‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 2 sur 141 · Tenez- vous en garde contre les · texte numérisé non relu

Tenez- vous en garde contre les

' f l<y. Sons-entendu, tant que Toas pourrez vous en passer; tant que ta vieinesse, les infirmités, une cilrème faligue ne Tenigei-ont pas.

* ^ il. Ceci se rapporte à tout ce qui procède : les apôtres ne doivent s'inquiéter ni de leur vêtement ni de leur subsistance : les peuples devront subvenir à ces deux points, en échange des biens spirituels que Dieu leur envoie.

' f 16. Ccst-à-dire évitez de tendre des pièges aux autres et de tomber dans ceux qui vous seront teudus : une prudence sans bon lé est malice, et une simplicité sans prudence est folie. (Saut iisàun.)

rrs in conciliis, el in »)iiagogi> Mib flagellabuulTOt ;

Et ad praesides, et ad reges duccmini propter me, in teslimoniaoa illis et genliboff»

Cûm autem (radeot vos, noiite cogitare quomodo ant qaid loqaamini : dabilur eniin vobis in illâ borA quid loquaminL

Kon enim vos estis qni loqaimini , sed spiritns Patris ve>tri, qai loquitnr in Tcbis.

Tradet anlem fraler fratrem in mortem , et patcr Glium ; et insurgent Glii in parentes, et morte eos amcient.

Et eritis odio Omnibus proplcr noiLen meuin :

qui anlem pencreraverit nique in finem, bic sal- TUS erit.

LA VIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. CB. Lxr.

hommes : car ils vous traduiront devant leurs conseils, et vous flagelleront dans leurs synagogues*.

18. Ils vous conduiront , à cause de moi^ devant les gouverneurs, et devant lesrois^ pour que vous me rendiez témoignage devant eux , ainsi que devant les nations^

19. Lorsqu'ils vous livreront, ne cherchez pointd'avance comment vous parlerez,, ni ce que vous devrez dire : ce que vous devrez dire vous sera donné à l'heure même :

20. Car ce n'est pas vous qui parlerez ^ mais c'est l'Esprit de votre Père, qui parlera en vous.

21. Or, le frère livrera son frère à la morl ; et le père , son fils; et les enfants s'élèveront contre leurs parents, et les mettront à mort ;

22. Et vous serez en haine à tous à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé ^.

* f il» Le Fils do Dieu profite de Toccasion pour instruire ses apôtres sur leur grande mission, dont celle-ci n'est que le prélude. C'est dans ce sens qu'il Taut entendre tout le reste du discours qu'il leur adresse ici.

* f 22. Bien commencer, bien continuer, c'est quelque chose ; mais le point le plus important est de persévérer jusqu'à la fin. En vain ceux qui n'auront point persévéré diront-ils à Jésus-Christ : Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom, et en votre nom opéré des miracles? Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité^ leur répondra-t-il, je ne vous ai jamais connus.

5-6. Wallez point vers les Gentils^ et n'entrez point dans les villef d^s Samaritains ; mais allez de préférence aux brebis de la maison^

CH. XLi. LÀ VIE DE N. S. JÈSnS-GHRIST. 5

d^ Israël qui se sont perdues. — Comme s'il leur disait : Ne croyez pas que j'aie aucune aversion pour les JuifSi bien quMls m'aient accablé 4l'outrages^ jusqu^à publier que j'étais possédé du démon. CTestcux^ au contraire^ que je voudrais ramener d^abord, et je vous défends d'aller prêcher à d^autres ; c'est à eux que vous devez vous présenier comme leurs docteurs et leurs médecins ; ainsi^ n'allez chez aucun autre peuple ^ n'entrez pas même dans les villes des Samaritains. Quoique ces derniers fussent moins hostiles et plus disposés à recevoir les vérités de la foi, Jésus ordonne à ses apôtres de les négliger pour ^'occuper uniquement des plus pervers. Son dessein est de toucher les Juifs par cette préférence exclusive ; de les disposer à écouter du moins la doctrine des apôtres; de faire tomber Faccusation quMls poriaient contre ces derniers, en disant qu'ils allaient enseigner les incirconcis ; et de ne laisser à leur haine aucun prétexte plausible. Il les appelle des brebis perdues, mais il ne les accuse pas encore de s'être perdues par leur faute. En un mot, il ne cesse de leur montrer le pardon toujours prêt à s'échapper de ses lèvres et de son cœur ; il cher- -che, à force de bonté, de patience et de miséricorde, à toucher ces x^œurs ulcérés, et à triompher enfin de leur coupable résistance.

(Saint Jean Chrysostôue.)

7. AlleZy et prêchez^ en disant : Le royaume des deux est proche. — Admirez ici la grandeur des apôtres et la haute dignité de leur ministère. Jésus-Christ ne les charge pas de. promettre des biens sensibles, comme l'avaient fait autrefois Hoïse et les prophètes : ils ont mission •d'annoncer des choses nouvelles et inouïes jusqu'alors. Les prophètes ne promettaient qu'un bonheur terrestre ; mais les apôtres annonçaient le royaume du ciel, et promettaient des biens éternels. Et ce n'est pas seulement l'excellence des promesses de l'Evangile qui rend les apôtres préférables aux prophètes, mais encore cette obéissance si prompte qu'ils témoignent à Jésus-Christ. Us ne s'excusent point, ils ne résistent point comme quelques-uns des prophètes ; mais, sans se préoccuper des dangers qui les attendent, des combats sanglants qu'ils auront à soutenir, des tortures sans nombre et des supplices inouïs qu'on leur prépare , ils volent à Tenvi où le divin Maître les envoie, trop heureux de devenir les prédicateurs du royaume des cicux.

(Saint Jean Chrysostôme.)

10, Ne portez rien en chemin^ ni sacy ni provision^ ni une seconde iunique^ ni une double chaussure. — Gomme ils vont annoncer le royaume de Dieu^ le divin Hailre veut qu'ils soient comme des anges descendant du ciel ; qu'exempts de tout soin et de toute inquiéludo

< LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. xu.

au sujet des besoins du corps, ils puissent voler avec la légèreté et la rapidité des esprits célestes vers les lieux où leur mission les appelle, et qu'ils soient tout entiers à l'œuvre de régénération qui leur est confiée. Jésus-Christ leur fait une loi de la pauvreté la plus absolue, afin que non-seulement leur ministère ne soit point soupçonné d'avarice ou dUntérèls matériels, mais encore afin que les peuples, admirant leur vertu, soient plus disposés aies entendre, el à recevoir leur parole comme étant véritiiblement la parole de Dieu. Car, croyons-le bien, rien ne concilie mieux au ministre de la parole sainte le respect des peuples, rien ne Penvlronne plus efficacement de ce prestige de dignité dont il a besoin pour la conversion des âmes, qu'une vie détachée de toute recherche, el qui sait se contenter des choses qu'on lui présente. Ensuite le Fils de Dieu veut que ses apôtres se reposent entièrement sur l'assistance toute-puissante qu'il leur a promise. (Euthymiis.)

10. Ne portez rien en chemin, ni sac^ ni provision, ni une seconde tuniquey ni une double chaussure. — Une noble simplicité a mille fois plus de dignité aux yeux du monde même, que tout le vain appareil d'une magnificence déplacée : jamais les ministres de l'Église n'ont été plus honorés que dans les siècles où ils parurent plus pauvres et plus modestes. Corneille, cel officier romain, tout Gentil qu'il est encore, se jette aux pieds du prince des apôtres, qu'il trouve logé sur le bord de la mer chez un simple ouvrier. Sa parure, sa suite, tout répond à la pauvreté et à la simplicité de son logement; c'est la piété, «'est rinnocence, c'est je ne sais quoi de divin que la sainteté répand sur le visage de cet apôtre, qui fait sentir à Corneille la grandeur de cet homme et rexcellence de son ministère. Les honneurs que Fofficier de la reine Candace rendit à Philippe, en le faisant monter sur son char, furent-ils fondés sur la pompe qui environnait ce ministre de Jésus-Christ 7 L'homme de Dieu était à pied, portant dans la simplicité de son maintien la ressemblance d'un prophète ; et à l'édat céleste que la grâce répand sur son visage, cet officier le prend pour Fange du Seigneur, envoyé pour l'instruire et lui montrer la voie du salut. Un saint Léon, accompagné de sa vertu et de la seule dignité de son sacerdoce^ un Benoit dans sa solitude, arrêtent-ils la fureur et les ravages de deux princes barbares, et les forcent-ils de respecter en eux la présence du Dieu dont ils sont animés, par la magnificence qui les environne , où par la sainteté de leur vie et Téminence de leur vertus ?... Un Augustin, vêtu simplement, et ne se nourrissant que de simples légumes, quels honneurs ne reçut-il pas de son siècle? Basile le Grand, dont

CB.XU. LÀ YIE DE N. S. JKSUS^.URIST. 7

toutes les ricbesses, après sa mort, se réduisirent à une croix^ n'en est pas moins Toracle de TOrient. Exupère, ce pasteur si respectaUe, pousse si loin Texcès de son détachement et de ses largesses^ qu^il est réduit à porter la divine Eucharistie dans un panier d^osier, et le sang de Jésus-Christ dans un vase de terre... Je ne vous dis pas^ regardez et faites selon ce modèle : ces grands exemples ne sont plus de nos mœurs; mais je vous dis : voyez si TEglise perdait quelque chose de sa majesté dans la simplicité et la frugalité de ces pasteurs illustres...

(Massillon.)

14. Si Von ne vous reçoit points et que Von n'écoute point votre parole^ retirez-vous ; et lorsque vous serez hors de celle maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos piedSy en témoignage contre eux. — Le Fils de Dieu, dans son Evangile, après avoir béatifié ceux qui entendent la divine parole et qui la mettent en pratique, semble, par une règle toute contraire, avoir réprouvé ceux qui ne l'entendent point, ou qui n'en tirent nulle utilité pour la réformation et la conduite de leur vie. l^iais on ne pèche, me direz-vous,que par Finfraction de la loi ; et quelle loi nous ordonne d'entendre les prédicateurs et de faire de leurs prédications Fusage que Ton nous demande ? Ah ! qu'il n'y ait point sur cela de loi particulière, j'en conviendrai, si vous le ▼oulez; mais n'y a-t-il pas une loi générale qui vous ordonne de prendre les moyens dont Dieu a fait choix et dont il s'est servi dans tous les temps pour l'ouvrage de votre salut? Comment pouvez-vous vous persuader qu'il ait établi le ministère évangélique, qu^lyait attaché des grâces spéciales, qu'il y ait consacré des hommes unique* ment occupés de ce pénible emploi, qu'il en ait fait un devoir, une vocation, un état si laborieux, sans vous faire pareillement etconséquemment à vous-mêmes un devoir, non-seulement de les révérer comme vos nuiitres, mais de les suivre comme vos conducteurs, et de marcher dans les routes qu'ils vous montrent? Hais si c'est un crime devant Dieu de ne profiter pas de sa parole, je prétends encore que ce seul péché vous rend inexcusables dans tous les autres péchés que vous commettez. Car à quoi se réduisent toutes vos excuses? ou à l'ignorance ou à la faiblesse. Mais voici ce que Dieu aura pour répondre à ces prétextes, et comment il se servira, pour vous condamner, du don même qu'il vous aura fait de sa parole pour vous sanctifier. 11 est vrai que vous ne saviez pas, vous dira-t-il ; mais parmi le peuple fidèle où vous avez vécu, il y avait des ministres dont la principale fonction était de vous ouvrir les yeux; il ne tenait donc qu'à vous d'être in» struits. 11 est vrai, la loi était difficile ; mais vous deviez donc pour cela

B LA YIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. ch. xli.

même avoir recours à la parole de votre Dieu : elle eût excité votre cœur froid et languissant^ et eût réveillé votre foi^ fortifié votre espérance, rallumé votre charité et votre courage. (Bourdaloue.)

16. Soyez donc prudents comme le serpent^ et simples comme la co* lombe, — Cest-à-dire prenez la prudence du serpent, non son venin, non sa fureur. Si vous prenez le venin, David vous crie : a Leur fureur est semblable à celle du serpent, d Opposez prudence à prudence, non pour tendre des pièges, mais pour les éviter. Le Dieu bon ne veut pas que vous soyez méchants^ mais prudents. La méchanceté et la prudence sont deux choses bien différentes : Thomme prudent ne cherche point à nuire, mais à se garantir du mal qu^on voudrait lui faire; le meurtrier, le trompeur, celui qui trame de mauvais desseins, sont méchants. Jacob était prudent, prudent comme le serpent, mais il ne répandait pas comme lui un venin fatal. Près d'aborder son frère Esau, qui était rempli de méchanceté, qui ne respirait que le meurtre, il invoque Dieu : Seigneur, lui dit-il, délivrez-moi des mains de mon frère Esaû, car je crains extrêmement sa violence. Lorsqu'il est devant ce même frère, il calme sa fureur par la bonté, la politesse, les égards ; en un mot, par tous les moyens que suggère la prudence. Soyez donc prudents comme le serpent, nous dit le Sauveur ; et il ajoute : Soyez en même temps simples comme la colombe. La colombe peut être une image de vice et de vertu ; voici comment : Si vous êtes inconsidéré, indiscret, si vous ne prenez dans la colombe que ce qu'elle a de mal, Dieu vous blâme dans TEcriture : Ephraîm, dit-il, est comme une imprudente colombe qui manque dUntelligence. Si donc vous venez à être simples sans être imprudents, vous avez une prudence parfaite, celle que vous recommande le Seigneur Jésus.

(Saint Jean-Chrysostômb.)

16. Voilà que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. —Ce n'est point par la force ni par la violence que la foi a été plantée : car le premier avis que reçurent les disciples de Jésus-Christ fut qu'on les envoyait comme des agneaux au milieu des loups : ils le comprirent si bien, que, sans faire nulle résistance, ils se laissèrent égorger comme d'innocentes victimes. Le mahométisme s'est établi par les conquêtes et par les armes ; l'hérésie, par la rébellion contre les puissances légitimes ; la loi de Jésus-Clirist seule, par la patience et par l'humilité. Ce n'est point la douceur de cette loi, ni le relâchement de sa morale, qui fut le principe d'un tel progrès : car cette loi, toute raisonnable qu'elle est, n'a rien que d'humiliant pour l'esprit et

cn.XLi. LA VIE DE N. S. JëSUS4:HRIST. 9

de mortiOant pour le corps. On conçoit comment sans miracle le pa» ganisme a eu cours dans le monde, parce qu'il favorisait ouvertement toutes les passions, quUl autorisait tous les vices, et quMl n'est rien de phis naturel à l'homme que de suivre ce parti ; mais ce qu^on ne conçoit pas, cVst qu'une loi qui nous ordonne d'aimer nos ennemis et de nous haïr nous-mêmes ait trouvé tant de partisans. Ce n'est point l'effet du caprice : car jamais le caprice, quelque aveuglé qu'il puisse être, n'a porté les hommes à s'interdire la vengeance, à renoncer aux plaisirs des sens et à crucifier leur chair. Que s'ensuit-il de là ? je le répète : qu'il n'y a qu'un Dieu , mais un Dieu aussi puissant que le nôtre qui ait pu conduire si heureusement une pareille entreprise et la faire réussir ; et que Jésus-Glirist, l'oracle de la vérité, a donc eu sujet de conclure, quoiqu'il parlât en sa faveur : c'est l'œuvre du Seigneur, et le doigt de Dieu est là. (Bourdaloue.)

17. Ils vous traduiront devant leurs conseils et vous flagelleront dans leurs synagogues. — Ces hommes, à qui Jésus-Christ donnait l'univers tout entier à réformer, savaient bien à quelles épreuves ils allaient être exposés; qu'ils n'auraient pas à combattre seulement chaque nation et chaque ville en particulier, mais qu'il n'y aurait pas une maison qui ne fût le théâtre de la guerre. En effet, à peine leur doctrine avait-elle commencé à prendre racine, qu'on la vit séparer le fils d'avec le père, les filles d'avec leur mère; partager les frères en deux camps, armer le serviteur contre le maître, l'époux contre l'épouse. D'un autre côté, inimitiés profondes, guerres continuelles, résistance opiniâtre, et souvent persécutions sanglantes de la part dos peuples et des rois, des villes et des campagnes; en un mot, toutes les conditions déchaînées contre eux, les poursuivant à outrance, et les frappant jusque dans leurs disciples. Tel fut le partage des apôtres; et la haine publique servait en cela les ordonnances des princes, les préjugés de la coutume et du pays. On ne leur pardonnait pas de détourner les peuples du culte des idoles, de mépriser les temples des dieux si longtemps adorés, d'avoir en horreur toutes les croyances antiques, et de vouloir les renverser pour établir celle d'un Dieu unique, né d'une vierge, traîné devant un tribunal, chargé d'opprobres, et mort sur une croix. Quant à la Passion que Jésus-Christ avait soufferte, nulle difficulté d'en établir la certitude; mais pour sa résurrection, comment la persuader à de tels hommes 7 Et pourtant elle est devenue un dogme de foi pour toute la terre. On avait beau ne laisser aux nouveaux disciples que les prisons pour demeure, les dépouiller

10 UL YIE DE N. S. JÉSUS-GURIST. CH. xu.

de leurs biens, les faire mourir, leur nombre ne faisait que s'accroître. Les persécutions, bien loin de ralentir le progrès de la religion chrétienne, ne font que Faccélérer. (Saint Jeah-Ghrtsost&he.)

ÉLÉVATION

Nous avons encore au milieu de nous, Seigneur, ces disciples zélé» que vous envoyez aux brebis de la maison disraël. Partout voire royaume est annoncé, votre sainte parole distribuée abondamment, les remèdes qui doivent guérir les plaies de nos âmes offerts à tous, et la vie rendue à ceux auxquels le péché l'avait enlevée. Le zèle le plus actif, le dévouement le plus complet mettent chaque jour, à toute heure, entre nos mains et sans espoir de récompense ici-bas pour ceux qui nous les dispensent, toutes ces sources de salut ; et tout cela nous touche peu. Seigneur, nous ne savons pas entourer d'honneur et de respect ceux que vous avez élus pour enseigner votre sainte doctrine, que vous avez investis d'une partie de votre autorité, auxquels vous avez donné surtout l'étonnant pouvoir de vous appeler du ciel sur la terre, pour être à jamais la consolation et la vie de notre âme. H n'en sera plus ainsi désormais, ô mon Dieu, au lieu d^exercer sur vos ministres la sévérité de nos jugements, si souvent injustes, nous écouterons avec docilité et respect les vérités sévères qu'ils ont mission d'annoncer en votre nom, et nous ne nous étonnerons plus si nous découvrons en eux quelques faiblesses , triste apanage de llmmanité. Nous verrons alors reposer sur notre maison les bienfaits de la paix, que vous avez ordonné à ces messagers de la bonne nouvelle d'appeler sur ceux qui les reçoivent comme vos envoyés, et les dépositaires de votre autorité divine. Éclairez-les de plus en plus. Seigneur, et venez nous enseigner à tous ces voies de la prudence où vous voulez que nous marchions ; donnez-nous la simplicité de l'esprit et du cœur ; écartez loin de nous les pièges que l'ennemi de tout bien nous tend à chaque pas ; que votre sagesse réside en nous et anime toutes nos actions aussi bien que nos paroles. Eclairés ainsi par vous, mon Dieu, rendus forts de votre force, nous ne craindrons plus, quand il s'agira de votre service, les railleries ou la haine du monde, des amis, des parents même; car nous savons qu'une seule chose est nécessaire, savoir, de persévérer jusqu'à la fin , puisque le salut n'est qu'à ce prix.

Page 1