‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 9 sur 141 · Et il cherchait à le voir · texte numérisé non relu

Et il cherchait à le voir

la léte : de sorte que, durant son ogonie, son corps, en s'agilant dans Veau, répétait» en quelque sorte, les mouvemenls de sa danse homicide. Mais bientôt le tranchant de la glace le sépare de la tète, qui se gèle et reste collée sur le fleuve. (Josèphe.)

^ f ii* La mort de Jean -Baptiste arriva probablement vers le milieu de décembre ; selon la tradition, son corps, moins la tète, fut enseveli près de Sa marie; sa tète ayant été retrouvée, dans la suite des siècles, le 29 du mois d*aoùt, on fit en ce Jour la fête de sa décollation, sans rechercher le jour où elle avait eu lieu.

* f 17. Sous-entendu, ainsi il n'est plus; mais, etc.

*El ail paerk sdm :

Ilic est Joonnes Baplista, ipse sarrexit h mort ois; cl ideb TÎi tûtes taies operantnr in ea

Quod cùm aadliaet ycsos, seceasil indè.

• Et rerersi k et con- ▼enienlcsad Jesum Apo»> toli, rf<nuntt«V(Tunt illi oiunia qnse egeranl et docaerant.

* Et ait illis : Vrnilc scorsùm in dp&erlam le* cnm, cl roq nie. cite pu&illùm. Lrant enim qui vcnicliont et rcdibant nmlli : et Dec kpaliam roandocandi habebant*

LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. xlïii.

1 9. Et il dit à ses serviteurs : C'est Jean- Baptiste* : il est ressuscité d'entre les morts : c'est pourquoi de tels prodiges sont opérés par lui.

20. Jésus, informé de tout cela, se retira du lieu où il était^.

21 . Et les apôtres, de retour de leur mission *, se réunirent près de lui et lui rendirent compte de tout ce qu'ils avaient fait, et de ce qu'ils avaient enseigné.

22. Et il leur dit : Venez à l'écart en un lieu désert pour vous reposer un peu. Car beaucoup venaient et revenaient encore; de sorte qu'ils n'avaient pas même le temps de manger.

* f 19. Après avoir douté de la résurrection de Jean, il finit par y croire : il n'7 a pas de paix pour l'impie.

' f 20. Et se rendit à Capharnaiim, comme on le voit par Tenseuible du récit évangélique : ce fut probablement vers la fin de décembre.

* f 21. Au mois de mars. Ils avaient cessé leurs prédications quelques jours avant la Pâque, pour ne point empêcher le peuple de se rendre à Jérusalem, et pensant 7 aller eux-mêmes avec leur divin maître.

1. Or, nérodiade mettait tout en œuvre pour faire mourir Jean- Baptiste. — Il semble que tous les autres vices laissent encore un reste de goût, ou du moins de respect pour la véïilé. Mais la volupté en a été de tous temps la plus inexorable persécutrice : il n'est rien de sacré pour elle; tout ce qui s'oppose à sa passion la rend furieuse et barbare; le sang, la nature, la religion, ramitié,il n'est point de droit <|u'elle ne viole, point de lien qu'elle respecte. Les crimes les plus affreux ne coûtent plus rien dès qu'ils deviennent nécessaires; et tandis qu'on nous la représente sous les noms spécieux de tendresse de cœur, de bonté, de naturel, de fidélité constante, de sentiments nobles et généreux, c'est une furie, armée de fer et de poison, qui n'épargne rien.

et qui €st capable de lout dès qn^on rincommode ou qu'on la traverse. Hcrodiade n'est touchée ni de la sainteté de Jean, ni de la dignité de son ministère , ni de l'admiration de toute la Judée^ qui le regarde comme u«l prophète , ni du respect qu'Hérode ne peut refuser à sa vertu , ni enfin de la ekconstance même du festin , où jamais la bar* barie elle-même ne s'était avisée de mêler les horreurs du sang et de la mort aux réjouissances de la table. Jean-Baptiste la reprend, il con- <]amne le scandale de sa passion et de son inceste ; il ose lui reprocher la honte dont elle ne craint pas de se couvrira la face de toute la Palestine , et il faut que son sang expie le crime de cette liberté , et qu'elle immole à la fureur de sa passion cette noble et sainte victime. Voilà où mène cette passion affreuse à laquelle les théâtres impurs donnent des noms si doux et si aimables. (Massillon.)

L La fille d'Eérodiade étant entrée , et s^étant mise à danser ^ charma Eérode et tous ceux qui étaient à table avec lui. — Le roi , transporté de plaisir en voyant danser la fille d'Hérodiade , lui dit : Demandez-moi tout ce que vous voudrez , et je vous le donnerai; il ajouta avec serment : Oui I je vous le donnerai ^ quand ce serait la moitié de mon royaume. Des royaumes pour prix d'une danse ! voilà Festime que les gens du monde eux-mêmes font des royaumes et des grandeurs humaines. D'après les secrètes instructions de sa mère , celle-ci demanda la têle de Jean-Baptiste , et l'Écriture remarque que le roi en fut contrisié. Cependant un officier du prince quitte la table du festin pour se rendre à la prison. Qui n'aurait pensé qu'il allait mettre le prophète en liberté? Tout portait à le croire : c'était le jour de la naissance d'Hérode ; il donnait aux grands de son royaume un festin solennel; on avait droit de lui demander tout ce qu'on voudrait. Qu'a de commun la cruauté avec le plaisir? quel rapport entre le meurtre et la volupté? Le prophète est condamné dans la joie d'un festin; son supplice est résolu dans un temps où il n'aurait pas voulu de sa grâce. Un glaive tranche ses jours; sa têle, déposée dans un plat, est mise sous les yeux du prince. Spectacle digne , en eifet, de ce barbare! Mets affreux, bien fait pour un tyran à qui les victimes vulgaires de sa férocité ne pouvaient plus suffire^ Contemple-ie donc ce spectacle, bien digne du repas où tu osas l'ordonner* Étends la main pour y recevoir le sang qui coule de cette tête sacrée ; tu n'avais pas assez ni deces melsdélicats ni de ces vins recherchés : eh bien! cruel, bois ce sang qui ruisselle de celte tête égorgée. Fixe ces yeux qui, même en mourant, te reprochent ton inceste, et qui ne se cachent sous leurs paupièies que pour

f j LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. ch. x;.--—

n^avoir pas Paspect de tes criminelles Yoluptés. Ils sont couverts moins^ des ombres delà mort que de Phorreur que leur inspire ta débauche^ Toute muette qu'elle est, celte bouche vénérable, dont tu ne pouvais? soutenir le reproche, porte encore l'épouvante dans ton cœur; ssr langue palpitante accuse encore Tinfamie de ton adultère. La cruelle^ Hérodiade, la complice de ton iniquité, se réjouit et tressaille d'allégresse en recevant la tête du saint précurseur; mais qu'elle ne croie^ pas avoir échappé au châtiment, pour avoir réduit son juge au silence^-

(Saint Ambroisb.)

9. Le roi Eérode fut contristé; néanmoins, à cause de son serment et â cause de ceux qui étaient à tdde avec lui, il ne voulut point la refuser^ — Arrêtons-nous à la faiblesse d'Hérode. Voyez ce que l'empire de la volupté peut sur les cœurs même les mieux faits, et les plus capables^ de vérité, d'humanité et de justice. Il n'a pas la force de refuser la tète du saint précurseur. Il frémit en secret de l'horreur et de la barbarie de cette injustice; il se rappelle toute la sainteté et toute la réputatiorr de ce prophète. 11 es! triste, dit l'Evangile, et c'est à regret qu'il va souiller ses mains du sang innocent ! mais c'est la volupté qui le demande, et que peut-on refuser à la volupté lorsqu'une fois elle s^est rendue maîtresse d'un cœur, et qu'on en est devenu l'esclave ? (► passion injuste et cruelle! que faudrait-il pour t'arracherdu coeur des hommes, que les mêmes armes dont tu te sers pour les captiver et les séduire ? (M assillon.)

10. Et le garde décapita Jean-Baptiste dans la prison. — Jean- Baptiste ferme la succession des prophètes, et ouvre celle des apôtres» 11 appartient tout à la fois à l'ancienne loi et à la nouvelle, et s'élève^ entre l'une et l'autre comme une colonne majestueuse pour marquer la limite qui les sépare. Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge^ martyr, il est plus que tout cela, parce qu'il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté; et, rassemblant dans lu» seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme d» milieu d'eux une classe particulière. Aussi le Sauveur termine-t-il soi» éloge, en déclarant qu'entre les fils des femmes (ce qui ne comprend pas son auguste Mère) il no s'en est point élevé de plus grand qne^ Jean-Baptisle. Rien ne peut être ajouté à cette louange, et tout ce qn'oi> entreprendrait d'y joindre ne ferait que l'affaiblir* (De la Luzeiuse.)'

a. Et faisan t avec de V huile des onctions sur beaucoup de malades, ilp les guérissaient* — Voyous dans cette onction pratiquée par les apôtre»

CE. Lxiu. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 25

dans leur première mission le prélude de Fonction sacramentelle dont un des premiers docteurs de FEglise disait : a II est encore une septième rémission des péchés (un septième sacrement) , rémission laborieuse et pénible : c*est lorsque le pécheur baigne son lit de ses larmes^ et que ses larmes deviennent sa seule nourriture le jour et la nuit^ lorsqu'il ne craint pas de découvrir son péché à un prêtre, et de chercher un remède à la plaie de son âme, selon cette parole de FEcriture : J'ai dit : Je m'accuserai moi-même, je confesserai mon injustice au Seigneur, et vous m'avez pardonné, ô mon Dieu, Fimpicté de mon cœur. j> C'est, en un mot, lorsque Fon accomplit ce que dit Tapôtre saint Jacques : Quelqu'un de vous est-il malade, quMl fasse venir les prêtres de FEglise, et qu'ils lui imposent les mains, en faisant sur lui, au nom du Seigneur, des onctions avec de Fhuile : et la prière de la foi sauvera le malade, ou du moins, s'il est coupable de péchés, ils lui seront remis. (Origène.)

14. Et faisant avec de V huile des onctions sur beaucoup de malades, ils les guérissaient tous. ^ Ce que faisaient les apôtres de Jésus-Christ sur les malades pour les rendre à la vie présente, leurs successeurs le font aujourd'hui sur les mourants pour leur assurer la vie éternelle. Venez voir le plus beau spectacle que puisse présenter la terre; venez voir mourir le fidèle. Cet homme n'est plus Fhomme du monde, il n^appartient plus à son pays ; toutes ses relations avec la société cessent. Pour lui le calcul par le temps finit, et il ne date plus que de la grande ère de Féternité. Un prêtre assis à son chevet le console. Ce ministre saint s'entretient avec Fagonisant de l'immortalité de son âme, et de la scène sublime que l'antiquité entière n'a présentée qu'une seule fois, dans le premier de ses philosophes mourants ; cette scène se renouvelle chaque jour sur l'humble grabat du dernier des chrétiens qui expire. Enfin le moment suprême est arrivé ; un sacrement a ouvert à ce juste les portes du monde, un sacrement va les clore ; la religion le balança dans le berceau de la vie, ses beaux chants et sa main maternelle Fendormiront encore dans le berceau de la mort. Elle prépare le baptême de cette seconde naissance; mais ce n'est plus Feau qu'elle choisit, c'est l'huile, emblème de Fincorruptibilité céleste. Le sacrement libérateur rompt peu à peu les attaches du fidèle; son âme, à moitié échappée de son corps, devient presque visible sur son visage. Déjà il entend les concerts des séraphins ; déjà il est prêt à s'envoler vers les régions où Fin vite cette espérance divine, fille de la vertu et de la mort. Cependant Fange de la paix,

S6 LÀ YIE DE N. 8. JÉSUS-CURIST. en. xuiî.

descendant vers le juste, touche de son sceptre d'or ses yeux fatigués, et les ferme délicieusement à la lumière. 11 meurt, et Ton n'a point entendu son dernier soupir; il meurt, et, longtemps après qu'il n*est plus^ ses amis font silence autour de sa couche, car ils croient qu'il sommeilla encore : taail ce chrétien a passé avec douceur I (De Ghateaubbuhd.)

ÉLÉVATION

Seigneur, quand vous nous laissez à nous-mêmes, quand, pour n'avoir pas écoulé la voix qui nous rappelait à vous, à nos devoirs, vous nous abandonnez à Templre tyrannique des passions, à quels excès ne peuvent-elles pas nous entraîner ! C'est d'abord un mouvement mauvais, un sentiment presque imperceptible que nous laissons grandir, se développer, et qui, avant que nous nous en soyons aperçuFf devient une puissance que nous ne pouvons plus dominer. Hérode aimait Jean, il le craignait, il le respectait, il écoutait volontiers cette voix sévère qui parlait avec autorité un langage inconnu jusque-là ; et cependant, à la demande de deux femmes méprisables, il n'hésite pas, quoique contristé, à ordonner la mort de ce juste dont la vie austère commandait à tous le respect et l'admiration. 0 mon Dieu ! faites que nous soyons pour nous-mêmes des juges sévères, que, toujours vigilants, nous étouffions dans leur germe les sentiments mauvais qui pourraient un jour se rendre maîtres de notre volonté et nous faire marcher dans les voies de l'injustice et de l'iniquité. Pour y parvenir plus sûrement, nous irons avec vous à l'écart, dans ce lieu désert où vous invitiez vos apôtres à se reposer ; là, dans le calme de la solitude et du silence, n'étant plus distraits et préoccupés par les vains bruits du monde, nous entendrons mieux, nous comprendrons mieux votre divine parole s'adressant à notre cœur ; toute autre voix se taira devant vous ; et fixés à jamais dans votre amour, nous ne ferons plus que passer au milieu de la foule, sans que rien puisse désormais y arrêter nos pas. Nous dirons alors avec votre apôtre : Qui pourra désormais nous séparer de l'amour de notre Dieu ?

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