Les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés
9. Ne craignez donc point : vous valez mieux qu'un grand nombre de passereaux.
1 0 . Celui donc qui me reconnaîtra * devant les hommes , je le reconnaîtrai , moi , devant mon Père qui est dans les cieux.
H. Et quiconque m'aura renié devant les hommes , moi aussi je le renierai devant mon Père, qui est dans les cieux.
^ t 5* Les toits des maisons de la Palestine» étant en plate-forme, on pouvait de là'pirler au peuple.
^ f 6. C'est-à-dire, ayant d'un côté les hommes, qui ne peuvent tuer que le corps ; et de l'autre, Dieu, qui peut tuer le corps et Tâme, n'hésitez pas à obéir à Dieu en vous déclarant pour son Évangile, d'autant plus que rien ne peut vous arriver sans la permission divine. —Les hommes pensent que la mort est la fin des maux; elle en est à peine le commencement. Le supplice du méchant, après la mort, est de subir une éternité d'agonie, et, pour ainsi dire, une mort sans fin. Cette sentence de Philon explique le mot perdre qu'emploie ici le Sauvenr
^ f iO, Le texte grec porte : niç euv ôtuç bftoXor/^cu iy I/aoI, omrUs et go qai eonfi* Uhitur in me, quiconque donc confessera en moi, c'est-à-dire en mon nom, eo ma puissance, pour marquer que celui qui fait cette confession ne la fait point par sa propre force, mais par le secours et la grâce de Celui qu'il reconnaît ainsi. Le verset suivant, au contraire, porte e^rtç ^ av àpvvivrirou /aï, qui autem negaverii me, mais
CH. XUI.
Noiilfl orbilrari qaia pAcem Tenerim millere w terram : non tent paoem millere, sed gla« dioin.
Yeni eniro separare hominem adversùa patrem sanm, et filiam ad- Tcrsùs matrem auam, et norum advenus socram
Et inimid homiois, dome»lici ejns.
Qai amat patrem eut matrem plbs qubm me, non est me dignus : cl
2a i amat ûlinm aut liain Mjper me, non est digDus.
Et qni non accipit cracem soam , et scquîtor me, non est me djgnos.
Qui Invenit animam snam , perdet illam ; et qa't perdiderit animam •Dam propter me, in« Teniet eam.
Qai recipit vos, ma recipit; et qui me recipit, recipit eum qui me misît.
12- Ne pensez pas que je sois venu apporter^ la paix* sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ,
13. Car je suis venu séparer le fils de son Père , et la fille de sa mère , et la bru de sa belle-mère*;
1 4. Et Thomme aura pour ennemis ses propres serviteurs.
1 5. Quiconque aime son père et sa mère plus que moi^, n'est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi j n'est pas digne de moi ;
16. Et celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas , n'est pas digne de moi.
17. Celui qui conserve sa vie*, la perdra ® ; et quiconque perdra sa vie à cause de moi , la trouvera.
18. Qui vous reçoit me reçoit, et qui me reçoit reçoit Celui qui m'a envoyé.
4»Iui qui aura renié moi, et non plus en moi, parce qu'il u'est besoin pour cefci d'aucun secours divin. . (Saint Jeah-Chrtsostôhe.)
' t 12. Gr. /8«A«rv,yacere, jeter, lancer.
^ f 12. La mauvaise paix, la paix dans le mal, la paix des pécheurs, des esclaves du démoD. Ce n'est pas ce fléau redoutable que Jésus-Christ vient lancer sur la terre; c*cst, au contraire, un glaive, signal d'une sainte guerre, pour le combattre et Texterminer. Ce glaive, c'est la parole de Dieu. (Saint Jérôue.)
' ^ 13. Le Fils de Dieu, qui estappelé dans l'Écriture le prince de la paix, prédit ici la guerre que va susciter la vérité évangéiique, par suite des dispositions perverses du cœur humain.
* 1 15. Quiconque, pour plaire à son père ou à sa mère ou à ses enfants , me reniera ou refusera d'embrasser ma doctrine, etc.
* f 17. Sous-entendu, en me reniant devant les hommes, comme il arrivait quelquefois aux chrétiens qui avaient la faiblesse et la lâcheté de sacrifier aux idoles, Or. b eujD&iy T^y ^^v aûroO, ille inveniens animam suam, le lâche qui trouve son salut dans l'apostasie.
* f n. Pour l'éternité.
Qui recipH prophelan in nomme prophète, ■lercedem pvophelae êocipiet ; el qui rccipit jastnn in aomine jc»ti, mercedem jmli «ccip'eU
El qaiconqne potam âederit uni ex niinimb is!i.H calicem aquae frigidae tantùm in nomine 'diicipoli» «nacn dice y^ bis, non perdet mer* cède m «aain.
^ Et exevnt«a pne4icabant ni pœnitentiam ■ferent.
* Ex factuin est cùm consommassct Jésus praici|>ieBs daodecim di»»
cipnlis sots, transi! t indè nt doceret et prscdicarct in civilatibas eonun.
19. Quiconque reçoit un prophète en qualité de prophète, recevra la récompense du prophète ; et quiconque reçoit un juste en qualité de juste, recevra la récompense du juste * ;
20. Et quiconque donnera , ne fût-ce qu'un verre d*eau froide ^ à boire à Tun de ces plus petits, parce qu'il est mon disciple, je vous le dis en vérité , il ne perdra pas sa récompense.
21. Et se mettant en chemin, les apôtres prêchaient que l'on fît pénitence *.
22 . Et Jésus , ay an t ache vé de donner ses commandements à ses douze disciples, partit aussi de ce lieu pour aller enseigner et prêcher dans les villes du pays *.
* f 19, C*e8t-à-dire, sera récompensé cooiine s'il était lui-même juste, ou prophète.
^ f ^i. Là mission des a pâtres dnra, selon toute probabilité, depuis le milieu d'octobre jusqu'au mois de mars; et les prédications de Jésus-Christ, Jusque dans le mois de décembre.
' f 22. Malgré l'ingratitude des peuples, Jésus-Christ n'attend pas qu'on vienne letrourer; c'est lui qui court au-devant ; il va chercher les malades jusque dans leur pays et dans leurs villes, leur portant les deux sortes de bienfaits les plus précieux, l'Évangile qui les appelle au royaume du ciel, et sa toute-puissance qui guérit leurs infirmités. (Sairt JsAH-CBRTiOBTâiiB.)
2. le disciple n'est pas au-dessus du Madré. — Quelle consolation pour un chrétien, pour un pasteur, pour un prédicateur, si on ne le croit pas , si on le méprise , si on le persécute , si on le déchire, si on le crucifie, et lui et ses discours ! on eu a fait autan là Jésus-Christ. C'est une suite du mystère de la croix, et c'est par de semblables contradictions que l'ouvrage de la rédemption a pris son cours. Car, à traversées contradictions, TÉvangile va où il doit aller ; et les bons exemples des
en. xui. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 15
chrétiens gagnent ceux qu'ils doivent gagner, et la main de Diou se fait sentir dans la résistance des hommes. (Bossiet.)
12. Ne pensez pas que je sois venu apportter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix^ mais le glaive.— iésns-Chrisl, en fondant son Église, prévoyait qu'elle serait dans un état de guerre continuelle. 11 Ta établie au sein des persécutions, et soutenue au milieu des schismes et des hérésies; il lui a promis son assistance et prédit des contradictions. Il veille sur ce navire heureux, et le dirige; mais c'est à travers les orages elles tempêtes qu'il le conduit. Les i>ortes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Église, nmis la combattront toujours. Son histoire est celle de ses combats et de ses triomphes. — Instruits par la parole divine et par une expérience continue de dix-huit siècles, nous devions nous attendre à voir s'élever de nos jours d'autres hérésies; nous devions prévoir que nous aurions à déraciner encore quelque nouvelle ivraie, semée pax* l'homme ennemi dans le champ fertile que nous sommes chargés de cultiver. Hais était-il possible d'imaginer les épreuves réservées par la Providence à nos malheureux temps? Ce ne sont plus des dogmes particuliers, c'est la Religion que Ton attaque : ses ennemis ne s'arrêtent plus à abattre ses rameaux, ils ont porté la cognée à la racine. Une contagion plus cruelle que l'hérésie a traversé les mers ; des régions livrées à l'erreur, elle est venue infecter nos contrées; du haut de la capitale, elle a répandu son funeste poison dans nos villes, et s'efforce de l'étendre jusque surnos campagnes; son souffle empesté frémit déjà autour de la cabane du pauvre et des ateliers de Tartisan; encore un moment, et il va y pénétrer, et il ira y dessécher toutes les vertus , y tarir toutes les consolations. Et quels remèdes seront praticables quand la masse entière sera corrompue ? Il était inconnu à nos pères, ce fléau de notre génération ! leur foi pure et tranquille ne soupçonnait pas ces pernicieuses maximes, aujourd'hui si accréditées; la religion était respectée même de ceux qui la pratiquaient le moins; ou, si l'incrédulité existait dans quelque coin du monde, timide et honteuse, elle se condamnait au silence, et cachait dans la poussière sa tête venimeuse.. .Toutefois ayons confiance! cette nouvelle tempête, quelque violente qu'elle soit, passera comme toutes les autres; ce nouveau torrent ira aussi se briser contre Fédifice de la religion sans pouvoi r l'ébranler, parce qu'il est établi sur la pierre angulaire , qui est Jésus-Christ. (De là Luzerne.)
13. Car je suis venu séparer le fils de son père ; la fille de sa mère y et la belU'fiUe de sa belle-mère. - Voici le sens de ces paroles : Comme
16 LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. xui.
souvent il arrive que dans une maison il y a un fidèle et un infidèle y que le père veut entraîner son fils au culte des idoles^ Jésus-Christ prédit cette circonskince. La prédication de ma loi^ dit-il ^ agira sur les cœurs avec tant de puissance, que, lorsquUl sera question de m'obéir, les fils n'auront plus d'égard pour la volonté de leurs pères; que les filles résisteront au commandement de leurs mères; que les exhortations des parents ne seront point écoutées^ tandis que, de leur côté , les esclaves de l'idolâtrie livreront au glaive de la persécution ceux des leurs qui auront embrassé le christianisme. Et ces derniers non-seulement résisteront aux remontrances de leurs parents et de leurs proches^ mais sacrifieront encore leurs jours, et supporteront tout plutôt que de renoncer à la foi. Comment, s'il n'a été qu'un homme, Jésus-Christ a-t-il pu prévoir, a-t-il pu prédire ces effets? Comment lui est-il venu de penser que les enfants le respecteraient plus que leurs pères, que les parents le chériraient plus que leurs enfants, que les femmes l'aimeraient plus que leurs maris, et cela dans tous les pays du monde? Qui oserait dire que l'événement n'a pas justifié la prédiction ? Combien d'hommes^ dès la naissance de l'Eglise, haïs pour la foi y chassés de la maison paternelle sans pouvoir y rentrer, ont trouvé une source intarissable de consolations dans cette pensée que c'était pour Jésus-Christ quMls souffraient! (S. Jean-Chrtbostôhe.)
16. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n^est pas digne de moi. — 11 vous a été ordonné de porter la croix et de marcher sur les traces de Jésus-Christ; et, comme un lâche soldat qui jette son bouclier, vous abandonnez vos armes spirituelles pour vivre dans la mollesse et le luxe, sacrifiant votre dignité aux vanités du monde. Que ceux qui sont époux et pères s'occupent des intérêts d'ici-bas, je le conçois; mais vous qui avez renoncé aux choses de la terre , et qui vous occupez encore des intérêts de la vie présente, ne méritez-vous point les plus sévères reproches? Si les ministres de la religion sont si souvent attaqués, n'est-ce point parce que quelques-uns d'entre eux, oubliant leur mission glorieuse, échangent les trésors du ciel contre les biens et les jouissances de la terre? Nos devanciers, ces hommes illustres, ne voulaient pas même administrer le bien des veuves j malgré les solides raisons qui pouvaient les déterminer à le faire; trouvant les soins dici-bas trop au-dessous de leur dignité , ils les laissaient à d'autres. Et nous, malheureux que nous sommes, nous ne rougissons point de donner tant de soins aux biens de ce monde , et d'en devenir quelquefois les esclaves I (Saint Jean Chrtsostôme.)
4cn. xi:i. LA VIE DE N. S. itSUSClIUlST. f
1:1^. Quiconque reçoit un prophète en qualité de prophète, recevra ia ^veompense du prophète; et quiconque reçoit un juste en qualité de juste^ trecetra la récompense du juste* — Considérez combien de raisons le âauTeur apporte pour persuader aux hommes de recevoir ses envoyés, «1 comme il encourage en même temps ses apôtres en leur faisant voir 4iue tous les hommes leur seront redevables. Celui qui travaille , Jeu r dit-il d'abord^ mérite qu'on le nourrisse; et par là il leur donne à comprendre que la nourriture et le vêtement qu'ils recevront des peul>Ies^ seront moins une aumône qu'une faible compensation pour les iMens spirituels qu'ils vont leur porter. Il insinue ensuite que le guerrier a bien droit aussi à quelque sacrifice de la part de ceux pour lesiguels il expose sa vie; et qu'eux feront en outre de grands miracles dans rintérét de ceux qui les auront reçus; que la paix et les bénédiclions célestes, que leur parole fera descendre, seront pour leurs hôtes 4in ample dédommagement. Puis il leur déclare que les villes qui ne les recevront point seront traitées plus sévèrement encore que ces cités infâmes sur lesquelles est venu fondre un déluge de feu , tandis ^ue celles qui les recevront, le recevront lui-même avec Dieu son f ère, et s'assureront la récompense ou du juste ou du prophète; que xeuzméme qui, sans taire pour eux de grands sacrifices, les assisteront >cn quelque chose, ne fût-ce que par un verre d'eau froide, seront aussi ip^andement récompensés. Il ne faudrait qu'une seule de ces considé- «alions pour engager les chrétiens à recevoir avec empressement les Aiinistres de Jésus-Christ, et jusqu'au moindre d'entre eux, car la ^parcde du Fils de Dieu va jusque-là : Celui qui donnera, ne fût-ce qu'un ^Kerre d'eau froide^ à l'un de ces plus petits, parce qu'il est mon disci- .ple... pour marquer qu'il récompensera cette charité, non selon le jnérite de l'envoyé^ mais selon le zèle et l'intention de celui qui l'aura Jieçu. (S. Jean-Chrysostôve.)
^. Et quiconque donnera^ ne fût-ce qu'un verre d^eau froide ^ à boire yà Fun de ces plus petits y parce qu'il est mon disciple y je vous le dis €» vérité, il ne perdra point sa récompense. — Que dire encore de ce ^erre d'eau froide, donné au pauvre au nom de Dieu, et payé de l'im- ^nortalité ? Quel autre que celui qui fait couler les fleuves a pu trouver tant de mérite dans un verre d'eau? Quel autre que celui qui a fondé les cieux peut les ouvrir pour si peu de chose, ou élever si peu de chose à toute la hauteur des plus grands sacrifices et des plus sublimes vertus? Quel philosophe aurait jamais osé parler d'un verre d'eau î Qu'est-ce qu'un verre d'eau aux yeux de la sagesse humaine? et aussi