‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 5 sur 141 · II · texte numérisé non relu

II

i« LA VIE DE N. S. JESUS-CHRIST. ch. xuu

bien y quVt-elle donc en elle-même pour élever ainsi jusqu'à Tinfini un si mince présent et une si petite offi-aude? Non y il n'y avait qu'un Dieu qui put offrir cet encouragement à la faiblesse humaine^ en donnant à la dernière des aumône9la plus grande des récompenses, et en jilaçant au même rang, dans Tordre moral, le denier de la veuve et le trésor des rois, ainsi qu'il fait entrer dans l'harmonie du monde la plus humble des fleurs, comme les cèdres les plus hauts et les plus superbes. (Db Boclogne.)

ÉLÉVATION

Comment, Seigneur, le chrétien qui médite attentivement votre saint Évangile peut-il hésiter un instant et vouloir autre chose que ce que dans vos profonds conseils, vous avez choisi pour vous-même et pour ceux que vous avez appelés au bonheur d'être vos disciples, la voie de la persécution et du sacrifice. En prédisant à vos apôtres vos souffrances et votre mort, vous leur annoncez aussi l'avenir qui leur est réservé : ils savent qu'ils doivent partager le calice de sang qui vous sera présenté, et dont vous épuiserez la part la plus amère; ils l'embrasseront avec ardeur; mais toutefois le disciple ne sera pas audessus du Maître. Ceux qui les ont suivis, héritiers comme eux de vos divins enseignements, nous les ont transmis au prix des mêmes tribulations, et c'est à travers les flots du sang des confesseurs, des martyrs de tous les sexes, de tous les peuples, de tous les siècles que nous est parvenu intact et plein d'autorité le dépôt de la vérité qui nous^ éclaire aujourd'hui, qui est l'objet de notre foi et qni fait l'espérance de notre bonheur à venir. Et nous voudrions lâchement arriver à rimmortalitc bienheureuse par des sentiers semés de fleurs j nous voulons les joies de la terre, jouissances du cœur, jouissances de l'esprit, aises de la vie, oubliant que ceux-là seuls moissonnent dans Tallégresse qui auront semé dans les larmes de la pénitence et des sacrifices. Seigneur, vous ne demandez pas de nous le courage et l'intrépidité des martyrs, ce n'est pas notre sang que vous voulez, c'est notre soumission absolue à votre volonté : nous l'accepterons donc désormais, sans jamais nous plaindre ni de ce qu'elle oi'donoe, ni de ce qu'elle souffre, ni de ce qu'elle permet. Amen.

Page 1