‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 38 sur 141 · Ainsi le Fils de l'homme doit-il souffrir de leur part · texte numérisé non relu

Ainsi le Fils de l'homme doit-il souffrir de leur part

19. Alors les disciples comprirent qu'il leur avait parlé de Jean-Baptisfe* .

I f 15. L*apparition d*Élie sur la montagne «Jonnait à la parole des Pharisiens quelque chose de vraisemblable ; mais, comme Élie s'est retiré aussitôt, les apôtres ne savent plus à quoi s'en tenir.

' f 19. Jeeu-Baptiste était venu avec le zèle et la vertu d'Élie, c'est dans ce sens qu'il raut entendre la parole de Jésus-Christ. Mais Élie lui-même doit venir à la fin des temps pour convertir les Juifs et les préparer au second avènement du Sauveur.

CH.Lli. LA VIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. 111

2. Et il fut transfiguré en leur présence. — Afin d'inspirer à ses . apôtres le courage nécessaire pour envisager sans fléchir l'inslru-

ment de son supplice, et pour ne point rougir des ignominies de sa Passion, le fils de Dieu prend avec lui Pierre, Jacques et Jean; elles ayant conduits sur une montagne élevée, il laisse échapper à leurs yeux quelques-uns des rayons de sa gloire. CTest ce qu'il leur avait promis quelques jours auparavant, en leur disant que plusieurs d'en^ Ire eux ne mourraient point quMls ne Teussenl vu dans sa splendeur et sa majesté. Le but de Noire-Seigneur en se manifestant ainsi à ses apôtres était de les prémunir contre le scandale de sa mort, en leur laissant apercevoir quelque chose de Têlre divin qu'il cachait sous la nature humaine. Il voulait aussi faire entrevoir à son Église quel changement glorieux doit un jour s'opérer en faveur de chacun des membres dont il est le chef; il voulait nous affermir dans ce dogme de foi, qu'un jour les justes resplendiront dans le royaume de leur Père, comme l'astre de la lumière resplendit dans les hauteurs du del. (Saint Léon.)

3. Et voilà que deux hommes, Moïse et Élie, apparurent pleins de majesté. — On sait que les Juifs accusaient sans cesse Jésus-Christ de violer la loî^ et de blasphémer en se disant égal au Dieu suprême. Cet homme n^est point de Dieu, se disaient-ils l'un à l'autre, parce qu'il n'observe point le sabbat. Et ils ajoutaient^ parlant au Sauveur lui* même : Ce n'est pas à cause d^une bonne oeuvre, que nous vous lapidons , mais à cause d'un blasphème : parce que , n'étant qu'un homme, vous vous donnez comme étant Dieu. Afin de prouver par un fait palpable que ces accusations n'avaient d'autre cause que la malice des Juifs, qu'il ne violait pas la loi, et qu'il pouvait sans usurpation se dire égal à Dieu, Jésus-Christ fait intervenir les deux personnages les plus propres à confondre ses détracteurs, Hoitse, qui a donné la loi; et Élie, lé plus zélé défenseur des intérêts de Dieu. Et voilà que le législateur et le prophète s'inclinent devant lui. Que devient la calomnie après de pareils témoignages? J^sus-Christ voulait encore nous montrer qu'il est le maître de la vie et de la mort; que le ciel et les enfers eux-mêmes obéissent à sa voix : il fait paraih^e Moïse^ que la mort avait précipité dans la tombe; et Élie, qu^un char de feu avait enlevé de la terre au ciel. Quel exemple pour les apôtres, que ces deux hommes venant à leur maître comme pour prendre ses ordres ! Tous deux s'étaient présentés hardiment devant des princes endurcis, l'un devant Pharaon, et Taure devant Achab; tous deox s'étaient ex-

posés cent fois à la mort pour sauver un peuple désobéissant et rebelle. L'un fut plus lent à parler et plus doux; Tautre plus impétueux et plus âpre dans son extérieur. L'un et l'autre furent exempts d'avarice : Moïse n'avait rien en propre, et Élie ne possédait que le cilice dont il était revêtu. Jésus-Christ voulait que ses apôtres imitassent particulièrement dans l'un Tamour qu'il avait eu pour son peuple, et dans Tautre le courage inflexible qu'il avait témoigné en toutes rencontres.

(Saint Jean-Chrysostôme.)

3. Et voilà que deux hommes, Moïse et Êlie^ apparurent pleins de majesté et s'* entretenant avec luiy etc. — Dieu avait donné aux hommes sur la montagne de Sinaî une loi dont Moïse était le ministre^ l'interprète, et même, selon l'expression de TÉcriture, le législateur. Dans la suite des temps, il avait suscité des prophètes pour expliquer aux hommes cette loi, pour leur en faire connaître les préceptes, pour leur en reprocher la transgression, pour les y soumettre, et pour les engager, soit par des menaces, soit par des promesses, à l'accomplir. Mais, du reste, Moïse et les prophètes ne furent que les précurseurs de l'Homme-Dieu; et la loi qu'ils publiaient ne fut qu'une disposition à la sainte et nouvelle loi que Jésus-Christ devait apporter au monde. C'est pour cela qu'il parait entre Moïse et Éiie, l'un législateur, et l'autre prophète^ et qu'il y parait éclatant de lumière : c'est, dis-je, pour nous apprendre que toutes les ombres de l'ancienne loi étant dissipées, que toutes les prophéties ayant reçu un parfait accomplissement, il n'y a plus désormais que lui qui mérite d'être écouté et qui doive nous servir de maitre. Écoutez-le donc, ce nouveau législateur; écoulez-le d'autant mioux que la loi qu'il vient nous apporter est une loi éminemment raisonnable, et souverainement digne de notre amour. (Bolrdaloue.)

5. Seigneur, notre Maître, il nous est bon d'être ici; si vous voulez que nous y dressions trois tentes. — Quoi ! ô grand apôtre? des [)ensées si basses et si abjectes! Quoi I cet indiscret empressement ! Dégrader les mystères divins par des conceptions si humaines! Vouloir ériger trois tentes ! Où donc? Dans un désert. Mais vous confondez le maitre avec les serviteurs. Moïse a-t-il donc été, comme lui, conçu du Saint-Esprit? Élie a-t-il, comme Jésus, une vierge pour mère? Ont-ils été l'un et l'autre, comme lui, annoncés par un précurseur tel que Jean? Leur naissance fut-elle également signalée par quelque événement extraordinaire, tel que l'adoration des Mages? Comparez leurs miracles avec ceux de Jésus. Moïse a bien séparé les eaux de la mer ;

Jésus les a foulées SOUS ses pieds; et vous-même, ô Pierre I il vous a fait marcher sur les vagues en furie. Élie, par sa prière, a multiplié Phuile et la farine d'une pauvre veuve dont il a ressuscité Tenfant. Jésus, qui vous a mis au rang de ses disciples, de pêcheur que vousétiez, a rassasié, avec quelques pains plusieurs milliers de personnes, et il s'est enrichi des dépouilles de Tenfer. Loin donc de vous ces pensées terrestres et ces expressions humaines : « Établissons ici nos tentes, d Goûtez les choses qui sont plus haut. Cherchez celles qui sont dans une région sup4'rieure, non celles qui sont sur la terre. (Saint Procle.)

6. Ne sachant ce qu'il disait y car la frayeur les avait saisis. — D'où vient que UËvangile remarque que Pierre ne savait ce qu'il disait lorsqu'il exhortait son divin maître à fixer sa demeure sur le Tbabor? Cestque ce n'est pas connaître le christianisme, que de vouloir du repos et de la félicité avant le travail et les souffrances. Il fallait que le Christ souffrit, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire; telle a été la voie du chef, telle doit être la voie des membres, il faut que les chrétiens souffrent ici-bas, s'ils veulent qu'il partage un jour sa gloire avec eux; point d'autre porte que celle des souffrances qui puisse nous introduire dans ce séjour de délices qui nous est promis.

(Massillon.)

8. Voict mon fils bien-aimi^ en qui je me suis complu^ écoulez-le. — Ecoutez-le et croyez, et montrez votre foi par les œuvres qu'il prescrit... Hommes doctes et curieux, si vous voulez discuter sa religion, apportez-y du moins et la gravité et le poids que la matière demande; ne faites point les plaisants mal à propos, dans des choses si sérieuses et si vénérables. Ces importantes questions ne se décident point par vos demi-mots et par vos branlements de tète, par ces fines railleries que vous nous vantez, et par ce dédaigneux sourire. Ne pensez pas être les seuls hommes, et que toute la sagesse soit dans votre esprit. Vous qui voulez pénétrer les secrets de Dieu, paraissez, venez en présence; développez-nous les mystères de la nature, choisissez-en ce qui est loin, ou ce qui est près; ou ce qui est à vos pieds, ou ce qui est bien haut suspendu sur vos têtes. Quoi ! partout votre raison demenre arrêtée! Pauvre voyageur dans une région de ténèbres, au lieu de vous engager par un fol orgueil dans des détours infinis, acceptez sans rougir, acceptez avec reconnaissance la conduite qui vous est offerte; écoutez la voix du Fils de Dieu, et marchez dans le sentier qu'il éclaire devant vous. (Bossuet.)

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