LA SAMARITAINE. I
touchant le Sabbat. Nous avons ici la première mission à l’extérieur.
Traversant donc le territoire de Samarie pour regagner la Galilée, et se trouvant aux portes d'une ville appelée" Sichem, Jésus s’arrêta, sentant la fatigue du chemin. Le chemin, dit saint Augustin, c'était la chair qu’il avait prise pour venir à l'humanité ; et cette fatigue qu’il voulait éprouver nous fait comprendre le labeur de son apostolat. Ses disciples entrèrent dans la ville pour acheter de quoi manger; car il dédaignait les aises de la vie jusqu’à n’emporter habituellement aucune provision. Une fois il est parlé d’un pain qu’on avait pour toute la troupe, et que les disciples oublièrent.
Or, Sichem n’était pas un lieu sans souvenir. Abraham, revenant de la Mésopotamie, y avait élevé un autel, et Dieu lui fit connaître que ce lieu lui appartiendrait. C’était là que Siméon et Lévi, fils de Jacob, avaient tué un grand nombre d’Armorrhéens pour venger l’outrage fait à leur sœur Dinah. Jacob y ayant acheté une terre poür un troupeau de cent moutons, l’avait donnée en héritage à Joseph, et il y avait creusé un puits que l’on appelait encore le puits de Jacob. Ainsi, sur ce sol étranger, Jésus, Fils de Dieu et fils des Patriarches, était doublement chez lui. Il y venait révéler le vrai Dieu, apporter le pardon au lieu de la vengeance, ouvrir la fontaine des véritables eaux vives qui rejaillissent jusqu’à la vie éternelle.