‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 13 sur 106 · LES ANCÊTRES DE JÉSUS. I.J.I · texte numérisé non relu

LES ANCÊTRES DE JÉSUS. I.J.I

autre succession d’ancêtres. Il remonte des enfants aux pères, en omettant les pécheurs, que saint Matthieu avait nommés; car quiconque renaît en Dieu est fait étranger à ses ancêtres coupables, étant fait fils de Dieu.

Dans les deux généalogies, les noms, par leur signification, prophétisent le Sauveur, en exprimant quelque trait ou de son caractère, ou de sa vie, ou de ses mystères; et plusieurs personnages sont en même temps la figure du Christ : Abraham, père de plusieurs peuples; Isaac, sourire. « Car, de même qu’Isaac fut donné à la dernière vieillesse de ses parents pour être leur joie, et moins comme l’enfant de la nature que du bienfait, ainsi le Christ, aux derniers jours, fut donné par une mère pure, pour être la joie de l’univers : l’un naquit d’une vierge, l’autre d’une stérile arrivée à la vieillesse, tous deux trompant le cours de la nature. Abraham a engendré Isaac comme la foi engendre l’espérance. Jacob, fils d’Isaac, exprime la charité qui embrasse deux vies différentes, la vie active par l’amour du prochain ; la vie contemplative par l’amour cle Dieu ; il haït d’ Abraham et d’Isaac, comme de la foi et de l’espérance naît la charité. » C’est l’interprétation de saint Jean Chrysostôme. Un grand nombre d’autres Pères ont médité sur ce caractère prophétique de la généalogie du Christ, et en ont déroulé les magnifiques secrets. Toutes choses, dit saint Paul, arrivaient au peuple

juif en figures. Bossuet ajoute : Il n’y a page, il n’y a mot dans l’Écriture sainte qui ne soit tout plein de Jésus.

Saint Matthieu, écrivant pour les Juifs, s’est contenté d’établir que le Christ descend de David et d’ Abraham. Saint Luc, écrivant après lui pour tous les peuples, comme devait faire le compagnon et le disciple de l’Apôtre des nations, remonte jusqu’au premier homme. Il passe par Noé, constructeur de l’Arche, figure de l’Église*, par Énoch, qui, ayant été soustrait â la mort, prouve que le Christ aurait pu ne pas mourir et s’est donné volontairement à la croix*, il arrive à Adam. Ainsi il commence la généalogie au Fils de Dieu et la termine au Fils de Dieu , en ce sens qu’Adam fut fait des mains de Dieu. Adam, créé d’abord en figure, naît ensuite en vérité. Jésus-Christ, le Verbe par qui tout a été fait, est véritablement le Père d’Adam. C’est le Verbe qui, revêtant l’humanité, élève ses ancêtres charnels jusqu’à Dieu, les fait enfants de Dieu. Par là encore, saint Luc démontre que la coopération de l’homme n’est pour rien dans la génération du Christ. Adam a un père qui le forme sans aucun germe, il n’a point de mère*,. Jésus, comme homme, a une mère Vierge, il n’a point de père.

L’on doit remarquer- une dernière particularité très-considérable. Entre les ancêtres de Jésus, saint Matthieu seul nomme quelques femmes, et toutes celles qu’il nomme sont signalées par une tache in-

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