CHAPITRE III
LES ANCÊTRES DE JÉSUS, — LA TENTATION AU DÉSERT, — LES PREMIERS DISCIPLES.
ette leçon d’humilité se continue jusqu’au baptême que Jésus vient demander à Jean. Par le baptême de Jésus, dit saint Jean Chrysostôme, nos péchés nous seront remis; dans le baptême de Jean, les Juifs promettaient d’expier les leurs. Le baptême de Jésus sera un don, celui de Jean est une œuvre de mortification. C’est pourquoi Jean hésite devant Jésus; et Jésus lui dit : Faites! pour se soumettre en tout à la pénitence, comme un pécheur; et c’est là le comble de la justice. Notre-Seigncur Jésus-Christ accomplit encore a toute justice », en faisant ce qui Sera pour le chrétien la source de toute justice, c'està-dire en recevant le baptême, dont nul ne pourra plus contester la nécessité. Et enfin, descendant au milieu des eaux, il les purifie, il en chasse le démon, il les sanctifie par le contact de sa chair sacrée ; il leur donne la force de la régénération, le
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« droit de baptême », dit saint Bernard. Il leur communique ce privilège qu’avait eu le sein de Marie, de ne rien enfanter que de pur. Il fait du baptême ce qu’il fera plus tard de la Pâque. Gomme il mangera l’Agneau pascal, figure et souvenir, et nous donnera sa chair, gage de l’éternelle félicité ; de même il reçoit le baptême juif, cérémonie impuissante, et nous rend le baptême chrétien, vraie source de grâce. En un mot, acceptant la Loi et donnant l’Evangile, il reçoit l'ombre et y ajoute la vérité.
Le Saint-Esprit apparaît sous la forme d’une colombe. Il fallait que Jean le pût voir. Invisible dans la substance de sa divinité, il a pris cette forme, parce que le baptême nous veut simples et doux comme la colombe, nous doit rendre pacifiques comme elle. La colombe est le symbole de la réconciliation, du pardon, de la paix. La colombe revint à l’arche, portant la branche d’olivier qui annonçait que les eaux de la colère étaient retirées et que la vie renaissait sur la terre.
II convient de placer ici une remarque sur les deux, généalogies de Notre-Seigneur, présentées diversement, et non au même endroit du récit, par saint Matthieu et par saint Luc. Leurs divergences et les divers systèmes proposés pour les accorder ne sont pas du sujet de ce livre. Il suffit d’observer que la généalogie donnée par saint Matthieu, qui est proprement celle de saint Joseph, époux de
Marie, est également celle de la sainte Vierge, laquelle, d’après la Loi, n’a pu épouser qu’un homme de sa maison ; et que la généalogie propre de Marie, donnée par saint Luc, la fait, comme l’autre, descendre de David.
Des circonstances et du lieu de chacune de ces généalogies, on tire un enseignement important.
Saint Matthieu, commençant par la généalogie avant de raconter la naissance charnelle, suit l’ordre ordinaire de toute histoire, et descend des ancêtres aux enfants, comme le Verbe est descendu en prenant une chair. Il commence à Abraham, après avoir toutefois nommé David : « Livre de la Génération de Jésus-Christ, fils de David, fils d’ Abraham. » C’est un écho du quatrième chapitre de la Genèse, intitulé : « Livre de la Génération d’Adam » ; et une opposition de la génération nouvelle, qui vient tout rétablir, à l’ancienne, qui a tout détruit. Le titre signale David et Abraham, parce que l’un et l’autre ont reçu une promesse particulière. Dieu avait dit à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta race; et à David : Je ferai asseoir sur ton trône Celui qui naîtra de toi ■ De plus, ces deux ancêtres réunissent les trois dignités du Messie : Abraham prêtre et prophète, David prophète et roi.
Saint Luc place la généalogie après le baptême, et, partant de cette régénération, développe une