Que celui qui a des oreilles qui entendent, entende I
19. Lorsqu'il fut entré dans la maison, après avoir quitté le peuple, ses disciples, s'approchant, lui dirent : Savez- vous que les Pharisiens, en entendant cette parole, se sont scandalisés?
guat mihi populus hic ot$ $uo, et labiis m&kanorai; ce peuple s'approche de moi ea paroles, et m*bonore des lèrres.
^f M, Od abase souvent de ces paroles pour s'auforiser]à violer la loi par laquelle l'Église prescrit, comme pratique de mortification, l'abstinence d'aliments gras à certains jours de l'année. Que ce ne soient pas les viandes elles-mêmes qui souillent Tàme, tout le monde en convient, et TÉglise a toujours enseigné ainsi; mais Jésus-Christ n'a-t-il pas recommandé la mortification comme un des points essentiels de sa loi? D'an autre côté, n'a-t-il pas donné à son Eglise le pouvoir de régler toutes choses concernant l'accomplissement de œtta loi qu'il apportait au monde? Personne ne peut le nier. Non, encore une fois, les viandes ne souillent puint; maif
At ille reipondeiit, ait :
Omnit planlatio quam non plantatU Paler meus oodeatia, eradicabilor.
Sinite illoa ; end tant , et daces caecoram. Caecna aotem û caeco ducalum pra>stet, ambo in foTcam eadnnU
Reapondens antem Petras, dixit ei : Edisoere nobia parabolam ial4in,
At ille dtkit : Adhnc et Yoa une intelleclo esUs?
^ Non intelligilis quia omne exlrinaecùa introiena in bominem , non polest eam commujiicare : c^aia non intrat in cor eina, sed in Tcntrem tadit et in aeccawœ exit pnrgans omnca escas?
* Quo! aolem procednnl de ore : de corde «seunl , et ea coinqoinant bominem;
De corde enim exennt coeitationes malae, homicidia, adnlieria, fomicaiiones, farta, falsa tcatimonia, blaaphemla.
^ATaritîvt neqnitiaet dolos, impadiciliae, ocolus maloa, sopeibia, Itnltitia.
LÀ YIE DE N. 8. JÉSVS-CHBIST. ch. xlviii.
20. Jésus leur répondit : Toute plante que mon Père céleste n'a point plantée sera arrachée.
21 . Laissez-les : ce sont des aveugles et des conducteurs d'aveugles *. Or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse.
22. Pierre, reprenant, lui dit : Expliquez-nous cette parabole.
23. 11 leur dit : Quoi I vous-mêmes, vous êtes encore sans intelligence?
24. Vous ne comprenez point qu'une chose extérieure, entrant dans l'homme, ne saurait le souiller, parce qu'elle ne va point dans le cœur, mais dans les entrailles, lesquelles ensuite rejettent ce qu'il y a d'impur dans les aliments?
25. Mais les choses qui sortent de la bouche viennent du cœur , et souillent l'homme.
26. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les homicides, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes ;
27. L'avarice , les vengeances, la fourberie, les impuretés, l'envie, l'orgueil, la folie ^ ;
la violation d*ane loi de Jésus-Christ et d'une ordonnance de son Eglise, yoilà ce qui souille Tâme.
* f 2i. 11 y avait alors chez les Pharisiens une maiime ainsi formulée : La parole du Scribe doif passer avant la loi ; quand il vous dirait que la droile est la gauche et que la gauche est la droite, écoutez-le.
^ y 27. Le péché est la folie du cœur*
CH. xvviii. LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CnRlST. 73
omniâ lise mda gg. Tous CCS maux procèclcnt du cœur •,
ab iDtus proccdnnl , et ^
lioni^h'âùi^Zl^. ^t souillent l'homme; mais manger sans
c^aqi^^^'^bomLiT" s'être lavé les mains ne le souille point.
1 ^ â8. De sa mauvaise dispositioDi et du consentement qu*il donne à la violation de la loi de Diea.
7. Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu pour suivre votre tradition? — Cet homme extérieur que forme la sagesse humaine, cet homme tout en surface et en représentation, qui ne connaît de devoirs que ceux des bienséances, de vertus que les procédés^ et de principes que les considérations ; ce pliilosophe pour le public, et qui n'agirait jamais si le public ne le regardait pas ; cet homme probe de nouvelle invention^ qui se croit sage parce qu^il est bien avisé; qui s^abstient du mal^ non parce qu'il est mal , mais parce qu'il est nuisible ; enÛD, cet homme moral selon le monde^ plus occupé de sa réputation que de sa conscience, plus soigneux de ses démarches que de ses penchants, et plus affligé de ses indiscrétions que de ses désordres^ ne pouvons-nous pas lui dire aussi avec Jésus-Christ : Pourquoi donc avez-vous mis la loi de l'hypocrisie à la place de la loi véritable? Vain simulacre de vertu, il se compose, il ne change point; il se contient, il ne s'amende point; il a de la réserve, il n'a pas de justice ; il a de l'honneur, il n'a pas de vertu ; il fait des actes de vertu, il n'est pas vertueux : tout au plus, il est honnête homme, mais il n'est pas homme de bien. Ce n'est donc point aux Pharisiens seulement que s'adresse ici le Sauveur : il dévoile en même temps ces sépulcres blanchis par la philosophie, qui ne renferment que des squelettes décharnés, des ossements arides, vils jouets de la pourriture et des vers; je veux dire tous ces beaux parleurs de vertu, quin*en font qu'un spectacle vain pour amuser les hommes; il foudroie cette sagesse de parade, cette morale de commande, qui ne forme que des acteurs ; il brise ce masque imposteur de l'honneur humain, pour élever sur ses ruines cette vertu, fille du ciel, qui ne tient en rien à la terre. (De Boulogne.)
9-10. Et selon vousj il suffit qu'un homme, pour itre dispensé d^hofiorer son père ou sa mère, leur dise : Tout ce que f ai qui pourrait vous être utilejje l'ai voué à Dieu. — Ils avaient appris aux enfants à mépriser leur père et leur mère, sous prétexte de piété; et voici l'artifice dont ils se servaient pour déguiser cette horrible conduite sous un
71 LA VIE ]>£ N. S. lÉSUS-CHRIST. en. UTm«
masque de religion. Lorsque le père demandait à son fils une brebis^ une génisse, ou quelque chose de semblable, le fils répondait : Ce que vous désirez de moi, mon père, n'est plus en ma puissance; il est déjà consacré à Dieu; ainsi je ne puis vous le donner. Double prévarication de la part de ce fils corrompu : car, d'un côté, il n'offrait rien au Seigneur; el de Tautre, il foulait aux pieds les devoirs les plus essentiels de la piété filiale ; il abandonnait ses parents, sous prétexte de servir Dieu, et il outrageait Dieu dans ses parents abandonnés. Cependant Jésus-Christ ne leur fait point d'abord ce reproche : il leur rapporte la loi de Moïse, par laquelle il montre jusqu'où doit aller le respect des enfants envers leurs parents. Or, si celui qui déshonore son père ou sa mère par des paroles est puni si sévèrement, semble-t-il leur dire, combien plus terrible encore doit être le châtiment de celui qui les déshonore par ses actions, et de plus enseigne aux autres à commettre le même crime? Comment vous^ sur qui pèse une responsabilité si grave, osez-vous accuser des hommes dont la seule faute est de n'avoir pas observé une tradition vaine, sans autorité, que vous-même avez établie pour vous donner de l'importance aux yeux de vos semblables? (Saint Jean-Chrvsostôme.)
9. Et selon vous^ il suffit qu'un homme , pour être dispensé d'honorer son père ou sa mère, leur dise : Tout ce que fai qui pourrait vous être ntiley je Vai voué à Dieu. — Au temps où Jésus-Christ vivait sur la terre, les Juifs, abandonnant sans scrupule les points les plus essentiels de la loi, se faisaient un devoir rigoureux de n'omettre aucune des observances minutieuses introduites par l'usage et la superstition; aujourd'hui, sous prétexte de s'en tenir à la loi, on méprise, on poursuit de ses sarcasmes les pratiques religieuses qui n'y sont point formellement prescrites, si sages et si consolantes qu'elles puissent être d'ailleurs. Evitons également ces deux écueils. La vertu prudente et solide tient toujours un milieu juste et équitable; c'est l'humeur toute seule qui aime les extrémités. N'ajoutons rien du nôtre à la religion : elle est pleine d'une raison sublime, pourvu que nous la laissions telle qu'elle est; mais, dès que nous voulons y mêler nos goûts et nos idées» ce n'est plus qu'une philosophie sèche et orgueilleuse, qui donne tout à la raison, et qui ne fournit rien de tendre pour le cœur, ou qu'un zèle superstitieux et bizarre que la saine raison méprise, et que la foi désavoue et condamne. Rendons, par une vie soutenue et par l'équité de toute notre conduite, la vertu respectable à ceux mêmes qui ne l'aiment pas, montrons au monde, en mettnni chaque chose à sa
en. XLTUi. LA VIE DE N. S. JLSUS-CHRfST. 75
place dans qob actious, que la piété n'est |iâs une humeur ou une faiblesse, mais la règle de totis les devoirs, Tordre de la société, le bon sens de la raison, et la seule sagesse où Thomme doive aspirer sur la terre. Entrons dans les maximes de la religion et dans toute la dignité de ses préceptes, et forçons les ennemis de la yeiiu de convenir que la piété toute seule sait ennoblir le cœur, élever les sentiments, former des âmes grandes et généreuses ; et que rien n'est si petit , si puéril qu'une âme que les passions guident et dominent Mettons la vertu en honneur en lui laissant tout ce qu'elle a de divin et d'aimable,sa douceur, son équité, sa noblesse, sa sagesse, son égalité, son désintéressement, son élévation; le monde, tout injuste qu'il est, serait bientôt récon cilié avec la piété, si nous en avions une fois séparé nos faiblesses.
(BOURDALOCE.)
13. Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. — Tout culte extérieur se rapporte au renouvellement du cœur comme à sa fin principale. Toute action de piété qui ne tend pas à établir le règne de Dieu au dedans de nous, est vaine; toute pratique sainte qui subsiste toujours avec nos passions, qui laisse toujours dans notre cœur l'amour du monde et de ses plaisirs criminels, qui ne touche point à nos haines, à nos jalousies, à notre ambition, à nos attachements^ à notre paresse, est plutôt une dérision de la vertu qu'une vertu même. Nous ne sommes devant Dieu que ce que nous sommes par notre cœur et par nos affections ; il ne voit que notre amour ; il veut être l'objet de tous nos désirs, la fin de toutes nos actions, l'inclination dominante de notre âme. Dieu ne s'est manifesté aux hommes, il n'a formé une Eglise visible sur la terre, il u'a établi la majesté de ses cérémonies, la vertu de ses sacrements, la magnificence de ses autels, la variété de ses pratiques et tout l'appareil de son culte ^ que pour conduire les hommes aux devoirs intérieurs de l'amour et de Taction de grâces, et pour se former un peuple saint, pur, innocent, spirituel, qui pût le glorifier dans tous les siècles. Voilà la fin de tout culte établi de Dieu, et de tous les desseins de sa sagesse sur les hommes. Toute religion qui se bornerait à de purs dehors, et qui ne réglerait pas le cœur et les affections, serait indigne de l'Etre suprême, ne lui rendrait pas la principale gloire et le seul hommage qu'il désire, et devrait être confondue avec les vaines religions du paganisme. (Massillon.)
16 - 17. Et , appelant à lui le peuple , Jésus leur dit : Ecoutezmoi tous y et comprenez. Ce n'est point ce qui entre dans la bouche, mais ce qtn sort de la bouche y qui souille Vhomme. —Après avoir
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confondu les Pharisiens par sa réponse , après les «ivoir cités au tribunal de leur propre conscience où Moïse lui-même vient les accuser, Jésus les abandonne à leur perversité , pour s\idresser à la foule , moins orgueilleuse et plus docile. Prenant occasion de ce qu'il vient de dire, il s^en sert pour rejeter le discernement des viandes et pour abolir cet usage. Remarquez bien que déjà il avait touché et guéri des lépreux; qu'il avait flétri le rigorisme pharisaïque dans Fobservance du sabbat; quMl s'était montré comme maître des cléments; qu'il avait établi de nouvelles lois , et ressuscité des morts. Après tant de marques de sa divinité et de sa puissance souveraine, il commence enfln à parler des viandes, pour en faire cesser le discernement. Il avait évité jusque-là de porter atteinte à cette règle y parce qu'elle formait une partie considérable des pratiques légales, et qu'en la détruisant, il détruisait tout le reste. Car on en devait conclure qu'il fallait abolir aussi jusqu'à la circoncision elle-même. Jésus appelle donc à lui tous ceux qui venaient pour l'entendre : Ecoutez bien, leur dit-il, et comprenez. Ce n'est point ce qui entre dans la bouche, mais ce qui sort de la bouche, qui souille l'homme. Les Pharisiens se scandalisent, les apôtres eux-mêmes sont étonnés. La confusion des premiers les empêche d'élever la voix; les seconds n'osent pas non plus témoigner au Sauveur leur étonnement; mais ils saisissent un prélexle pour provoquer une explication : Savez-vous, disent-ils au Fils de Dieu, que les Pharisiens, entendant ce que vous venez de dire, en ont été scandalisés? Et pour être convaincu que telle était bien la pensée des apôlres, il suffit d'écouter ce que dit saint Pierre , le plus zélé de tous, et qui les prévenait toujours. N'osant pas avouer qu'il a été luimême scandalisé, il veut une explication qui le tire de l'état pénible où il se trouve. (Saint Jean-Chrysostôme.)
26. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées , les adultères , les fornications , les homicides , les larcins , les faux témoingnageSy les blasphèmes, r avarice y les vengeances. — De tous les péchés qui se commettent extérieurement par les organes du corps, il n'en est point qui n'ait pour principe une mauvaise pensée qui le précède, et rend l'homme impur du moment où elle est conçue dans le cœur, alors même que le crime n'a pas été exécuté. On n'est pas moins homicide, lorsqu'on ne s'abstient du meurtre que faute d'occasion ; pas moins voleur^ quand il n'y a que le manque de pouvoir qui ait empêché de prendre le bien d'autrui ; pas moins fornicateur, quand il n'y a que le défaut de complice qui en ait arrêté le dessein. « Dans une vo-
€H. XLViii. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 7T
Ion té perverse et crîminelle, ce n'est point précisément reffot qu'il faut regarder^ mais encore plus la volonté, Taffection du cœur, quoi* que reflet manque, parce qu'il ne dépend pas de Tbomnie; il est juste que la volonté soit punie, et qu'elle leisoit d^une manière proportionnée à sa mauvaise disposition, b (Saint Augustin.)
26. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées , les adultères, les fornications, les homicides, les larcins, les faux témoignages, les blasphèmes, V avarice, les vengeances, la fourberie, les impuretés, Venvie, l'orgueil et la folie. — Que l'homme est donc misérable de son propre fonds ! S'il rentre en lui-même, que de sujets d'humiliation ! que de germes de mort ont été déposés dans notre sein par le serpent séducteur ! Cependant , au milieu même de cette misère qui nous confond, quels augustes restes de notre grandeur ! que de témoignages éclatants de la bonté d'un juge miséricordieux qui, en nous châtiant, n'a pas voulu nous anéantir l Car, indépendamment de tant de secours qu'il nous a prodigués, pour nous apprendre à bien vivre et à reconquérir notre immortalité bienheureuse, quel riche fonds de connaissances il a bien voulu mêler à notre ignorance naturelle ! Jetons les yeux sur les productions de l'industrie et des arts qui nous environnent : quel empire le génie de Thomme ne s'est-il pas donné sur les animaux, pour les rendre tributaires de ses besoins ou de ses plaisirs ! Combien de secours ou de remèdes pour rétablir ou conserver la santé ! Combien de découvertes dans les sciences, et de chefs-d'œuvre de tous genres ! Quelle variété dans les discours, soit pour rétablir la vérité, soit pour la combattre, ou simplement pour délasser l'esprit! Comment expliquer tant de magnificence au milieu de tant de ruines? et peut-on douter qu'une nature si excellente, ouvrage d'un Diieu égî^lement juste et puissant, ne fût jamais tombée dans ces misères, si ces misères n'avaient été précédées, dans le premier homme, de quelque grand et énorme péché ? (Saint Augustin.)
26. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les homicides, les larcins, les faux témoignages, les blasphèmes, l'avarice, les vengeances, etc. — Il y a donc dans le cœur de Thomme un fonds de corruption inépuisable. Hais à côté de ce fonds de corruption, et pour empêcher l'âme de s'y engloutir, Dieu a placé une sentinelle toujours vigilante, ou plutôt un tribunal terrible, infatigable, et auquel il est impossible de se soustraire : c'est la conscience. Elle poursuit le crime jusque dans la pensée; et quiconque se rend coupable se condamne lui-même, à défaut de tout
W LA TIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. ca. xeTiit*
autre Accmntenr, non pas me fois ni deui^ nn»s k tons les instuots et jasqii'ao dernier souffle de la Vie. Le tempe liri-méme ne saurait près* erire contre le sentiment du crÎTne : fai eonsdenee est toujours là, se faisant tour à tour accusateur inexorable^ jnge sérère, et ministre îm* pitoyable de ses propres arrêts. L'ivresse de la passion peut quelquefois rendormir; mais bientôt elle se réveille^ et réveille avec elle le remords cuisant et le repentir amer. Dans Fardeur de ses désirs coupables, le pécheur a pu s'étourdir, et trouver quelque charme à satisfaire son emportement; mais, à peine a-t-il enfanté le péché ^ que la conscience lui met devant les yeux la peinture hideuse de son action, lui montre les souillures qu'il a contractées^ et lui rappelle que le péché, dès qu'il est consommé, dépose dans l'âme un fruit de mort dont les effets soûi infaillibles : dès lors plus de calme, plus de repos pour le coupable, mais des alarmes souvent renouvelées, des remords sans cesse renaissants, quelquefois même un tourment continuel, et je dirais presque un enfer anticipé. (Saint Jban-Chrtsostômb.)
ÉLÉVATION
Combien se Irouve-t-il encore parmi nous, Seigneur, de ces Pharisiens, scrupuleux observateurs des formes extérieures delà loi, qui vous honorent des lèvres; mais dont le cœur, enflé d'orgueil, reste si loin de vous! Combien de chrétiens qui ne connaissent que de nom les vertus sévères et sérieuses, dont la pratique journalière peut seule nous ouvrir l'entrée de votre royaume ! Où sont les patients, les humbles, les doux, les chastes, les âmes détachées de la terre , amis de la solitude et du silence, méprisant les richesses de ce monde , et ne s'attachant qu'aux seuls biens véritables, les biens de l'éternité? Âpprenez-nous, mon Sauveur^ à vous servir en esprit et en vérité ; ne permettez pas que nous nous contentions de pratiquer ces vertus faciles qui ont déjà une partie de leur récompense dans la louange des hommes, mais qui peut-être seront au nombre des plantes que votre Père céleste arrachera, parœ qu'il ne les a point plantées lui-même, c'est-À-dire parce qu'elles n^ont point ponr racines sa glmre et le désir de notre saloL Donnez-nous l'esprit d'obéissance, qui ne raisonne point, et se soumet avec simplicité aux préceptes de votre loi ; rendez notre cœur droit et pur; que toutes ses affections, toute sa volonté soient dirigées vers vous ; bientôt tous les germes des vices dont il est rempli dispa-* rattront, et votre amour et les vertus dont il est la source l'occuperont tout entier. Quil en soit ainsi. Seigneur !
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