‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 82 sur 141 · Alors, un docteur de la loi se leva · texte numérisé non relu

Alors, un docteur de la loi se leva

' f 20. Dans le livre de vie, qui est aa ciel, tandis que los noms des méchants sont écrits dans la poussière, sur l'abîme où ils doivent être ensevelis.

* f ti* A ceux qui se piquent de sagesse et de prudence, aux philosophes orgueilleux cl aux prétendus esprits Torls.

* f ^\. A. ceux qui, comme les petits enfants, ne se prévalent ni de leur sagesse ni de leur prudence ; aux humbles.

* f 24. Les patriarches, plusieurs saints rois, et les prophètes, sont morts, emportant dans la tombe le regret de n'avoir pas vu le Messie, et de n'avoir pas entendu ses divines instructions : le prophète Siméon fut le seul qui eut cette consolation avant de mourir

CB. LXIIl.

ilhpiin, et diceiis : Ifa^ 1er, qiiid faciendo vilam cternam poisidebo?

At ille diut ad eam t In lege qoid Kriplam est? quomodb legi»?

nie respondens dixit t Diliges Dominam Denin iQDm ex toto corde too, et ex tolâ anima tu&, et ex omniboa Tiribos tai*, et ex omni mente tuA; et proximnm toam sicot teîpaum.

Dixilqne illi : Rectè respondiati ; boc Tac et mes.

Ute aulem volens jua* tificare »eip»uin, dixit ad Je»am : 1^ qais est mena proximus?

Soscipirns aalem Jeans, dixit : Homo craidam descendebai ab JeruMlem in Jeiicho, et incidit in lalrooes, qui etiam dcspoliavcrunt enm, et plagia impo&itist abierant NmiriTO relicto.

Aceidil aolem otsacer* dosqniilam descenderet efldem via et viso illo pnelerÎTit.

Simililer et Levila , dun esaet sec&s locam , et videret cnm , per transiîL

Samarilanos antem quidam iter faclens venit aecàs eam ; et videns cnm, misericordiâ motos

Et appropiansalligaTÎt vulnera ejua, infundena oleom et vioom : et imponena illam in jomen«

pour le tenter, et lui dit : Maître, par quelles œuvres posséderai-je la vie éternelle?

26. Jésus lui dit : Qu'estril écrit dans la loi? qu'y lisez-vous?

27. Il répondit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces , et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même.

28. Jésus lui dit : Vous avez bien répondu ; faites cela, et vous vivrez*.

29. Mais lui , voulant se donner pour juste*, dit à Jésus : Qui est mon prochain?

30. Jésus reprit, et dit : Un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho* tomba entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent , le couvrirent de blessures , et s'en allèrent, le laissant à demi mort.

31 . Or, il arriva qu'un sacrificateur allait par le même chemin; ayant vu cet homme, il passa outre.

32. Un lévite aussi, étant venu près de lui et l'ayant vu, passa de même.

33. Mais un Samaritain qui voyageait également, arrivant près de lui et le voyant, fut touché de compassion ;

34. Et s'approchant, il banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin ; et l'ayant

A f 38. Et vous aurez la vie élcrnellc.

> f 29. Voulant faire entendre qu'il avait accompli le commandement en ce qui concernait l'amour de Dieu, et qu'il ne lui restait plus qu'à voir si la seconde partie avait été également accomplie dans toute son étendue.

* f 30. On voit par l'histoire des Juifs que le chemin de Jérusalem à Jéricho était dès lors infesté de brigands, comme il Test encore aujourd'hui.

LA TIE DE H. S. JÉSITS4:3IRf8T, eu. ixni.

ta» «R», aoiit hi ite. mis sur son cheval , il le transporta dans une

bttlami et cocam ejoi, ^

•«•*• hôtellerie, et prit soin de lai.

a tfitai« 4Ui pr«*i^it 35. Et le jour suivant , tirant deux de-

doM deoanos , ei dedit ' '

«!*« h'S;*':"ii*ïî^: niers, il les donna à l'hôte, et lui dit : Ayez «^'^taCû^ra,*^ soin de cet homme ; et tout ce que vous dé-

dam tibL

penserez de plus, je vous le remettrai à mon retour^.

Quia bonim trumi 36. Do ces trois, lecTuel VOUS oaratt avoîr

▼idator Ubi proumua ' '

u^ii^ ^ inàdiiia ^(4^ iç prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ?

AtiiadîihiMfceit 37, Lo docteur répondit : Celui qui a

miMricordiam m illam. ^ *■

rt ta Lc^'ILS! ^^' exercé la charité envers lui- Jésus lui dit r

Allez, et iaites de même.

* t 35. Cei homme qui descend, qui va de la vision de la paix [Jêrumlêm. Fls<o paciM) dans le pays de rinstabililé {Jéricho, Luna, ingtabHUas)^ c'est le genre hamain, chassé da poradit terrestre, et Toiageant à travers les tribulations de la vie; les voIeurSp ce sont les démons et les passions mauvaises, qui ont dépouillé Thomme de son innocence et ont fait à son Ame des blessures mortelles ; le prêtre et le lévite ce sont les sacrifices et les cérémonies de Tancienne loi, lesquelles ont passé, tandis que le genre humain était à demi mort (mort dans son Ame et condamné & la mort oerporalle); elles ont v« ses plaies, mais elles n'avaient ni le vin mystique» le sang de Jésus-Christ, ni Thuile de sa grâce; force leur a donc été de continuer leur route. Le Samaritain (od/ulor, qui porte secoars), cet homme qui voyage hors de sa patrie, c'est le Fils de Dieu descendu sur la terre ; Thôtelierie, c'est l'Église, où Jésus-Christ confie le pécheur à ses ministres, œ qu'il doit payer à «on retour, c*est la récompense qu'il acoorden, lors de son second avènement. A ceux qui aunwit soigné les plaies du genre humain.

13. Malheur à toi, Corozaïmf malheur é toi, Bethsaïdet etc. — Cinq yilles^ dans raacienae alliaoce, ont été frappées de la malédiction du Seigneur :NiaiTe, Sodome^ Gomorrhe, Tyr et Sidon. Qnii villes aussi sont maudites au jour du Messie; mais la malédiction qui pèse sur elles est mille fois plus terrible encore que celle qui a frappé les cinq premières. La prédication de lonas avait suffi pour convertir Ninivej la mort du Messie n'a pu ramener Jérusalem à des sentiments meilleurs. Trois messagers célestes étaient entrés à Sodome^ au temps de ^ancienne alliance; Nazareth, comme une autre Sodome, avait vu

CH. Lxni. LÀ TIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. S23

pendant trente ans dans ses mars le Fils de Dieu : et ses habitants s'étaient montrés si injf^rats i sob égard, que pour échapper ^vant d'entre leurs mains , il aidait dû, non plus les frapper de cécité^ mais paralyser leurs mains homicides. Encore aujourd'hui ce proverbe. Peut-il sortir de Nasaretb <iuelqiie diose de bout se ▼érifle de la manière la plus complète et la plus effrayante. Gapharnaûm s'est conduite comme Gomorrhe : le doux rayon de la Grâce dÎTine est tombé sur cette ville ingrate sans Técliauffer; c'est pour cela qu*eBe a disparu de la ferre sans laisser de trace après elle. Bethsaide, ou Beth-Sidon , et Chorozaîm avaient imité Sidon et Tyr. Toutes ces villes de la Décapote, situées sur le lac béni de Génésareth, ont été plus coupables que celles de la Pentapole, situées sur la mer Morle : car elles ont outragé,, nonseulement les messagers de Dieu , mais Dieu lui-même. C'est pourvoi le Fils de l'Homme, secouant la poussière de ses souliers contre ces villes, appela sur elles la justice du ciel, et abandonna le pays de Génésarelh, et cette contrée, qui était autrefois un Eden de bonheur où le Fils de Dieu conversait délicieusement avec les enfants des hommes, comme il avait fait avec nos premiers parents dans le paradis terrestre, est devenu un désert qui porte visiblement les traces de la malédiction divine. (Le D' Sbpp.)

16. Celui qui vous écoute, c*est moi-même quUl ieoute.^L^lenvple de Dieu, chrétiens , a deux places augustes et vénérables, je veux dire l'autel et la chaire. Là se présentent les requêtes , ici se publient les ordonnances; là les ministres des choses sacrées parlent à Dieu de la part du peuple, ici ils parlent au peuple de la part de Dieu; là lésus- Ghrist se fait adorer dans la vérité de son corps, il se fait reconnaître ici dans la vérité de sa doctrine. 11 y a une très-étroite alliance en- Ire ces deux places sacrées, et les œuvres qui s'y accomplissent ont un rapport admirable. De l'un et de l'autre de ces deux endroits est distribué aux enfants de Dieu une nourriture céleste; létus-Christ prêdie dans l'un et dans l'autre. Là, rappelant à notre pensée k mémoire de sa Passion, et nous apprenant par ce moyen à nous sacrifier avec lui, il nous prêche d'une manière muette; ici il nous donne des instructions animées par la vive voix. Et si vous voulez encore un plus grand rapport : là, par l'efficace du Saint-Esprit et par des paroles mystiques, auxquelles on ne doit point penser sans tremblement, se transforment les dons proposés, au corps de Notre-Seigneur Jésus-Cbrist ; ici, pai* le même Esprit, et encore par la puissance de la parole divine, doivent être secrètement transformés les fidèles de Jésus-Clu:ist, pour être faits son corps et ses membres. C'est à cause de ce rapport adini«

«âl LA VIE DE N. S. JESUS-ClIUfST. cii. Lxni

rabic entre rautel et la chaire, que quelques docteurs anciens n'ont pas craint de prêcher aux fidèles qu'ils doivent s'en approcher avec une vénération ^semblable. (Bossuet.)

27. Et tu aimeras tan prachain comme toi-même. — La raison exige que celui à qui il est ordonné d'aimer son prochain comme soi-même sache d'abord comment il doit s'aimer lui-même. Se procurer à tout prix la paix et la tranquillité d'une bonne conscience, voilà où doit parvenir, avec l'assistance divine, le véritable amour de soi-même. Or deux choses constituent particulièrement une bonne conscience : se repentir du mal qu'on a fait, et s'abstenir de le faire de nouveau ; pleurer les fautes que l'on a commises, et n'en plus commettre qu'il faille pleurer. Une seule de ces deux conditions ne suffit point. Si la première suffisait sans la seconde, c'est en vain que David aurait dit, « Évitez le mal, » et Isaïe, « Cessez de commettre le mal ; » c'est en vain que Dieu lui-même aurait dit à Caîn^ « Tu as péché, ne pèche pas de nouveau. » D'un autre côté, si la seconde suffisait pour rendre la paix à la conscience après le péché, c'est en vain que le psalmiste se serait écrié dans son repentir^ «Heureux ceux dont les iniquités ont été par* données ! b C'est en vain qu'il serait dit dans l'oraison dominicale, c Remettez-nous nos dettes, comme nous les remettons à ceux qui nous doivent. » Celui qui possède véritablement ces deux vertus peut s'abandonner lui-même^ et en quelque sorte, se perdre pour gagner les autres à Jésus-Christ. Qu'il se fasse infirme avec les infirmes ; qu'il s'anime avec ceux qui souflrent le scandale; qu'il devienne, s'il le faut, Juif avec les Juifs^ et qu'il ne craigne rien avec une telle conscience ; que, comme Jérémie et Ézéchiel, il ne redoute pas de demeurer captif avecles prévaricateurs, en Egypte ou en Chaldée; qu'il ne craigne pas de devenir, avec le saint homme Job, le frère des dragons et des autruches ; qu'il souhaite, avec Moïse, d'être effacé du livre de vie ; qu'il désire, avec saint Paul, être frappé d'anathème et séparé de Jésus-Christ pour le salut de ses frères. Qu'il entre, si cela est nécessaire, dans la fournaise ; qu'il marche avec confiance au milieu des flammes, et qu'il chante, dans la satisfaction de sa conscience, a Quoique je marche dans les ombres de la mort, je ne craindrai point les maux. Seigneur, puisque vous êtes avec moi. » Comparons, si cela vous convient, les trésors des rois, la grandeur des royaumes, avec une telle confiance. Toute la félicité des grands de ce monde est-elle autre chose que misère à côté d'un si grand bien? Or, cette confiance naît de la charité, d'un cœur pur, et d'une bonne conscience. (S. Bernard.)

CH. LXiii. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 2.>5

31. Or y il arriva qu*un sacrificateur allait par le même chemin; ayant vu cet hommCy il passa outre. — Celle parabole peut bien avoir pour fondement une histoire réelle. En effet, le Talmud nous apprend que douze mille sacrificateurs, lévites, et autres serviteurs du temple demeuraient à Jéricho, la seconde ville de la Judée. Douze autres mille demeuraient à Jérusalem et dans les environs. Il y avait donc ordinairement sur la route de Jéricho beaucoup de sacrificateurs et de lévites qui allaient à Jérusalem pour y sei*vir tour à tour, ou qui en revenaient. La caverne des Assassins esta peu près à moitié chemin entre les deux villes. G^est là que Phomme de la parabole est attaqué et laissé comme mort. Le sacrificateur et le lévite le voient et continuent leur route. Un Samaritain, qui venait de Jéricho, touché de compassion, le transporte à Tauberge de Bachurim, située à une lieue environ de oet endroit, et à deux lieues et demie de Jérusalem. Le sacrificateur venait de Jérusalem, après avoir fini son service dans le temple. Son cœur aurait dû être animé des sentiments les plus nobles et les plus saints; mais il ne connaît point Tamour du prochain. Il craint de se souiller avec le sang du moribond. Esclave de la lettre de la loi, il n^en possède point Tesprit, tandis que le Samaritain, qui voyageait pour ses affaires et dont la tête devait être préoccupée des intérêts de la vie, est touché de compassion. (Le D' Sepp.)

33. Mais un Samaritain qui vogageait également, arrivant pris de lui et le voyant, fut touché de compassion. — Tel est le caractère de la charité, et tels sont les sentiments qu'elle inspire. Elle s'attendrit sur la misère du prochain ; et, sans se borner à une stérile compassion, elle y joint de salutaires effets, et ne refuse à aucun les secours qu'elle peut procurer. Ce charitable voyageur rencontre sur sa route un malheureux blessé mortellement et couché par terre ; à ce spectacle, toute sa piété s'émeut; et, suivant^le premier mouvement de son cœur qui l'emporte, il court à cet infortuné, lave ses plaies, le conduit luimême dans une maison, y passe tout un jour auprès de lui, et ne le quitte qu'après avoir fourni à toute la dépense nécessaire pour son soulagement. Hais savez-vous ce qui rehausse encore le prix de cette charité, et ce qui en fait tout ensemble le sujet de notre admiration et de notre indignation? C'est un Samaritain qui s'intéresse de la sorte pour un Juif, après que ce Juif s*est vu impitoyablement abandonné par un autre Juif, et même par un lévite; c'est, dis-je, un Samaritain séparé des Juifs et de mœurs et de religion; voilà ce que nous

devons admirer. D'un autre côté, qu'un Juif, qu'un lévite aient été inu. ib

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sensibles au malheur et au triste état de cet homme, uni si étroitement à eux par la même croyance et la même loi, qui peut y penser et n'en être pas justement indigné? Toutefois, rentrons en nousmêmes, et dites-moi si ce n^est pas là ce que nous voyons tous les jours dans le christianisme, où, malgré le même baptême, la même confession, la même foi qui nous lie tous d^un nœuà si intime et si saint, tant de chrétiens manquent de charité pour d'autres chrétiens? N'est-il pas vrai que souvent il y aurait à attendre de la part des idolâtres et des païens plus de condescendance dans nos peines, et plus d^assistance dans nos besoins? (Bourdaloue.)

33-34. Mais trn Samaritain qui eoyageait également j arrivant près de Ini et le voyant y fut touché de compassion; et s* approchant , il banda ses plaies y en y versant de l'huile et du vin ; et V ayant mis sur son che^ val, il le transporta dans une hôtellerie, où il prit soin de lui. -^ L'hôtellerie , cVst l'Église , toujours ouverte pour recevoir ceux qui voyagent dans le chemin de la vie, et qui arrivent, les uns accablés d'ennuis et de fatigues , les autres chargés du lourd fardeau de leurs iniquités; ceux-ci dévorés par la faim et la soif, ceux-là tout meurtris de leurs chutes ou couverts de profondes blessures. Là, pour ceux qui ont marché à Tardeur pernicieuse des passions, un ombrage hospitalier, où ils sentent s'amortir peu à peu le feu qui les consumait; pour ceux qu'a souillés la fange d'un monde corrompu, des soins otQcieux par lesquels ils retrouvent leur dignité première. Là, déchargé du fardeau qui Taccablait, le pécheur éprouve un bien-être qu'il avait longtemps souhaité en vain ; le blessé, revenu des portes de la mort, voit ses plaies se fermer, et sent en lui-même son cœur se remplir d'une confiance nouvelle. Bientôt une table succulente fait oublier à tous leurs fatigues, leurs souffrances et leurs dangers. Là, enfin^ règne le calme d'une douce paix, et le repos d'une sécurité profonde; tandis qu'au dehors les aspérités du chemin, les voleurs en embuscade, les bêtes féroces cherchant une proie à dévorer, les abîmes profonds et inattendus, et jusqu'à l'herbe de la prairie, qui souvent sous ses fleurs cache un serpent homicide : tout, dans ces sentiers funestes devient une cause d'inquiétudes, de souffrances et d'alarmes pour les malheureux qui y sont engagés. Dans l'Église, rien de semblable; si quelquefois le loup rapace s'y montre sous le vêlement de la brebis^ bientôt il est reconnu, âév(Mlé| et chassé bien loin avec ceux qui lui ressemblent. (Saint Jean-Carysostôhk.)

€H. Lxiii. LA TJE DE N. S. JÉSœ-CHRIST» MT

34. Et s'appraehanty il banda ses plaies; en y f^ersant 4e tkuile et du vin» ^ Un pasteur doit toujours êlre aDimé d'une juste sévéritô quand il pardonne^ et d'une bienveillante indulgence quand il punit. Jésus-Christ nous renseigne jl&ns la parabole du Samaritain qui conduit un pauvre blessé dans une hôtellerie. On versa du vin et de rhuile sur ses plaies; du vin pour les resserrer^ et de Thuile pour en calmer l'irritation. Quiconque est appelé à guérir les Uessures de rame, doit pareiileaieut employer le vin de la douleur et Thuile de la bieuTeillance : afin de purifler par le premier remède la plaie que Ton veut fermer, et de radoucir par le second. 11 faut donc mêlor la douceur à la sévérité, et savoir les employer de telle sorte, qu^oli n'aigrisse point ses intérieurs par une trop grande dureté, et qu'on ne favorise poiat leur excès par uiie bienveillance îmmodéi e. Selan saint Paul, ce mélange de douceur et de sévérité est représenté par Farcbe du Tabernacle, et où se trouvaient , à côté des tables de la loi , une verge et de la manne : car, dans un bon pasteur, à la science des saintes Ecritures, doivent être jointes, non-seulemeat la verge de la sévérité, mais encore la manne de la douceur.

(Saint GbAgoikb db Ntssb.)

37, ÂlîeZy et faites de fnéme. — Noire-Seigneur, après aroir établi le précepte d^aimer son prochain, interrogé par un docteur de la loi qui était celui que nous devons tenir pour notre prochain, condamne Terreur des Juifs, qui ne regardaient comme tels que ceux de leur na^ tion. Il leur montre, parla parabole du Samaritain qui assiste le voyageur méprisé par un sacrificateur et par un lévite, que ce n^est pas sur la nation, mais sur l'humanité en général que Tunion des hommes doit être fondée. Un prêtre vit le Toyageur blessé, et passa ; et un lévite passa près de lui et continua son chemin. Mais un Samaritain, le voyant, fut touché de compassion. Cette parabole nous apprend que nul homme n*est étranger à un autre homme, fût-il d'une nation antanthaiede la nôtre que les Samaritains l'étaient des Juifs. Nous sommes tous frères, en ce que nous sommes les enfants d'un même Père, qui est Dieu. Hais, en outre, Dieu a encore établi la fraternité des hommes en les faisant tous naitre d'un seul, qui pour cela est leur père commun, et porte en lui IMmage de la paternité de Dieu. Les hommes ayant oublié leur fraternité, et les meurtres s'étant mul« tipliés sur la terre, Dieu résolut de détruire tous les hommes, à la réserve de Noé et de sa famille, par laquelle il répara tout le genre humain ; et il voulut que dans ce renouvellement du monde nous eussions encore tous un même oère. Si nous sommes tous frères« tous

9» LA VIE DE N. S. JÉSUSCHRIST. ch. lxi»

faits à IMmage de Dieu et également ses enfants, tous une même race et un même sang, nous devons prendre soin les uns des autres.

(BOSSCET.)

ÉLÉVATION

Seigneur, ce ne sont pas seulement tos ap6tres et vos disciples que vous chargez de travailler à votre moisson ; tout chrétien est un de ces envoyés qui doivent propager la bonne nouvelle , en donnant Fexemple des vertus sérieuses et sévères du christianisme : la vraie piété, toute de douceur, de charité, de désintéressement, d'abandon et de conflance en Dieu, de zèle pour sa gloire, a une éloquence à la* quelle rien ne résiste; ceux même qui, encore enveloppés dans les filets de riniquité, n^ont pas le courage de suivre son exemple, ne peuvent lui refuser leur admiration. Vous ne vous lassez pas, Seigneur, d'appeler à vous ceux qui sont fatigués du travail de la vie ; vous ne cessez de nous inviter à prendre votre joug, parce qu'il est léger, et pour nous encourager vous nous rappelez sans cesse que vous êtes doux et humble de cœur. C'est là votre véritable esprit, mon Sauveur, celui dont nous devons être animés, si nous voulons que Tinlelligence et le goût des choses divines, qui sont refusés aux sages et aux prudents, nous soient donnés un jour. Ah! Seigneur, que vous connaissez bien la faiblesse et l'instabilité de notre nature, quand vous nous ordonnez de vous aimer de toute la puissance des facultés que nous tenons de vous ; vous n'avez besoin de rien, mais, toujours prévoyant et miséricordieux, vous avez voulu forcer notre cœur à aimer là où nos intérêts les plus sérieux veulent que nous nous attachions. Vous êtes ce bon Samaritain qui, de la ville du bonheur et de la paix, prépare aux pèlerins blessés dans le chemin, les remèdes efûcaces qui doivent guérir leurs plaies ; Seigneur, Seigneur, comment ne pas vous aimer de tout notre cœur, et ne pas aimer aussi ceux qui, comme nous, ont part à tous les bienfaits de votre amour dans le pèlerinage de cette vie?

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