Jésus leur dit : Ne murmurez point entre vous
23. Nul ne peut venir à moi si mon Père, qui m'a envoyé, ne Taltire*; et moi , je le ressusciterai au dernier jour.
24. Il est écrit dans les prophètes : Tous recevront l'enseignement de Dieu. Quiconque a entendu l'enseignement du Père et l'a compris vient à moi.
25. Non que le Père ait été vu de qui que ce soit : il n'y a que celui qui est de Dieu ^, qui ait vu le Père.
1 f 23. Jésus-Christ lear parle de raction da Père céleste sar les cœurs, pour leur faire sentir qu'il D*était pas fils de Joseph, comme ils le prétendaient. — Dieu aUire les hommes, non en faisant violence h leur volonté, non par une force irrésistible, mais par l'onction de sa grâce , en éclairant leur intelligence et en inclinant leurs cœurs vers lui, en se montiant à eux, par la foi, comme leur créateur, leur père, comme le seul bien véritable , la source de toute grandeur et de toute félicité.
*f tS. Cest-à-dire, qui est engendré par lui éternellement et qui sort de son sein ; le Fils de Dieu parle ici de lui-même.
4. Et Payant trouvé j ils lui dirent : MaUre^ quand étes-vous venu ici? etc. — Tâchons de pénétrcrjusque dans leur pensée, afin de mieux comprendre la réponse que leur fait le Sauveur : car souvent il répond à la pensée plus encore qu'aux paroles. Us ne lui disent pas. Comment êtes-vous venu ici? ils ne lui demandent pas si, pour traverser la mer» il a fait un miracle non moins étonnant que celui de la multiplication
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des {iiios. €efte que^ioQ eBit iodîifné^ de tour part, le déâr de coqnaiire davantage le Fils de Diea, et de se foiiiAer dans la foi en sa doctrine. Ils ne loi parlent pas non plus du dessein quUlsavaientfomié de le proclamer roi, oe qui eût été un stgae de reconnaissance , de haute «stime et de sincàv affection. Ce n'est donc ni rattachement , ni la reoonnaissaiice, ni le désir de connaître la vérité, qui dicte leurs paroles. Leur but , en questionnant Jésns^Cbrist , est uniquement de capter sa bienveillance par la flatterie, comme sHls lui disaient iMaîtrCi i quel moment donc avec- vous quitté le déaert, pour que nous ne nous en aidons pas aperpusl Car, vous sachant sur la montagne sans voBdftsoifdes^ nous sommes restés sur le rivage; et dès les premiers rayons du jour, nous vous avons cherché partout. Ils veulent se faire passer auprès du Smveur pour les aoris de sa doctrine et les admira* teurs de ses miracles : afin de l'eogager à MAOuveler en leur favemr la muUipUcatkm des paius. Telle est la feaaée de celte foule qui vient interrompre Jésus-Christ Jusque dans la synagogue de Caphar-
5. Jéiui fit cette rifmue: En ^érili , en vérité je vous le diSf vous me càercbex, non parce que i>ous 4U)esf vu des miracles , mais parce que vous OMX mangé despaitu et que vous avez été rassasiés^^-Ajai question hypocrite, et pleine d^une arrogante familiarité, qu'ils avaientadressée au Sauveur ne méritait point de réponse. Cependant, pourtour prou» Ter une fois de plus son infinie miséricorde, il ne les mortifie point par un silence absolu : après leur avoir fait bien comprendre qu'il lisait jttsque dans leurs pensées les plus intimes; après leur avoir reproché sévèrement de ne songer qu'à leur corps, il leur rappelle que rhomme ne vit pas seulement de pain ; qu'outre la nourriture matérielle, soutien périssable d'un corps qui périt ioi-mème , il est un ali* ment phis pur, plus noble, toujours durable, et dcsdoé à conserver la vie de Fftme durant Fétemité tout entière, fl leur déclare «i même temps que ce paia au-dessus de toute «ubstance créée, il est en son pouvoir de le tour donner, puisque Dieu lui a départi sa puissance, eoname ses miracles en totii foi, et comme les Juifis peuvent le recou* naître au cachet divin que le Père céleste a ini|irinié sur lui, en signe de sa génération mystérieuse et étemelle dans les splendeurs des saints. Le pain spirituel dont parle ici lésus-Christ n'est pas seulement la parole de Dieu reçue et méditée par la foi, les Mens invisibles qu'il montre en figures pour animer Tespérance de ses enfants , les communications in^ahles de ses grâces qui réchauffent et enflamment le
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cœur : c^était là le pain spirituel de rancienne loi; mais le Sauveur annonce que, dans la loi nouvelle, il y aura, en outre, le ménne pain dont se nourrissent les anges dans le ciel; par conséquent un pain qui sera Dieu lui-même : car, dans le ciel, les anges ne vivent que de Dieu; Dieu seul est leur nourriture , nourriture ineffable, breuvage incompréhensible par lesquels Dieu leur communique sa vie , sa lumière, son bonheur, et son éternilé. (B.)
5. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avezvu des miracles, maisparce que vous avez mangé despains et que vous avezété rassasiés. — Combien y en at-il quiparaissentcroire au^ Sauveur, etqui au fond n^y croient pas, parce qu'ils n'y croient pas comme il faut, et cherchent Jésus-Christ par intérêt, comme ceux-ci à qui il dit : a En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez à cause des pains dont vous avez été rassasiés. » A combien d'autres pourrait-il dire: «Vous me cherchez, afin que je contente votre ambition^ votre avarice; c'est là dans le fond, ce que vous me demandez par tant de vœux, par tant de prières que vous faites dire. Ce n'est pas ma volonté que vous cherchez, mais la vôbre, et vous n'êtes pas contents de moi que je ne vous ôte tout ce qui vous peine dans l'esprit et dans le corps. Sondez vos cœurs; voyez vos œuvres, quelles elles sont; examinez-vous à fond; vous ne trouverez rien que de charnel dans vos pensées. Travaillez à une autre nourriture; remplissez-vous d'autres objets. (Bossuet.)
6. Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste à jamais. — 0 toi, qui te consumes pour la vie présente, sans jamais songer à la vie à venir, dis-moi : pourquoi te travailles-tu vainement sans savoir pour qui? — Hais je serai plus sage que ceux qui m'ont précédé; je profiterai de leurs fautes. — - Comme si ceux qui t'ont précédé n'en avaient pas vu faillir devant eux d'autres dont les fautes ne les ont pas rendus plus sages. — Hais je jouirai de mon travail. » Et pour dix ans de vie? — Hais je regarde ma postérité, que je veux laisser opulente. — Peut-être que ta postérité n'en jouira pa». — Peut-être aussi qu'elle en jouira. — Et tant de sueurs pour un peutêtre ! Considère donc qu'il n'y a rien d'assuré pour toi, non pas même un tombeau : l'avarice de tes héritiers le refusera peut-être à ta mémoire, tant on pensera peu à loi après ta mort. Ce qu'il y aura d'assuré, ce sera la peine de tes rapines, la vengeance éternelle de ton ambition désordonnée. 0 étrange aveuglement des enfants des hommes !
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niirélîens, méditons ces choses; pensons aux inconstances, aux légèretés, aux trahisons de la fortune. Et si nous voulons nous affermir^ cherchons le solide et la consistance ; ne bornons pas nos desseins dans les limites si resserées que celle de la yie; pensons hardiment à réternité. (Bossuet.)
9. Ils lui dirent : Quel miracle faites-vous donCf pour que, le voyant, nous croyions en vous? Od sont vos œuvres? — Que peut-on imaginer de plus stupide et de plus insensé qu'une pareille question? Quoi ! le lendemain du jour où le Fils de Dieu leur a montré les effets de sa. toute-puissauce; quand ils avaient encore à la bouche le pain et le pois- ■son divinement multipliés, ils lui demandent quel signe il leur f.iit voir, quel miracle il opère! Non contents de cette ingralitiide à l'égard d'un bienfaiteur qu'ils devraient adorer, ils poussent l'insolence jusqu'à lui insinuer le miracle qu'il doit faire, s'il veut obtenir d'eux quelque chose. Ce qu'il leur faut, ce n'est pas seulement un signe tel que Dieu en faisait en faveur de leurs pères, mais le miracle de la manne tombant du ciel, parce qu'ils ne songent qu'à manger, à se repaître, à se remplir, pour nous senir de l'expression d'un évangéliste. Et voyez la fourberie de ces esclaves de leur ventre : ils parlent à Jésus- Christ avec une sorte de convenance, pour ne pointcompromettreleur cause : ils ne lui disent pas, Moïse a fait un miracle, et vous, que laites-vous? pour ne point paraître le placer au-dessous du prophète législateur; ils ne disent pas non plus que ce miracle a été fait par -celui qui commandait à Moïse, afin de ne point l'égaler à Dieu; ils prennent une sorte de moyen terme : Nos pères, disent-ils, oiil mangé la manne au désert, ainsi qu'il est écrit : Il leur donna le pain du ciel â manger. La divine sagesse, répondant à leur pensée aussi bien qu'à leui's paroles, leur dit : Non, Moïse ne vous a point donné le pain venant du ciel; mais mon Père, qui a fait pleuvoir la manne, vous pré- ^nte aujourd'hui le vrai pain du ciel. (S. Jban-Chrysostôme.)
11. iV:»ii, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel; mais mon Père vous le présente, le vrai pain du ciel. — Quelle est donc cette prodigieuse nourriture qui subsiste à jamais? C'est encore là un secret enveloppé de bien épaisses ténèbres; mais attendons: peu à peu les ambres vont être écartées, et, à la lueur de la foi, l'œil pourra bientôt découvrir les desseins de la bonté divine à l'égard de Thomme. Proposé d'abord sous l'emblème d'une simple nourriture, le mystère jeucharistique s'annonce et se découvre graduellement quand le Sau-