‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 32 sur 106 · TEMPÊTE APAISÉE, DEMONS VAINCUS · texte numérisé non relu

TEMPÊTE APAISÉE, DEMONS VAINCUS

Un possédé furieux vint à lui et l’adora, et en même temps les démons qui tourmentaient cet homme, disaient par sa bouche : « Qu’avons-nous à démêler avec vous, Jésus, Fils du Dieu très-haut? » Contraints de quitter leur proie, ils prièrent Jésus de ne pas leur commander d'aller dans l’abîme, mais de leur permettre d’entrer dans un troupeau de porcs qui paissaient près de là. Il y consentit, parce que tout lui appartient, parce que les propriétaires de ces pourceaux donnaient un scandale, et parce qu’il voulut prouver que le démon ne peut rien sur nous ni sur les choses qui sont à nous, qu’autant que Dieu le permet. Aussitôt le possédé fut délivré, et les pourceaux se précipitèrent dans le lac, où ils se noyèrent.

Le poëte romain se vantait, quelques années au-

paravant, d’être « un pourceau du troupeau d’ Epicure. » On voit d’où lui venaient ce goût et cette inspiration. Cette sorte de sagesse que célébrait le poëte a conservé les mêmes sympathies pour les pourceaux ; et elle les noie encore.

Lorsque Jésus fut de retour à Capharnaüm, on lui apporta un paralytique, afin qu’il le guérit. Ne pouvant percer la foule, les hommes qui faisaient cette bonne œuvre hissèrent le malade sur la terrasse de la maison, et ensuite le descendirent auprès du Sauveur. Jésus, touché de leur persévérance, dit tendrement au paralytique : « Mon fils, prends courage, tes péchés te sont remis. »

Dans la foule il y avait des Scribes et des Pharisiens, bien portants sans doute, et persuadés de leur justice, comme toujours. Ils pensèrent en eux-mêmes : Cet homme blasphème! Qui peut remettre les péchés, que Dieu seul ? Jésus, connaissant leurs pensées par son propre esprit, leur parla ainsi : « Lequel est le plus facile de dire à un paralytique : Vos péchés vous sont remis, ou de lui dire : Levez-vous, prenez votre lit et marchez? Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, je te l’ordonne, dit-il au Paralytique, lèvetoi, prends ton lit et retourne chez toi. » L’homme aussitôt se mit sur pieds, prit son lit et s’en alla, publiant les grandeurs de Dieu.

Parmi ces Pharisiens murmurateurs, plusieurs étaient envoyés de Jérusalem pour espionner Jésus. A partir de ce moment, on voit la haine pharisaïque s’envenimer et multiplier les embûches.

Jésus était à table chez le publicain Lévi, devenu le disciple Matthieu, qui donnait un festin pour célébrer sa conversion. Comme à l’ordinaire, le Maître s’y trouvait au milieu des publicains et des pécheurs, dont un grand nombre le suivaient. Les Pharisiens s’en scandalisèrent. Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, ce sont les malades. Apprenez ce que signifie cette parole du prophète Osée : Je veux la miséricorde et non pas le sacrifice.

Car je ne suis pas venu appeler à la pénitence les justes, mais les pécheurs. »

A l’ironie de ce langage, les Pharisiens sentirent que Jésus ne les regardait pas de l’œil complaisant qu’ils avaient pour eux-mêmes. Dans le dessein de l’embarrasser, ils suscitèrent certains disciples de Jean-Baptiste, qui lui dirent : « D’où vient que les disciples de Jean et ceux des Pharisiens jeûnent souvent et font des prières, tandis que les vôtres mangent et boivent et ne jeûnent point? » Jésus répondit : « Les amis de l’époux ne sont point dans le deuil et ne jeûnent point tandis que l’époux est avec eux; mais un jour viendra que l’époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront. » Il ajouta une comparaison qui est une admirable leçon de douceur envers les commençants, dont il ne faut pas décourager la faiblesse pour les vouloir élever tout de suite à la perfection. En formant l’Église, il l’instruit à jamais, puisqu’elle aura toujours à guérir des malades et à convertir des pécheurs. Mais les Pharisiens ne pouvaient voir de si loin et ne voient pas encore. Quant à Jésus lui-même, la prière, le jeûne et le travail apostolique étaient sa principale nourriture, suivant cette parole qu’on a entendue plus haut : « Ma nourriture est d’accomplir la volonté de Celui, qui m’a envoyé. *>

Page 1