÉSCS-CHmiST. CB. xlt.
malades, allons tous à Jésus-Christ avec une grande foi. Car si tous ceux qui toncbèrent alors la frange de $(m, Yëtement reçurent de lui une santé parfaite, combien plus ceux qui mainleiiant le posséderont tout entier en eux-mêmes seront-ils remplis de force et de Tîe! (Sairt Jbar-Gh&tsostôiib.)
ÉLÉVATION
Ne nous est-il jamais arrivé^ Seigneur, de marcher dans les ténèbres^ et de sentir notre frêle esquif soulevé violemment par la tempête ? Cétait, mon Dieu, quand vous n'étiez pas avec nous. Vous étiez cependant sur la rive, tout près de nous, et nos yeux aveuglés ne vous voyaient pas. Si, plein de compassion à la vue de nos fatigues sur cette mer orageuse des passions, vous vous approchiez de nous par quelque bonne inspiration, profondément troublés, ne nous sommes-nous pas écriés souvent : Quel est ce fantôme, cette pensée importune qui vient nous agiter ainsi? Mais, Seigneur, rien ne saurait arrêter votre tendresse pour ces âmes qui ne vous reconnaissent pas; vous leur parlez : Ayez confiance, dites-vous, c'est moi, ne craignez points cette voix, les yeux s'ouvrent, le cœur comprend, et, emportés par un zèle ardent, nous ne voulons plus suivre les sentiers delà foule, nous allons à vous en marchant sur les eaux ; il nous semble que rien ne pourra ralentir notre course; et cependant à l'heure où les eaux de l'amertume et de la tribulation nous environnent et menacent de nous submerger^ souvent notre foi chancelle* Nous nous écrions bien : Seigneur, sauvez-nous; mais l'inquiétude, la crainte nous agitent encore, nous oublions que vous êtes là, que vous veillez sur votre peuple, que vous avez promis de ne pas l'abandonner dans les jours d'angoisses. Que cette pensée ranime notre courage, Seigneur: nous n'oublierons plus alors, comme ledit un de vos saints, que votre main propice nous jette d'en haut le câble d'espérance qui peu à peu retire des flots des misères humaines, et soulève jusqu'au ciel ceux qui s'y attachent fortement.